Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

jeudi 9 décembre 2004

Coconut Groves/Miami Beach (5,4nm)

On fait un ¨test drive¨ et on découvre que le moteur ne tourne pas vraiment rond, on retourne donc à Coconut Grove pour faire vérifier le tout. Ce qui implique cette fois-ci qu’on fera tester les pompes à haute pression et à la demande du spécialiste de Bosch on refait vérifier les injecteurs, ce qui après vérification, chez Volvo, totalement inutile! Toute cette perte de temps, nous force finalement à rester dans le coin. 
Lincoln Ave, Miami Beach
 Nous décidons donc de rester à Miami Beach pour la durée des fêtes, ce qui nous permettras de voir arriver du nord, au moins, deux douzaines de voiliers québécois. Il y a de l’ambiance dans l’air! Surtout quant une fenêtre météo s’annonce, la radio se met à vibrer d’appel, part, part pas, qu’est ce que tu en penses, oui, non, peut-être. Que de souvenirs de notre départ d’il y a 4 ans remontent à la surface. Étions nous énervé comme ça? Jusqu'à un certain point, on les envie. En attendant, nous nous lançons à l’épicerie pour nous stocker pour notre réveillon de Noël. Huîtres natures et Rockefeller, gigantesques crevettes, et artichauts pour l’entrée, agneau pour le plat principal, Saint André, pâtisseries variées, toutes, des petites choses que nous n’avions pas connu dans les îles.
Un petit 24 décembre bien tranquille
 Après avoir bien mangé, nous retournons vers Coconut Grove pour refaire vérifier les injecteurs, qui s’avèrent parfait… juste qu’un deux, avait été mal installé. @£$X »&!!! Je les réinstallent moi-même, le moteur ronronne enfin comme avant et donne pleine puissance. On va enfin pouvoir partir vers Key West…
Brrrrrr!  Fait pas chaud!
 Pour bien tester le moteur on retourne vers Miami Beach passer le Jour de l’An. En attendant de partir pour Key West on fait une rétrospective de l’année, ça fait drôle de penser que l’an dernier nous étions en Martinique et on se préparait à remonter vers le nord.
NB.:  Mécanicien diesel ou essence, quand vous êtes dans les environs de Coconut Grove, appeler sur VHF 16 de 17h à 21h le bateau Random Wake.
Pour faire tester les injecteurs et pompes haute pression; 1 800 237 0992 et pour des pièces Yanmar, Volvo, le 305 436 1860, www.mavex.com, ces deux fournisseurs sont faciles d’accès en autobus à partir de Coconut Grove. Vous pouvez aussi faire venir des pièces, en les faisant livrer à la Chambre de commerce de Miami Beach, si elle est encore en poste a/s de Monique Beaudet ou au soin de Coconut Grove Marina. (Mais vérifier avant, les règlements peuvent avoir changé!!!)

9 au 31 décembre 2004

lundi 27 septembre 2004

Coral Gables/Coconut Grove, FLA (1,9m)

Nous nous ancrons dans 10 pieds d’eau. Nous sommes entourés de nombreux bateaux ¨ventouses¨ et une douzaine d’épaves. Je me remets en chasse pour trouver un mécano. Nous en avions déniché un à Miami Beach, il proposait ses services à 42$US l’heure et pensait faire le travail en 18 heures, mais le "liveaboard" Turc, m'avait fait une mise en garde contre les "white shirts mechanics" qui donne un estimé, sorte le moteur et après traîne le travail pendant des mois... parce qu'il ne salisse pas les mains, d'où le nom.
C’est déjà beaucoup mieux que les marinas à 75/85US$ qui ne pensait pas nous prendre avant 3 semaines et n’excluait pas la possibilité de nous sortir de l’eau, pour pouvoir enlever le moteur???  Étrange, et tous, pensaient changer les injecteurs!!! 
L'entrée de la marina de Coconut Grove et son dinghy dock
 Dans le mouillage de Coconut Grove on rencontre un Jamaïcain, sans expérience, qui nous offre le travail en un temps indéterminé à 1300US$!!! Mais heureusement qu’a chaque fois qu’on s’informe, les gens nous parlent d’un Franco-Ontarien, Gerry qui habite sur son voilier Random Wake et qui est, à l’unanimité, un excellent mécanicien. Il faut juste le trouver, parce que certains nous disent qu’il est au Canada, d’autres, qu’il est caché dans une marina pour la durée des ouragans.
Une semaine après le passage de ¨Jeanne¨, on apprend enfin qu’il arrive avec son bateau! Notre dernière chance! Ils nous proposent de sortir le moteur sur place, de faire le travail à l’ancre à la condition que je l’aide, après tout il n' a que 76 ans!  En plus d’un cours de mécanique, il me donne le numéro de téléphone pour que je puisse commander les pièces, sans intermédiaires. Le travail se fait dans la bonne humeur en 9 heures à 35US$!!! Les pièces n’ont coûté que 200US$ incluant le nettoyage des injecteurs par Bosch et la découverte que mon problème date...de Montréal!  Le mécanicien avait mal remonté les injecteurs...une job de m.... pour 5000$ que j'avais réussis à négocier, sous la menace de poursuite à 3000$  Québec sait faire!
Au moins on est très loin du scénario catastrophe imaginé par les "professionnels" des marinas.
Maintenant que tout est à l’ordre, il ne reste qu’à attendre la fin de la période des ouragans et se remettre en marche vers les Keys. 
Le dinghy dock et les annexes des "liveaboards"
 En attendant, on visite Miami. La première chose qu’on remarque, est que, contrairement au centre-ville et le reste des USA, la banlieue ou nous sommes, n’est pas propre, il y a beaucoup de SDF qui jettent leurs déchets partout, quand ce n’est pas eux-mêmes qui traînent…
En plus, ici, le syndrome 9/11 est très visible, surtout que nous sommes en période électorale. Il y a des uniformes partout, des mises en garde apocalyptique, des hélicoptères qui font du rase-mottes, interdiction pendant 12 heures, sans explication, de venir en annexe au ponton de la marina, une première! 
Interdiction de sortir en mer par ¨Government Cut¨ qui est le port des paquebots de croisières. Interdiction, moyennant la saisie du voilier ET 200,00US$ d’amende ET 10 ans de prison, d’approcher des paquebots à moins de 200 pieds. Ce qui est comique, parce que dans les USVI, à St Thomas on était ancré à moins de 100 pieds des mêmes bateaux que nous voyons ici. Mais là-bas, on était loin de la ¨Bushfolie¨. En plus, dans toutes les marinas, les quais publiques, même les magasins nautiques, des ¨posters¨ invitent les gens à signaler aux autorités toutes personnes étrangères, quand même bizarre, quant on pense qu’après tout, on est dans un port et une ville de villégiature, donc des gens qui semblent ce promener sans but, qui prennent des photos, qui ont l’air louche… un touriste quoi!
Malgré ces travers agaçants, on s’habitue à la vie ici. Nous sommes à 5 minutes de marche de l’internet, qui est toujours une des priorités, il y a un service d’autobus gratuit qui nous amène soit à l’épicerie, les magasins nautiques et le métro aérien. A partir du métro aérien 1,25US$ nous avons accès au centre-ville, qui lui est desservie par un ¨people mover¨ gratuit!
Une des 3 lignes de "people mover" gratuit
Ce service, est vraiment impressionnant, trois lignes surélevées partent de l’arrêt du métro aérien et sillonnent les rues du centre-ville et couvrent un assez grand territoire. Le wagon TRÈS vitré, sans conducteur pour bloqué la vue avant du wagon, roule silencieusement sur des pneus sur une ¨route¨ situé à, a peu près, le deuxième ou troisième étages des édifices. Le circuit, entrecroise souvent les autres lignes, ce qui permet de changer souvent de trajet et de voir presque tout le centre-ville. On peut aussi, tout simplement, rester à bord et revenir sans arrêt à son point de départ. Tout les arrêts, sont coordonnés pour faciliter un transfert avec une ligne d’autobus, le métro et même le train de banlieue. Tout les arrêts importants, ont un stationnement à étage (3US$) attenant au circuit. Tout est fait pour encourager l’automobiliste à laisser sa voiture à l’extérieur du centre. 
Une fois au centre-ville, vous pouvez facilement, changer d’endroit, soit pour travailler, par exemple pour mieux vous situer, dans le Vieux Montréal, aller sur la rue Ste Catherine pour magasiner, et dîner sur la rue St Denis et retourner sur la rue St Jacques travailler et ce, sans débourser un sous! 
Montréal, qui rêve qu’un jour les automobilistes changent leurs habitudes, devrait prendre des notes.
Pendant notre arrêt ici, on en profite pour ¨rafraîchir¨ la jupe du bateau qui avait quelques éclats de gelcoat et le nom du bateau en mauvais état. Un ¨liveaboard¨ français nous fait un sablage et une peinture polyuréthane au mouillage pour un prix d’ami. Yallah! a fier allure.
On fête en gang...dans un petit catamaran de 50', "homemade"
 Un weekend nous allons 3 ou 4 bateaux ensemble vers Elliott Key, à part que l’eau y est plus claire, il n’y a rien à y faire, surtout que l’île est infestée de ¨nosseeums¨!
27 septembre au 9 décembre 2004  (1,9m)

