Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

mardi 21 novembre 2000

St Augustine/Palm Coast, la cimenterie (809,2)

Il fait très froid (dans les 35o) nous ne partons qu’à 10h:00, nous avons maintenant décidé de faire des routes plus courtes pour plusieurs raisons.  Depuis plusieurs jours vers les 14h:00 nous avons le soleil très bas à l’horizon ce qui rend difficile l’interprétation des bouées ce qui nous amène à une deuxième raison, le canal est de plus en plus parsemée de haut fond et il faut constamment ralentir (on tire 5'9") pour réétudier les cartes, lire les notes des 4 guides que nous utilisons.  Ainsi dans le Matanzas Inlet, 3 guides nous informent de la présence de 3 nouvelles petites bouées très difficiles à voir et de coller à 20 pieds le côté Ouest.  Le guide que nous avions reçus en cadeau en Caroline du Nord (si vous prenez le Dismal) indique que au contraire il faut passer en plein centre (c’est lui qui a raison), vous auriez du entendre la litanie d’appel pour SeaTow ou Boat US!  Il y a évidemment les ponts plus nombreux et la rareté des ancrages…et les premiers arrivés sont toujours les mieux ancrés.
Le mouillage de l'usine de SeaRay et de la cimenterie supposément abandonnée
Nous arrivons à 16h:00 dans un canal supposément désaffecté, cet ancrage est recommandé par les différents guides pour sa profondeur, la seule chose mentionnée est qu’a 6h:30 du matin l’usine de ¨cruisers¨ Sea Ray se remet en marche et il y a un va et vient de bateau les uns plus grands que les autres.  La surprise est que l’usine de ciment abandonnée est de nouveau en fonction et une barge et un remorqueur sont ancrés au fond de la baie.  Après information, nous pouvons ancrer dans 12 pieds d’eau devant la barge qui ne sortira que mardi prochain, moins d’une heure après notre arrivé le canal se rempli de bateaux.
21 Novembre 2000

samedi 18 novembre 2000

Fernandina/St Augustine FLA (778,0)

Encore une fois, nous partons aux aurores, bien décidé à rallier St Augustine ou nous espérons rattraper des voiliers que nous connaissons.  La journée débute bien mais depuis que nous sommes en Floride, les ¨cruisers¨ immatriculés FL sont des frustrés qui ont la mentalité d’un conducteur de SeaDoo mais avec le fric, ils ont un 40 pieds.  Mais ils sont "polis", ils nous envoient la main en passant à 10 pieds de nous à pleine vitesse!  En plus, probablement à cause de ces mêmes fous de la vitesse, le canal est plus ensablé qu’ailleurs.

En Floride il y a aussi plus de ponts à faire ouvrir, dans les autres états traversés nous n’avions jamais eu de problème mais nous sommes en Floride, donc nous arrivons à notre premier pont qui est en réparation, nous sommes 2 voiliers à attendre, une demi-heure plus tard nous sommes 5 bateaux et le ¨bridge tender¨ finit par nous ouvrir seulement la moitié du pont.  Ce n’est déjà pas large et il y a du courant on se met en file indienne, tout le monde passe et juste au moment ou nous débutons notre passage il ferme le c…… de pont!  J’ai juste le temps de me mettre en renverse et d’appeler ce cher ¨bridge tender¨ pour lui faire arrêter sa manœuvre et ré-ouvrir le pont.  Pensez vous qu’il y a un mot d’excuse?   Deuxième pont, nous arrivons 10 minutes avant son heure cédulée d’ouverture, nous tournons en rond après 15 minutes la ¨bridge tender¨ nous demande de nous identifier parce que si nous le faisions elle pourrait alors ouvrir le pont.  Je pense que je vais "adorer" la Floride… Malgré tout nous finissons par arriver à St Augustine et on revoit des voiliers connus comme ¨Belles Turbulences¨ et Jonathan IV et d’autres encore.
Le fort Espagnol de St Augustine
Nous visitons St Augustine, c’est intéressant, c’est vieux, c’est ¨espagnol¨ mais c’est très commercial, on ne restera pas aussi longtemps que prévu surtout qu’on nous annonce un ¨cold front¨, ce matin il faisait 75o, c’est après midi en revenant de la douche, il se met a pleuvoir et nous avons des vents de 33kn, et il fait 35o, merci Canada! 
L'arrière cour d'une auberge
 Un petit voilier de 26' allemand vient de partir à la dérive en direction du pont, il passe à travers les voiliers sans toucher personne mais il va cogner contre les piliers du pont.  Vraiment désolant de venir de si loin pour s’écraser contre un pont en pleine ville.  Peut-être que la 1/2 heures que j'ai pris pour mettre mes 2 ancres n'était pas inutile...un pressentiment?
N.B. :  Épicerie ¨pas pire¨ à 1½ mile sur la rue King…encore!  Deux quincailleries sur le chemin mais elles sont fermées le dimanche et toujours pas de propane proche.
18 au 21 Novembre 2000

