Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

mercredi 5 mai 2004

Ft Lauderdale/Lake Worth/Stuart/Ft Pierce, FLA

Tôt le matin, on prend l’Intercoastal et on se dirige à travers le dédale de canaux en direction de Lake Worth qui est à 49,7m et passons pas moins de 20 ponts, la plupart ouvrant à la demande mais beaucoup, soit au 15 minutes, d’autres au 20 minutes et encore d’autres à la demi-heure avec évidemment celui qui nous fait attendre 1 heure complète pour cause de réparation.  Les propriétés dans ce secteur sont, au début très impressionnante mais à la longue cela devient carrément lassant de voir cet étalage de mauvais goût et cette compétition à celui qui à LA plus grosse maison avec évidemment le petit joujou de 3 ou 4 millions devant la maison.

Le mouillage de Lake Worth, tel qu'on l'avait laissé en 2000
Dans la soirée on arrive à Lake Worth ou des amis américains (Foggy Mountain) que nous avions rencontré en 2001 sont venus s’installer dans une marina pour y travailler. Comme plusieurs, pour récupérer les pertes financières du 11 Septembre qui ont affectés bien des ¨retraités¨, forçant même plusieurs à carrément vendre leur bateau. Nous en profitons aussi pour faire notre première épicerie avec des prix que nous avions oubliés jusqu'à l’existence!
Prix moyens de nos 20** items de bases:  46,06$US ou 62,18$Can.
**En Floride, il faut ajouter soit 6%, 6,5% ou même 7% de taxes et aussi parfois jusqu'à 0,05 du gallon en plus si un certain minimum d’achat n’est pas atteint… Ah! Merveilleuse Floride.
Ceci ne tient pas compte des promotions, ou les prix peuvent descendre de façon impossible dans les Antilles. Ex. 10 conserves pour 4$US! et l'internet facilement disponible et gratos!

Depuis notre départ, la ville ou le comté semble avoir réglé leur problème de service d’autobus. Maintenant les chauffeurs savent ou ils vont et savent conseillés, quel ligne prendre, le tout pour 3$ pour la journée, circuit illimité! Nous en profitons donc pour aller faire nos douanes à moindre prix. Des copains à nous ce sont fait prendre avec 25$ de taxi, un, le record, 100$US parce qu’il a fait l’erreur de demander de l’attendre! Tout les jours, ou presque, nous en profitons pour aller à l’internet dans une énorme bibliothèque et pour nous reposer de notre longue marche, on s’arrête dans un Barnes & Nobles, une chaîne de libraire absolument fantastique.
La veille de notre départ, Iguazu que nous avions perdu de vue depuis les Bahamas, nous rattrape, mais on ne peut pas rester plus longtemps, parce qu’il faut qu’on trouve un mouillage sécuritaire pour Yallah! pour la durée de notre voyage à Montréal, soit à peu près 6 semaines.
5 au 10 mai 2004