jeudi 2 septembre 2004

South Miami/Miami River/South Miami/Coral Gables, FLA

Si la tendance se maintient…Frances va venir nous voir. On se déplace donc vers la rivière Miami, on croise des bateaux qui vont dans toutes les directions, c’est la panique générale, Frances vient d’être déclaré, ouragan catégorie IV, et est en route pour Miami!
Tout le monde à une solution différente, certains mette en pratique le dicton, ¨fait ce que je dis, pas ce que je fais¨, on ne sait plus trop quoi faire. Mais la logique me dit qu’a l’intérieur des terres à presque 5 miles de la côte,  au minimum on devrait éviter les vagues, avoir moins de vents et avoir quelques choses de ¨solides¨ pour s’accrocher.  En arrivant, à l’embouchure de la rivière, je vois que tout les ¨commerciaux¨ comme les ferry, les ¨tours operators¨, les écoles de plongées, les remorqueurs océaniques, tous, s’engouffrent dans un ¨stampede¨ affolant. Les ondes radios sont envahies par les appels pour faire ouvrir les nombreux ponts qui bloquent la remontée de la rivière. On est chanceux, on ¨s’incruste¨ entre un remorqueur qui remonte la rivière avec une péniche et un duo de ¨Tow BoatUS¨ qui essaie de manœuvrer un magnifique deux mâts en panne de moteur. Tout ce déroule dans une rivière bordée de bateaux océaniques (on en croise un, aidé par un remorqueur, qui descend la rivière de reculons!) de quais abandonnés, d’usines, le tout dans une rivière large comme la rivière l’Assomption!

Miracle!   Entre la 22e et la 27e, nous voyons un quai en béton derrière un petit bloc d’appartements, avec un voilier et de la place pour nous. Je m’informe, plusieurs personnes me rassurent, pas de problème, de toute façon c’est la loi en Floride, pendant un ouragan on peu s’installer partout ou il y a une place vide. Le voilier est partie se faire caréner, le propriétaire du bloc (un allemand très sympathique…) est compréhensif et après tout, on est en période d’ouragan. Évidemment, qu’il faudra payer un petit quelque chose, mais le proprio est t_e_l_l_e_m_e_n_t sympathique!
Notre premier essai, pour l'arrivé de "Frances", le quai du très sympathique "Nazi".
On passe la journée à préparer le bateau, ajuster les défenses, mettre le maximum d’amarres. Plusieurs personnes nous offres le logis dans leur appartement si jamais… Enfin! Le propriétaire arrive…et nous demande 400$US! Sinon, il faut quitter SON quai immédiatement, il va bientôt faire noir, je vais demander au capitaine du voilier voisin qui partage le même quai, si il a une suggestion, mais je n’ai pas le temps d’avoir la réponse. Le "très" sympathique propriétaire ne veut pas que je marche sur SON quai, parce que si je me blesse les assurances…bla bla bla. Heil Hitler!
Si le propriétaire n’est pas sympathique, en revanche, deux autres Américains nous offres de venir coucher ou se cacher dans leur appartement, un autre vient nous apporter au bateau, dans une pluie diluvienne, le journal et nous offre d’aller nous chercher de la nourriture si nécessaire.
On repart en vitesse, premier essai sur des piliers d’un parc municipal, je touche le fond. Deuxième essais, le long d’un quai désaffecté à plus de succès, mais le gardien, m’explique que le propriétaire ne veut aucun voilier, because les assurances…au moins lui, est gentil et semble sincèrement désolé.
J’avais remarqué, en montant la rivière, un long quai en béton désert, avec comme occupant un seul voilier, nous y retournons en vitesse, parce que le pont vient de s’ouvrir pour deux bateaux et il commence à faire noir. Riche idée! C’était la DERNIÈRE ouverture du pont pour la durée de l’ouragan!
Je longe le quai qui est malheureusement assez haut mais qui est équipé de taquets et à un endroit de deux madriers verticaux, je m’y accoste, nous sommes devant un gros bâtiment qui nous l’apprendrons est désert, et le propriétaire du voilier m’informe que ça fait des années qu’il vient ici, lors d’ouragan.
Notre "quai" ou Yallah! repose sur le fond à marée basse. On bougeras pas!
On s’installe! On est protégé des vents du NW et du NE, ce qui est annoncé pour le début de l’ouragan. La suite, sera plus compliqué, vent du SW, donc nous serons poussé sur le quai de béton… Pour compliquer un peu plus les choses, à marée basse le bateau touche le fond et pendant 2 heures on est sortie de l’eau de presque un pied, mauvais feeling!  Par contre, on ne peut certainement pas partir à la dérive!
Les vents atteignent 45 à 60kn, mais on est doublement chanceux, Frances est tombé catégorie II et aussi parce que la protection ici est bien meilleur comparé à celle de notre ancien mouillage à Lake Worth ou West Palm Beach.
Heureusement, que Frances est dégradé à un catégorie II, parce que Frances est immense, en fait l’œil est tellement grand que l’ouragan Charley aurait pu être à l’intérieur de Frances, en plus l’ouragan à tellement d’ampleur, qu’a un moment donné il couvrait de ses vents la côte Est et la côte Ouest en même temps…pas beaucoup de place en Floride pour l’éviter à part Key West!
2 au 6 septembre 2004   (4,8nm)

Enfin! Le vent tombe et à 5hrs du matin, je m’écarte du quai de béton, avant que la marée repose de nouveau le bateau sur le fond, ce qui, une fois le trafic repris, s’avérerait très dur pour les fonds du bateau. Donc, on tourne pendant quatre heures en rond en attente de l’ouverture du premier pont…
Le mouillage de South Miami, côté Ouest
On reprend notre place à South Miami, parmi quelques bateaux qui étaient restés, dont un chaviré, un coulé et un en train de finir de s’autodétruire sur un quai de béton, les autres ont tous l’air indemne. Enfin, cette nuit, je devrais pouvoir dormir une nuit complète, sans avoir à constamment réajuster les 9 amarres et les défenses à chaque changement de marée. Espérons que le petit nouveau Ivan, ne se dirige pas par ici…
6 septembre 2004   (4,8nm)

On s’en est bien tiré, et espérons qu’Ivan ou maintenant Jeanne, ne viendront pas dans le coin. Parce que nous avons un petit pépin, le moteur perd de l’huile et il me faudra un mécanicien. En Martinique, à Sainte Martin ou au Venezuela c’est simple et pas cher. A Miami, ou les ¨experts¨ de la voile, conseillent toujours d’y faire faire les travaux, avant de quitter pour le tiers monde… Eh bien! J’ai des petites ¨news¨ pour eux.
- Premièrement, il faut trouver la place. Facile, ici la publicité est omniprésente.
- Deuxièmement, il faut téléphoner…moins facile, les téléphones sont souvent en piteux états, le numéro de téléphone qu’on a réussit à trouver est déconnecté ou vous êtes transférez (sans le savoir) quelques part aux USA ou aux Indes! On vous donne, le nom d’une compagnie, mais ¨sorry¨ pas le numéro.
- Troisièmement, vous appelez l’opératrice pour avoir le numéro… mais dépendant de la cabine téléphonique, il n’y a PAS d’opératrice, ou cela vous coûteras 1,50$US pour l’information, et il faut savoir qu’a chaque fois que vous touchez à l’appareil sa coûte 0,35 ou 0,50…vive les compagnies privées indépendantes, paraît que le démantèlement de Bell est une grande amélioration pour le service!
France prépare ses décorations de Noël, en faisant du petit point...
Enfin! Après 2 heures, en plein soleil, dans une cabine qui n’en est pas une, mais plutôt un baril ouvert sur le côté, vous finissez par parler à un gérant de service. Pour apprendre, que pendant une alerte d’ouragan, LES MARINAS NE PRENNENT PAS de nouveau client, à cause du risque… vous savez les assurances! Mais si vous voulez, vous protégez d’un ouragan, f…. les assurances, ils sont prêts à louer un quai à 7,50$US le pied PAR JOUR! Certaines marinas ou plutôt ¨parking¨ à bateau on le culot d’exiger un minimum de 7 jours!  Donc, un bateau qui prendrait une place pendant que le mécanicien travaille dessus… même à 85$US de l’heure, c’est pas payant. On préfère, le renvoyer chez lui, évidemment pas payé et profiter des retombés diluviennes de $$$, sans avoir à fournir un service quelconque. On est loin de la Caroline, ou nous avions passé 10 jours à quai, sans payer, en attendant une pièce!
Mais comme dirait l’autre;  "This is Florida, its different!"
7 au 24 septembre 2004