vendredi 17 novembre 2000

New Teakettle Creek, GA./Fernandina Beach FLA (716,6)

On est enfin en Floride!!  Après être parti ce matin dans la pluie et le brouillard nous avons réussis à faire 70 miles en une traite.  Malgré le fait qu’il fallait se taper 22 miles d’alignements avec une visibilité d’un demi mile, grâce à France qui est devenue une experte à la barre et surtout infatigable et moi comme interprète des cartes nous avons traversé le reste de dédales des marécages de Géorgie.  En fait la Géorgie à part Savannah et quelques autres endroits c’est assez plate merci!  Même Jekyll Island avec ses anciennes maisons de milliardaires (Vanderbilt, Morgan, Crane, Rockefellers etc) pâlit en comparaison avec tout ce que nous avons vu précédemment.
Encore une fois les dauphins viennent nous donner un spectacle pour égayer la monotonie du paysage.  La traversée du St Andrew Sound avec des vents de 20kn et la houle de l’Atlantique viendra nous distraire avec des pointes de 9kn avec le courant!  Ce qui nous permettra de nous ancrer enfin en Floride.  
On arrive juste à temps pour un coucher de soleil superbe!
 Pour nous remercier de ce dur labeur la météo ici annonce des températures en moyenne 10 degrés plus chaude qu’en Géorgie le jour précédent.  Nous y retrouvons aussi des bateaux que nous avions vu à Cape May et à Annapolis, c’est encourageant on est de nouveau dans la course vers le soleil. Un plus aussi, c'est que la marina offre des douches très propre avec des tonnes d'eau chaude, évidemment ce n'est pas gratis. Mais on peut laisser le dinghy au quai gratis et en profiter pour aller à la biblio et faire de l'internet gratuitement. Donc cela fait un arrêt très rentable!
N.B. :  Nous avons des cartes et le guide accompagnateur, édition 1998 de l’Intracoastal.  Nous y avons trouvé de très nombreuses différences, ponts enlevés (tant mieux) bouées re-numérotées (sans réelles conséquences)  mais depuis que nous approchons de la Floride et, en Floride, ça devient plus grave.  Même les quantités de bouées diffèrent en plus ou en moins, ce qui si vous naviguez en comptant les amers, vous amène à prendre des mauvaises décisions.  En 2 jours nous avons vu plusieurs échouages et nous mêmes on s’est senti ¨ralentir¨ à 2 reprises.  Alors un conseil, achetez votre matériel le plus tard possible et laissez donc faire le matériel usagé d’un chum de retour après 5 ans de navigation.  Un achat OBLIGATOIRE est le ¨Skipper Bob¨ qui est lui édité et mis à date chaque année.  Pour 14$ il nous à sauvé d’un échouage garanti quant à l’entrée de St Augustine, le guide de l’Intracoastal nous indique de passer entre 2 bouées…ou il n’y avait que 3 pieds d’eau!
17 Novembre 2000 

mercredi 15 novembre 2000

Ross Marine/St Augustine Creek/New Teakettle Creek, Géorgie (646,8m.)

