Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

mardi 11 janvier 2005

Marathon/Key West ou le début de la fin...

Nous y sommes! Key West ou le ¨Mile 0¨, ou dépendant vers quel côté on regarde, 1243 miles du début de l’Intracoastal à Norfolk, Virginie. La ville la plus au sud des États-Unis… le bout du monde pour les Américains, une ville fétiche...et tout près de Cuba!
Une pointe de 20/25kn nous accueille à l’entrée du port ou deux paquebots appareillent… le chenal semble bien petit avec ces monstres qu’ils faut côtoyer.  Bizarre, c'est pas grave et à Miami, c’est interdit, terrorisme oblige! On s’ancre devant l’île de Wisteria, on y passe la nuit, mouillage totalement infernal, on se déplace et on s’ancre devant la base de la Garde Côtière, le mouillage est beaucoup plus calme, à part de très tôt le matin et en fin de journée quand tout les bateaux de pèches sportives vont et viennent, évidemment, comme à leur habitude, le plus rapidement possible, au cas qu’ils ¨manqueraient¨ le dernier poisson ou la dernière bière au bar.
Un "pétard" de Key West
Key West est très jolie, totalement tournée vers le tourisme mais sans la démesure de Miami ou Ft Lauderdale, ici ils ont réussi à préserver pratiquement toute la ville dans son état original des années 1890. Les ouragans et la pire menace, les promoteurs immobiliers, n’ont pas encore réussi à ¨moderniser¨ la ville. Tant mieux!
Une autre différence, bienvenue, est que la ville contrairement au reste de la Floride n’est pas encore anti-voileux. D’ailleurs, pendant notre séjour la course Ft Lauderdale-Key West s’y termine suivie de la semaine Key West Race week. 
Le port de Key West
 Il y a de très beaux bateaux dans le coin, il y’en a une centaine, de 14 pays et pour les mordus de la course, des Melges, J105, C&C, F28, Jod etc, etc, mais pour des ¨liveaboards¨ ces bateaux n’ont aucun intérêt.
On nous avait avertis que le coût de la vie était beaucoup plus cher à Key West, et c’est probablement vrai à cause des tentations très nombreuses qui nous assaillent de partout, boutiques souvenirs, bars, restaurants, bars, musées, bars et encore des bars. Mais même dans les bars il y a de bon ¨deals¨, par exemple, à une centaine de mètres du port, un bar offre tous les jours, une douzaine d’huîtres à 1,99$, moins cher qu’à l’épicerie! Les items d’épicerie de bases sont à quelques sous près, égal à ceux de Miami, mais la encore, les tentations sont grandes, nous y avons vu des choses offertes, qu’a Miami, qui ont croyaient, étaient inexistantes. Par exemple, sur le bord de mer, dans le port, au quai public où nous laissons notre annexe, nous avons même eu la surprise de trouver du fromage Saint André @ 4,35US$ contre 8,79US$ à Miami! De nombreuses autres petites délicatesses du genre font qu’on dépense plus, tout en économisant plus, gros problèmes existentiels!
Un ¨cold front¨ nous apporte des vents froids, avec des pointes de 20/25kn pendant 4 jours. Nous réussissons à sortir une journée malgré les vagues de presque 2 pieds qui déferlent dans le mouillage. Ça rend le voyage en annexe, du bateau au quai un peu problématique, parce qu'on est toujours debout et il ne faut pas perdre l’équilibre,  et se ramasser à la flotte, surtout avec le 16oC ambiant et en plus, une petite surprise, en montant dans l’annexe, je ¨dérange¨ un requin qui somnolait en dessous! Depuis notre retour en Floride, j’ai vu d’un peu trop près, plus de requins qu’en 4 ans de navigation dans les Antilles.
Le beau temps revenu, nos nouveaux amis de Tayo, nous invitent à faire une sortie en mer pour aller pêcher. Je suis un peu, beaucoup, sceptique mais il fait très beau, donc on se lance. En quatre ans dans les îles, j’ai du pêcher un total de 6 poissons, trois non comestibles et les trois autres, tout petit,  je les avais attrapés à la "puise", tellement ils étaient nombreux, toute une pêche! 
Ma technique de pêche donne toujours le même genre de résultat!
France à la main plus heureuse... 2,6lbs
Beau dentier!
Le record de la journée, 6,2lbs, mon moral de pêcheur est à la hausse!
Vérification du poids...les sceptiques seront confondus!
On fête en mangeant notre pêche miraculeuse avec l'équipage de TAYO
Cette fois-ci, j’ai les conseils d’un expert… Mon premier poisson fait un gros 4 pouces et pèse tellement peu que le ¨bidule¨ pour le peser ne réagit pas. C’est pas grave, dans les minutes qui on suivit j’en ai sortie une dizaine et en fin de journée, France attrape un ¨grouper¨ ou mérou de 2 1/2lbs, j’en sort un de 3,4lbs et en finale j’en sors un de 6 1/2lbs. Ça c’est du poisson!
11 janvier au 1 février 2005   (48,0m)

