Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

dimanche 21 avril 2002

Le François/St Louis, Marie Galante, Guadeloupe (18,7nm)

Nous partons à la suite des navettes en direction de Marie Galante. En sortant de la barrière de corail, nous comprenons ce qui à bien pu se produire au voilier qui s’y était échoué.  À mesure que nous avançons vers l’extrémité du chenal, le bateau passe de 4kn à 2kn et l’on fait face à des déferlantes d’au moins 8 à 12 pieds! Ce n’est pas le temps de faire une fausse manœuvre ou que le moteur cale, les rochers à fleur d’eau sont à moins de 10 pieds de chaque côté!  Mais au moins on avance et on maintient le contrôle du bateau. Je ne rentrerais certainement pas dans les mêmes conditions, le risque de prendre une vague de côté et de se faire déporté est trop grand. Donc l'entrée du François à conseillé par beau temps seulement et évidemment de jour!
Le reste du voyage est très agréable et nous nous ancrons dans une très grande baie devant un petit village entouré de très belles plages. Étant donné que nous sommes en élection (les présidentielles françaises) le village est mort, mais joli.
Un "poilu" monte la garde devant la rade de St Louis, Marie Galante
Le lendemain nous prenons un ¨bus¨ pour Grand Bourg, très jolie ville, beaucoup plus vivante que Saint Louis. 
Une maison abandonnée de Saint Louis, prête pour un nouveau proprio...
Le mouillage de St Louis, Marie Galante
Nous en profitons de vérifier le mouillage, qui est grand comme un mouchoir de poche. On a bien fait d’y venir en ¨bus¨. La campagne est très différente des autres îles. Assez inusité, nous croisons plusieurs chariots montés sur d’immenses roues en bois tirés par des attelages de bœufs, même à Cuba ils n’ont pas ça!
21 et 22 Avril 2002

vendredi 12 avril 2002

Île de Pigeon/Le François, Guadeloupe (50,4nm)

Très longue journée de navigation à moteur vers l’extrémité Sud-Est de l’île. Nous avons essayé de faire de la voile, mais rien y fait, après avoir passé 2 heures devant les Saintes où nous avons pratiquement fait du sur place, nous remettons notre ‘’voile d’acier’’ en marche et après 12 heures de navigation nous arrivons au mouillage de Saint François, merveilleux!
La plage du François et son mouillage
Le mouillage est très protégé des vagues mais par contre nous sommes totalement ouvert au vent. Pour souffler, ça souffle! En fait ça n’arrête jamais, mais heureusement aucune vague parvient à traverser la barrière de corail. Ni les voiliers d’ailleurs…dans la soirée de jeudi nous entendons un mayday! Un voilier à manqué la passe et est sur la barrière de corail! Il y restera jusqu'à tard dans la nuit de samedi, il n’a pas coulé!!!  C’est encourageant, si on peut dire, de voir la solidité de la fibre de verre. Le voilier, un Jeanneau de 45 pieds a constamment été sur la caille, les vagues le frappaient de côté sans arrêt, à plusieurs reprises des petites embarcations ont essayé de le ramener à l’eau…en l’endommageant un peu plus. Jusqu'à l’arrivée d’un ¨vrai¨ remorqueur, qui la littéralement arraché de sa prison et la pris en remorque jusqu'à Pointe à Pitre qui est au moins à 5 heures plus loin, donc pas d’entrée d’eau! (Nous avons revu le voilier à terre, quel horreur, c’est un miracle qu’il n’a pas coulé!)
Le mouillage du François et sa barrière de corail au loin
Après avoir visité des villas à louer que des amis marins ont construit au François, nous avons visité les environs, assez jolis, le parc écologique Les Châteaux, impressionnant…mais plein de poubelles!  Après avoir fait le tour, nous décidons de repartir vers Marie Galante.
12 au 20 avril 2002