Assez perdu de temps!  On est le 15 novembre, sa presse!  Départ à 6h45, on est décidé à faire notre 50 miles mais il nous faut arrêter pour prendre du fuel et aussi du propane en route.  Nous arrêtons à Beaufort SC, en faisant le plein de fuel on apprend que le propane est maintenant à 6 miles de distance donc on décide de laisser tomber la visite de Beaufort et de continuer notre route.  Il fait froid mais beau et nous avons un vent de travers qui nous donnent un coup de pouce surtout à travers Port Royal, nous passons le long de Hilton Head Island, un superbe développement immobilier qui prouve que parfois le développement est moins nocif pour l’environnement que certains villages plus ¨classiques¨ ou les carcasses de voitures, les bateaux de pêches coulés en train de pourrir enlaidissent vraiment le paysage.  Je suis certain que quant un propriétaire de Hilton Head ¨flush¨ sa toilette, il ne pollue pas l’environnement autant que ceux de petit village si ¨près¨ de la nature…
A 16h30 après une bonne journée de moteur assistée de la voile ou nous avons rencontré plus de dauphins en une journée que depuis le début de notre voyage nous nous ancrons après 61 miles dans la crique de St Augustine dans 20 pieds d’eau (plus 9’ de marée) dans un courant assez fort.  Le fond tient très bien heureusement, mais ça fait quand même bizarre d’entendre l’eau ruisseler autour du bateau.  Ce soir la météo annonce 30o, c’est pas chaud!  On décide de sauter la visite de Savannah (paraît-il plus belle encore que Charleston) mais il fait ¨frette¨ et nous avons du temps à rattraper.
St Augustine Creek, très bon fond avec courant très fort 2,5kn aucune protection du vent.  Lumière de mouillage absolument nécessaire, nombreux pêcheurs qui "rodent" toute la nuit.
15 Novembre 2000  (577,5)

A la barre du jour, nous levons l’ancre parce que nous avons un pont dans 2 miles et il n’ouvre qu’aux heures et on ne veut pas perdre de temps.  Nous réussissons malgré le brouillard à nous rendre juste à temps.  Toute une différence, ceci nous permettra non seulement de gagner une heure mais d’être toute la journée sur le même tempo que les courants.  Nous longeons une banlieue de Savannah**, ce qui nous confirme que c’était une ville à voir.  Les propriétés sont superbes et les quelques miles nous séparant de Isle of Hope nous le confirme, d’ailleurs avoir eu le temps nous aurions dû nous arrêter à Isle of Hope et prendre l’autobus jusqu'à Savannah.  L’ancrage semblait bon et de toute façon il n’y a pas plus de courant là qu’ailleurs dans le coin, mais combien plus intéressant et pratique…peut être un jour.  En plus d’avoir le courant avec nous pratiquement toute la journée nous aurons un bon vent pour nous pousser à travers le St. Catherines Sound et le Sapelo River ou nous avons pu faire 20 miles sans aucun changement de voile et finir par nous ancrer 69 miles plus tard.  Très bonne journée et l’endroit où nous sommes est d’un calme absolu.
La crique est un peu mieux protégée du sud et le fond tient très bien.  Le courant semble un peu moins fort et pas de bateau de pêche!
** Nous croisons aussi une marina ou si vous prenez un quai pour une nuit, le lendemain matin le journal et des muffins vous attendent sur le pont de votre bateau.  Voici le genre de bateau qu’on y trouve….
Petite marina pour gens pauvre et célèbres

15 et 16 Novembre 2000

jeudi 9 novembre 2000

Charleston/Elliot Cut/Ross Marine (476,3)

