Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

mercredi 23 mars 2005

South Santee/Prince Creek/Barefoot LandingTr, NC

On part sous un ciel menaçant, doublement parce qu' après avoir écouté la météo alarmiste, qui demande aux autorités locales, la police ainsi que les pompiers de se préparer à faire face aux dangers inhérents à un orage…on peut devenir nerveux.   Une heure après notre départ, le vent monte, et un gros nuage noir nous suit. Nous nous engageons dans l’ "inlet" de Georgetown avec le courant contre nous. Mais le vent de 20/25kn nous donne des ailes et on file, parfois à 4,8kn, en remontant les vagues de plus en plus grosse, créés par la marée descendante et le vent contraire,  et une fois sur la vague on ¨surfe¨ en faisant presque 7kn. Comme dirait l’autre, c’est ¨tonique¨! Tellement qu'on décide de ne pas arrêter à Georgetown et de continuer vers Prince Creek.  
Un des "zillions" de marqueurs "squatté" par un aigle?
 La pluie finie par tomber, mais elle ne dure qu’une petite demi-heure et on arrive tôt dans l’après midi ou nous nous ancrons dans la même crique qu’il y a 5 ans
Le calme extraordinaire de Prince Creek.
Un des plus beau, sinon le plus beau mouillage de tout l’intracoastal. D’un calme absolu, aucun bateau, pas de vague, seulement le bruit provoqué par le craquement des arbres et le cri d’un aigle. 
La famille "Tortue" se réchauffe au soleil
J’y avais passé une heure a essayer de photographier une tortue… aujourd’hui, pratiquement toutes les branches, à fleur d’eau, sont occupées par une famille complète, le père, la mère et jusqu'à 7 rejetons, tous en ligne, en train de se réchauffer au soleil.
23 mars 2005   ( + 38,5m = 813,4m)  21e arrêt)

24 mars, une journée superbe, nous filons 7kn avec le courant vers Barefoot Landing, qui tout simplement un centre d’achat en bordure du canal, mais qui offre gratuitement, pendant 72 heures, un espace à quai.  Juste avant d'y arriver, nous croisons dans le "Rock Cut" la raison d'existence première de l'Intracoastal, un chalutier qui pousse sa barge probablement vers Georgetown.  Ce qui dément encore une fois la "légende urbaine" que le canal est à l'abandon.
Traffic lourd sur l'Intracoastal
Après les mouillages déserts que nous avons connus et que nous allons encore rencontrés dans les jours qui suivent, c’est un petit caprice qui est bienvenue, surtout qu’il y a un ¨Cracker Barrel¨ ou je me promets un petit déjeuner gargantuesque pour fêter Pâques!
Le dock de 600' de Barefoot Landing à Myrtle Beach, NC
Un ¨cold front¨ avec des vents de 30kn avec une pluie torrentielle nous bloque ainsi que plusieurs bateaux québécois dont un cycloné de Ft Pierce, démâté, cabossé, pas beau à voir.
P.S.:  Une rumeur mentionne que le quai serait maintenant payant.  Quelqu'un pourrait il me le confirmer?
24 au 28 mars 2005  ( + 27,2m = 840,6m)  22e arrêt