Pendant que je fais la chasse aux mécanos, l'ouragan "Jeanne" décide de faire un tour complet sur elle même et au lieu de monter vers le nord elle suit exactement les traces de "Frances", direction Miami! On a attendu, jusqu'à la dernière minute, on a plus le choix. Heureusement, qu’un "liveaboard" Turc, nous proposes de le suivre dans son trou à ouragan ¨top secret¨, c’est pratiquement à la même distance que Miami River, mais sans les ponts et le très fort courant, donc moins besoin du moteur et même qu’avec un peu de chance, on pourras s’y rendre à voile.
Nous repassons donc devant l’entrée de Miami River, dépassons Dinner Key Marina et entrons à la pénombre, dans un tout petit canal. Une fois à l’intérieur, on découvre un Yacht Club, hyper privé et juste à quelques pieds, bordée par des arbres, on aperçoit dissimulé, un embranchement qui amène à un minuscule lac avec un bras de rivière. Les cartes indiquent peu d’eau, mais on a jamais moins de 10 pieds.
Il fait pratiquement noir, on ¨colle¨ le bateau contre les arbres et on ¨dompe¨ l’ancre, demain matin on s’installera mieux. L’ouragan est annoncé pour demain après midi et même s’ils annoncent 30kn de vent dans la matinée, ici on ne sent pratiquement rien…on verras bien!
Notre mouillage à ouragan, presque idyllique!
Le 25, on s’accroche aux arbres avec trois câbles et on relève l’ancre avec l’annexe pour allez la porter et déposer à 45o du bateau, 120 pieds plus loin. On jette la deuxième ancre, aussi à 45o, mais vers l’arrière. On enlève, le ¨dodger¨, rentre toutes les traîneries à l’intérieur, sécurise les panneaux solaires ainsi que la grande voile avec un câble. En fin d’après midi, on entend le vent souffler de plus en plus fort, mais on ne sent pratiquement rien, on se sent en sécurité ici. On mérite un ¨double happy hour¨!
En sécurité dans notre mouillage "secret"
Heureusement que "Jeanne", décide au courant de la nuit de suivre pratiquement à la trace le parcours de "Frances" et elle passe, encore une fois, à une centaine de mille plus au nord dans le bout de Stuart.  Malgré tout, quelquefois, on sent le bateau vibrer, pencher et tirer sur son ancre et les câbles. Et ce, malgré les 120 pieds de chaînes qui dans 10 pieds d’eau, agit comme ¨shock absorber¨. Je préfère ne pas découvrir, ce que serait un impact direct d’un ouragan. L’endroit où nous sommes caché est agréable et bien protégé, le seul défaut est l’omniprésence des ¨nosseeums¨ ou ¨gnagnans¨.
Si jamais vous avez le malheur d’être dans le coin lors d’une tempête, je vous suggère de venir vous y réfugier. L’endroit n’est pas indiqué dans le guide Skipper Bob, ni dans le guide de la Floride de Maptech et comme mentionné est ¨top secret¨et n’est employé que par les ¨liveaboards¨ du coin…donc il faut arriver assez tôt.
La position est au 25 42 180 par 80 15 119, et ce n’est pas moi qui vous l’ai donnez!  C'est secret!
24 au 27 septembre 2004  (7,2nm)


mardi 17 août 2004

Lake Worth/Peanut Isld/Ft Lauderdale/South Miami, FLA

On se déplace passer quelques jours, en eau plus claire…je pourrai au moins voir avec qui, ou plutôt avec quoi, je nage! Ici, l’eau est très claire au moment de la marée montante, l’eau de l’océan tout près remonte jusqu’ici. Le seul hic, c’est que ça ne dure que 2 ou 3 heures et il s’ensuit un courant très fort à la renverse de la marée. Le deuxième pépin, est qu’il est pratiquement impossible d’aller à terre, à moins d’accepter de payer 10$US à la marina Riviera Beach pour le privilège de laisser l’annexe à un quai avec des trous d’au moins un pied, marcher dans un quartier mal famé pour pouvoir rejoindre une hypothétique ligne d’autobus…
A défaut de photo... voici la carte
Le 26 au matin, je capte sur RFI par radio onde courte,  la météo marine qui annonce l’ouragan Frances qui vient de quitter les côtes d’Afrique, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un mauvais ¨feeling¨, mais il est encore très tôt et la météo américaine ne sans préoccupe pas encore.
17 au 26 août 2004  (4,2m/1018,4)

Me fiant à mon instinct et me méfiant de "Frances" on se déplace en longeant la côte, exactement comme nous l’avions fait une première fois il y a quatre ans. On évite ainsi l’ouverture de 21 ponts et on prend une bonne dose de nostalgie! 
Une petite chaloupe amarré devant le "dépanneur" à l'entrée de Ft Lauderdale
La journée est très belle et nous arrivons, en fin d’après midi au mouillage de Las Olas, deux voiliers seulement, mais plus sa change plus c’est pareil, interdiction de s’ancrer, tant que les boules qui sont payantes ne sont pas pleines! Donc, on va s’ancrer dans le lac Sylva, un peu à l’écart. Le désavantage est qu’il n’y a pas de ponton à annexe et qu’il faut revenir sur nos pas (2,5m) pour avoir le ¨privilège¨ de laisser notre annexe à la marina de Las Olas pour 5$US. A part la plage, à distance de marche, le reste exige le bus (rare) ou le taxi (cher). Étant forcé d’être au lac Sylva, on finit par découvrir quand montant la rivière Lucille ou celle de Mercedes, de traverser l’intracoastal, de rejoindre la rivière Seminole jusqu’au bout, il y a un ponton à annexe devant un resto-bar. Pour 10$US la journée, on est à deux pas d’un ¨Winn Dixy¨, et à 300 mètres d’un centre d’achat avec Publix, deux ¨liquor store¨ et en bonus le magasin de cartes et livres marin ¨Blue Waterworld¨, the biggest in the world, of course! Mais la meilleure nouvelle est que le 10$US est déductible de toute commande au resto-bar et je dois avouer que j’y ai mangé le meilleur hamburger en quatre ans de voyage.
27 au 29 août 2004   (40,7nm/1064,5)

Comme le mouillage est réglementé ici, limite de 24 heures, et pour ce donner un meilleur accès à un trou a ouragan, on décide de continuer vers Miami, ou nous savons que nous aurons un bon mouillage à distance de marche de bien des services. La route n’est pas longue, et par curiosité on décide de le faire par l’intérieur, ce qu'on a jamais fait pour ce secteur.  
Retour en ville...on passe par Hallandale, en route pour Miami River, pour se cacher de l'ouragan Frances
Il n’ y a que 8 ponts ouvrants, mais un seul ouvre à la demande, les autres n’ouvriront qu’a la demi-heure, mais les distances font que nous sommes jamais à temps pour l’ouverture, donc attente de 15 à 25 minutes…longue journée pour si peu loin. Mais, il faut le faire au moins une fois, après tout on est dans le coin!
30 août 2004  (23,9m/1088,4)

Comme la trajectoire de ¨Frances¨ semble se préciser de plus en plus, on décide de déplacer le bateau pour le mettre un peu plus à l’abri du côté sud du ¨Venetian Causeway¨ ou nous sommes entouré d’îlots et de quelques gros buildings. Nous refaisons connaissance avec la rue piétonnière Lincoln et prenons une marche le long de la plage qui est superbe. 
 Le mouillage presque vide de Miami Beach, côté ouest.  Avec au centre un bateau qui couleras.
L’endroit est très pratique, parce que nous avons de tout, beaucoup de café et restos, Publix et une épicerie cubaine, quincailleries et ¨last but not least¨ internet dans une bibliothèque sur la rue Collins.
31 août au 1 septembre 2004 