Nous nous ancrons devant Stuart après une demi-journée à essayer de prendre de vitesse l’ouverture des 9 ponts qui séparent Lake Worth de Stuart et surtout ¨tricoter¨ dans les hauts-fonds de la rivière Sainte Lucie sans s’échouer. Toute la matinée à mesure que nous approchons de l’embouchure de la Sainte Lucie, on entend les appels pour ¨SeaTow¨ ou ¨TowBoatUS¨, un ¨must¨ pour qui navigue dans le coin, surtout à 95$ par année, distance illimitée ou presque.
Le mouillage de la marina municipale Stuart, au mille et un règlements
Mais le mouillage que nous espérions est municipal et surtout situé en Floride, donc impossible de laisser le bateau sans assurance. Pas de problème! On va se ré-assurer…excepté, a date, aucune compagnie ne veut nous assurer…parce que nous n’avons pas d’historique depuis notre départ et surtout, surtout parce que nous sommes en Floride! Une compagnie était prête à le faire…en Californie.
11 et 12 mai 2004
On se déplace de 35,4m vers FtPierce et après seulement 4 ponts et raclés à deux reprises le fond vaseux on s’ancre devant une marina ou nous pouvons enfin déniché un guide de marina ¨Skipper Bob¨ et surtout rencontré des Canadiens qui ont le même problème d’assurance, mais en pire, ils ont eu un échouage qui a coûté la bagatelle de 31,000$US.  Nous nous mettons en route pour Brunswick, Géorgie, un état plus "olé olé" et ou l’assurance n’y est pas un pré-requis.
La marina de Ft Pierce, Fla.
Pendant que nous sommes à FtPierce, nous accédons, encore une fois, dans une énorme bibliothèque à internet, et notre annonce de bateau à vendre, vieille de 2 jours, nous envoient une bordée de réponse. Dont une, intéressante, mais avec la clause que nous devons remonter le bateau au lac Champlain, ce qui n’était pas dans nos projets. Mais, après réflexion, pourquoi pas, surtout qu’ils vont venir le voir avant qu’on se mette en marche. On répond par l’affirmative, 2000 miles, une paille, surtout avec les moyennes que nous faisons dans l’Intracoastal…
13 au 16 mai 2004

samedi 1 mai 2004

Nassau/Chubb Cay/Gun Cay, Bahamas/Fort Lauderdale, FLA

La météo typique des Bahamas recommence…un ¨cold front¨ le 1er mai! Nous partons très tôt de Nassau et nous dirigeons vers Chubb Cay de sinistre mémoire qui est à 64,7nm et ou nous avions eu une nuit blanche dans un sérieux coup de vent et ou le lendemain une douanière encore plus froide et désagréable que le ¨cold front¨ nous avait reçu!  Cette fois-ci, on a un avantage, on a pas fait nos douanes donc pas besoin de dédouaner!
En route pour le "banc"
Nous y arrivons dans l’après midi et comme prévu, le mouillage est très désagréable. On décide d’y faire qu’une petite escale pour monter sur le pont l’annexe en prévision du passage du Gulf Stream et ensuite continuons 20 minutes plus tard pour nous ancrer sous les derniers rayons de soleil quelque part au nord d’une bouée dans 8 pieds d’eau. Après une heure d’arrêt et d'entendre la chaîne gratter sur le fond, je vérifie le GPS…nous avons dérivé de 1000 pieds! A se rythme la on va se ramasser en pleine mer ou pire quelques part sur les nombreux banc de sable. Je ne veux pas répéter l’expérience d’un voilier que nous avons rencontré, il a passé 8 jours ¨planté¨ sur un banc de sable, à attendre une marée plus importante pour se dépêtrer de ce mauvais pas. Je jette la deuxième ancre et on passe une nuit merdique à entendre les coups de chaîne, la chaîne qui racle le fond rocailleux mais au moins on ne bouge plus, du moins dans une direction…parce que verticalement le bateau tangue comme si nous étions en navigation…en pire, un petit rappel de Chubb Cay en 2000!
1 mai 2004

Enfin! Le matin arrive, et on se remet en marche et après une navigation assez sage de 49,6nm nous essayons, comme le suggère notre guide de nous ancrer sur la côte ouest de Gun Cay…l’horreur!  Les rouleaux déferlent, on retourne se cacher derrière Gun Cay. On est brûlé, on se couche à 19h00 et à minuit j’entends dans un de mes rêves un grondement, je suis maintenant réveillé, quel maudit rêve! Je fais de la ¨pitoune d’un bord, pitoune de l’autre bord¨…encore le grondement, je ne rêve pas, on CHASSE!!! Je sors à poil dehors, nous sommes à 50 pieds des rochers qui barrent la passe entre les deux îles. En deux temps, trois mouvements, on part le moteur et, à travers les hauts fonds, on se dirige vers ce qu’on espère être un mouillage sécuritaire avec un fond de sable, est-ce que ça existe dans le coin?   Je remets ma deuxième ancre, celle des cas extrêmes (une Britanny 16kg) et elle tient du premier coup!  Les seules fois que la Bruce dérape à répétition c’est au Bahamas, et c’est toujours la Britanny qui règle le problème, on devrait la baptisé, Bahamas!
La pointe de Gun Cay et les rochers qui nous "attendaient" la nuit dernière.
2 mai 2004