lundi 14 mars 2005

Rock Creek/Ross Marine/Charlestone/South Santee River, SC

Journée nuageuse et beaucoup plus froide… un autre ¨cold front¨ est annoncé. Heureusement, que le jeu des marées est en notre faveur et nous arrivons rapidement à Ross Marine ou nous avions arrêté en catastrophe il y a 5 ans pour changer notre bague hydrolube (cutlass bearing) et cette année, nous arrêtons pour la même raison! 
Folie des grandeurs...le dock avec lift est plus gros que la maison
 Il faut la changer encore une fois, heureusement qu’en prévision de notre retour aux USA, j’en avais acheté une à St Martin, ce qui nous évite d’être bloqué ici pendant 8 jours comme il y a 5 ans. Comme dirais l’autre…Don’t leave home without it!!!
Le portique chez Ross Marine...2e visite en 2 passage sur l'ICW
NB. : Dans les îles françaises, les bagues hydrolube sont disponibles sur la tablette, comme une canne de petit pois à l’épicerie. Aux USA, même dans un livre de pièces nautiques 2 fois plus gros que le bottin de téléphone de Montréal…Nada!
NB.:  Si vous avez un problème dans le coin, Ross Marine au www.Rossmarine.com   Mais attention! Une fois sortie de l’eau il est INTERDIT de vivre à bord du bateau. Par contre, vous pouvez rester à quai, avec eau et électricité et ce gratuitement, toute la durée de l’attente d’une pièce ou d’un mécano.
14 au 17 mars 2005   ( + 40,0m = 718,9m)  18e arrêt)

Vendredi le 18 mars, nous quittons Ross Marine, ou nous avons été enfermé dans le bateau à cause de la météo. Le chantier étant loin de tout, il n’y avait rien d’autres à faire que de ce morfondre. Enfin, après avoir passé, sans encombre, Elliot Cut, cette fois avec un tout petit courant de 2kn, nous mouillons devant Charleston, qui avait été notre ville favorite au début de notre voyage il y 5 ans.
Disposition typique, en longueur des maisons à Charleston, et un magnolia!
On n’est pas déçu! Il y a 5 ans l’immense quartier historique était déjà impressionnant, mais l’ancien centre-ville était, comme souvent, parsemé de terrains vagues, édifices abandonnés, l’ancienne rue commerciale pratiquement déserte, à part quelques pizzerias et café. Le centre n’était pas complètement mort, probablement à cause de la proximité d’un très gros centre hospitalier et de l’université. 
Rue typique de Charleston
 Même le parc avec son monument à un des fondateurs de la ville, était clôturé et fermé au public.
Aujourd’hui, le parc est planté d’arbre, tous les terrains abandonnés ont été construits, les buildings sont tous dans le style ¨Charleston¨ et aucun ne dépasse les 5 étages. (On est loin de la Floride avec au mieux, ses tours en verre ou au pire ses blocs de bétons staliniens avoisinants ses ¨créations¨ très mode, hispano-méditerrano-californien) Tous les immeubles se marient avec leur environnement immédiat. On peut voir un hôtel Hyatt côtoyé avec bonheur une maison historique. (Encore une fois, une différence avec la Floride, ou historique veut dire n’importe quoi datant des années 1890, même un Woolworth (Monoprix) des années 1950) Ici les maisons dans le quartier commercial datent de 1790 et celle du quartier historique date de 1670/1720
Rue typique de Charleston
 La ville à eu la chance de survivre à la guerre de Sécession, et après la catastrophe financière qui en a résultée, c’est tout simplement endormie et a été oublié par les développeurs et leurs bulldozers. Dans les années 1970, la ville s’est réveillée et une des première choses faite, à été d’interdire les démolitions. Tous les bâtiments sont protégés. Certains sont en mauvais états et loués par la ville en attendant des nouveaux propriétaires qui auront le courage et l’argent pour les rénovés sans en changer le caractère. Charleston a probablement le plus grand quartier historique d’Amérique qui est resté presque en état d’origine. Certainement plus impressionnant que le Vieux Montréal et plus grand que le Vieux Québec.
Petite terrasse, en attente de touriste.
Nous avons aussi profité du service internet offert dans la nouvelle bibliothèque universitaire. Il y a 5 ans, nous avions été impressionné par la bibliothèque municipale avec ses 40 ordinateurs gratuits, maintenant nous sommes ébahis par les 200 à 250 ordinateurs groupés par 2, 3, 5 avec beaucoup d’espace pour étaler vos papiers et le luxe d’un vrai fauteuil confortable, même mon ancien patron, n’en avait pas un plus beau. Pour couronner le tout, nous pouvons imprimer à volonté, sans frais.  Alors j’en profite pour imprimer des articles tirés d'articles pris sur internet, sur la vie à bord de "Pénichette" en France...mais la valeur de l'Euros et le prix du diesel, rend le projet impossible.
Les premiers magnolia...le printemps s'en vient!
Depuis deux jours la température monte et il fait maintenant 20oC le jour et 10oC la nuit, les arbres sont en fleurs, même les nombreux magnolias, qui sont, je crois, l’arbre fétiche de la ville. C’est enfin le printemps!
18 au 21 mars 2005    ( + 6,8m = 725,7m)  19e arrêt