lundi 8 avril 2002

Montserrat/Deshaies, (52,5nm) /Pigeon, (9,5nm) Guadeloupe

La mer étant calme et aussi pour avoir un meilleur angle par rapport au vent, nous décidons de passer l’île, côté Atlantique. Après une heure de moteur laborieux (3,5nm), pour contourner le cap, nous hissons enfin les voiles pour nous éloigner du haut fond qui crée une forte houle. Le bateau décolle et pointe exactement sur la route de Deshaies. On file à 5kn, 5,5kn, 6,0kn et subitement 4,0kn, 3,0kn, 2,0kn et toujours avec le même vent!!! On vient de s’empêtrer dans un filet de pêche! XY**%$X3!!!
Il faut laisser tomber les voiles, essayer de garder le bateau face au vent, malgré le courant qui fait entre 0,6 à 1,5kn à cet endroit…en fait le bateau dérive lentement mais sûrement vers la côte, déjà les vagues recommencent à grossir à mesure que nous nous ‘’dirigeons’’ vers Montserrat. Il ne reste plus qu’a plonger et décrocher le câble qui nous retient au filet…et sa tire!!! Avec le bateau qui tape dans la vague au-dessus de ma tête, le câble qui ne veut pas se dégager, j’aurais besoin de 3 mains, heureusement que les mouvements brusques du bateau ne font pas que nuire ils aident aussi et je réussis à décrocher le câble. C’est inouïe la vitesse que sa part!
En rétrospective, c'était pas brillant, brillant d'aller sous le bateau pas attaché...j'aurais pu facilement partir avec le câble, France ce serait ramasser toute seule sur le bateau, pas sûr qu'elle aurait pu venir me chercher.
On se remet en marche, une heure s’est déjà écoulée. Les voiles remontées, on file de nouveau à 5 ou 6 nœuds, le moral remonte! On passe devant le versant Est du volcan et je regarde l’ancienne coulée de lave quant subitement des nuages se mettent à dévalés le flanc de la montagne, quinze minutes plus tard tout redevient normal, pour recommencer plus tard. A mesure que nous nous éloignons de l’île on verras un immense nuage s’élever de la montagne pas tout à fait endormie. Dans l’ après midi le vent monte lentement et sûrement, les vagues aussi! On arrive finalement avec des vents de 25kn et des vagues de 6 à 8 pieds. On a connu pire, mais ici, à mesure que nous approchons de la côte, les vagues deviennent plus courtes, sa cogne et le vent semble venir de toute les directions!
Le lendemain, le ciel est couvert et il PLEUT des clous, nous en profitons pour faire les douanes et sauter dans un autobus qui nous amène vers Ste Rose, Lamentin et Bahaut. 
La plage de Sainte Rose en Guadeloupe
 L’île est très jolie, des fleurs partout, des sourires partout. Beaucoup de nouvelles constructions, en fait sa pousse comme des champignons, probablement les ‘’baby boomers’’ français qui préparent leurs retraites.
Nous avons été chanceux d’être bien ancrés parce que les vents se mettent à souffler 30, 35 et des pointes de 40 nœuds toute la nuit et la journée suivante. Heureusement que nous avions finis notre traversée à temps.
08 au 10 Avril 2002

Le vent s’est calmé (sporadiquement) et nous en profitons pour enfin visiter l’Îlet Pigeon qui est devenue, grâce à Cousteau, un parc de plongée sous-marine. Nous nous ancrons parmi les bateaux de plongée, les bateaux à fond transparent, beaucoup de touristes. Beaucoup de monde pour pas grand chose, pratiquement pas de corail, du moins pour nous qui n'avons pas de bouteille, par contre un peu plus de poisson qu’a Grande Case mais jamais comme au Tobago Cays
11 Avril 2002

jeudi 4 avril 2002

Marigot/Tintamarre/St Barth's/Nevis/Montserrat

On repart vers la Guadeloupe! Nous faisons nos adieux à Larimar et donnons rendez-vous à Born Free et La Mauny soit en Guadeloupe ou Martinique et quittons Marigot. On a bien fait de planifier une escale à courte distance (9,0nm) parce que la vague fait 2 à 3 mètres et le vent souffle à 25kn et rafale à 32kn… non merci! On s’ancre devant la toujours superbe plage de Tintamare, nous sommes seuls avec un catamaran de nudiste…peut-être avec le vent à ‘’écorner les bœufs’’ est-ce une nouvelle façon de s’épiler?
04 Avril 2002
 