Nous partons avec un vent Sud Est et sommes portés par une longue houle vers la côte américaine. On a hâte de voir si les vagues ont eu le temps de se calmer, parce que sur le banc, c’était plutôt le contraire. En fait, le seul endroit qui brasse un peu c’est à la jonction avec le Gulf Strea., Après, la vague se calme et nous filons et nous arrivons à 15 heures. On s’ancre devant la marina Los Olas en plein centre ville à côté d’un voilier français et Garfield, un voilier québécois
Une des "rues" près du mouillage de Las Olas
Nous y restons deux nuits, et en profitons pour visiter un peu le centre-ville et le super, hyper grand West Marine. Jamais, je n’ai vu un magasin nautique de cette taille. Impressionnant et surtout difficile d’en sortir sans y laisser bien des dollars!
3 et 4 mai 2004


mardi 27 avril 2004

Black Point/Allan's Cay/Nassau, Bahamas

Le village est tout petit, mais propre. Les gens sont accueillants, nous y resterons 2 jours, pour pouvoir faire le plein d’eau…gratis! France en profite aussi pour se faire couper les cheveux par une Mme Avon locale très gentille.
La rue principale de Black Point, on voit le "point d'eau" et le bâtiment ou nous avons l'internet
On peut enfin faire de l’internet, ce que nous n’avons pu faire depuis 5 semaines!  Une école, sous la gouverne d'une jeune institutrice de 25 ans de Géorgie, faut vraiment vouloir et avoir la vocation, offre l’accès de sa bibliothèque et pour 5$US l’heure on est enfin sur le web.  Le mouillage est aussi très agréable, on est protégé sur trois faces, donc aucune vague.
Le mouillage de Black Point, propice pour les petits lunchs agréable
P.S. L’eau est gratuite, mais après quelques jours dans les réservoirs, elle sent mauvais…donc se stocker avec modération!
27 et 28 avril 2004

Encore une belle navigation, les Bahamas essaient elles de racheter certains mauvais souvenirs?  Nous arrivons à Allan’s Cay au bout de 48,5nm ou nous nous ancrons dans une minuscule piscine.
La route pour le mouillage face à la plage...et les hauts fonds alentour
 Subitement à la radio VHF, j'entends mon "fameux" navigateur Français, qui m'annonce qu'il arrive...et de se lancer en direction du haut fond de corail.  J'ai beau le mettre en garde, non, non, sa passe!  A la dernière minute, il tourne et évite la catastrophe.  Un vrai cas désespéré!  Après il qu'il connaît sa et il m'annonce qu'il a déjà perdu un voilier au Bahamas...il doit avoir des bonnes assurances!
Le comité de réception, "lunch time"
Il y' a des touristes "Come on down"

Extraordinaire! La particularité de Allan’s Cay est que les îlots sont peuplés d’Iguane "rose", il y’en a partout!  Et ils sont pas nerveux, en fait si il y a quelqu’un de nerveux, c’est plutôt nous, surtout lorsqu’un de ces monstres préhistoriques se met à galoper vers nous!
29 avril 2004