mercredi 5 janvier 2005

Key Biscayne/Rodriguez Key/Boot Key ou Marathon

On part tôt, et une fois sorti du chenal étroit (Cape Florida) on navigue sous voile dans le Hawk Channel, on a un vent ESE de 15 à 20kn. 
L'île de Rodriguez
 Nous sommes, bientôt 4 voiliers à filer vers Rodriguez, comme tout le monde veut arriver tôt pour s’ancrer à la clarté, tout le monde triche et marche voile/moteur… Et vive la voile!
5 janvier 2005  (49,7m)

Même condition de navigation et même technique… Donc, on arrive tôt et on s’ancre dans 10 pieds d’eau. Il doit y’avoir prêt de 200 bateaux. On était un peu inquiet, que ce soit des bateaux-poubelles comme à Dinner Key, mais il semble que la place est été ¨nettoyé¨. On a moins de chance de se faire rentrer dedans dans la nuit par une ¨épave¨ qui a brisé ses amarres. 
Quand on "colle" trop la bouée de mi-chenal... dans Marathon
L’endroit est sympathique, très orienté ¨boaters¨, très différent de la Floride que l’on connaît depuis Ft Pierce. Les services sont la plupart à distance de marche, pour 4$US on peu laisser notre annexe a un quai et être à proximité d’un Publix, KMart, Winn-Dixie et West Marine ainsi que Boater’s World… que demander de plus! Certains bateaux y passent l’hiver, mais nous on veut aller voir Key West! 
 Donc, on part après seulement 5 jours, mais on a eu le temps de rencontrer un voilier qu’on voyait régulièrement au lac Champlain, Tayo ainsi qu’Equinoxe.
PS. Marathon est/était un endroit très "boater" mais la ville fait de gros effort pour "écoeurer" les boaters qui auraient tendance à rester un peu trop longtemps…
6 au 10 janvier 2005  (49,8m)


samedi 1 janvier 2005

Miami Beach/Hurricane Hole/Key Biscayne

Le petit voyage de Coconut Grove nous a permis de vérifier une dernière fois le moteur.  On est enfin satisfait, le moteur après bien des craintes, après l’avoir bichonné, tourne enfin comme un neuf. 
Lendemain de veille...
 Enfin! On fait les derniers préparatifs, on va finalement pouvoir partir vers Key West qui sera pour nous la dernière destination de cette partie de notre voyage.  Après, notre visite de Key West, on pourra se mettre en marche vers le nord pour vendre le bateau et ensuite entreprendre des nouveaux projets. En attendant, il faut profiter de la vie... et respecter les traditions!
C'est le Jour de l'An.  Il faut respecter les traditions
1 au 3 janvier 2005

Le grand départ…ou presque! Le moteur ronronne, le guindeau remonte la chaîne et le bateau s’enfonce dans l’eau! Impossible de nous dégager, et pour moi, impossible de plonger dans 12 pieds d’eau. Heureusement qu’un appel à l’aide par radio, et "Avanti", un bateau Québécois vient me dépêtrer. L’ancre était prise dans un très gros câble électrique? Aprés vérification il y'a bien un câble d'indiqué sur les cartes… On part enfin, et on s’ancre à l’opposé de Coconut Grove, devant la plage à l’entrée de Hurricane Hole qui est maintenant payant!  
Mouillage avec Miami en toile de fond
 Mais enfin on est dans un nouveau mouillage, il était temps depuis juillet qu’on était bloqué ici. Le fond est en sable et l’eau est claire. C’est étrange, la nuit est oppressante, trop silencieuse! On n’avait pas réalisé, mais de toujours s’ancrer près d'une grande ville comme Miami, on ne se rend pas compte du bruit qui est omniprésent.
4 janvier 2005


jeudi 9 décembre 2004

Coconut Groves/Miami Beach (5,4nm)