Le 22 mars on se remet en marche par une journée nuageuse, la météo annonce des orages avec risques de 50kn de vent, la moitié du bulletin météo sert à donner des conseils pour se protéger des arbres qui tombent, des inondations etc etc. La sécurité avant tout, pourtant Ben Laden n’y peut rien… 
 
La journée, malgré le ciel chargé, se passe bien, le chenal est beaucoup plus droit et profond, en plus, nous sommes accompagné régulièrement par des dauphins dont un farceur qui s’amuse à sauter devant le bateau. France, évidemment ne peut résister à l’envie d’essayer de communiquer en tapant dans les mains, notre farceur, se met de côté et nage en la surveillant d’un œil, il ne lui reste plus qu’a faire des clins d’œil. En s’éloignant, il nous fait un extraordinaire bond hors de l’eau. Depuis le début de notre voyage, les dauphins sont vraiment l’animal qui nous impressionne le plus, par sa beauté et par ses facéties.
Un Faucon surveille sa "maison", il a intérêt, un bateau lui déjà entré dedans.
Nous nous ancrons dans Santee River dans 15 pieds d’eau et à peine 5 minutes après, il se met à pleuvoir gentiment mais avec le tonnerre qui tonne au loin. Heureusement que le fond est bon, parce qu’au cours de la nuit le vent monte dans les 25 à 30kn et il n’y a aucune protection.
22 mars 2005   ( + 49,2m = 774,9m ou un total de 9515nm)  20e arrêt

vendredi 11 mars 2005

New Teakettle Creek/Buckhead Creek/St Augustine Creek/Rock Creek, SC

On part tôt, et la journée s’annonce belle, soleil et un vent SW de 15/20kn qui nous aident à faire des pointes de 8,2kn malgré le poids de l’annexe et la barbe que Yallah! porte tout autour de sa coque. 
France à la barre et un très rare bateau à notre suite
Mais une alerte météo est émise vers midi, nous annonçant des vents de 30/35kn avec des pointes de 45 à 55kn! On décide donc, de se rendre au maximum que l’on peut faire avant que les vents renforcissent. Vers 13h00 on sent de plus en plus que le vent devient plus soutenu et le ciel commence à prendre une drôle de coloration, en plus le baromètre est passé de 1022 à 1015 et la tendance se maintient. On s’ancre donc dans Buckhead Creek, 2 milles à l’intérieur, derrière le seul îlot d’arbres à des milles à la ronde. Le fond est, comme d’habitude en Géorgie, vaseux, donc ça devrait bien tenir.
11 mars 2005   ( + 38,0m = 586,0m ou un grand total de 9353nm)  15e arrêt

Youpiie!  On vient enfin de passer la moitié du chemin pour Norfolk. Ce matin on est partit tôt, il n’y avait pratiquement pas de vent et la nuit à été d’un calme plat. Mais la météo maintient son avis de tempête. On a, à peine négocié un des passages difficiles de la journée, vent de côté qui monte dans les 20/25kn et en plus un des alignements manque à l’appel… donc pas moyen de s’aligner, mais la marée est encore haute et malgré l’étroitesse du passage on passe sans encombre. See Tow ou TowBoatUS doivent faire des affaires d’or dans le coin. Le vent continue de monté, il souffle constamment 25/30kn, avec des pointes de 40kn. Ce qui rend le pilotage à travers les hauts fonds de plus en plus difficiles, surtout que la marée, elle, continue de descendre et qu’il y a déjà pas beaucoup d’eau.
Accident de parcours...et personne à bord!
On décide encore une fois de faire une petite journée, on s'arrête à St Augustine Creek… à ce rythme-là, on arriveras jamais! Le bon côté de la chose, c’est qu’au moins on est en sécurité dans l’Intracoastal, les bateaux qui préfèrent aller plus ¨vite¨ par l’extérieur, on la surprise d’avoir subitement sur les hauts fonds de la Géorgie des vagues de 15 à 22 pieds! D’ailleurs, dans la journée un équipage d’un voilier canadien est évacué par un hélicoptère de la marine américaine. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier à ce faire prendre à l’extérieur par les caprices de Dame Nature
12 mars 2005   ( + 31,1m,= 617,1m)  16e arrêt