Décidément la météo Bahamienne essaie de se faire pardonner…nous avons encore une très belle journée quoique le vent est un peu généreux, 20/25kn, on déboule vers notre destination Roses Island, mais son approche et surtout son mouillage à découvert, avec ce vent et les vagues qui commencent à sérieusement prendre de l’ampleur nous poussent à plutôt aller nous mouiller après 33,2nm dans le port très actif de Nassau, qu’on n’aime pas beaucoup.
Photo de 2000... le port est toujours aussi occupé en 2004
 Il y règne une activité frénétique et le fond n’est pas sain et en plus le bureau des douanes est à proximité…et je n’ai pas envie de me faire ¨escroquer¨ de 150$US pour avoir simplement respirer leur air, surtout que dans moins d'une semaine on devrait être aux États Unis...sans frais!
30 avril 2004

jeudi 22 avril 2004

Rum Cay/Georgetown/Black Point, Bahamas

Le 22, après un bon repos bien mérité nous partons en compagnie d’un voilier français, que je vais gardé à l"oeuil pour le reste du voyage... c'est le même qui nous a croisé a deux reprises dans la nuit en traversant de la République.  Nous faisons une extraordinaire journée de voile de 61,2nm sur une mer calme et ce malgré les pronostics négatifs et arrivons à l’entrée de la baie de Georgetown juste avant que le soleil nous aveugle et cache les belles têtes de coraux qui parsèment le chenal naturel. 
Georgetown avec un petit "cruiser" Québécois...incapable de nous adresser la parole
 On s’ancre devant une très belle plage et dans une eau à coupé le souffle. On avait ¨oublié¨ la beauté des eaux des îles Bahamiennes.
23 avril 2004

Le lendemain matin on se déplace et on s'ancre devant Georgetown, on est arrivé juste à temps pour assister à la plus importante course de voiliers typiques du coin.  Similaire au yole de Martinique pour le système de rappel, (un paquet de gros ¨fiers à bras¨ qui se pendent au bout d’une planche) mais avec un génois et une seule, mais très grande, grand voile.  
La course de "voiliers" à travers le mouillage de Georgetown
La course est impressionnante surtout lors des virements de bord, les équipiers doivent se déplacer à toute vitesse d’un côté à l’autre, tout en amenant leurs fameuses ¨planches¨ pour s’y agripper. Ça ressemble aux courses de yole en Martinique mais en plus ¨sportif¨, mais en Martinique c’est plus spectaculaire.
Nous en profitons pour acheter quelques denrées essentielles, avant que nous attaquions le ¨banc¨. 
Pendant notre arrêt nous en profitons pour mettre à jour notre comparatif du coût de la vie
Comparatif de prix de notre panier de 20** items:  104,10$US ou 135,33$Can.
**Comme dans les Turks, l’internet n’est pas vraiment dans les mœurs, étant donné le monopole de la compagnie de téléphone, ce qui s’explique à cause des tarifs de téléphone et internet exorbitant.
24 et 25 avril 2004

Aussitôt le soleil assez haut pour distinguer les têtes de coraux, on se met en marche à travers le mouillage de Georgetown (3,0nm) pour nous rendre compte que le fond s’est ensablé, nous touchons à 3 reprises…on était passé par la même route 3 ans plus tôt. La journée commence bien! On cherche, on tâtonne pour trouver le passage, et on finit par le trouver pratiquement sur la plage! En plus, pour couronner le tout, notre nouveau GPS super de luxe, tombe en panne! On fera la navigation avec l’ordinateur couplé à notre ¨vieux¨ Garmin à 100$ de 1999. La navigation est malgré tout facile, et on entre sur le banc par une passe d’une cinquantaine de pieds de large. L’eau devient émeraude et nous filons pendant 50,9nm, sous voile, sans aucune vague, dans une piscine jusqu'à Black Point., que nous n’avions pas visité lors de notre précédent passage il y’ a maintenant trois ans.
26 avril 2004