On fait un ¨test drive¨ et on découvre que le moteur ne tourne pas vraiment rond, on retourne donc à Coconut Grove pour faire vérifier le tout. Ce qui implique cette fois-ci qu’on fera tester les pompes à haute pression et à la demande du spécialiste de Bosch on refait vérifier les injecteurs, ce qui après vérification, chez Volvo, totalement inutile! Toute cette perte de temps, nous force finalement à rester dans le coin. 
Lincoln Ave, Miami Beach
 Nous décidons donc de rester à Miami Beach pour la durée des fêtes, ce qui nous permettras de voir arriver du nord, au moins, deux douzaines de voiliers québécois. Il y a de l’ambiance dans l’air! Surtout quant une fenêtre météo s’annonce, la radio se met à vibrer d’appel, part, part pas, qu’est ce que tu en penses, oui, non, peut-être. Que de souvenirs de notre départ d’il y a 4 ans remontent à la surface. Étions nous énervé comme ça? Jusqu'à un certain point, on les envie. En attendant, nous nous lançons à l’épicerie pour nous stocker pour notre réveillon de Noël. Huîtres natures et Rockefeller, gigantesques crevettes, et artichauts pour l’entrée, agneau pour le plat principal, Saint André, pâtisseries variées, toutes, des petites choses que nous n’avions pas connu dans les îles.
Un petit 24 décembre bien tranquille
 Après avoir bien mangé, nous retournons vers Coconut Grove pour refaire vérifier les injecteurs, qui s’avèrent parfait… juste qu’un deux, avait été mal installé. @£$X »&!!! Je les réinstallent moi-même, le moteur ronronne enfin comme avant et donne pleine puissance. On va enfin pouvoir partir vers Key West…
Brrrrrr!  Fait pas chaud!
 Pour bien tester le moteur on retourne vers Miami Beach passer le Jour de l’An. En attendant de partir pour Key West on fait une rétrospective de l’année, ça fait drôle de penser que l’an dernier nous étions en Martinique et on se préparait à remonter vers le nord.
NB.:  Mécanicien diesel ou essence, quand vous êtes dans les environs de Coconut Grove, appeler sur VHF 16 de 17h à 21h le bateau Random Wake.
Pour faire tester les injecteurs et pompes haute pression; 1 800 237 0992 et pour des pièces Yanmar, Volvo, le 305 436 1860, www.mavex.com, ces deux fournisseurs sont faciles d’accès en autobus à partir de Coconut Grove. Vous pouvez aussi faire venir des pièces, en les faisant livrer à la Chambre de commerce de Miami Beach, si elle est encore en poste a/s de Monique Beaudet ou au soin de Coconut Grove Marina. (Mais vérifier avant, les règlements peuvent avoir changé!!!)

9 au 31 décembre 2004

lundi 27 septembre 2004

Coral Gables/Coconut Grove, FLA (1,9m)