Nous ne sommes pas loin, (14,0nm) du ‘’jet set’’, nous croisons des Swans, des Waukiez de location, rien de trop beau, et nous ancrons dans la même baie que l’an dernier devant la maison abandonnée de Rockfeller. On avait oublié combien l’eau était limpide. Nous passerons la nuit à côté d’un petit voilier de 120 ou 130 pieds, 2 mâts dont un avec 6 étages de barres de flèches et 5 enrouleurs de voiles…oui, oui cinq sur 2 mâts! Ce qui laisse amplement de place pour 3 radômes (TV, téléphone et ???) et 2 autres pour les téléphones plus les 2 radars, j’aperçois 3 ou 4 autres antennes plus petites probablement les GPS.  Nous avons assisté à la mise à l’eau de ‘’l’annexe’’ qui est sortie du pont, qui s’entrouvre mécaniquement pour laisser passer la grue qui fait la mise à l’eau. Pas pire! 
Le mouillage de l'Anse aux Coulomniers
Mais parfois, d’avoir une trop belle annexe dérange… à preuve, un magnifique voilier ‘’British’’ de 70 pieds qui prenait le large, le capitaine regardait amoureusement son annexe en arrière de lui et ‘’bang’’, ‘’plink a plink a plink et plouf!’’ Il a percuté (le bang!) un petit 50 pieds ‘’British’’ lui aussi, les ‘’plinks’’ sont le bruit des chandeliers qui sautaient les uns après les autres lorsque sa coque à ‘’longée’’ le franc-bord de son compatriote!  Quant au ‘’plouf’’ c’est quant tout le bordel est passé par dessus bord.  Impressionnant!  Non, pas l’accident, mais le flegme à la Britannique, pas un son, pas un cri, rien!  Le capitaine fautif, s’est ancré et est parti s’expliquer avec le malheureux 50 pieds.  On a rien entendu, le tout devant un superbe couché de soleil!
05 Avril 2002

La forteresse de St Kitts...anciennement St Christophe
 Après une très belle journée de voile, ou nous sommes passés derrière St Kitts qui est une île très belle, très luxuriante, et après s'être fait "accompagnés" par une vedette des douanes de St Kitts.   Nous nous ancrons encore une fois devant notre palmeraie, après avoir fait 49,5nm sans stress.  Nous sommes pratiquement seul dans le mouillage.
06 Avril 2002

Si c’est possible, nous avons encore une très belle journée...propice au moteur!  Les vents ont tourné juste assez pour l’avoir en plein dans le nez! On s’ancre donc après seulement 32,5nm devant une petite plage, un peu au Nord de l’ancrage des douanes qui est plein de barques de pêcheurs.
07 Avril 2002