mercredi 28 juillet 2004

Ft Pierce/Peck Lake/Lake Worth

Comme notre belle eau verte ne semble plus vouloir revenir bercer Yallah! même si on voit distinctement une ligne de séparation des eaux à moins de dix pieds du bateau!  Le 28 juillet on se dirige vers Peck Lake que je veux tester comme mouillage, parce qu'il est suggéré par Skipper Bob et toujours, pour voir au cas ou nous aurions une urgence, et aussi pour couper les trop longues journées de navigation.
Nous passons devant Jensen Beach, qu’il faudrait bien, un jour essayer le mouillage, et nous traversons l’inlet de St Lucie qui est toujours sujet à de fort courant, des bancs de sables en perpétuel mouvement. Nous traversons sans encombre l’inlet et au moment d’apercevoir la R2, le bateau comme il y a 4 ans, se déporte, en quelques secondes, vers le hauts-fonds marquant l’entrée de l’Intracoastal. Le moteur à plein régime, je braque le bateau vers la R2 et je voie passé dans mon dos la G1 pendant que le bateau ¨avance en crabe¨ dans des eaux plus profondes. Nous étions dans 6 pieds d’eau, quelques secondes de plus et ça y était! Nous avons déjà accrochés le fond dans d’autres ¨inlets¨, mais sans réelle conséquence, il n y a pas ou peu de courant. Mais la St Lucie à toujours un courant de 2 à 4kn, alors se faire déporté sur un banc…
D’ailleurs, ici, la radio est sans arrêt envahi par des appels à TowBoatUS, SeaTow ou la garde côtière qui ne s’occupe plus de ce genre d’incident. Il vous référeront à TowBoatUS ou SeaTow… si vous naviguez dans le coin vous êtes évidemment membres?  Sinon vous devriez l’être, un remorquage banal coûte facilement un minimum de 300$US…nous avons rencontré un bateau canadien que sa petite aventure lui à coûté 31000$!
Donc, vous appelez 1 800 395 2628 et pour une quarantaine de dollars vous devenez membre de Boat US, ce qui vous donne automatiquement droit à l’assurance remorquage…mais avec une couverture minimale, pour 99$US de plus, vous avez ¨Illimité¨! Et pendant que vous y êtes, demandez une cotation d’assurance bateau…vous auriez peut-être une grosse surprise.
Vous pouvez aussi aller sur le site : WWW.BoatUS.com ou vous aurez toutes les informations qui couvrent d’autres avantages que simplement l’assurance. Au fait, l’assurance couvre aussi le Lac Champlain et donne droit aux membres à un catalogue très informatif, pratique même si vous n’avez pas l’intention d’acheter et à un escompte sur le prix du diesel et sur les frais de quaiage.
Si vous préférez vous pouvez aussi faire le 1 800 937 8895 ou www.westmarine.com pour quelque chose de similaire.
L'ancrage est seulement sur UN côté de la bouée. Photo prise en décembre...beaucoup de monde, en juillet on était seul!
Mais revenons à notre voyage, ou nous nous ancrons derrière la G19 dans 10 pieds d’eau, et ce malgré toutes les cartes qui indiquent 2 à 4 pieds. Merci! Skipper Bob! L’avantage de ce mouillage est évidemment sa bonne protection mais aussi le fait que nous pouvons aller à pied nous baigner dans la mer qui est cachée par une bande de terre et d’arbres a à peine 200/300 pieds de nous.
La plage est immense, le sable et l’eau sont propres…et nous sommes tout seul…!
28 au 30 juillet 2004  (27,5m/992,2)

Après deux jours, ont décident de se déplacer vers Lake Worth.  Une vingtaine de bateaux sont mouillés, seulement 2 sont habités. Même si l’eau n’est pas la plus claire, elle est assez transparente pour faire l’entretien de la coque et nous baigner. Mais elle est excessivement chaude. Ici, nous sommes bien placés pour aller à l’épicerie à pieds (Winn-Dixie et Publix) plusieurs ¨liquor stores¨, West Marine, l’internet gratuit sans limite, un Barnes & Nobles (ou nous pouvons passer des heures à bouquiner) et si on est courageux, un énorme centre d’achat à quelques milles. Nous avons aussi, nos copains Pam et Jeff de Foggy Mountain, que nous avions rencontré il y a quatre ans.
Il fait chaud, nous allons à terre passer la matinée tout les jours. Les après midi, on reste au bateau, à attendre le passags des nombreux orages, qui sont très ponctuels et quelquefois assez violent. Un autre avantage aussi, est le fait que nous avons un endroit ou laisser l’annexe plus ou moins en sécurité. Ici, il y a régulièrement des vols de moteurs, en plus des requins terriens, nous en voyons un vrai, ¨petit¨ passer tout près de nous!
La météo nous annonce, coup sur coup, deux ouragans, un en direction de la côte Est de la Floride et l’autre en direction Ouest, ce qui invalides nos ¨plans¨ de fuite et nous force à rester sur place étant donné que nous sommes pris entre les deux.
Heureusement, que Bonnie perd rapidement de sa violence et passe au large de la côte, nous en sommes quittes pour des vents de 30 à 40kn et énormément de pluie. Mais la panique s’installe parce qu’entre temps, Charley a subitement décidé de tourner à l’intérieur de la Floride et de quitter la côte Ouest et de traverser vers la côte Est pour théoriquement sortir dans la région de Stuart/rivière St Lucie, qui n’est vraiment pas tellement loin d’ou nous sommes.
France est contente d'aller en visite chez nos amis sur "Foggy Mountain" à Lake Worth
Plusieurs bateaux, quittent les propriétés avoisinantes pour se mettre à l’abri…et plusieurs bateaux arrivent pour se mettre à l’abri??? En fait, il ne reste qu’a nous croisez les doigts et attendre. Heureusement, Charley, tourne encore un peu et entre plus au nord de la Floride. Étrangement, on ne reçoit pas de pluie et que des vents de 25/30kn. Le lac, qui est aussi appelé Barnacle Bay, par moment devient étrangement calme et nous en profitons pour plonger et nettoyer la coque, les coquillages poussent à vue d’œil ici et en les grattant j’attire énormément de petits poissons qui viennent virevolté autour de moi, jusqu’au moment ou croyant voir France nager sous l’eau, ce qui serait une première, je réalise que c’est plutôt un requin d’au moins 5 à 6 pieds qui me tient compagnie. Terminé le nettoyage!
31 juillet au 16 août  (22,0m/1014,2)

vendredi 23 juillet 2004

New Smyrna/Titusville/Cocoa/Rock Point/Ft Pierce, FLA

Il fait chaud, il y a toujours des ¨noseeums¨, on décide de continuer notre chemin vers Titusville ou nous ferons le plein de diesel et d’eau fraîche. En cours de route, on mange les mangues ¨New Smyrna¨ cueillie par France, au déjeuner, au dîner, au souper, excellent avec du porc!
Le passage en direction Sud et le plan d'eau de Titusville, FLA
 23 juillet 2004  (32,8m/878,2)

On profite de notre arrêt à Titusville pour faire nos dernières emplettes chez ¨Save a Lot¨ et une fois la commande chargée à bord, étant donné le manque d’air, on décide de partir immédiatement pour…ailleurs!
Un "survivant" d'un coup de vent, entre Titusville et Cocoa...futur bateau du Lac Champlain, pas cher?
Cocoa est le premier mouillage, depuis notre retour, ou il y a beaucoup de bateau et surtout ceux-ci sont habités. Nous allons explorer le quartier ¨historique¨, très joli, beaucoup de boutiques et de restos. Le centre est axé sur le tourisme mais certainement pas pour des ¨liveaboards¨, la seule épicerie est maintenant fermée, donc il faut encore une fois avoir une voiture. Mais l’arrêt en valait la peine, le mouillage est bon et offre une assez bonne protection.
24 juillet 2004  (19,6m/897,8)

Pour varier et couper la longueur du voyage vers Fort Pierce, nous arrêtons en plein Intracoastal, et nous ancrons derrière deux petites îles près de Rock Point tel que suggéré dans le guide ou bible de l'Intracoastal "Skipper Bob".   Nous passons, à mi-chemin juste devant la R20  entre les deux îles…on racle un peu le fond mais sa passe et on se retrouve dans 7 pieds d’eau. Il y a une plage, ou plusieurs bateaux moteurs sont ancrés, nous sommes bien protégé mais l’eau est beaucoup trop chaude et à toujours la couleur caractéristique de l’Intracoastal… Pas tellement invitante pour se baigner, même si on sait très bien qu'elle est propre, juste chargée de tannin...comme du thé, mais je suppose que c'est une question d'habitudes.
Un mouillage le long de l'Intracoastal
25 juillet 2004  (27,5m/925,3)

Nous continuons notre descente vers le sud, tout en localisant d’autres ancrages susceptibles de servir un jour. Cette section du canal n’apporte pas grand-chose, du moins pour nous, parce que nous tirons 6 pieds. Il y a bien à la bouée G67 et la G71 côté E… mais il n’y a pas beaucoup de place et les cartes indiquent très peu d’eau. Le type de bateau ancré dans le coin semble confirmer que ce n’est pas réellement pour un quillard comme le nôtre. Ensuite, nous repassons devant un mouillage que nous avions essayé il y a 4 ans. Contrairement aux indications du guide nautique, le mouillage est derrière la R110 et non la R112, une de mes cartes indiquent 6 pieds d’eau, donc éventuellement il devrait convenir si le mouillage, tout près, de Vero Beach est plein.
La marina de Ft Pierce, avec en avant, le bateau parfait pour la Floride, un Gemini
Nous ancrons à Ft Pierce, devant la R184, deux voiliers y sont déjà, ce qui est rare à cette époque de l’année. Une belle surprise, l’eau est verte presque transparente et je devine le fond. Ft Pierce est donc le premier endroit ou l’eau brune de l’Intracoastal cède le pas aux eaux plus claires de l’océan. On se baigne en s’accrochant à l’échelle du bateau ou à l’annexe… parce que la marée crée un courant de 3kn! Ce qui explique la clarté de l’eau, dans la soirée à la renverse de la marée, on voit une ligne de ¨broue¨ s’avancer vers le bateau…et nous sommes de nouveau dans les eaux brunes, chargés de tannin.
L’avantage de cet ancrage est la proximité d’un ¨dinghy dock¨ gratuit dans Harbortown Marina, la possibilité de laisser ses poubelles et à distance de marche un West Marine, un tout nouveau Publix et un bon ¨dollar store¨. J’en profite pour faire un changement d’huile et on visite le Publix (on a besoin de rien…) et on revient les bras chargés de petites gâteries….
26 et 27 juillet 2004  (39,4m/964,7)