Nous nous ancrons dans 10 pieds d’eau. Nous sommes entourés de nombreux bateaux ¨ventouses¨ et une douzaine d’épaves. Je me remets en chasse pour trouver un mécano. Nous en avions déniché un à Miami Beach, il proposait ses services à 42$US l’heure et pensait faire le travail en 18 heures, mais le "liveaboard" Turc, m'avait fait une mise en garde contre les "white shirts mechanics" qui donne un estimé, sorte le moteur et après traîne le travail pendant des mois... parce qu'il ne salisse pas les mains, d'où le nom.
C’est déjà beaucoup mieux que les marinas à 75/85US$ qui ne pensait pas nous prendre avant 3 semaines et n’excluait pas la possibilité de nous sortir de l’eau, pour pouvoir enlever le moteur???  Étrange, et tous, pensaient changer les injecteurs!!! 
L'entrée de la marina de Coconut Grove et son dinghy dock
 Dans le mouillage de Coconut Grove on rencontre un Jamaïcain, sans expérience, qui nous offre le travail en un temps indéterminé à 1300US$!!! Mais heureusement qu’a chaque fois qu’on s’informe, les gens nous parlent d’un Franco-Ontarien, Gerry qui habite sur son voilier Random Wake et qui est, à l’unanimité, un excellent mécanicien. Il faut juste le trouver, parce que certains nous disent qu’il est au Canada, d’autres, qu’il est caché dans une marina pour la durée des ouragans.
Une semaine après le passage de ¨Jeanne¨, on apprend enfin qu’il arrive avec son bateau! Notre dernière chance! Ils nous proposent de sortir le moteur sur place, de faire le travail à l’ancre à la condition que je l’aide, après tout il n' a que 76 ans!  En plus d’un cours de mécanique, il me donne le numéro de téléphone pour que je puisse commander les pièces, sans intermédiaires. Le travail se fait dans la bonne humeur en 9 heures à 35US$!!! Les pièces n’ont coûté que 200US$ incluant le nettoyage des injecteurs par Bosch et la découverte que mon problème date...de Montréal!  Le mécanicien avait mal remonté les injecteurs...une job de m.... pour 5000$ que j'avais réussis à négocier, sous la menace de poursuite à 3000$  Québec sait faire!
Au moins on est très loin du scénario catastrophe imaginé par les "professionnels" des marinas.
Maintenant que tout est à l’ordre, il ne reste qu’à attendre la fin de la période des ouragans et se remettre en marche vers les Keys. 
Le dinghy dock et les annexes des "liveaboards"
 En attendant, on visite Miami. La première chose qu’on remarque, est que, contrairement au centre-ville et le reste des USA, la banlieue ou nous sommes, n’est pas propre, il y a beaucoup de SDF qui jettent leurs déchets partout, quand ce n’est pas eux-mêmes qui traînent…
En plus, ici, le syndrome 9/11 est très visible, surtout que nous sommes en période électorale. Il y a des uniformes partout, des mises en garde apocalyptique, des hélicoptères qui font du rase-mottes, interdiction pendant 12 heures, sans explication, de venir en annexe au ponton de la marina, une première! 
Interdiction de sortir en mer par ¨Government Cut¨ qui est le port des paquebots de croisières. Interdiction, moyennant la saisie du voilier ET 200,00US$ d’amende ET 10 ans de prison, d’approcher des paquebots à moins de 200 pieds. Ce qui est comique, parce que dans les USVI, à St Thomas on était ancré à moins de 100 pieds des mêmes bateaux que nous voyons ici. Mais là-bas, on était loin de la ¨Bushfolie¨. En plus, dans toutes les marinas, les quais publiques, même les magasins nautiques, des ¨posters¨ invitent les gens à signaler aux autorités toutes personnes étrangères, quand même bizarre, quant on pense qu’après tout, on est dans un port et une ville de villégiature, donc des gens qui semblent ce promener sans but, qui prennent des photos, qui ont l’air louche… un touriste quoi!
Malgré ces travers agaçants, on s’habitue à la vie ici. Nous sommes à 5 minutes de marche de l’internet, qui est toujours une des priorités, il y a un service d’autobus gratuit qui nous amène soit à l’épicerie, les magasins nautiques et le métro aérien. A partir du métro aérien 1,25US$ nous avons accès au centre-ville, qui lui est desservie par un ¨people mover¨ gratuit!
Une des 3 lignes de "people mover" gratuit
Ce service, est vraiment impressionnant, trois lignes surélevées partent de l’arrêt du métro aérien et sillonnent les rues du centre-ville et couvrent un assez grand territoire. Le wagon TRÈS vitré, sans conducteur pour bloqué la vue avant du wagon, roule silencieusement sur des pneus sur une ¨route¨ situé à, a peu près, le deuxième ou troisième étages des édifices. Le circuit, entrecroise souvent les autres lignes, ce qui permet de changer souvent de trajet et de voir presque tout le centre-ville. On peut aussi, tout simplement, rester à bord et revenir sans arrêt à son point de départ. Tout les arrêts, sont coordonnés pour faciliter un transfert avec une ligne d’autobus, le métro et même le train de banlieue. Tout les arrêts importants, ont un stationnement à étage (3US$) attenant au circuit. Tout est fait pour encourager l’automobiliste à laisser sa voiture à l’extérieur du centre. 
Une fois au centre-ville, vous pouvez facilement, changer d’endroit, soit pour travailler, par exemple pour mieux vous situer, dans le Vieux Montréal, aller sur la rue Ste Catherine pour magasiner, et dîner sur la rue St Denis et retourner sur la rue St Jacques travailler et ce, sans débourser un sous! 
Montréal, qui rêve qu’un jour les automobilistes changent leurs habitudes, devrait prendre des notes.
Pendant notre arrêt ici, on en profite pour ¨rafraîchir¨ la jupe du bateau qui avait quelques éclats de gelcoat et le nom du bateau en mauvais état. Un ¨liveaboard¨ français nous fait un sablage et une peinture polyuréthane au mouillage pour un prix d’ami. Yallah! a fier allure.
On fête en gang...dans un petit catamaran de 50', "homemade"
 Un weekend nous allons 3 ou 4 bateaux ensemble vers Elliott Key, à part que l’eau y est plus claire, il n’y a rien à y faire, surtout que l’île est infestée de ¨nosseeums¨!
27 septembre au 9 décembre 2004  (1,9m)