lundi 12 avril 2004

Sappodilla Bay, T&C/Mayaguana/Rum Cay, Bahamas

Après presque une semaine on frétille depuis 2 ou 3 jours, et le 12 avril, des bateaux partent, arrivent et pendant ce temps la, notre ¨expert¨ météo, lui, arrive pas à se décider pour finir par annoncer qu’on a une fenêtre météo ¨surprise¨ et qu’on devrait partir…en plein après midi!   Le soleil dans les yeux, on sort du haut fond des Turks. On devine, plus qu’on voit, les têtes de coraux et on fini enfin, par voir 9 milles plus loin, la mer virer du vert jade de 3 mètres de profondeur à un indigo très profond de 1000 mètres. Nous avons un bon vent et on marche à 5/6 nœuds et à on a 61,4nm à faire,  mais à cause de notre heure de départ totalement irréaliste, on est bientôt obligé de modérer les ardeurs du bateau, parce qu’on va arriver en pleine nuit à Mayaguana.
L'île de Mayaguana avec son mouillage protégé...dépendant de la direction des vents!
Nous sommes 5, et les autres bateaux décident de tirer des bords au large de Mayaguana pour tuer le temps. Nous, nous arrivons à 4 heures du matin et nous ancrons à la pointe de l'île en nous fiant à notre carte électronique qui nous avait déjà prouvé son efficacité 3 ans plus tôt.   Il faut dire que la carte de Mayaguana est la seule carte de tout les Bahamas qui est extrêmement, presque trop détaillé, parce qu'elle a été faite par la marine Américaine dans les années 1960, ceci à cause de la construction d'une base.  Le reste des Bahamas les cartes date de la fin du 19e siècle...et les cartes électroniques ne sont que des copies de ces cartes. 
Les autres bateaux arrivent plus tard, dans l’avant midi pendant notre sommeil.  Malheureusement nos petits copains sont fatigués, notre ¨weatherman¨ se mêle dans ses dates de carte météo et donc on reste 24 heures de trop, pour ainsi réussir à manquer notre fenêtre météo.  
Si jamais, il y' a une prochaine fois, au lieu de dépenser de l'argent sur un radar qui n'a pratiquement jamais servi, je m'équiperai d'un "lecteur" de météo Furuno ou autres.  Parce que ce fier sur d'autres pour la météo est parfois pas une bonne idée...
12 au 13 avril 2004

Comme le vent finit par tourner à cause d’un ¨cold front¨ on est obligé de revenir sur nos pas pour aller nous réfugier dans la sinistre baie d’ Abraham ou nous avions déjà passé 10 jours il y a 3 ans… ou nous aurons des vents jusqu'à 35kn et un $%//¢£!!! clapot de 2 à 3 pieds.  Clapot tellement présent, que le bateau de notre "weatherman" arrache son davier qui lui tient son étai... Va falloir faire une réparation de fortune, sinon il risque de perdre son mât, et il n'y a aucune pièce de disponible avant la Floride.
On aurait pu passer ce front à Rum Cay, ça aurait fait changement et au moins on aurait été à une journée de la protection de Georgetown, des épiceries et de l’internet…parce que ça fait au-dessus d’un mois qu’on est coupé du monde extérieur.
13 au 19 avril 2004

On part!  Malgré l’avis de notre ¨weather man¨, et à cause d’une conversation radio que j'ai eu avec Acienda qui passe devant notre baie et fait route de Sapodilla direct à Rum Cay et ou il m' annonce qu'il fait une de ses plus belles navigations à VOILE dans des vagues de 6 pieds, tout le contraire des craintes de notre ¨weather man¨qui lui nous parle encore de vent du nord et des vagues de 8 à 12 pieds!

Nous ouvrons la procession à travers la barrière de corail et nous filons sous voile à 6kn vers Rum Cay.  La nuit est agréable et nous arrivons à l’aube après 132,5nm et croisons Acienda qui lui quitte pour un direct vers Nassau. Non merci, on va se coucher!
20 au 21 avril 2004