jeudi 15 juillet 2004

Brunswick/Jekyll Isld, GA/Fernandina/Salt Run, St Augustine/New Smyrna, FLA

Après notre retour, nous faisons une petite épicerie, mais surtout échanger un de nos réservoirs de propane pour un neuf...en Floride, ils voulaient même le remplir, ici, change pour change... "This is Georgia Man!"
Nous quittons la marina vers Fernandina, mais le bateau se ¨traîne¨ littéralement et une fois en vue de Jekyll une alerte météo nous décide de nous y ancrer. En quelques heures 4 orages passent au-dessus de nos têtes. Celui, pendant notre premier ¨happy hour¨ depuis notre retour au bateau, nous tombe dessus avec des trombes d’eau et des vents de 45/47kn! Dans les Caraïbes ont n’a jamais connus cela. Heureusement que nous sommes ancrés dans de la vase et que nous ne sommes qu’a une centaine de pieds du bord. Parce que le vent est tellement fort, qu’a 30kn, des vagues réussissent à se former à l’intérieur du canal! L’avantage, si on peu dire, des vents de 45kn, c’est que la vague disparaît et est remplacé que par un ¨nuage¨ d’eau qui cherche à pénétrer par la moindre interstice à bord du bateau. Dehors, on ne voit plus la différence entre le ciel, l’horizon et la mer, fascinant et effrayant! Heureusement qu’on est bien ancré, je ne voudrais certainement pas être en mer avec des vents pareils. C’est l’avantage de voyager par l’Intracoastal!
15 juillet 2004 (4,5m/684,5)

Après une nuit calme, nous partons vers Fernandina, la météo nous annonce encore des orages mais le ciel est presque clair et la direction du vent devrait pouvoir nous permettre de rejoindre les eaux un peu plus claire de Fernandina dans des temps raisonnables. Le bateau, à moteur, ne fait que 3kn et sous voile il réussit à atteindre de peine et de misère 5kn!   Malheureusement, à certains endroits, à cause de la direction du canal il nous faut entrer la voile et ralentir, en plus, les courants contraires font qu’on tombe à 1,8kn! Ce n’est pas le temps qu’un orage nous tombe dessus! On passe la journée pour faire ce petit voyage de rien, 32,0m!  
La marina de Fernandina... il faut vraiment, vraiment arrivés à marée haute!
Une fois arrivée, je profite de l’étal de la marée pour plonger sous le bateau et nettoyer l’hélice qui c’est transformé en une grosse pastèque! Je passe une heure et demie pour gratter l’hélice, et dégager la turbine du loch qui elle aussi est devenue un condo à coquillage. Je finis à temps pour un seul orage qui lui n’a que des vents de 35/40kn mais avec une quantité incroyable d’éclairs, mais heureusement tous a à peu près 8 à 10 miles de distance.
16 et 17 juillet 2004 (32,0m/716,5)

On est resté deux jours ici, pour nous permettre de récupérer de mon nettoyage d’hélice et surtout que la météo annonce encore des orages violents…qui ne se matérialisent pas. Nous partons donc sous des nuages plus ou moins inquiétants, le bateau marche beaucoup mieux sous voile et à moteur. Incroyable ce que la forme ou plutôt la déformation de l’hélice peut faire. Nous décidons d’aller nous ancrer à Salt Run une petite baie devant St Augustine, juste pour varier le menu et profiter du peu de bateau à cette époque de l’année. Eh Bien! Je me demande comment les gens font en hiver pour venir ici, le mouillage est présentement plein de voiliers, on réussit à s’ancrer entre deux bateaux inoccupés. 
Cour intérieure d'une "hacienda" à St Augustine, FLA
La plus vieille école encore debout de tout les USA
Le mouillage principal de St Augustine est plus intéressant, plus près de la ville et surtout qu’ici, entré dans le chenal ou en sortir à marée basse avec le courant de travers de l’inlet et si par malchance il y' avait un coup de vent c’est pas évident!
18 et 19 juillet 2004  (60,1m/776,6)

On part tôt, parce que les mouillages sont quelconques sur ce bout de canal, surtout avec les risques d’orages, plusieurs ne sont pas tellement protégés et il y a aussi quelques hauts fonds problématiques. Une première surprise est l’inlet de Matanzas, il y a 4 ans, on avait touché le fond, en mai, cette année on était passé de justesse à côté du dragueur qui obstruait pratiquement tout le goulot et cette année…on a 6 mètres d’eau! 
 La légende urbaine, que le canal n'est pas entretenu, n'est que ça...une légende urbaine.  Mais c'est un travail qui ne finira jamais, surtout avec les "cruisers" de plus en plus gros qui font une vague qui font un énorme travail d'érosion.  Ils auront beau mettre des "No Wake Zone" partout, la simple énormité des bateaux fait que la vague est aussi, énorme!
La raison #1 de l'ensablement perpétuel de l'Intracoastal.
On descend voile/moteur, on décide de viser l’arrêt le plus loin, donc on ¨passe¨ plusieurs ancrages, parmi eux la cimenterie, qui est maintenant presque impraticable à cause de l'usine de bateau qui marche à fond et la cimenterie qui fournit les nombreux ponts en construction tout le long de l'Intracoastal et on saute aussi Daytona Beach qui nous avait pas pâmés.  On approche maintenant de l’Inlet Ponce de Leon, plusieurs petites bouées supplémentaires ont été installées, je colle la rouge, pas d’eau. Je colle la verte et je me plante! Marche arrière, pivote le bateau sur sa quille et me dirige vers le centre et me replante! Deux voiliers arrivent du sud, et passent tout à côté de moi, je leur demande combien est leur tirant d’eau…ils me répondent 5 pieds et se plantent une vingtaine de pieds derrière moi. Je réussis à dégager le bateau et je passe, le ¨dos d’âne¨ avec mes 6 pieds de tirants d’eau. Mais on racle le fond encore plusieurs fois avant de rejoindre une drague à l’autre bout de la passe pour enfin retrouver 12 pieds d’eau. On arrive enfin mon pont-levis favoris de New Smyrna en même temps qu’un énorme nuage noir chargé de pluie. Mais malheureusement on tombe sur un ¨typique¨ Floridien du sud, il refuse d’ouvrir son pont parce qu’on est en retard de 2 minutes, il nous faudra attendre la prochaine ouverture dans une demi-heure et évidemment se taper les chutes Niagara qui nous tombent dessus. On s’ancre enfin, le nuage est passé et de l’endroit ou nous sommes, je vois notre fameux pont ouvrir régulièrement avec des 2, 3, 5 minutes de retard…le tabar……!
On reste à New Smyrna, et on profite tous les jours de l’Internet gratuit à la bibliothèque qui est à seulement 1 mile,  j’y découvre un très beau livre de photographies de Times-Life pour 2$. France achète aussi quelques bouquins de recettes à…0,10¢! On découvre aussi, un vrai miracle aux USA, une petite pâtisserie ou nous achetons du pain maison et d’excellentes danoises à 0,70¢. Malheureusement, le ¨Food Lion¨ local est disparue, donc pas de voiture, pas d’épicerie. A défaut d’épicerie, France ¨nettoie¨ un manguier à l'abandon.
20 au 22 juillet 2004 (68,8m/845,4)


mercredi 2 juin 2004

St Simon's/Brunswick, GA et Comparatif de Prix, 11 endroits

Nous ne sommes qu'a 7,8m de Brunswick et tel qu'entendu avec la marina de Brunswick, nous y arrivons le 2  juin,  nous y laisserons le bateau jusqu'à notre retour le 14 juillet. On est très content, parce que la marina, qu'on avait jamais vu, est très propre, fonctionnel, très "professionnel".  Les quais sont "sérieux" en aluminium avec nombreux piliers en béton qui retient le tout.  Faut dire que la marée ici est assez importante.
Yallah! sagement installé dans la très belle marina de Brunswick

