Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

jeudi 9 décembre 2004

Coconut Groves/Miami Beach (5,4nm)

On fait un ¨test drive¨ et on découvre que le moteur ne tourne pas vraiment rond, on retourne donc à Coconut Grove pour faire vérifier le tout. Ce qui implique cette fois-ci qu’on fera tester les pompes à haute pression et à la demande du spécialiste de Bosch on refait vérifier les injecteurs, ce qui après vérification, chez Volvo, totalement inutile! Toute cette perte de temps, nous force finalement à rester dans le coin. 
Lincoln Ave, Miami Beach
 Nous décidons donc de rester à Miami Beach pour la durée des fêtes, ce qui nous permettras de voir arriver du nord, au moins, deux douzaines de voiliers québécois. Il y a de l’ambiance dans l’air! Surtout quant une fenêtre météo s’annonce, la radio se met à vibrer d’appel, part, part pas, qu’est ce que tu en penses, oui, non, peut-être. Que de souvenirs de notre départ d’il y a 4 ans remontent à la surface. Étions nous énervé comme ça? Jusqu'à un certain point, on les envie. En attendant, nous nous lançons à l’épicerie pour nous stocker pour notre réveillon de Noël. Huîtres natures et Rockefeller, gigantesques crevettes, et artichauts pour l’entrée, agneau pour le plat principal, Saint André, pâtisseries variées, toutes, des petites choses que nous n’avions pas connu dans les îles.
Un petit 24 décembre bien tranquille
 Après avoir bien mangé, nous retournons vers Coconut Grove pour refaire vérifier les injecteurs, qui s’avèrent parfait… juste qu’un deux, avait été mal installé. @£$X »&!!! Je les réinstallent moi-même, le moteur ronronne enfin comme avant et donne pleine puissance. On va enfin pouvoir partir vers Key West…
Brrrrrr!  Fait pas chaud!
 Pour bien tester le moteur on retourne vers Miami Beach passer le Jour de l’An. En attendant de partir pour Key West on fait une rétrospective de l’année, ça fait drôle de penser que l’an dernier nous étions en Martinique et on se préparait à remonter vers le nord.
NB.:  Mécanicien diesel ou essence, quand vous êtes dans les environs de Coconut Grove, appeler sur VHF 16 de 17h à 21h le bateau Random Wake.
Pour faire tester les injecteurs et pompes haute pression; 1 800 237 0992 et pour des pièces Yanmar, Volvo, le 305 436 1860, www.mavex.com, ces deux fournisseurs sont faciles d’accès en autobus à partir de Coconut Grove. Vous pouvez aussi faire venir des pièces, en les faisant livrer à la Chambre de commerce de Miami Beach, si elle est encore en poste a/s de Monique Beaudet ou au soin de Coconut Grove Marina. (Mais vérifier avant, les règlements peuvent avoir changé!!!)

9 au 31 décembre 2004

lundi 27 septembre 2004

Coral Gables/Coconut Grove, FLA (1,9m)