Enfin! Une belle journée, les vents sont du SW, 10/15kn et il fait SOLEIL! La température monte dans les 70o, le bonheur! Nous partons avec la marée descendante, ce qui nous permet d’ atteindre le Port Royal Sound à l’étal et de négocier les méandres des rivières, grosses comme des fleuves et les criques, grosses comme des rivières, pour atteindre l’IMMENSE entrée de la rivière ¨Colosaw River¨, (une déformation de ¨Colossal¨?) ou nous arrivons juste a temps pour bénéficier de la montée de la marée qui nous donne une poussée jusqu'à 8kn pour nous permette de remonter vers les terres et Rock Creek ou nous nous plantons dans 5 pieds d’eau et ou les cartes indiquent 14 pieds. 
L'Intracoastal en Georgie...une partie "intéressante", il y a des arbres! Au moins ça nous protège du vent.
Pas grave! Ce n’est que de la boue très molle et, avec la voile, pour faire gîter le bateau, et le moteur, on réussit à se dégager. Belle journée, on a enfin fait une très bonne moyenne et on est surtout, enfin sorti de la Géorgie, qui est si ennuyante malgré c’est beau paysage.
  13 mars 2005  ( + 61,8m = 678,9m)  17e arrêt

lundi 7 mars 2005

St Augustine/Fernandina, FLA/Jekyll Isld/New Teakettle, GA

Un tournant! Nous sommes à l’extrême nord de la Floride, on est sur le point de s’engager dans les méandres des rivières de la Géorgie.
Début de la partie la plus "plate" de l'Intracoastal, Nord de la Floride et Géorgie
 Mais un nouveau ¨cold front¨ est annoncé, et cette fois-ci il semble sérieux, même si je commence à me méfier de la météo US qui est devenue au cours des années très, très alarmistes. Après les mises en garde, de feux de forêts, vagues fortes sur les plages, danger d’emporter les baigneurs, pluies torrentielles et inondations, possibilités que des arbres tombes sur les voitures et ce, tous dans la même journée! Il n’en demeure pas moins qu’ils annoncent des vents de 40 à 50 miles à l’heure avec possibilités de pointes de 70 et des orages. Donc, le but recherché est atteint, on ne bougera pas! On en profitera pour faire de l’internet  et pendant une accalmie aller à terre à la bibliothèque de Fernandina pour envoyer nos messages et nous reposer, après tout, c’est la journée de la femme…donc France en profite pour laver le plancher du carré, laver la toilette, faire de la couture et pour ce relaxer, pendant que le vent atteint 50mph, faire du petit point!
7 et 8 mars 2005  ( + 61,3m = 478,1m)  12e arrêt

Le lendemain, le 9 mars, le vent tombe graduellement, on décide d’aller à terre en vitesse, faire nos envoies de messages internet à la bibliothèque municipale, on va aussi dans un ¨Dollar store Freddy’s¨, hallucinant! On entre acheter un pain, on sort avec une commande de 22$US! Faut bien se préparer pour le passage a travers le grand désert qui est la Géorgie. 
Une fois nos commissions faites, on part à 11 heures vers Jekyll, ou nous nous ancrons à 5h10. Longue journée, froide, sans soleil avec une température de 10oC. Pas très agréable
9 mars 2005  ( + 32,0m = 510,1m)  13e arrêt