jeudi 2 septembre 2004

South Miami/Miami River/South Miami/Coral Gables, FLA

Si la tendance se maintient…Frances va venir nous voir. On se déplace donc vers la rivière Miami, on croise des bateaux qui vont dans toutes les directions, c’est la panique générale, Frances vient d’être déclaré, ouragan catégorie IV, et est en route pour Miami!
Tout le monde à une solution différente, certains mette en pratique le dicton, ¨fait ce que je dis, pas ce que je fais¨, on ne sait plus trop quoi faire. Mais la logique me dit qu’a l’intérieur des terres à presque 5 miles de la côte,  au minimum on devrait éviter les vagues, avoir moins de vents et avoir quelques choses de ¨solides¨ pour s’accrocher.  En arrivant, à l’embouchure de la rivière, je vois que tout les ¨commerciaux¨ comme les ferry, les ¨tours operators¨, les écoles de plongées, les remorqueurs océaniques, tous, s’engouffrent dans un ¨stampede¨ affolant. Les ondes radios sont envahies par les appels pour faire ouvrir les nombreux ponts qui bloquent la remontée de la rivière. On est chanceux, on ¨s’incruste¨ entre un remorqueur qui remonte la rivière avec une péniche et un duo de ¨Tow BoatUS¨ qui essaie de manœuvrer un magnifique deux mâts en panne de moteur. Tout ce déroule dans une rivière bordée de bateaux océaniques (on en croise un, aidé par un remorqueur, qui descend la rivière de reculons!) de quais abandonnés, d’usines, le tout dans une rivière large comme la rivière l’Assomption!

Miracle!   Entre la 22e et la 27e, nous voyons un quai en béton derrière un petit bloc d’appartements, avec un voilier et de la place pour nous. Je m’informe, plusieurs personnes me rassurent, pas de problème, de toute façon c’est la loi en Floride, pendant un ouragan on peu s’installer partout ou il y a une place vide. Le voilier est partie se faire caréner, le propriétaire du bloc (un allemand très sympathique…) est compréhensif et après tout, on est en période d’ouragan. Évidemment, qu’il faudra payer un petit quelque chose, mais le proprio est t_e_l_l_e_m_e_n_t sympathique!
Notre premier essai, pour l'arrivé de "Frances", le quai du très sympathique "Nazi".
On passe la journée à préparer le bateau, ajuster les défenses, mettre le maximum d’amarres. Plusieurs personnes nous offres le logis dans leur appartement si jamais… Enfin! Le propriétaire arrive…et nous demande 400$US! Sinon, il faut quitter SON quai immédiatement, il va bientôt faire noir, je vais demander au capitaine du voilier voisin qui partage le même quai, si il a une suggestion, mais je n’ai pas le temps d’avoir la réponse. Le "très" sympathique propriétaire ne veut pas que je marche sur SON quai, parce que si je me blesse les assurances…bla bla bla. Heil Hitler!
Si le propriétaire n’est pas sympathique, en revanche, deux autres Américains nous offres de venir coucher ou se cacher dans leur appartement, un autre vient nous apporter au bateau, dans une pluie diluvienne, le journal et nous offre d’aller nous chercher de la nourriture si nécessaire.
On repart en vitesse, premier essai sur des piliers d’un parc municipal, je touche le fond. Deuxième essais, le long d’un quai désaffecté à plus de succès, mais le gardien, m’explique que le propriétaire ne veut aucun voilier, because les assurances…au moins lui, est gentil et semble sincèrement désolé.
J’avais remarqué, en montant la rivière, un long quai en béton désert, avec comme occupant un seul voilier, nous y retournons en vitesse, parce que le pont vient de s’ouvrir pour deux bateaux et il commence à faire noir. Riche idée! C’était la DERNIÈRE ouverture du pont pour la durée de l’ouragan!
Je longe le quai qui est malheureusement assez haut mais qui est équipé de taquets et à un endroit de deux madriers verticaux, je m’y accoste, nous sommes devant un gros bâtiment qui nous l’apprendrons est désert, et le propriétaire du voilier m’informe que ça fait des années qu’il vient ici, lors d’ouragan.
Notre "quai" ou Yallah! repose sur le fond à marée basse. On bougeras pas!
On s’installe! On est protégé des vents du NW et du NE, ce qui est annoncé pour le début de l’ouragan. La suite, sera plus compliqué, vent du SW, donc nous serons poussé sur le quai de béton… Pour compliquer un peu plus les choses, à marée basse le bateau touche le fond et pendant 2 heures on est sortie de l’eau de presque un pied, mauvais feeling!  Par contre, on ne peut certainement pas partir à la dérive!
Les vents atteignent 45 à 60kn, mais on est doublement chanceux, Frances est tombé catégorie II et aussi parce que la protection ici est bien meilleur comparé à celle de notre ancien mouillage à Lake Worth ou West Palm Beach.
Heureusement, que Frances est dégradé à un catégorie II, parce que Frances est immense, en fait l’œil est tellement grand que l’ouragan Charley aurait pu être à l’intérieur de Frances, en plus l’ouragan à tellement d’ampleur, qu’a un moment donné il couvrait de ses vents la côte Est et la côte Ouest en même temps…pas beaucoup de place en Floride pour l’éviter à part Key West!
2 au 6 septembre 2004   (4,8nm)