Nous partons seulement à 8h:30 parce que nous avons un pont à passer et il n’ouvre qu’à 9h.  Nous nous dirigeons à la file indienne vers le pont et comme il est bien indiqué dans les notes d’Obsession L le courant est très très fort.  Le pont ouvre et on avance mais pas tellement vite, en fait je dis à France qu’on devrait se laisser distancer au cas où un bateau aurait la mauvaise idée de tomber en panne devant nous dans Elliot Cut ou le courant est très violent et le passage est très étroit.  Évidemment ce qui devait arriver, arriva!  Nous sommes tomber en panne, ou presque.
Le pont vers "l'enfer" Elliot Cut
 Au moment ou nous entrons dans le Cut qui fait à peu près 80’ de large, je mets toute la puissance du moteur pour combattre le courant (2,5kn) et nous nous traînons (2kn), rendu a à peu près moitié chemin un vacarme infernal se fait entendre sous le bateau.  Je coupe les gaz et immédiatement le bateau se met à tourner et redescendre le Cut deux fois plus vite.  Ça donne vraiment un drôle de ¨feeling¨ de barrer un bateau en perdition.  La première chose à faire, essayer de sortir de cette "tranchée" rocheuse et ensuite amener le bateau à l’extérieur du Cut et trouver une place et m’ancrer du premier coup sans moteur.  
Est ce que je vous avais dit que juste à l’extérieur du Cut il y a un gros 4 mats d’accoster dans l’axe du Cut et qu’il faut absolument le contourner.  Nous nous ancrons en catastrophe et on attend l’étal de la marée, pour que je puisse plonger voir ce qui a bien pu se produire. Suis je en train de perdre mon hélice ou aurait on casser le support de l’axe d’hélice ou le plus simple, un câblot de pris malgré mon coupe-orin.  J’attend que le courant baisse a en-dessous de 1kn ce qui s’avère encore trop fort.  J’attend 0,6kn et j’y vais, l’eau est froide et je n’y voit rien, au quatrième essais (pas évident avec le bateau qui bouge au-dessus) je réussis à voir/toucher et je me rend compte que l’hélice et le support sont en bon état mais je n’ai plus de ¨strut bearing¨.  Je remonte en vitesse à bord parce que nous n’avons que 30 minutes pour passer le Cut avant que le courant revienne en force.  Ici le courant passe de 1kn dans une direction à zéro, tourne et remonte à 1kn en moins d’une heure et évidemment qu’une autre heure de plus c’est l’enfer.  Nous devons traverser le Cut et faire 5 milles à voile avant que le courant ne rendent la conduite du bateau incontrôlable, heureusement que nous partons avec 12kn de vent et nous arriverons chez Ross Marine dans un détour de la rivière avec 20kn de vent et le courant revenu en force.  Un mini coup de moteur et surtout l’aide de 4 employés de la marina nous permettent d’accoster sans trop de problèmes.  Ouf! On va certainement bien dormir cette nuit.
Nous resterons presque 6 jours chez Ross Marine, et notez bien la nuance…Ross Marine pas Marina!  Ici il n’y a rien.  Pas de toilette ni de douches, pas d’épicerie, RIEN!  Par contre, c’est la place pour tomber en panne.  En fait, nous sommes dans un garage à bateau.  Les quais ne servent que d’aire d’attente avant de passer voir le docteur.  Les quais et les terrains avoisinants ne contiennent qu’une quarantaine de bateaux mais j’apprendrai qu’ils en passent 800 par année pour réparation mécanique ou cosmétique.  Pour les futurs malchanceux, sachez que si vous tombez en panne ici, il ne vous en coûtera rien tant que votre voilier n’est pas sorti de l’eau, le hic c’est qu’une fois sorti vous n’avez pas le droit de rester à bord, donc il faut payer pour le remettre à l’eau et attendre les pièces nécessaires.  Nous avons été ¨chanceux¨, parce que je savais après ma plongée quelle pièce était défectueuse et un téléphone à St Paul nous permettait d’espérer le morceau pour lundi matin.  Nous passons donc le weekend à visiter les quelques voiliers à vendre, France fait de la couture, moi de l’ordinateur, France lave le bateau, moi de l’ordinateur, France fait des biscuits, moi de l’ordinateur.  France cire le bateau, moi de l’ordinateur…enfin on s’occupe, on regarde même la télévision (les suites des élections, "pôvre" eux autres!).  Lundi matin, tel que promis la pièce arrive mais les autres mises à l’eau sont prioritaires.  Demain matin, c’est promis.  France pour se défouler, relave le bateau, moi…
Mardi à 7h30 nous sommes sur le quai et on fait le pied de grue, on assiste à la première mise à l’eau d’un gigantesque ¨cruiser¨.  Pas un bruit, pas de moteur, pas un cri, à peine un sifflement du contremaitre et en s’aidant de la marée ils mettent à l’eau un mastodonte d’au moins 150 pieds en 15 minutes…on est les prochains.  Je suis bien content que tout se fait de la même manière, totalement sous leurs contrôles, moi et le courant on a encore quelques petits problèmes existentiels!  Le voilier est amené vers une aire de travail que déjà un mécanicien passe en vélo et regarde le travail à faire, pendant que le voilier est mis sur des chevalets le mécanicien est déjà en train d’enlever l’hélice et France de finir de cirer le bateau!  Pendant ce temps la grue repart faire une autre mise à l’eau!  Ici ça roule!  Faites un petit calcul, 800 bateaux, avec une entrée et sortie de l’eau donc 1600 mouvements sur 300 jours par année et seulement pendant l’étal ou presque (le courant ici est de 2kn)  Sa garde un gars occupé.  Je trouvais qu’il avait l’air habitué!  En fait, la réparation prend une heure mais nous ne seront remis à l’eau qu’a 10h30, la grue étant occupée ailleurs.  France et moi on se promet une journée du tonnerre pour essayer de rattraper nos copains dans les jours qui viennent.  Donc fini les journées pépères de 40 miles.  On décide que dorénavant nous ferons au moins 50 miles par jour.
On part de Ross Marine le 14 novembre à 11 heures et on s’ancre à Rock Creek, 47 miles plus loin à 17h.
Rock Creek, très bon ancrage dans 12 pieds d’eau.  Mais aucune protection contre le vent et beaucoup de courant, comme partout en Géorgie.
10 au 14 Novembre 2000  