vendredi 1 mars 2002

Marigot/Tintamarre et retour, la course Heineken

L’événement de l’année à lieu cette semaine le 1er mars, la course Heineken ouverte à toute les catégories de voiliers. Depuis plusieurs jours, des vieux gréements, des maxis, des catas de course et surtout beaucoup, beaucoup de loueurs. L’ancrage se remplit tranquillement et déjà des courses de pratique se déroulent entre les plus impatients, surtout des maxis. La journée de la première étape autour de l’île nous partons à bord de Larimar, un catamaran que nous avions rencontré à Grenade, pour aller nous poster derrière une des bouées du parcours ou obligatoirement tous les voiliers devront passer. L’occasion est belle aussi pour vérifier les dires du capitaine…le Larimar, qui est un Freydis Soubise 43’ d’Éric LeRouge, monte exceptionnellement bien au près et va très vite.
A bord du Soubise 43', le sillage photographié au moment qu'on fait 12kn
Donc, nous partons en même temps que plusieurs autres catas et monocoques. C’est absolument ahurissant! Contrairement à ce que j’avais déjà remarqué et surtout contrairement aux dires de bien des voileux, nous décollons littéralement, le bateau fend la vague en douceur sans taper mais laisse rapidement dans le bouillonnement de son sillage tout les bateaux que nous croisons. Au près, on laisse sur place un monocoque qui peine, l’équipage trempé jusqu’aux oreilles…nous on prend tranquillement une bière!
Pour les connaisseurs ou les sceptiques du Cata, voici quelques chiffres que j’ai notés en cours de route. Nous sommes montés à 20 degrés dans un vent vrai de 8,5kn et nous faisions 11 parfois 11,5kn…avec une vague de 1m 1,5m. Après un virement de bord et le vent moins dans le nez, nous faisions 13/15kn. Alors ceux qui affirment qu’un cata ne marche pas au près, c’est qu’ils ne sont jamais montés à bord d’un Freydis Soubise 43 d'Éric LeRouge!
Sans surprise nous sommes arrivés les premiers à la fameuse bouée, et une heure, après les maxis nous donnaient un beau spectacle. De toute beauté de voir ces bêtes de courses arrivées bord à bord et tournés autour de la bouée et lancés leurs spinnakers tous sans perte de temps et dans le silence…on voit que les équipages (une douzaine de ¨beef¨) ne font que ça.
Un équipage de "pro"
Passe, passeras pas...passe!
Une petite demi-heure plus tard les machines de courses, style Melge 24, ou Cata Open arrivent avec au contraire un équipage minimal, le tour de la bouée se fait sans ralentir…mais c’est un peu moins spectaculaire. 
Le plus gros des voiliers arrivent une demi heure plus tard.
Une autre demi-heure après, les autres voiliers arrivent, ils s’étendent sur des milles…ils sont 200/225 amateurs, équipages de loueurs, amis, familles, l’enfer! Ils tournent ou plutôt ils essaient de tourner autour de la bouée, plusieurs sont obligés de revenir sur leurs pas pour passer la bouée du bon côté, sa crie…sa hurle, ils se coupent mais ils réussissent tous à passer sans accrochage. C’est un miracle, et ils continuent à qui mieux mieux le tour de l’île.
Retour peinard, à a peine 8kn!
   Nous levons l’ancre et retournons vers notre mouillage ou la flottille de la course doit venir passer la nuit…oui! Ils seront au total 250 plus les bateaux déjà à l’ancre.
Une fois ancré, nous prenons chacun l’apéro sur nos bateaux parce que la flotte arrive!  Nous assistons à un ballet infernal de bateau de 24 à 70+ pieds qui arrivent pratiquement tous en même temps.  Ils se croisent, essaient de trouver le meilleur ¨spot¨ avant les autres.  Certains s’ancre à couple, d’autres vont même jusqu'à s’attacher à une péniche de construction.  La plupart ¨garochent¨ une petite ancre en aluminium sans chaîne (pour la course ils se sont allégés au maximum…ils ont enlevés leurs mouillages régulier) et tout ce jolie monde n’ont évidemment pas leur annexe (trop lourd) et sa crie, siffle pour attirer l’attention des ¨taxis¨, parce que maintenant c’est la course pour allée à terre pour aller fêter.  Belle nuit en perspective, 2 ou 3 bateaux dérapent, mais sans dommage.  Des gens ¨sérieux¨ (nous) se chargent de remouiller les bateaux.  Le lendemain, la flotte de compétiteur s’envole vers d’autres courses autour de l’île, mais le vent force de plus en plus et les abandons sont nombreux (3 bateaux démâtés) au cours des jours suivants.
Une fois le calme revenu, nous continuons à visiter l’île, nous faisons la découverte d’un magasin de matériel artistique…la caverne d’ Ali Baba!  Même à Montréal on ne trouve pas autant de choix.  Nous trouvons aussi des petites épiceries chinoises qui offrent des produits nord-américains et européens beaucoup moins cher, nous nous stockons en vin chez un grossiste et en profitons pour faire des petites réparations (on trouve de tout ici) sur le bateau, nous profitons de cet arrêt prolongé pour le rendre impeccable.  Tout les jours des bateaux quittent pour le retour vers le nord ou au contraire nous voyons les premiers arrivés de la longue route provenant du nord, ça nous rappelle beaucoup de souvenirs et on réalise que maintenant on est considéré comme des vieux loups de mer.
Marigot et on fond, le lagon de Saant Maarten
Nous retournons à Pinel avec nos amis La Mauny, mais notre guindeau commence à donner de sérieux avertissements de fatigues et comme de fait, au moment du départ vers un autre mouillage il bloque complètement. Il ne me reste plus qu’a remonter les 120 pieds de chaîne et l’ancre de 33 lbs à main et retourner à Marigot. Après 4 jours d’essais pour le débloquer, en essayant tous les trucs, coca-cola, acide muriatique, petits coups de marteau, GROS coups de marteau, j’en viens à la conclusion finale…la scie!  Malgré tout mes efforts, je suis obligé de couper le guindeau en 4 morceaux pour réussir à le dégager.  Le tout avec une scie à main, ‘’pogné’’ dans la baille de mouillage, le plus dur étant de couper l’axe de la poupée qui est inox et ‘’seulement’’ 1 pouce de diamètre.  Mais comme mentionné précédemment à St Martin on trouve de tout, alors Yallah! à maintenant un nouveau guindeau Italien…seulement 700US$!
Pendant mes travaux les filles s’énervent beaucoup…le magnifique voilier ‘’Braveheart’’ de Mel Gibson s’ancre à côté de nous, lui il passe pas 4 jours à défaire un guindeau!
EN RÉSUMÉ :
Un guindeau est, malgré les apparences, une pièce fragile, il faut le rincer régulièrement et le graisser...sinon, la scie!  Le magasin nautique ‘’Budget’’ vend pratiquement de tout, le personnel très bien formé et bilingue, mais j’ai acheté le nouveau guindeau Quick chez Island Waterworld, est ce que je vous ai mentionné, qu’ici c’est hors taxe et qu’en général les marchands donnent 10% d’escompte pratiquement à l’année
Épicerie : US Market pour les fromages, viandes froides…le reste beaucoup trop cher!
Match pour les spéciaux de la semaine…rien d’autres surtout pas les légumes!
Hong Kong dans Concordia, les meilleurs prix en ville…juste faire attention aux
Coquerelles!
Alcools : Dewars, (derrière Match) grossiste et il livre au quai, si du vin à 1,80E vous intéresse.
Krishna pour la bière à 7,60E pour 24, le Pernod à 2,00E et finalement le scotch
Canadien à…1,50E !!!!
Essence : St Martin, côté Français est moins cher, 0,45E pour le Super et 0,55E pour le diesel.