Yallh!  En sécurité dans la marina avec ses quais très solide.
  En boni on a droit à un ¨vrai¨ village, avec un vrai port de pêche qui abrite une trentaine de chalutiers, un joli centre ville avec des commerces autres que des antiquaires…je croyais que ça n’existait plus aux USA.  Mais c’est comme dans le village d’Astérix le Gaulois, le village est peut-être le dernier à résister à l’invasion…les commerces sont vides, beaucoup de locaux sont soit à vendre ou à louer et pourtant la ville à fait un véritable effort pour rendre le centre très attrayant, mais quant on à un super centre commercial à 11 miles avec Wallmart et compagnie…
Une "belle" d'autrefois à Brunswick, Géorgie
D’immenses maisons en bois sont en attente de nouveaux propriétaires, le type même de B&B, mais qui serait mieux ailleurs!   Dommage.
Notre voyage à Montréal à été très agréable, nous avons rencontrés beaucoup de monde, mais malheureusement pas tout ceux et celles que nous aurions voulu, le temps a passé tellement vite. Surtout que pendant les quatre premières semaines nous avions une voiture, si gentiment prêtée par Claude, une très bonne amie à France, qui nous avait rejointe à St Martin au printemps.  Nous avons bien, beaucoup mangé et malheureusement on a pris du poids!   Nous avons pris une grosse dose de télévision et de films mais on est aussi très content d’être de retour au bateau.
Une belle grande surprise, ma "petite fille"
Les copines s'amusent...
 Nous avons fait le voyage en autobus et cela a été une surprise agréable et une expérience un peu spéciale, surtout au départ, quand nous avons monté dans l'autobus, il ne faut pas oublier qu'on était dans la Géorgie profonde, sinon très profonde...on se croyait dans un film de Science Fiction ou d'horreur!  Disons qu'on faisait un peu "tache blanche" dans le lot.
  Nous sommes arrivés pas réellement fatigués comme on aurait pu le penser, certainement moins que si nous avions conduit une voiture. Nous avons eu aussi moins le ¨stress¨ associé maintenant avec les vols, transferts et attente pour toute sorte de raisons sécuritaires plus ou moins fondé.  Le seul bémol, est l'arrivée aux douanes Canadiennes, ou la douanière voulait probablement montrée qu'elle était plus efficace que n'importe quel "mâle" en uniforme...ce fut assez long et désagréable.

Résumé final de tout les "shoppings" comparatif de nos 20 items** de bases depuis la Martinique:
Martinique:              78,79 (Au Marin)
Guadeloupe:           91,56 (Pointe à Pitre)
St Maarten:             74,05
St Martin:                94,61 (Grande surface…)
St Martin:                64,84 (Petit commerçant.  Comparer les prix, vaut la peine!)
St Thomas USVI:   78,32
Puerto Rico:           61,64  (Salinas)
Turks & Caïcos:     95,72 (Notre 11e province!!!)
Bahamas:              135,33 (Georgetown)
Floride:                   62,18  (Lake Worth)
Québec:                 63,18  (Repentigny)
Une petite note qui a une grande importance…les comparatifs ont été fait sur une période de 6 mois, donc certaines fluctuations, comme le diesel/essence n’ont pas été pris en considération et changeraient le total de la facture considérablement, surtout qu’on n’achète pas au litre mais en grosse quantité ce qui n’est pas le cas de la salade! Évidemment que les prix ne reflètent pas les goûts…un cheddar n’est tout de même pas mieux qu’un brie et le vin subit des fluctuations énormes et pas seulement dans le prix!
Évidemment que depuis 2004 les prix ont changés, mais ce qui était cher ou pas cher hier, demeure aujourd'hui la même chose...à part le montant!
** Les 20 items, petit rappel: 1 Salade, 1kg de Tomate, 1 kg Concombre, 1 kg Choux, 1 litre Huile Végétale, 500ml Mayo, 1 kg de riz, 1 bte légumes, 1 bte tomates, 1 pain tranché 500g, 1 kg Pilons de poulet, 1 dz d'oeufs, 1 kg de fromage dur, 1 litre de lait, 1 litre de vin de table, 100 litre d'eau, 24 33cl de bière, 1 litre d'Essence et 1 litre de Diesel plus 1 heure d'internet.
2 juin au 14 juillet 2004

vendredi 28 mai 2004

Fernandina, FLA/St Mary's/Jekyll Isld/ GA

Comme nous avons besoin d'aller à Montréal, nous avons réservé l’autobus et la marina à Brunswick pour le 2 juin, donc on a un peu de temps à tuer. Nous sortons donc de l’intracoastal et montant une rivière vers un petit village à 5 milles à l’intérieur des terres, ce qui nous met qu'a 9,5m de Fernandina et une quarantaine de mille de notre destination. Joli village, grandes avenues avec grands arbres centenaires et de très grandes maisons en bois des années 1800.
"Petite" maison de St Mary's en Géorgie
 Mais pas d’épiceries, de marchés et la bibliothèque est à 2 milles de marche. Le mouillage est bon mais le courant est tellement fort que le bateau avance sur son ancre et donne des coups de chaîne sur la coque. J’aime pas tellement, on restera qu’une nuit.
28 mai 2004

Tant qu'a rien faire on décide de se rapprocher de notre destination, donc on se dirige vers Jekyll Island qui est tout de même à 33,7m, et comme on ne connait pas trop l'ampleur des "Sécurité",  "Sécurité", on est mieux de pas prendre de chance.  Surtout qu'on sait que pour aller vers Jekyll Island il faut longer une base de sous-marin nucléaire.  En cours de route nous ne rencontrons pas moins de 8 vedettes de la sécurité, 2 du shérif local et une corvette de la Garde Côtière, mais tout ce passe très bien, même pas un petit appel pour nous identifier. 
 L'Intracoastal devant Jekyl Is. Très bon ancrage.
 Nous allons donc nous ancrer à Jekyll, ou nous tentons d’aller à la marina, mais on est même pas arrivé qu’un employé nous dit que ce privilège coûte 8US$!!!  A Fernandina, c’était 2US$. Non merci! Surtout, qu’a, à peine 500 pieds il y a un dock gratuit. Son défaut, c’est qu’il faut faire une longue marche pour rejoindre la route, avant de faire un autre 2 miles de marche…On laisse tomber Jekyll.
29 mai 2004

On se déplace donc vers St Simon's qui est à 7,3m d'ici.   Aujourd’hui, pendant qu'on se déplace, on voit encore plusieurs bateaux de la Garde Côtière et sur la pointe d’une île, juste à côté d’une plage, un campement militaire ¨temporaire¨ avec radars, fils barbelés.  Nous en aurons l’explication à la marina où nous allons laisser l’annexe, des affiches annoncent qu’elle sera fermée pendant une semaine, G8 oblige!  Le seul commerce qui restera ouvert est l’épicerie, c’est encore heureux!  
Nos amis de Cheshire Cat toujours prêt à faire une démonstration de vitesse d'un Nonsuch dans l'Intracoastal
Surprise!  Nous croisons nos amis de Cheshire Cat qui sont en route pour New York pour la saison des ouragans. 
30 mai au 1 juin 2004



mercredi 26 mai 2004

St Augustine/Alligator Creek/Fernandina, FLA

Journée très longue à naviguer à moteur dans constamment 2,2 à 2,4 mètres d’eau. Nous sommes dans une Floride totalement différente. Le canal est maintenant bordé de petites maisons simples, chalets ou même ¨shacks¨, mais déjà on voit approcher les développeurs avec leurs monstruosités gréco-romaines ou ascienda espagnole à 4 étages, rampe à bateau plus grande que les maisons avoisinantes. Sa surprend un peu de voir une maison 6m x10m d’un étage à côté d’un ¨carport¨ de 10m x15m, l’équivalent de deux étages avec ascenseur pour 2 ¨cruisers¨, 4 ¨seadoo¨, 1 planche à voile, 2 kayaks etc etc…Alors, la maison!!!
Oui ça existe un alligator de 4 mètres! (Photo tirée de "Game & Fish")
En route, nous croisons notre premier alligator, d’au moins 4 à 5 mètres, qui sort se vautrer dans la vase. Impressionnant! On est fatigué, ou stressé par la navigation avec les yeux rivés constamment sur le profondimètre. Heureusement, que pour briser la monotonie, un dauphin décide de nous accompagner pendant au moins deux heures. Il vient se coller contre le bateau et plusieurs fois, semble imiter le crachement de la sortie d’eau du moteur. Il m’asperge à trois reprises, petit comique!
Il est passé l’heure de l’apéro, on est fatigué, on n'a fait que 51,4m, on décide donc de s’ancrer dans Alligator Creek. On continuera demain pour Fernandina. Nos amis américains de Cheshire Cat se lancent à l’eau…dans Alligator Creek?  On fera la même chose, après tout sa donne 3 chance sur 4!
26 mai 2004