On fait le plein et on part sous un soleil radieux, avec un ¨gros¨ 12oC. Le courant est très fort, il y a quatre ans nous avions fait près de 70 milles en une journée… Maintenant on se contente de près de 38milles! Souvent la vitesse du bateau tombe à 2,9kn et en plus, on se doit de ralentir, il n’y a que 5’7¨ de profondeur et Yallah! tire 5’8¨! L’alarme de profondeur, sonne sans arrêt, on arrive épuisé dans un des nombreux embranchements de l’Intracoastal, la Teakettle Creek et on s’ancre dans 8 pieds d’eau, qui bientôt, à marée haute, sera à 15 à 16 pieds d’eau.
La routine s'installe... le "désert" de la Géorgie
10 mars 2005   ( + 37,9m = 548,0m)  14e arrêt

mardi 1 mars 2005

Ft Pierce/Eau Gallie/Titusville/Daytona/St Augustine, FLA

Depuis que nous naviguons par l’Intracoastal, on voit les ravages causés par les ouragans, les couvreurs de toit doivent faire des affaires d’or. Mais le plus surprenant est l’ampleur des travaux pour consolider le côté ouest du canal, à date nous avons du voir sur une distance d'au moins 50 à 60 milles,  des bulldozers qui finissent d’étendre de la terre sur le fond de pierre qui à été mis sur une hauteur, selon les endroits de 10 à 30 pieds. Le tout, seulement 5 mois après le dernier ouragan. Je ne peux m’empêcher de penser à Grenade, qui venait de terminer de réparer la route côtière de 28 milles qui avait été détruite en 1999 par un ouragan. Maintenant avec l’ouragan Ivan, l’île entière est à reconstruire, évidemment sans les moyens financiers de nos voisins.
Le mouillage de Eau Gallie, FLA
La météo annoncée était de NW 10/15kn, mais vers 14h, il souffle 20/25kn avec des pointes de 30kn. On s’ancre donc, pour la première fois, à Eau Gallie, nous sommes protégé du nord, mais le thermomètre va descendre dans les 8oC!  On monte un peu trop vite!
1 mars 2005  ( + 50,4m,= 280,2m)  8e arrêt

Il fait très froid, on décide donc de faire une petite journée et de se payer quelques jours de repos, le temps que le ¨cold front¨ s’éloigne. En attendant, il fait ¨frette¨! La nuit le thermomètre tombe à 6oC. Même les canards sont en attente de temps plus doux. 
On quitte la démesure du Sud de la Floride
 En passant sous un pont, ils sont des centaines à attendre, je ne sais quoi, sur les piliers de ciment. Ces canards qui ont récemment envahis le lac Champlain passent l’hiver ici, il y en a des milliers. En naviguant vers un pont à deux travées, plein de ces canards juchés sur tous les espaces exposés au soleil, nous avons la surprise de voir que par manque d’espace sur le ciment, il y a une rangée de 6 canards de profondeur par une centaine de largeurs qui nous barrent le chemin. Même à notre approche, ils refusent de bouger jusqu'à la dernière minute, profitant du soleil qui passe entre les deux travées du pont. Ils finissent par tous s’envoler en même temps, ils méritent vraiment leur surnom de ¨Daffy duck¨.
Les petits îlots qui ponctuent l'Intracoastal du nord de la Floride
Un ¨cold front¨ est annoncé, on en profite donc à notre arrêt de Titusville pour faire le plein de diesel, le propane qui est à distance de marche et épicerie, toujours chez "Save a Lot". Nous avons aussi la chance d’être avec Tayo qui loue une voiture et nous ferons le tout dans le grand luxe, tout en visitant le coin. On est gâté! Mais toute bonne chose à une fin et on se remet en marche vers le nord, pour profiter du beau temps annoncé.
2 au 4 mars 2005   ( + 36,3m = 316,5m)  9e arrêt