Enfin! Le vent tombe et à 5hrs du matin, je m’écarte du quai de béton, avant que la marée repose de nouveau le bateau sur le fond, ce qui, une fois le trafic repris, s’avérerait très dur pour les fonds du bateau. Donc, on tourne pendant quatre heures en rond en attente de l’ouverture du premier pont…
Le mouillage de South Miami, côté Ouest
On reprend notre place à South Miami, parmi quelques bateaux qui étaient restés, dont un chaviré, un coulé et un en train de finir de s’autodétruire sur un quai de béton, les autres ont tous l’air indemne. Enfin, cette nuit, je devrais pouvoir dormir une nuit complète, sans avoir à constamment réajuster les 9 amarres et les défenses à chaque changement de marée. Espérons que le petit nouveau Ivan, ne se dirige pas par ici…
6 septembre 2004   (4,8nm)

On s’en est bien tiré, et espérons qu’Ivan ou maintenant Jeanne, ne viendront pas dans le coin. Parce que nous avons un petit pépin, le moteur perd de l’huile et il me faudra un mécanicien. En Martinique, à Sainte Martin ou au Venezuela c’est simple et pas cher. A Miami, ou les ¨experts¨ de la voile, conseillent toujours d’y faire faire les travaux, avant de quitter pour le tiers monde… Eh bien! J’ai des petites ¨news¨ pour eux.
- Premièrement, il faut trouver la place. Facile, ici la publicité est omniprésente.
- Deuxièmement, il faut téléphoner…moins facile, les téléphones sont souvent en piteux états, le numéro de téléphone qu’on a réussit à trouver est déconnecté ou vous êtes transférez (sans le savoir) quelques part aux USA ou aux Indes! On vous donne, le nom d’une compagnie, mais ¨sorry¨ pas le numéro.
- Troisièmement, vous appelez l’opératrice pour avoir le numéro… mais dépendant de la cabine téléphonique, il n’y a PAS d’opératrice, ou cela vous coûteras 1,50$US pour l’information, et il faut savoir qu’a chaque fois que vous touchez à l’appareil sa coûte 0,35 ou 0,50…vive les compagnies privées indépendantes, paraît que le démantèlement de Bell est une grande amélioration pour le service!
France prépare ses décorations de Noël, en faisant du petit point...
Enfin! Après 2 heures, en plein soleil, dans une cabine qui n’en est pas une, mais plutôt un baril ouvert sur le côté, vous finissez par parler à un gérant de service. Pour apprendre, que pendant une alerte d’ouragan, LES MARINAS NE PRENNENT PAS de nouveau client, à cause du risque… vous savez les assurances! Mais si vous voulez, vous protégez d’un ouragan, f…. les assurances, ils sont prêts à louer un quai à 7,50$US le pied PAR JOUR! Certaines marinas ou plutôt ¨parking¨ à bateau on le culot d’exiger un minimum de 7 jours!  Donc, un bateau qui prendrait une place pendant que le mécanicien travaille dessus… même à 85$US de l’heure, c’est pas payant. On préfère, le renvoyer chez lui, évidemment pas payé et profiter des retombés diluviennes de $$$, sans avoir à fournir un service quelconque. On est loin de la Caroline, ou nous avions passé 10 jours à quai, sans payer, en attendant une pièce!
Mais comme dirait l’autre;  "This is Florida, its different!"
7 au 24 septembre 2004