Alligator Creek à Fernandina est a, à peine 11,3m, on va en profiter pour prendre le temps de faire un vrai arrêt et de débarqué parce que nous n’avions pas visité Fernandina en 2000. La ville vu de l'Intracoastal a des apparences assez rebutantes, mais en fait, si on fait abstractions des deux énormes usines qui l’enchâssent, est très jolies. Le centre-ville n’est occupé que par de vieilles maisons du début du siècle, même les bâtiments officiels qui date de la même époque ont gardé des proportions agréables. 
Le beau centre ville de Fernandina, à quelques centaines de pieds de la marina
 Rien à voir, avec les buildings ¨modernes¨ des années ’50 qui malheureusement ¨pollue¨ les centres-villes de la plupart des villes américaines. Nous arpentons les rues ombragées par d’immenses arbres, les B&B rivalisent de beauté avec leurs terrains fleuris, les commerces ont tous respecté le ¨look¨ vieillot de la ville. Comme d’habitude, une bibliothèque avec internet nous attend et ¨Oh bonheur!¨, elle est a, à peine, 4 rues de la marina
27 au 28 mai 2004



samedi 22 mai 2004

New Smyrna/Daytona/St Augustine, FLA

On est pas loin de Daytona, et il y'a quatre ans nous n'avions pas arrêté ici, donc on se tape un tout petit 15,5m.  
La navigation est courte en distance, mais longue en temps. L’Inlet de Ponce est ensablé et nous devons y aller très l e n t e m e n t.   A un endroit il n’ y a pas moins de 8 bouées supplémentaires, toutes ¨temporaire¨. Par exemple, la numéro 2 à temporairement d'ajouté la 2a 2b 2c 2d avant de passer à la numéro 3!  Inutile de dire que tout le monde passe les fesses serrées. Tout ce passe bien pour nous, jusqu’au moment ou on est devant notre mouillage,  je me dirige hors du chenal pour m’ancrer tel que conseillé devant la numéro 39a ou j’arrête dans moins de 6 pieds d’eau. Heureusement, qu’ici le fond est mou comme de la pouding et un coup de moteur, barre à gauche, à droite et on est reparti!
Un ou le seul téléphone publique à des milles à la ronde dans Daytona E.T. phone home!
Ici, pas de ¨no-see-ums¨, que du bétons et étrangement la ville est presque déserte. Une jolie rue commerciale à été rénové, mais les commerces sont déserts. Nous allons encore une fois à la bibliothèque pour l’internet.  Cest  ce qu’il y a de bon aux USA, c’est la présence de bibliothèque presque partout avec internet gratuit, une obligation du gouvernement fédéral. 
Notre retour avec le bateau au Québec est annulé, faute d’entente avec le client. Ce n’est que partie remise, en attendant on continue vers Brunswick, Georgie ou une marina accepte de nous prendre pour 6 semaines sans assurance. On pourra quant même rentrée à la maison, mais il va falloir faire vite, parce que l’intracoastal sera interdit de navigation pendant une semaine à partir du 5 juin. L’accent de Géorgie de ma correspondante m’a empêché de comprendre la raison de cette interdiction. Même la marina, sera fermé, donc on a intérêt a y être avant ce branle-bas de combat. Syndrome du 11 Sept.? D’ailleurs depuis quelques jours, les opérateurs de pont, nous demande de nous identifier et de dire quel est notre destination.  Donc à partir de maintenant "This is sailing vessel Yallah!  from Montreal, Canada bound for XYZ", il serait temps de s'acheter une radio VHF portative.
22 au 23 mai 2004

On part en même temps que Cheshire Cat, le Nonsuch américain et Eau de Vie 1, un autre Québécois s’insère parmi nous. La journée commence mal, en passant le premier pont ouvrant et en suivant le Québécois (qui ne tire que 4 pieds) je plante encore une fois. Je laisse tout le monde passer et on réussit à se dégager. On ne me reprendras plus à ne pas naviguer les yeux rivés sur les variantes du profondimètre, c’est stressant mais au moins on ¨voit¨ venir les hauts fonds.
Encore une fois, un inlet, celui de Matanzas, nous attend avec ses hauts fonds et la-aussi, plusieurs bouées ont été ajoutées, même qu’on croise la drague, qui est la, pratiquement en permanence depuis 2002, mais l’inlet est en perpétuel mouvement et s’ensable sans arrêt.
La journée se termine bien, nous mouillons devant St Augustine vers 17hrs. Longue journée de 52,9m…mais encore plus longue pour Eau de Vie qui se prend l’hélice dans le câblot d’un américain, très éméché, ce qui n’aideras pas beaucoup les manœuvres pour déprendre Eau de Vie… 
Les "portes" de la ville.

Le centre ville, à deux pas des docks de notre mouillage
L'ancien couvent qui date de la période Espagnole
Nous visitons la ville, qui semble t’il, est plus propre ou ¨ordonnée¨, le bric à brac pour touriste est moins agressant, la ville est plus accueillante et par le fait même plus intéressante à visiter. Nous découvrons plusieurs vieux bâtiments du 17e siècle de la période espagnole et évidemment, comme d’habitude aux USA tout ce qui est  un peu vieux (1860/1880) est déclaré bâtiment historique. Même le ¨vieux¨ Woolworth des années '50 est classée ¨historique¨!
24 au 25 mai 2004


dimanche 16 mai 2004

Ft Pierce/Vero Beach/Palm Shores/Titusville/New Smyrna, FLA

Un pont seulement et nous voila dans la marina municipale (qui étrangement n’exige pas d’assurance), le voyage se fait accompagné d’un bateau américain (Cheshire Cat) que nous avions rencontré dans l’Intracoastal en 2000. Le voyage de 13.1m, se fait sans accroc, à part un ¨léger¨ ralentissement sur un banc de vase à l’entrée de la baie, mais au final tout se passe bien. 
Une "boule" = trois bateaux!
 La marina, offre pour 8,25$ une "boule" ou corps mort qu’il faut partager quelquefois avec 2 autres bateaux! 
Un environnement agréable et surtout, un bon service d’autobus qui est gratuit.  Le service est probablement subventionné par les centres d'achats, parce que l'autobus fait la tournée de tout les centres d'achats...
Peut être que nos élus, devraient s'inspirer du système, au lieu de piger dans nos poches.
Nous en profitons pour aller dans un Super Walmart, la ¨business¨ s’annonce dure pour les épiciers et marchands général!  Nous revenons au bateau avec 2 grosses batteries marines.
On en profite aussi pour faire de l’internet dans une bibliothèque et nous apprenons que nos supposé acheteurs, qui voulaient qu'on "réserve" le bateau pour eux,  ne viendront même pas le voir, évidemment qu'ils n'auraient jamais pensé avoir la courtoisie d'avertir... pas réellement surprenant!
16 au 17 mai 2004

Pour notre passage de Vero Beach à Titusville, nous n'avons aucun pont ouvrant sauf un, juste avant Titusville.
On bénéficie d’un vent portant qui nous permet d’arriver tôt dans l’après midi dans les environs de Palm Shores,  dommage qu’un pont en réparation un peu plus loin nous bloquait le chemin et nous aurait empêché d’arriver à la clarté à Titusville. On couche donc après avoir fait 42,7m, à côté de "Feline Fine" un bateau Québécois  qui fait ce voyage allez/retour depuis des années
18 mai 2004

Encore une belle journée, sous voile et moteur, mais nous ¨poussons¨ un peu parce qu'on a 30,8m à faire et que le pont tournant de Titusville est en réparation et ouvre, peut-être aux trois heures. Le chenal dans le coin n'est pas très large et une quantité de gros bateaux moteurs nous dépassent.  Voyagez avec deux Nonsuch, c’est toujours un peu la course, c’est toujours fascinant de les voir avec leur grand voile et ¨wishbone¨ sorti pratiquement la largeur du chenal. Nous arrivons à temps pour l’ouverture du pont, et malgré tout, devons tourner en rond pendant 40 minutes parmi les bateaux qui nous avaient dépassés dans la journée. Mais on est chanceux, contrairement à un voilier qui lui est arrivé 20 minutes après notre passage, et devras patienter jusqu’au lendemain.
Titusville est toujours aussi désert, mais le ¨Cash & Carry¨ est toujours la et offre des prix difficile à battre. Nous en profitons, pour voir les bateaux canadiens toujours aussi nombreux ici, j’en vois deux en vente, dont un C&C Québécois… même si techniquement c’est illégal et le bateau pourrait être saisi.
Un "sac à vidange" dans la marina à Titusville
Dans la soirée, on se promène sur les quais et France lance un ¨Ko sé que sé ça!¨  On dirait un vieux gros sac de poubelle gonflé d'air qui flotte près du quai. France n’écoutant que son courage, lui donne une petite poussée du bout du pied.  Notre premier Manatee!  Après des centaines de pancartes sinon des milliers de mise en garde, et notre deuxième passage dans le coin on voit notre premier Manatee, quel horreur, mais en même temps, fascinant, il fait au moins 3 à 4 mètres.
19 mai 2004

Après une navigation peinarde de 32,0m qui se termine comme d'habitude ici, avec la fermeture du pont juste au moment qu'on y arrive...5 minutes avant l'heure, Je crois que le "bridge tender" en prend un malin plaisir.  On attend 30 minutes et nous nous ancrons derrière une petite île, et contrairement a il y a 4 ans, on trouve un ¨dinghy dock¨ et aussi, à distance raisonnable de marche, une très belle bibliothèque/internet. Le centre-ville est joli et à moins d’avoir une voiture, il n'y a rien d'autres que des magasins pour les chasseurs d’antiquités. Quelquefois on voit un autobus, mais comment le prendre, il n’y a pas d’arrêt de visible.
New Smyrna Beach...à l'extérieur! Pas toujours rentable de sortir de l'Intracoastal.
On part! Il n'y a pas grand chose à faire ici et les deux nuits ici nous rappellent quelques ancrages ¨idylliques¨ fréquentés par des zillions de ¨no-see-ums¨.
20 au 21 mai 2004

mercredi 5 mai 2004

Ft Lauderdale/Lake Worth/Stuart/Ft Pierce, FLA

Tôt le matin, on prend l’Intercoastal et on se dirige à travers le dédale de canaux en direction de Lake Worth qui est à 49,7m et passons pas moins de 20 ponts, la plupart ouvrant à la demande mais beaucoup, soit au 15 minutes, d’autres au 20 minutes et encore d’autres à la demi-heure avec évidemment celui qui nous fait attendre 1 heure complète pour cause de réparation.  Les propriétés dans ce secteur sont, au début très impressionnante mais à la longue cela devient carrément lassant de voir cet étalage de mauvais goût et cette compétition à celui qui à LA plus grosse maison avec évidemment le petit joujou de 3 ou 4 millions devant la maison.