La journée se passe bien, la seule anicroche, comme d’habitude, est le pont de New Smyrna qui par un hasard extraordinaire, n’a toujours pas la même heure que nous et refuse pour la troisième fois en autant de fois, d’ouvrir, prétextant que nous sommes DEUX minutes en retard sur l’horaire. Un dernier effort de la Floride pour me montrer comment ils peuvent être ch….!  Notre arrêt à Daytona se passe sans anicroche.
Cabane d'un pauvre...même pas capable de se payer un vrai bateau!
5 mars 2005    ( + 46,7m = 363,2m)  10e arrêt

Très belle journée, nous sommes en route pour St Augustine et la température monte dans les 20oC! Même un arrêt imprévu de 45 minutes n’entame pas notre bonne humeur. Depuis Daytona, les ponts demandes de nous identifier, une nouvelle procédure post 9/11, évidemment sécurité oblige… 
J’aimerais bien voir la tête du ¨bridgetender¨ quant il me demande d’épeler le nom du bateau, ¨Yallah!¨ et que je commence toujours par, en anglais, ¨Y¨ (why?) un soupir et ensuite a-l-l-a-h-!.
Le vieux fort espagnol de St Augustine, construit en 1672
La ville de St Augustine et son mouillage temporairement vide
6 mars 2005  ( + 53,6m = 416,8m)  11e arrêt

mercredi 23 février 2005

Miami Beach/Ft Lauderdale/Lake Worth/Ft Pierce, FLA

Nous sortons de la passe de Governement Cut et sur une mer d’huile nous remontons le long de la côte à moteur en compagnie de ¨Tayo¨, un voilier québécois, qui lui, est en route pour Titusville. Nous ferons donc un bout de route ensemble, toujours plus agréable, surtout lors des arrêts! 
La capitale de la démesure...un yacht avec sa "cabane" à jardin!
 Nous entrons à Ft Lauderdale et nous dirigeons vers le seul mouillage autorisé (24hrs) de la ville. Pour nous ramener à de ¨bons souvenirs¨ nous accrochons le fond à l’entrée de la passe pour le Lac Sylva et en mettant marche arrière toute, je prends le câblot de l’annexe dans l’hélice, et le moteur s'arrête. Contrairement a, il y a cinq ans, nous avons la ¨chance¨ d’être échoué, donc le bateau ne dérive pas. N’écoutant que mon courage, je plonge à l’eau et avec l’adrénaline aidant, elle n’est pas si froide, après quelques plongées avec mon couteau, je réussis à dégager l’hélice (le coupe orin à encore une fois, failli à la publicité) et une fois dégagé, on repart nous ancrer.  Les américains appellent ça, la "Murphy's law", mais je m'en passerais bien.
23 février 2005  ( 24,0m,= 179,5m) 5e arrêt

Nous partons avec un bon vent Sud, mais un peu trop dans l’axe de notre route et très vite Tayo, s’éloigne, après tout c'est un First!  Nous par contre on est trop chargé, l’annexe qu'on traîne nous coûte au moins 1 nœud et la coque est sérieusement due pour un nouvel antifouling. Après 2 heures on se mets à voile-moteur et on gagne, sans forcer, 1 1/2 kn. La vague fait 4 à 5 pieds, le bateau part souvent en surf, et menace constamment de se mettre de travers. Le génois donne souvent un coup sec, qui me sort de mes rêveries, pas vraiment une journée agréable. 
Le "parking" à annexe, à deux pas du Publix de Lake Worth
Nous arrivons à Lake Worth épuisée, Tayo que nous avons rejoint, à, a cause des manœuvres imprévues ou imbéciles) d’un sous-marin, fait un empannage et tout les coulisseaux de sa grand-voile ont sautés. Ils s’en tirent pas mal, parce qu’ils auraient pu perdre leur mât. On est vraiment en sécurité avec la ¨Homeland security¨! Ce soir, pas de réunion de cockpit, tout le monde au lit!
24 au 27 février 2005  ( +50,3m = 229,8m)  6e arrêt