jeudi 1 avril 2004

Big Sand Cay/Long Cay/French Cay/Sappodilla Bay, Turks & Caicos

Assez de repos! Le vent est toujours très faible, on décide de faire le petit passage de 23,6nm vers Long Cay, peut-être que demain nous aurons plus de vent et dans la bonne direction! Parce qu’aujourd’hui nous l’avons en plein dans le nez! Tout le monde nous disait que retourner dans le nord s’était plus facile, les vents étaient toujours dans la bonne direction. A date, on est, soit à court de vent ou comme aujourd’hui nord-ouest.  Depuis 3 ans que nous n’avons presque pas connus de vent d’ouest!
C’est toujours impressionnant d’être dans 2000 mètres d’eau et un mille plus loin, être ancré dans 2 mètres avec l’océan sur 3 faces et un caillou comme ¨protection¨, et ce n'est pas un Poisson d'Avril!
 L'eau extraordinaire des Turks & Caïcos...11e province Canadienne!
Espérons que demain nous aurons un vent ¨normal¨ du nord, ou du nord-est ou mieux un petit sud, car nous avons le ¨canal de Colomb¨ à prendre. Une brèche de 28 milles de long, 2,5 mètres de profond et 3 à 4 mètres de large dans la barrière de corail du plateau des Turks & Caïcos. 
La "protection" offerte par le caillou qu'est Long Cay
J’aimerais avoir encore une mer calme, le vent dans la bonne direction parce que malgré tout le ¨canal¨ est saupoudré de têtes de coraux qui n’attendent que le passage d’une belle coque de plastique!
1 avril 2004

Pas de vent, la mer est irréelle, nous avançons à moteur vers French Cay. On est loin des vents de 25kn et des vagues courtes qui nous avaient secoués il y a 3 ans. Après 39,7kn de route tranquille on s'ancre devant la plage de French Cay, une nouvelle épave est venue rejoindre les quatre autres déjà présentent. Les Turks sont le paradis de la plongée et pour cause, l’eau est transparente, le corail en bonne santé et au-dessus de 1000 épaves parsème les îles. D’ailleurs plusieurs galions espagnols ont été découverts dans les environs, victimes de tempêtes, erreurs de navigation, et évidemment des pirates. 
 A défaut d'une photo, la carte donne une idée des "patates" du coin
 L’îlot de French Cay, s’appèle ainsi parce qu’il servit de base pour de charmants personnages comme François L’Olonnais, Blondel, Capitaine Dulaien, Jacques Rackam (Rackam le Rouge?) Anne Bonny etc. Aujourd’hui, l’îlot est encore interdit d’accès mais pour des raisons plus pacifiques. French Cay est maintenant un sanctuaire d’oiseaux et seul les voiliers brisent la quiétude du coin en venant se mouiller ici.
2 avril 2004

Un léger vent nous poussent gentiment sur 29,4nm vers Providenciales ou nous mouillons exactement au même endroit qu’il y a trois ans. Ils semblent y avoir le double de maisons que lors de notre dernier passage. Les douanes ici, sont faciles, un seul arrêt et pour 5$ nous avons droit à 7 jours. Nous en profiterons pour faire le plein de diesel et voir un peu les changements sur l'île.
Le mouillage de Sappodilla Bay avec les nouvelles maisons...vides!
 L’île est sens dessus, dessous! Partout, des constructions, une nouvelle route. Ici, il est très facile d’avoir un ¨pouce¨, les gens vont même jusqu'à faire un détour pour vous déposez, on fait même des ¨transferts¨. En discutant avec eux, ils semblent qu’une véritable frénésie de constructions s’est emparée de l’île qui compte maintenant plus ou moins 10,000 habitants contre une centaine en 1966 lors de la construction de l’aéroport…
L’aéroport semble plus occupé que celui de Martinique! American Airlines de 3 à 4 vols par jour, US Air, 1 par jour, British Airways et Delta, 1 par semaine et 3 autres compagnies locales ont des vols au deux jours vers la Jamaïque, Bahamas et même Air Canada à 3 vols par semaines!
La pointe qui sépare le mouillage et le port commercial de Providenciales
 Juste avant notre départ pour les Bahamas, nous avons eu droit à deux ¨spectacles¨. Une énorme raie dort sur le fond dans 2 pieds d’eau près de la plage et du quai ou nous laissons notre annexe.
Mais le plus impressionnant, est, qu’après 3 ou 4 jours après la pleine lune, nous avons droit à un ¨feu d’artifice¨ extraordinaire dans l’eau. Une heure après le couché de soleil, pendant une petite demi-heure, des ¨vers de mer¨ pondent leurs œufs, ce qui provoque des auréoles lumineuses dans l’eau, suivi dans les secondes qui suivent, par la fécondation des œufs par le male. Ce qui déclenche un ¨stampede¨ de traits de lumières vers les œufs. L’océan à perte de vue est ¨éclairé¨ par ce spectacle bioluminiscent.
Notre comparaison de prix sur nos 20** items:  73,63$US ou 95,72$Can
**L’internet est introuvable, donc aurait fait monter la facture encore plus, thanks to Cable & Wireless qui comme d’habitude fait tout pour que vous soyez ¨prisonnier¨ de leurs tarifs de téléphone exorbitant.
3 au 12 avril 2004