Pendant que je fais la chasse aux mécanos, l'ouragan "Jeanne" décide de faire un tour complet sur elle même et au lieu de monter vers le nord elle suit exactement les traces de "Frances", direction Miami! On a attendu, jusqu'à la dernière minute, on a plus le choix. Heureusement, qu’un "liveaboard" Turc, nous proposes de le suivre dans son trou à ouragan ¨top secret¨, c’est pratiquement à la même distance que Miami River, mais sans les ponts et le très fort courant, donc moins besoin du moteur et même qu’avec un peu de chance, on pourras s’y rendre à voile.
Nous repassons donc devant l’entrée de Miami River, dépassons Dinner Key Marina et entrons à la pénombre, dans un tout petit canal. Une fois à l’intérieur, on découvre un Yacht Club, hyper privé et juste à quelques pieds, bordée par des arbres, on aperçoit dissimulé, un embranchement qui amène à un minuscule lac avec un bras de rivière. Les cartes indiquent peu d’eau, mais on a jamais moins de 10 pieds.
Il fait pratiquement noir, on ¨colle¨ le bateau contre les arbres et on ¨dompe¨ l’ancre, demain matin on s’installera mieux. L’ouragan est annoncé pour demain après midi et même s’ils annoncent 30kn de vent dans la matinée, ici on ne sent pratiquement rien…on verras bien!
Notre mouillage à ouragan, presque idyllique!
Le 25, on s’accroche aux arbres avec trois câbles et on relève l’ancre avec l’annexe pour allez la porter et déposer à 45o du bateau, 120 pieds plus loin. On jette la deuxième ancre, aussi à 45o, mais vers l’arrière. On enlève, le ¨dodger¨, rentre toutes les traîneries à l’intérieur, sécurise les panneaux solaires ainsi que la grande voile avec un câble. En fin d’après midi, on entend le vent souffler de plus en plus fort, mais on ne sent pratiquement rien, on se sent en sécurité ici. On mérite un ¨double happy hour¨!
En sécurité dans notre mouillage "secret"
Heureusement que "Jeanne", décide au courant de la nuit de suivre pratiquement à la trace le parcours de "Frances" et elle passe, encore une fois, à une centaine de mille plus au nord dans le bout de Stuart.  Malgré tout, quelquefois, on sent le bateau vibrer, pencher et tirer sur son ancre et les câbles. Et ce, malgré les 120 pieds de chaînes qui dans 10 pieds d’eau, agit comme ¨shock absorber¨. Je préfère ne pas découvrir, ce que serait un impact direct d’un ouragan. L’endroit où nous sommes caché est agréable et bien protégé, le seul défaut est l’omniprésence des ¨nosseeums¨ ou ¨gnagnans¨.
Si jamais vous avez le malheur d’être dans le coin lors d’une tempête, je vous suggère de venir vous y réfugier. L’endroit n’est pas indiqué dans le guide Skipper Bob, ni dans le guide de la Floride de Maptech et comme mentionné est ¨top secret¨et n’est employé que par les ¨liveaboards¨ du coin…donc il faut arriver assez tôt.
La position est au 25 42 180 par 80 15 119, et ce n’est pas moi qui vous l’ai donnez!  C'est secret!
24 au 27 septembre 2004  (7,2nm)