1er Mars au 04 Avril 2002

mardi 5 février 2002

Marigot/Tintamarre, Saint Martin (9,0nm)

On s'est ancré avec la ferme intention de rester au moins une semaine sans bouger. La météo n’est pas particulièrement bonne pour se promener en bateau. Même dans l’ancrage de Marigot un ¨swell¨ entre dans la baie. Une longue houle lève notre bateau, heureusement que nous nous sommes ancrés assez loin du rivage, parce que la tout les bateaux ont du décampés, la vague se transformant en rouleaux, nous on se fait lentement balancés, c’est moins désagréable que ce que nous avions connus au Bahamas.
Le Capitaine se repose devant le mouillage de Marigot
Nous profitons de notre arrêt pour nous réapprovisionner et faire quelques travaux. (Encore!) La marina en construction depuis 3 ans n’est toujours pas terminée, même après 2 annonces d’ouverture incessante…ils discutent! La passation à l’Euro semble se faire plus difficilement ici que dans les autres îles, mais c’est encore pire du côté de Saint Marteen qui eux affichent les prix en Franc, en NAF, en dollar US et en Euro…mais quand vous voulez payer en Euros, ils refusent ils préfèrent des dollars! Il n’y a pas que les commerçants Français qui sont bizarres…
La future marina, maintenant ouverte et qui a probablement mis de la pression pour faire payer le droit de mouiller.
Le carnaval commence le 11 et nous allons voir une des parades…ont est très loin de celles de Nassau, même Grenade était un peu mieux.   Au moins à Grenade ils avaient l’excuse de la pauvreté, ici les groupes sont financés par les casinos…mais à voir les costumes et l’ambiance en général ça ne paraît pas, la seule personne qui semble bénéficiée de la manne est un "gros plein de soupe" avec sa grosse chaîne en or assit dans une jeep derrière une reine ou princesse qui semble pas tellement s’amuser.  La musique est en boîte, mais quelle boîte! Des camions remorques de 40/50 pieds avec des haut-parleurs d’au moins 15 pieds de haut crachent un ¨boing-boing-boing¨ sans arrêt, au-dessus des haut-parleurs deux jeunes lèvent les fils électriques ou de téléphones pour qu’ils ne s’accrochent pas. (La CSST était absente!)  À la suite du camion un groupe de filles se trémoussent le popotin avec de temps en temps un couple ou un trio qui se frottent-tortillent je ne sais trop quoi.  Disons qu’on est très très loin des Bahamas et que ça manque totalement de classe.