lundi 6 novembre 2000

Georgetown/Whitehead Creek/Charleston, SC. (469,4m)

Comme tout semble fermé, ici le dimanche, on repart et toujours sur les conseils des habitués, nous allons arrêter 15 miles avant Charleston pour voir la nature de près.   Nous partons avec une pluie fine (première fois depuis Annapolis!) et passons à travers les anciennes rizières maintenant abandonnées.
Une partie du voyage assez monotone jusqu’au moment ou 2 dauphins décident de nous accompagner les derniers miles jusqu'à notre ancrage…au milieu de nulle part et seulement a 17,9m de Charleston.  Nous sommes carrément au milieu d’un champ dans 20’ d’eau.  Nos amis du ¨Cheshire Cat¨ nous avait proposé cet endroit pour que nous puissions voir une plage assez spéciale.  Encore un mouillage très tranquille, rien à faire, à part de sortir un livre...bientôt 3 mois qu'on est partie, et une constatation rassurante, on s'ennuie pas!
Une épave d'un grand voyageur sur la plage...
Donc avant de partir pour Charleston, nous allons voir la fameuse plage en dinghy.  Des milles et des milles de plage jonché de tronc d’arbres, des gros arbres.  Les troncs sont torturés, séchés, ils ont des formes très intéressantes, on croirait des sculptures.  C'est ce qui reste, d'un ouragan qui a dévasté la région dans les années 1950.  
Sculpture anonyme sur la plage
 France ramasse un paquet de coquillage en forme de ¨silver dollar¨ comme les locaux disent. 
Séquelles d'un ouragan
Après avoir pris notre "bol d'air frais" sur la plage on dîne et dans l’ après midi nous ancrons devant Charleston, et juste a voir les bâtiments au loin, nous savons que ce sera une de nos villes favorites.
Ancrage juste en face de la ville, devant la marina municipale.  Dinghy dock dans la marina et immédiatement derrière, nous pouvons nous débarrasser des poubelles.  
Presque un emblème de bienvenue à Charleston
 En plus la buanderie et des téléphones publiques sont disponibles sur place, le grand luxe.  Nous montons la rue Calhoun et croisons un ¨Kinkoss¨ (service de fax, internet etc) mais plus loin la bibliothèque nous attend avec une dizaine d’ordinateurs pour l’internet mais en plus nous avons aussi accès a une vingtaine d’autres ordinateurs dans un ¨computer lab¨ ou nous avons le droit d’imprimer et de ¨downloader¨ nos disquettes préparées à bord, ce qui est la plupart du temps interdit (excepté à Cape May et Norfolk).  Toujours dans la même direction (première rue à droite) nous trouvons une très belle épicerie avec comme voisin un vrai fruits et légumes comme au Québec qui offre des produits FRAIS et à prix plus raisonnable.  Ça peut paraître bizarre que je le mentionne cela mais aux USA les grandes épiceries on souvent une petite sélection de fruits et légumes, cher et pas toujours de la première fraîcheur, par contre dans les congelés ils sont imbattables mais nous sommes en bateau…
Petite maison simple avec ses fers forgés
En faisant notre marche (assez longue) nous décidons de couper à travers la ville et comme prévu nous tombons sous le charme de cette ville.  Tellement que pendant les deux prochains jours nous ferons rue après rue le quartier historique.  Mais le quartier historique en question couvre à peu près l’équivalent de la surface du centre ville de Montréal de Guy à St Laurent et de Sherbrooke au Vieux Port!  