mardi 17 août 2004

Lake Worth/Peanut Isld/Ft Lauderdale/South Miami, FLA

On se déplace passer quelques jours, en eau plus claire…je pourrai au moins voir avec qui, ou plutôt avec quoi, je nage! Ici, l’eau est très claire au moment de la marée montante, l’eau de l’océan tout près remonte jusqu’ici. Le seul hic, c’est que ça ne dure que 2 ou 3 heures et il s’ensuit un courant très fort à la renverse de la marée. Le deuxième pépin, est qu’il est pratiquement impossible d’aller à terre, à moins d’accepter de payer 10$US à la marina Riviera Beach pour le privilège de laisser l’annexe à un quai avec des trous d’au moins un pied, marcher dans un quartier mal famé pour pouvoir rejoindre une hypothétique ligne d’autobus…
A défaut de photo... voici la carte
Le 26 au matin, je capte sur RFI par radio onde courte,  la météo marine qui annonce l’ouragan Frances qui vient de quitter les côtes d’Afrique, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un mauvais ¨feeling¨, mais il est encore très tôt et la météo américaine ne sans préoccupe pas encore.
17 au 26 août 2004  (4,2m/1018,4)

Me fiant à mon instinct et me méfiant de "Frances" on se déplace en longeant la côte, exactement comme nous l’avions fait une première fois il y a quatre ans. On évite ainsi l’ouverture de 21 ponts et on prend une bonne dose de nostalgie! 
Une petite chaloupe amarré devant le "dépanneur" à l'entrée de Ft Lauderdale
La journée est très belle et nous arrivons, en fin d’après midi au mouillage de Las Olas, deux voiliers seulement, mais plus sa change plus c’est pareil, interdiction de s’ancrer, tant que les boules qui sont payantes ne sont pas pleines! Donc, on va s’ancrer dans le lac Sylva, un peu à l’écart. Le désavantage est qu’il n’y a pas de ponton à annexe et qu’il faut revenir sur nos pas (2,5m) pour avoir le ¨privilège¨ de laisser notre annexe à la marina de Las Olas pour 5$US. A part la plage, à distance de marche, le reste exige le bus (rare) ou le taxi (cher). Étant forcé d’être au lac Sylva, on finit par découvrir quand montant la rivière Lucille ou celle de Mercedes, de traverser l’intracoastal, de rejoindre la rivière Seminole jusqu’au bout, il y a un ponton à annexe devant un resto-bar. Pour 10$US la journée, on est à deux pas d’un ¨Winn Dixy¨, et à 300 mètres d’un centre d’achat avec Publix, deux ¨liquor store¨ et en bonus le magasin de cartes et livres marin ¨Blue Waterworld¨, the biggest in the world, of course! Mais la meilleure nouvelle est que le 10$US est déductible de toute commande au resto-bar et je dois avouer que j’y ai mangé le meilleur hamburger en quatre ans de voyage.
27 au 29 août 2004   (40,7nm/1064,5)

Comme le mouillage est réglementé ici, limite de 24 heures, et pour ce donner un meilleur accès à un trou a ouragan, on décide de continuer vers Miami, ou nous savons que nous aurons un bon mouillage à distance de marche de bien des services. La route n’est pas longue, et par curiosité on décide de le faire par l’intérieur, ce qu'on a jamais fait pour ce secteur.  
Retour en ville...on passe par Hallandale, en route pour Miami River, pour se cacher de l'ouragan Frances
Il n’ y a que 8 ponts ouvrants, mais un seul ouvre à la demande, les autres n’ouvriront qu’a la demi-heure, mais les distances font que nous sommes jamais à temps pour l’ouverture, donc attente de 15 à 25 minutes…longue journée pour si peu loin. Mais, il faut le faire au moins une fois, après tout on est dans le coin!
30 août 2004  (23,9m/1088,4)

Comme la trajectoire de ¨Frances¨ semble se préciser de plus en plus, on décide de déplacer le bateau pour le mettre un peu plus à l’abri du côté sud du ¨Venetian Causeway¨ ou nous sommes entouré d’îlots et de quelques gros buildings. Nous refaisons connaissance avec la rue piétonnière Lincoln et prenons une marche le long de la plage qui est superbe. 
 Le mouillage presque vide de Miami Beach, côté ouest.  Avec au centre un bateau qui couleras.
L’endroit est très pratique, parce que nous avons de tout, beaucoup de café et restos, Publix et une épicerie cubaine, quincailleries et ¨last but not least¨ internet dans une bibliothèque sur la rue Collins.
31 août au 1 septembre 2004