Au départ de Lake Worth, les 5 ponts avoisinants nous font perdre une bonne heure et demie d’attente. En plus, comme à son habitude le ¨bridge tender¨ de Jupiter me met en ¨Jupiter¨! Quel con! L’exemple parfait du fonctionnaire qui ne fonctionne pas. Il nous ordonne, après 26 minutes d’attente, de se rapprocher du pont, sinon il n’ouvre pas, il nous fait le coup 3 fois pour finalement ouvrir son tab……. de pont en retard, et nous forçant, qui de faire marche arrière, qui de tourner sur soi-même, on est 3 bateaux pilés près des piliers à essayer de compenser le courant. Des imbéciles comme ça, sont toujours par hasard CONcentrés dans le sud de la Floride.
Le phare de Jupiter, la limite des eaux claires et brunes et aussi des comportements bizarres
Nous nous ancrons comme d’habitude devant la marina de Ft Pierce, dans le champ avoisinant la marina, il y a une cinquantaine de bateaux très amochés, par les 3 ouragans qui ont touchés terre ici. Il y aura certainement des bons ¨deals¨ à faire, pour ceux qui savent travailler le fibre de verre.
28 février 2005   ( + 50,0m = 279,8m)  7e arrêt

mardi 1 février 2005

Key West/Marathon/Rodriguez/Coconut Grove/Miami Beach, FLA

C'est le début de la fin… Nous allons maintenant remonter vers Montréal, on a accumulé 8763 miles nautiques et ils nous restent, à peu près 2500 miles à faire. La journée commence bien, on a un bon vent et la vague est juste agréable. Mais le vent tourne, ou plutôt la côte prend une courbe qui nous amène à perdre notre vent. Mais le pire est à venir et brusquement toute l’électronique, incluant le pilote et le GPS extérieur tombe en panne… plus de courant! Heureusement, l’ordinateur est sur un circuit différent et est en communication avec notre petit Garmin GPS12 portable et toujours aussi fiable, donc on se fie à la profondeur indiqué sur la carte électronique. 
Non!  Ce n'est pas notre pèche miraculeuse,  souvenir de Key West
 On arrive à Marathon et on s’ancre à l’extérieur, c’est le calme plat et on pourra partir au petit matin. Je vérifie les contacts électrique, sans résultat. Il nous faudra faire le voyage au complet sans sondeur, pourvu que l’ordinateur qui fonctionne grâce à un ¨inverter¨ sur un circuit différent et que j’allume que pour les approches des côtes ne nous laisse pas tomber en route. Parce que pour la balance du voyage on a que lui pour nous indiquer les profondeurs et on a encore une centaine de milles à faire dans des eaux de 8 à 15 pieds avec évidemment des endroits à moins de 6/7 pieds, ce qui pour nous est l'échouage garanti.
1 févier 2005  (0 @ 48,0m)  1er arrêt

Heureusement que nous avons une belle météo et on rejoint Rodriguez, sans problème à part du fait que maintenant ¨l’inverter¨ donne de sérieux signe de nous laisser tomber. Le ventilateur qui le refroidit laisse échapper un bruit sinistre et l’ordinateur se met en veille, comme si nous étions en mode batterie…mais la batterie de l'ordi est morte depuis longtemps!
2 février 2005  (50,0m,= 98,0m)  2ième arrêt

La journée est superbe, nous avons un vent du Sud Est et le bateau file le train d’enfer. L’ordinateur est de plus en plus souvent arrêté et à deux occasions on se retrouve près de haut fonds. Heureusement, qu’il fait beau et que l’eau est très claire, on arrive vers 14h00 et on prend la passe de Cape Florida, parsemée de haut fonds, sans problème. On s’ancre devant Coconut Grove, ¨home sweet home¨, ou presque.
La "passe" pour Biscayne Bay, avec un bungalow au première loge....