La favorite de France...elle a des goûts simple!
Des châteaux de 25 pièces avec des jardins étonnants aux petites maisons miniatures cachés derrières (probablement l’ancienne maison du jardinier ou chauffeur).  Nous sommes en novembre et il y a encore beaucoup de fleurs, l’été doit être spectaculaire. 
En plein mois de Novembre, et il y'a encore des fleurs partout.
La plupart de ces grandes propriétés sont encore des propriétés privées ou transformées en musée ou encore en B & B.  Plusieurs sont maintenant transformées en condos, ce qui est dommage parce que les jardins sont transformés en stationnement pour les nouveaux propriétaires étant donné que les rues sont tellement étroites et qu’il n’y a aucune place pour stationner
Un jardin parmi tant d'autres
Comme mentionné, la ville possède plusieurs maisons-musée qui démontrent l’opulence de Charleston avant la guerre de Sécession.  Évidemment que les musées couvrant cette guerre sont nombreux.  Beaucoup de galeries d’art côtoient de très nombreux restaurants et si les antiquaires vous intéressent et bien ici vous serez au paradis, mais avant de venir. faites augmenter votre limite sur votre carte de crédit!  La ville possède un excellent service d’autobus pour 2$ vous faites la journée avec autant d’arrêt que vous voulez.
La ville est au complet une attraction touristique
Petit incident :  Nous étions ancrés dans la rivière le premier soir et nous soupions quant à un moment donné on trouve que ¨réellement¨ les maudits ¨cruisers¨ y exagèrent!  On sort dehors pour voir qui nous brassait comme ça…et nous étions dans la noirceur totale, complètement désorienté.  On ne voyait plus nos voisins, nous étions rendus dans la baie en face de Charleston en route pour l’Europe!  La renverse du courant nous avait fait monté sur notre orin et celui-ci à lever notre ancre, faut dire que le courant ici est assez spécial.  Nous partons notre moteur en catastrophe (ce qui aura des conséquences plus tard) et nous nous ré ancrons avec la bouée et orin en moins (coupé par notre propre coupe-orin), nous avons du dérivé au moins 1 a 2 milles.  C’est presque incroyable parce que nous étions en face d’une GROSSE bouée et entouré de plusieurs bateaux et en plus nous avons traversé le chenal menant à l’Intracoastal!  Le lendemain nos amis de Jonathan IV subissent le même sort mais avec moins de conséquences que nous.
5 au 8 Novembre 2000

samedi 4 novembre 2000

Prince Creek/Georgetown, SC (404,3m)

Nous sortons de Prince Creek lentement à 2kn pour prendre le temps de voir et écouter les bruits de la forêt.  Nous descendons ensuite vers Georgetown, des Américains nous en on dit beaucoup de bien.  Disons que c’est différent, le centre ville ne semble pas avoir bougé depuis les années ’50. 
Le quai municipale...comme dans le temps!
Georgetown possède une cinquantaine de vieilles maisons historiques et la rue principale est assez jolie.  Beaucoup d’antiquaire et de galerie d’art.  Les gens sont toujours très gentil (tellement que France est rendu à parler anglais, presque à plein temps!) mais une aciérie fonctionne à plein régime 24h sur 24h.  L’ancrage est face à l’usine donc la direction des vents décidera de votre confort.  Aussi l’ancrage est difficile, pour la première fois depuis le lac Champlain je ne réussis pas à m’ancrer.  Après une heure et au 8e essaie, un ¨local¨ me dit d’arrêter de me forcer et de tout simplement ¨domper¨ l’ancre et la chaîne et d’attendre que les 300 ans d’accumulations de ¨gooey stuff sucks in your anchor!¨.  J’ai dormi sur une oreille, mais ça tient.  Je serais curieux de voir la tenue si le vent se levait réellement.
N.B.:  Épicerie à 1 miles du centre, en chemin propane disponible (Pas le samedi ni dimanche).  Dinghy dock gratuit, poissonnerie à 1000’  (des crevettes en masse!).  Au ¨tourist center¨ dans l’édifice de la chambre de commerce en plus des infos habituelles, poste d’internet.  Le laundromat est 3 rue plus loin à côté de la bibliothèque qui aussi offre l’internet…fermé le samedi et dimanche comme beaucoup d’autres d’ailleurs.  C'est civilisé ici!.
4 Novembre 2000