Pour plus d’informations visitez, pour un peu de tout : www.WhereWhenHow.com et www.provo.net
Pour les vols : www.tchta.com 
Pour les plages : www.beaches.com

lundi 29 mars 2004

Boqueron, P.R./Escondido D.R./Big Sand Cay, Turks & Caicos (350,0nm)

Nous quittons finalement Boqueron pour entreprendre la dernière partie du voyage vers le nord. Après cette traversée, il ne sera absolument pas question de rebrousser chemin. La route est trop dure et vraiment trop longue. Nous sommes en compagnie de deux bateaux, nous partons tôt le matin du 29 mars à 05h00, nous avons un vent ¨confortable¨ de 15/20kn avec une longue houle du nord de 8 à 10 pieds. La navigation est agréable et nous avançons bien. Tôt le lendemain matin nous sommes déjà en vue de la pointe nord-est de la République…mais nous sommes depuis déjà 12 heures au moteur, le vent est totalement tombé!
A 10 heures nous arrivons au mouillage d’Escondido, mais la longue houle entre directement dans le mouillage, les vagues explosent dans des geysers d’écumes sur les rochers et même la plage subit l’assaut d’énorme rouleaux. Impossible de s’y ancrer!  Donc, on continue…nous qui n’aimons pas faire une nuit on en est quitte pour en faire deux avec en bonus 3 journées sans arrêt possible.
Nous sommes toujours au moteur, le vent est toujours en panne, mais la mer est devenue totalement platte. La navigation est agréable, le pilote automatique est content, nous aussi! 
C’est quand même extraordinaire de voir en pleine nuit une lumière ou deux perdues dans l’immensité de l’océan. Ce qui est encore plus extraordinaire c'est qu’une d’entre elles trouvent le moyen de me couper la route à deux reprises.  Nous sommes seulement à une cinquantaine de pieds l’un de l’autre, je rabats de 30o, sort complètement de ma route et qui je voie une demi heure plus tard me coller…le même voilier! Il doit avoir une conception assez spéciale de la priorité, ou plutôt il dort bien tranquillement et laisse son GPS couplé à son pilote automatique.   Le pire, le lendemain, au mouillage, le capitaine sera tout surpris quand je lui annoncerai que nous aurions pu nous télescoper en pleine mer. En fait le capitaine semble posséder la même technique de navigation que certains autres "cousins" qui avaient tendance à nous ¨coller¨ dans les mouillages.  Nous aurons une autre preuve plus loin dans les Bahamas, un vrai danger public.
La mer est tellement calme, que nous réussissons à manger dehors, en marche, sur notre table de cockpit avec nos verres à vin…qu’elle vie!
Le mouillage "encombré" de Big Sand Cay
Nous arrivons enfin après 41 heures de moteur, vive la voile, à Big Sand Cay. Nous avions oublié comment ici la mer est d’une couleur extraordinaire et la plage, une des plus belles que nous aillons vu. Dans les minutes qui suivent notre arrivée, 5 autres bateaux dont 3 canadiens arrivent du nord et s’ancrent à côté de nous. Toute une île déserte!
La "piscine" de Big Sand Cay, Turks & Caicos
29 au 31 mars 2004