Nous nous ancrons dans 10 pieds d’eau. Nous sommes entourés de nombreux bateaux ¨ventouses¨ et une douzaine d’épaves. Je me remets en chasse pour trouver un mécano. Nous en avions déniché un à Miami Beach, il proposait ses services à 42$US l’heure et pensait faire le travail en 18 heures, mais le "liveaboard" Turc, m'avait fait une mise en garde contre les "white shirts mechanics" qui donne un estimé, sorte le moteur et après traîne le travail pendant des mois... parce qu'il ne salisse pas les mains, d'où le nom.
C’est déjà beaucoup mieux que les marinas à 75/85US$ qui ne pensait pas nous prendre avant 3 semaines et n’excluait pas la possibilité de nous sortir de l’eau, pour pouvoir enlever le moteur???  Étrange, et tous, pensaient changer les injecteurs!!! 
L'entrée de la marina de Coconut Grove et son dinghy dock
 Dans le mouillage de Coconut Grove on rencontre un Jamaïcain, sans expérience, qui nous offre le travail en un temps indéterminé à 1300US$!!! Mais heureusement qu’a chaque fois qu’on s’informe, les gens nous parlent d’un Franco-Ontarien, Gerry qui habite sur son voilier Random Wake et qui est, à l’unanimité, un excellent mécanicien. Il faut juste le trouver, parce que certains nous disent qu’il est au Canada, d’autres, qu’il est caché dans une marina pour la durée des ouragans.
Une semaine après le passage de ¨Jeanne¨, on apprend enfin qu’il arrive avec son bateau! Notre dernière chance! Ils nous proposent de sortir le moteur sur place, de faire le travail à l’ancre à la condition que je l’aide, après tout il n' a que 76 ans!  En plus d’un cours de mécanique, il me donne le numéro de téléphone pour que je puisse commander les pièces, sans intermédiaires. Le travail se fait dans la bonne humeur en 9 heures à 35US$!!! Les pièces n’ont coûté que 200US$ incluant le nettoyage des injecteurs par Bosch et la découverte que mon problème date...de Montréal!  Le mécanicien avait mal remonté les injecteurs...une job de m.... pour 5000$ que j'avais réussis à négocier, sous la menace de poursuite à 3000$  Québec sait faire!
Au moins on est très loin du scénario catastrophe imaginé par les "professionnels" des marinas.
Maintenant que tout est à l’ordre, il ne reste qu’à attendre la fin de la période des ouragans et se remettre en marche vers les Keys. 
Le dinghy dock et les annexes des "liveaboards"
 En attendant, on visite Miami. La première chose qu’on remarque, est que, contrairement au centre-ville et le reste des USA, la banlieue ou nous sommes, n’est pas propre, il y a beaucoup de SDF qui jettent leurs déchets partout, quand ce n’est pas eux-mêmes qui traînent…
En plus, ici, le syndrome 9/11 est très visible, surtout que nous sommes en période électorale. Il y a des uniformes partout, des mises en garde apocalyptique, des hélicoptères qui font du rase-mottes, interdiction pendant 12 heures, sans explication, de venir en annexe au ponton de la marina, une première! 
Interdiction de sortir en mer par ¨Government Cut¨ qui est le port des paquebots de croisières. Interdiction, moyennant la saisie du voilier ET 200,00US$ d’amende ET 10 ans de prison, d’approcher des paquebots à moins de 200 pieds. Ce qui est comique, parce que dans les USVI, à St Thomas on était ancré à moins de 100 pieds des mêmes bateaux que nous voyons ici. Mais là-bas, on était loin de la ¨Bushfolie¨. En plus, dans toutes les marinas, les quais publiques, même les magasins nautiques, des ¨posters¨ invitent les gens à signaler aux autorités toutes personnes étrangères, quand même bizarre, quant on pense qu’après tout, on est dans un port et une ville de villégiature, donc des gens qui semblent ce promener sans but, qui prennent des photos, qui ont l’air louche… un touriste quoi!
Malgré ces travers agaçants, on s’habitue à la vie ici. Nous sommes à 5 minutes de marche de l’internet, qui est toujours une des priorités, il y a un service d’autobus gratuit qui nous amène soit à l’épicerie, les magasins nautiques et le métro aérien. A partir du métro aérien 1,25US$ nous avons accès au centre-ville, qui lui est desservie par un ¨people mover¨ gratuit!
Une des 3 lignes de "people mover" gratuit
Ce service, est vraiment impressionnant, trois lignes surélevées partent de l’arrêt du métro aérien et sillonnent les rues du centre-ville et couvrent un assez grand territoire. Le wagon TRÈS vitré, sans conducteur pour bloqué la vue avant du wagon, roule silencieusement sur des pneus sur une ¨route¨ situé à, a peu près, le deuxième ou troisième étages des édifices. Le circuit, entrecroise souvent les autres lignes, ce qui permet de changer souvent de trajet et de voir presque tout le centre-ville. On peut aussi, tout simplement, rester à bord et revenir sans arrêt à son point de départ. Tout les arrêts, sont coordonnés pour faciliter un transfert avec une ligne d’autobus, le métro et même le train de banlieue. Tout les arrêts importants, ont un stationnement à étage (3US$) attenant au circuit. Tout est fait pour encourager l’automobiliste à laisser sa voiture à l’extérieur du centre. 
Une fois au centre-ville, vous pouvez facilement, changer d’endroit, soit pour travailler, par exemple pour mieux vous situer, dans le Vieux Montréal, aller sur la rue Ste Catherine pour magasiner, et dîner sur la rue St Denis et retourner sur la rue St Jacques travailler et ce, sans débourser un sous! 
Montréal, qui rêve qu’un jour les automobilistes changent leurs habitudes, devrait prendre des notes.
Pendant notre arrêt ici, on en profite pour ¨rafraîchir¨ la jupe du bateau qui avait quelques éclats de gelcoat et le nom du bateau en mauvais état. Un ¨liveaboard¨ français nous fait un sablage et une peinture polyuréthane au mouillage pour un prix d’ami. Yallah! a fier allure.
On fête en gang...dans un petit catamaran de 50', "homemade"
 Un weekend nous allons 3 ou 4 bateaux ensemble vers Elliott Key, à part que l’eau y est plus claire, il n’y a rien à y faire, surtout que l’île est infestée de ¨nosseeums¨!
27 septembre au 9 décembre 2004  (1,9m)