L'entrée du chenal pour le  mouillage de Coconut Grove
L’inverter ne donne plus que 100 volts, c’est pour cela que l’ordinateur donne des signes de ¨fatigue¨. En plus, on est arrivé à temps, le tuyau d’arriver du liquide refroidisseur du moteur est percé, et le moteur commence à chauffer. Exactement, comme il y a 5 ans, quand nous avons essayé de quitter la Floride pour les Bahamas. 
Vive les vacances!
3 février 2005   (50,0m,= 148,0m)  3e arrêt

Je passe 3 jours à retracer le filage dans les plafonds, ensuite dans les fonds pour trouver le fil d’amené du courant, on se met à deux pour retracer les fils pour finalement trouver tout bêtement un fil coupé, caché derrière le moteur, connecté en double après un petit fil de 2 pouces de longueur, tendu au maximum, qui fournit le courant pour une lampe dans la chambre arrière. Toute une installation! Je passe une journée, à faire un filage plus sécuritaire, le pilote est maintenant totalement indépendant de l’électronique, et l’électronique à son propre circuit indépendant. Plus de risque de panne totale.
Une des raisons, que les "boaters" sont parfois chassé de certaines villes... oui! Il est habité!
Une autre journée est passée aussi pour changer le fameux tuyau de refroidissement, qui lui aussi avait une installation bizarre… le tuyau appuyait sur un pied de moteur, ce qui l’usait et en plus pour être certain d’avoir une catastrophe, il était appuyé sur le rebord en acier coupant du renifleur.
Après ces travaux, le bateau est prêt à repartir, mais avant on en profite pour faire du magasinage et aussi passer le weekend pour voir le Carnaval multiethnique de Miami…qui s’avère être une déception.
Un SDF dort confortablement, au loin l'Intracoastal
4 au 14 février 2005  Millage cumulé: (8800nm)

Un petit saut de puce, pour vérifier nos réparations, et nous rapprocher du site du ¨boat show¨ de Miami. Tant qu’à être ici, autant en profité et ensuite ce seras le grrrrrrrand départ! Le ¨Boat Show¨ de Miami qui comme d’habitude est ¨the biggest in the world¨ est plus grand que celui d’Annapolis, mais, dans un sens il est, pour les amateurs de voiliers, décevants. Beaucoup moins de bateaux, à part de Bénéteau, Catalina et Hunter, aucun manufacturier n’y présentent sa gamme complète, contrairement à Annapolis. Ce qui fait la réputation de Miami, c’est que les bateaux moteurs y sont exposés en même temps et ils sont très nombreux.   
Mais c’est surtout les kiosques innombrables de ¨peddler¨ de ¨gugus¨ qui sont légions offrant toutes sortes de produits ¨miraculeux¨.
TAYO prêt à partir, dans le mouillage de Miami Beach
La visite d’amis, nous amène à faire une dernière fois un tour dans la baie de Biscayne par une très belle journée ensoleillée et chaude avec un vent de 15kn. Une façon pour Miami de nous laisser un bon souvenir. Mais la réalité nous rattrape rapidement, il nous faut partir pour le nord, mais avant de partir nous faisons une tentative pour renouveler ou allonger notre ¨cruising permit¨, ce qui devait ce faire facilement, selon quatre téléphones que j’avais fait.   Mais qu’évidemment ça aurait été trop simple.  Après une heure d’autobus, on se trimballe d’un building à l’autres, chacun des services donnant des informations contradictoires, mais en gros, nous devrions quittés le pays et revenir pour pouvoir renouveler notre ¨cruising permit¨. Même sur le site internet du gouvernement, les informations sont contradictoires. Je m’y commande un ¨decal¨ qui peut-être, dépendant du paragraphe lu, est disponible par la poste ou non, nous permettrais de naviguer sans problèmes jusqu’au Canada.  Évidemment, la confusion est comme d’habitude causer par le syndrome ¨9/11¨.
Après une dernière journée de préparatifs et épiceries ont ce déplace à l’entrée du port de Miami, on en profite pour passer directement par ¨Government Cut¨ exceptionnellement ouvert au trafic, parce qu’aucun paquebot ne s’y trouve.
15 au 22 février 2005   ( 7,7m = 155,5m)  4e arrêt