5 au 12 Février 2002

Le carnaval n’est pas fini, mais on en a assez vu…et surtout entendu! On part pour une île déserte ou presque à la pointe de St Martin. La navigation est facile, on longe à moteur toute la côte et nous ancrons devant une très belle plage en sable dorée. Un petit voilier (Le Patriote) de Montréal y est déjà ancré, nous sommes rejoint par La Mauny et le Larimar (que nous avions perdu de vue depuis Mayero) Un petit cata de charter amène un petit groupe de touristes Américains qui jouent au ballon à poil…je ne sais pas, si connaissant leurs mentalités ils feraient ça chez eux? 
La plage de l'île de Tintamarre
La plage est vraiment une des plus belles que nous ayons vu depuis notre départ, et pour les fanas des bains de bous, l’île offre le choix entre de la boue jaune ou celle plus ¨in¨, la orange…c’est étonnant, personne à penser à la vendre!
13 Février 2002

C’est pas loin…2,5nm, mais il faut passer dans une machine à laver pour s’y rendre! Aussitôt dans l’entrée d’Orient Bay le bateau se fait chahuter, brasser, rouler par des vagues de côtés de 3 à 4 mètres, on a presque abandonné et viré de bord. Enfin, on finit par atteindre le fond de la baie un peu plus protégée et nous ancrons derrière l’île de Pinel dans 3 mètres d’eau devant une bande de sable fin qui coupe en deux l’ancrage. Des petits restos, boutiques et des chaises de plage à 10$US vous y attendent. Les clients des hôtels avoisinant y sont transportés par une navette, le coup d’œil est intéressant…après tout on est en France! On fait un peu de plongée et enfin je vois presque directement sous notre annexe 5 langoustes, mais avant de faire un massacre, des amis nous informent que depuis le début de l’année nous sommes dans une zone protégée, donc maintenant pêche interdite, les langoustes devaient le savoir!
Le mouillage de Pinel, un vieux Amel de Montréal et un voilier Anglais avec un couple de septuagénaire et un chien qui prouve qu'un "paquebot" n'est pas nécessaire pour faire les îles!
14 au 16 Février 2002
Le 17 février on retourne à Marigot (10,0nm) et en profitons pour faire des petites réparations sur le bateau, ici tout est disponible et hors taxes, mais malgré cela les prix sont en général plus élevés qu’aux USA. Mais au moins on a du choix que ce soit les marques américaines ou européennes, on réussit même à trouver des pièces pour réparer notre pilote. Évidemment que du point de vue bouffe, c’est encore mieux, du côté Français nous avons accès à tous nos petits péchés véniels et du côté Hollandais nous trouvons pire…des pretzels, des chips, toutes les grignotines qui n’existent pas ou presque en France. 
France et l'équipage de La Mauny dans un resto Dominicain, côté Saant Marteen
Nous rencontrons des Québécois qui viennent de se partir une compagnie d’importation de bouffe Canadienne! En parlant de Québécois, depuis que nous avons quitté les Bahamas, nous n’avons jamais vu autant de bateau du Canada, quelques Canadiens mais surtout des gens du Québec.  Nous voyons même Destin, un Nonsuch, l’ancien voilier d’un couple d’amis qui l’avait vendu l’année de notre départ…le monde est très petit. Nous rencontrons aussi un petit catamaran Prout de 31' (Dyad) qui arrivait des Açôres! Très sympathique, ils sont en route pour la Marina Gagnon!!!
Toujours pour dire que le monde est petit, nous rencontrons Sea Scape un voilier que nous avions croisé lors d’un ¨happy hour¨ aux Bahamas avec Sol. Mais la cerise, est de revoir mon prof de navigation, Pierre Raymond que j’avais connu en 1983! Pas chanceux, il venait de se faire voler en pleine rue, à la pointe du couteau.  D’ailleurs, ici le tourisme est en chute libre avec la montée en imbécillité des locaux. Pendant la période des fêtes, tout ce qu’ils ont trouvé de brillants, c’est de se mettre en grève…pas d’électricité pendant 11 jours! Très bon pour le tourisme!  Chaque semaine, il y a un vol de touriste, soit au couteau ou avec un revolver et ce en plein jour! Régulièrement, des bateaux se font ¨visités¨ ou des annexes disparaissent.  Le tourisme baisse!  Ben voyons! C’est à cause du 11 Septembre!!!
Selon les élus locaux, la cause de la hausse de la criminalité est que l’île, depuis un peu plus de dix ans, à vue sa population passer de 8000 habitants à 30000 (en majeure partie des Haïtiens) qui sont venus lors du ‘’boom’’ immobiliers.  Mais suite aux deux ouragans majeurs qui ont détruit les infrastructures et le 11 Septembre (qui à le dos très large…) Il y’ a moins de travail donc on vole!!! Ce qui est par contre très étrange, c’est que St Martin est la seule île ou un étranger peut facilement se trouver du travail…parce qu’il manque de main d’œuvre!  Cherchez à comprendre!  Avoir voulu, France et moi nous aurions facilement pu travailler.
17 au 28 Février 2002