jeudi 2 septembre 2004

South Miami/Miami River/South Miami/Coral Gables, FLA

Si la tendance se maintient…Frances va venir nous voir. On se déplace donc vers la rivière Miami, on croise des bateaux qui vont dans toutes les directions, c’est la panique générale, Frances vient d’être déclaré, ouragan catégorie IV, et est en route pour Miami!
Tout le monde à une solution différente, certains mette en pratique le dicton, ¨fait ce que je dis, pas ce que je fais¨, on ne sait plus trop quoi faire. Mais la logique me dit qu’a l’intérieur des terres à presque 5 miles de la côte,  au minimum on devrait éviter les vagues, avoir moins de vents et avoir quelques choses de ¨solides¨ pour s’accrocher.  En arrivant, à l’embouchure de la rivière, je vois que tout les ¨commerciaux¨ comme les ferry, les ¨tours operators¨, les écoles de plongées, les remorqueurs océaniques, tous, s’engouffrent dans un ¨stampede¨ affolant. Les ondes radios sont envahies par les appels pour faire ouvrir les nombreux ponts qui bloquent la remontée de la rivière. On est chanceux, on ¨s’incruste¨ entre un remorqueur qui remonte la rivière avec une péniche et un duo de ¨Tow BoatUS¨ qui essaie de manœuvrer un magnifique deux mâts en panne de moteur. Tout ce déroule dans une rivière bordée de bateaux océaniques (on en croise un, aidé par un remorqueur, qui descend la rivière de reculons!) de quais abandonnés, d’usines, le tout dans une rivière large comme la rivière l’Assomption!

Miracle!   Entre la 22e et la 27e, nous voyons un quai en béton derrière un petit bloc d’appartements, avec un voilier et de la place pour nous. Je m’informe, plusieurs personnes me rassurent, pas de problème, de toute façon c’est la loi en Floride, pendant un ouragan on peu s’installer partout ou il y a une place vide. Le voilier est partie se faire caréner, le propriétaire du bloc (un allemand très sympathique…) est compréhensif et après tout, on est en période d’ouragan. Évidemment, qu’il faudra payer un petit quelque chose, mais le proprio est t_e_l_l_e_m_e_n_t sympathique!
Notre premier essai, pour l'arrivé de "Frances", le quai du très sympathique "Nazi".
On passe la journée à préparer le bateau, ajuster les défenses, mettre le maximum d’amarres. Plusieurs personnes nous offres le logis dans leur appartement si jamais… Enfin! Le propriétaire arrive…et nous demande 400$US! Sinon, il faut quitter SON quai immédiatement, il va bientôt faire noir, je vais demander au capitaine du voilier voisin qui partage le même quai, si il a une suggestion, mais je n’ai pas le temps d’avoir la réponse. Le "très" sympathique propriétaire ne veut pas que je marche sur SON quai, parce que si je me blesse les assurances…bla bla bla. Heil Hitler!
Si le propriétaire n’est pas sympathique, en revanche, deux autres Américains nous offres de venir coucher ou se cacher dans leur appartement, un autre vient nous apporter au bateau, dans une pluie diluvienne, le journal et nous offre d’aller nous chercher de la nourriture si nécessaire.
On repart en vitesse, premier essai sur des piliers d’un parc municipal, je touche le fond. Deuxième essais, le long d’un quai désaffecté à plus de succès, mais le gardien, m’explique que le propriétaire ne veut aucun voilier, because les assurances…au moins lui, est gentil et semble sincèrement désolé.
J’avais remarqué, en montant la rivière, un long quai en béton désert, avec comme occupant un seul voilier, nous y retournons en vitesse, parce que le pont vient de s’ouvrir pour deux bateaux et il commence à faire noir. Riche idée! C’était la DERNIÈRE ouverture du pont pour la durée de l’ouragan!
Je longe le quai qui est malheureusement assez haut mais qui est équipé de taquets et à un endroit de deux madriers verticaux, je m’y accoste, nous sommes devant un gros bâtiment qui nous l’apprendrons est désert, et le propriétaire du voilier m’informe que ça fait des années qu’il vient ici, lors d’ouragan.
Notre "quai" ou Yallah! repose sur le fond à marée basse. On bougeras pas!
On s’installe! On est protégé des vents du NW et du NE, ce qui est annoncé pour le début de l’ouragan. La suite, sera plus compliqué, vent du SW, donc nous serons poussé sur le quai de béton… Pour compliquer un peu plus les choses, à marée basse le bateau touche le fond et pendant 2 heures on est sortie de l’eau de presque un pied, mauvais feeling!  Par contre, on ne peut certainement pas partir à la dérive!
Les vents atteignent 45 à 60kn, mais on est doublement chanceux, Frances est tombé catégorie II et aussi parce que la protection ici est bien meilleur comparé à celle de notre ancien mouillage à Lake Worth ou West Palm Beach.
Heureusement, que Frances est dégradé à un catégorie II, parce que Frances est immense, en fait l’œil est tellement grand que l’ouragan Charley aurait pu être à l’intérieur de Frances, en plus l’ouragan à tellement d’ampleur, qu’a un moment donné il couvrait de ses vents la côte Est et la côte Ouest en même temps…pas beaucoup de place en Floride pour l’éviter à part Key West!
2 au 6 septembre 2004   (4,8nm)