Le mouillage de Lake Worth, tel qu'on l'avait laissé en 2000
Dans la soirée on arrive à Lake Worth ou des amis américains (Foggy Mountain) que nous avions rencontré en 2001 sont venus s’installer dans une marina pour y travailler. Comme plusieurs, pour récupérer les pertes financières du 11 Septembre qui ont affectés bien des ¨retraités¨, forçant même plusieurs à carrément vendre leur bateau. Nous en profitons aussi pour faire notre première épicerie avec des prix que nous avions oubliés jusqu'à l’existence!
Prix moyens de nos 20** items de bases:  46,06$US ou 62,18$Can.
**En Floride, il faut ajouter soit 6%, 6,5% ou même 7% de taxes et aussi parfois jusqu'à 0,05 du gallon en plus si un certain minimum d’achat n’est pas atteint… Ah! Merveilleuse Floride.
Ceci ne tient pas compte des promotions, ou les prix peuvent descendre de façon impossible dans les Antilles. Ex. 10 conserves pour 4$US! et l'internet facilement disponible et gratos!

Depuis notre départ, la ville ou le comté semble avoir réglé leur problème de service d’autobus. Maintenant les chauffeurs savent ou ils vont et savent conseillés, quel ligne prendre, le tout pour 3$ pour la journée, circuit illimité! Nous en profitons donc pour aller faire nos douanes à moindre prix. Des copains à nous ce sont fait prendre avec 25$ de taxi, un, le record, 100$US parce qu’il a fait l’erreur de demander de l’attendre! Tout les jours, ou presque, nous en profitons pour aller à l’internet dans une énorme bibliothèque et pour nous reposer de notre longue marche, on s’arrête dans un Barnes & Nobles, une chaîne de libraire absolument fantastique.
La veille de notre départ, Iguazu que nous avions perdu de vue depuis les Bahamas, nous rattrape, mais on ne peut pas rester plus longtemps, parce qu’il faut qu’on trouve un mouillage sécuritaire pour Yallah! pour la durée de notre voyage à Montréal, soit à peu près 6 semaines.
5 au 10 mai 2004

Nous nous ancrons devant Stuart après une demi-journée à essayer de prendre de vitesse l’ouverture des 9 ponts qui séparent Lake Worth de Stuart et surtout ¨tricoter¨ dans les hauts-fonds de la rivière Sainte Lucie sans s’échouer. Toute la matinée à mesure que nous approchons de l’embouchure de la Sainte Lucie, on entend les appels pour ¨SeaTow¨ ou ¨TowBoatUS¨, un ¨must¨ pour qui navigue dans le coin, surtout à 95$ par année, distance illimitée ou presque.
Le mouillage de la marina municipale Stuart, au mille et un règlements
Mais le mouillage que nous espérions est municipal et surtout situé en Floride, donc impossible de laisser le bateau sans assurance. Pas de problème! On va se ré-assurer…excepté, a date, aucune compagnie ne veut nous assurer…parce que nous n’avons pas d’historique depuis notre départ et surtout, surtout parce que nous sommes en Floride! Une compagnie était prête à le faire…en Californie.
11 et 12 mai 2004
On se déplace de 35,4m vers FtPierce et après seulement 4 ponts et raclés à deux reprises le fond vaseux on s’ancre devant une marina ou nous pouvons enfin déniché un guide de marina ¨Skipper Bob¨ et surtout rencontré des Canadiens qui ont le même problème d’assurance, mais en pire, ils ont eu un échouage qui a coûté la bagatelle de 31,000$US.  Nous nous mettons en route pour Brunswick, Géorgie, un état plus "olé olé" et ou l’assurance n’y est pas un pré-requis.
La marina de Ft Pierce, Fla.
Pendant que nous sommes à FtPierce, nous accédons, encore une fois, dans une énorme bibliothèque à internet, et notre annonce de bateau à vendre, vieille de 2 jours, nous envoient une bordée de réponse. Dont une, intéressante, mais avec la clause que nous devons remonter le bateau au lac Champlain, ce qui n’était pas dans nos projets. Mais, après réflexion, pourquoi pas, surtout qu’ils vont venir le voir avant qu’on se mette en marche. On répond par l’affirmative, 2000 miles, une paille, surtout avec les moyennes que nous faisons dans l’Intracoastal…
13 au 16 mai 2004

samedi 1 mai 2004

Nassau/Chubb Cay/Gun Cay, Bahamas/Fort Lauderdale, FLA

La météo typique des Bahamas recommence…un ¨cold front¨ le 1er mai! Nous partons très tôt de Nassau et nous dirigeons vers Chubb Cay de sinistre mémoire qui est à 64,7nm et ou nous avions eu une nuit blanche dans un sérieux coup de vent et ou le lendemain une douanière encore plus froide et désagréable que le ¨cold front¨ nous avait reçu!  Cette fois-ci, on a un avantage, on a pas fait nos douanes donc pas besoin de dédouaner!
En route pour le "banc"
Nous y arrivons dans l’après midi et comme prévu, le mouillage est très désagréable. On décide d’y faire qu’une petite escale pour monter sur le pont l’annexe en prévision du passage du Gulf Stream et ensuite continuons 20 minutes plus tard pour nous ancrer sous les derniers rayons de soleil quelque part au nord d’une bouée dans 8 pieds d’eau. Après une heure d’arrêt et d'entendre la chaîne gratter sur le fond, je vérifie le GPS…nous avons dérivé de 1000 pieds! A se rythme la on va se ramasser en pleine mer ou pire quelques part sur les nombreux banc de sable. Je ne veux pas répéter l’expérience d’un voilier que nous avons rencontré, il a passé 8 jours ¨planté¨ sur un banc de sable, à attendre une marée plus importante pour se dépêtrer de ce mauvais pas. Je jette la deuxième ancre et on passe une nuit merdique à entendre les coups de chaîne, la chaîne qui racle le fond rocailleux mais au moins on ne bouge plus, du moins dans une direction…parce que verticalement le bateau tangue comme si nous étions en navigation…en pire, un petit rappel de Chubb Cay en 2000!
1 mai 2004

Enfin! Le matin arrive, et on se remet en marche et après une navigation assez sage de 49,6nm nous essayons, comme le suggère notre guide de nous ancrer sur la côte ouest de Gun Cay…l’horreur!  Les rouleaux déferlent, on retourne se cacher derrière Gun Cay. On est brûlé, on se couche à 19h00 et à minuit j’entends dans un de mes rêves un grondement, je suis maintenant réveillé, quel maudit rêve! Je fais de la ¨pitoune d’un bord, pitoune de l’autre bord¨…encore le grondement, je ne rêve pas, on CHASSE!!! Je sors à poil dehors, nous sommes à 50 pieds des rochers qui barrent la passe entre les deux îles. En deux temps, trois mouvements, on part le moteur et, à travers les hauts fonds, on se dirige vers ce qu’on espère être un mouillage sécuritaire avec un fond de sable, est-ce que ça existe dans le coin?   Je remets ma deuxième ancre, celle des cas extrêmes (une Britanny 16kg) et elle tient du premier coup!  Les seules fois que la Bruce dérape à répétition c’est au Bahamas, et c’est toujours la Britanny qui règle le problème, on devrait la baptisé, Bahamas!
La pointe de Gun Cay et les rochers qui nous "attendaient" la nuit dernière.
2 mai 2004

Nous partons avec un vent Sud Est et sommes portés par une longue houle vers la côte américaine. On a hâte de voir si les vagues ont eu le temps de se calmer, parce que sur le banc, c’était plutôt le contraire. En fait, le seul endroit qui brasse un peu c’est à la jonction avec le Gulf Strea., Après, la vague se calme et nous filons et nous arrivons à 15 heures. On s’ancre devant la marina Los Olas en plein centre ville à côté d’un voilier français et Garfield, un voilier québécois
Une des "rues" près du mouillage de Las Olas
Nous y restons deux nuits, et en profitons pour visiter un peu le centre-ville et le super, hyper grand West Marine. Jamais, je n’ai vu un magasin nautique de cette taille. Impressionnant et surtout difficile d’en sortir sans y laisser bien des dollars!
3 et 4 mai 2004