dimanche 3 février 2002

Deshaies, Guadeloupe/Nevis (68nm) Marigot, St Martin (65,0nm)

On lève l’ancre en pleine nuit et nous dirigeons droit sur Montserrat. Aujourd’hui, contrairement au printemps dernier nous passerons sous le vent de Montserrat, donc nous pourrons voir de plus près le volcan (toujours actif) et la capitale Plymouth totalement abandonnée. 
Yallah!  File vers Nevis
Un bon vent régulier nous y amène assez rapidement et nous croisons en début d’après-midi les ruines de Plymouth. Impressionnant! Une gigantesque coulée de lave coupe la ville en deux, de nombreux bâtiments dépassent la lave, étrange, ils ont encore leurs toits. En fait, la ville qui devait être très belle, semble encore en bon état et n’attend que le retour de ses habitants. Mais ce n’est pas pour demain, il est même interdit de s’ancrer dans le secteur. On réalise tout d’un coup que ce que nous croyons être un gros nuage est en réalité, vu de plus près, des fumées qui sortent du cratère. On s’éloigne pour éviter de recevoir des poussières et nous continuons en direction de Nevis ou nous nous ancrerons presque a la noirceur devant la même cocoteraie qu’a l’allée. On a eu une très belle journée, mais après une petite bouffe à bord de La Mauny on se couche très tôt, demain, on se lève à 4h00!
 Tel qu'entendue avec nos amis, nous partons une heure avant La Mauny et traversons le canal séparant Nevis de St. Kitts à la première lueur du jour. Avec l’aide de la carte électronique, éviter le haut fond dans le passage est facile, le problème est plutôt du côté des bouées des pêcheurs, on ne sait jamais ou elles peuvent être. Mais tout se déroule bien, et une fois sortie de la protection des deux îles, un vent de 20 à 25kn nous attend, mais surtout une longue houle de 4 mètres nous donne de l’ouvrage. Nous rencontrons aussi un ÉNORME grain qui nous donne des vents de 30/35kn pendant une demi-heure qui semble duré une éternité. 
Un équipier, qui n'apprécie pas la météo et qui ne veut surtout pas rester à l'intérieur!
La Mauny nous rejoint et nous dépasse en début d’après-midi et nous finissons par arriver au couché de soleil dans la baie de Marigot. Enfin! On va pouvoir se reposer
3 et 4 Février 2002