Enfin! Le vent tombe et à 5hrs du matin, je m’écarte du quai de béton, avant que la marée repose de nouveau le bateau sur le fond, ce qui, une fois le trafic repris, s’avérerait très dur pour les fonds du bateau. Donc, on tourne pendant quatre heures en rond en attente de l’ouverture du premier pont…
Le mouillage de South Miami, côté Ouest
On reprend notre place à South Miami, parmi quelques bateaux qui étaient restés, dont un chaviré, un coulé et un en train de finir de s’autodétruire sur un quai de béton, les autres ont tous l’air indemne. Enfin, cette nuit, je devrais pouvoir dormir une nuit complète, sans avoir à constamment réajuster les 9 amarres et les défenses à chaque changement de marée. Espérons que le petit nouveau Ivan, ne se dirige pas par ici…
6 septembre 2004   (4,8nm)

On s’en est bien tiré, et espérons qu’Ivan ou maintenant Jeanne, ne viendront pas dans le coin. Parce que nous avons un petit pépin, le moteur perd de l’huile et il me faudra un mécanicien. En Martinique, à Sainte Martin ou au Venezuela c’est simple et pas cher. A Miami, ou les ¨experts¨ de la voile, conseillent toujours d’y faire faire les travaux, avant de quitter pour le tiers monde… Eh bien! J’ai des petites ¨news¨ pour eux.
- Premièrement, il faut trouver la place. Facile, ici la publicité est omniprésente.
- Deuxièmement, il faut téléphoner…moins facile, les téléphones sont souvent en piteux états, le numéro de téléphone qu’on a réussit à trouver est déconnecté ou vous êtes transférez (sans le savoir) quelques part aux USA ou aux Indes! On vous donne, le nom d’une compagnie, mais ¨sorry¨ pas le numéro.
- Troisièmement, vous appelez l’opératrice pour avoir le numéro… mais dépendant de la cabine téléphonique, il n’y a PAS d’opératrice, ou cela vous coûteras 1,50$US pour l’information, et il faut savoir qu’a chaque fois que vous touchez à l’appareil sa coûte 0,35 ou 0,50…vive les compagnies privées indépendantes, paraît que le démantèlement de Bell est une grande amélioration pour le service!
France prépare ses décorations de Noël, en faisant du petit point...
Enfin! Après 2 heures, en plein soleil, dans une cabine qui n’en est pas une, mais plutôt un baril ouvert sur le côté, vous finissez par parler à un gérant de service. Pour apprendre, que pendant une alerte d’ouragan, LES MARINAS NE PRENNENT PAS de nouveau client, à cause du risque… vous savez les assurances! Mais si vous voulez, vous protégez d’un ouragan, f…. les assurances, ils sont prêts à louer un quai à 7,50$US le pied PAR JOUR! Certaines marinas ou plutôt ¨parking¨ à bateau on le culot d’exiger un minimum de 7 jours!  Donc, un bateau qui prendrait une place pendant que le mécanicien travaille dessus… même à 85$US de l’heure, c’est pas payant. On préfère, le renvoyer chez lui, évidemment pas payé et profiter des retombés diluviennes de $$$, sans avoir à fournir un service quelconque. On est loin de la Caroline, ou nous avions passé 10 jours à quai, sans payer, en attendant une pièce!
Mais comme dirait l’autre;  "This is Florida, its different!"
7 au 24 septembre 2004

Pendant que je fais la chasse aux mécanos, l'ouragan "Jeanne" décide de faire un tour complet sur elle même et au lieu de monter vers le nord elle suit exactement les traces de "Frances", direction Miami! On a attendu, jusqu'à la dernière minute, on a plus le choix. Heureusement, qu’un "liveaboard" Turc, nous proposes de le suivre dans son trou à ouragan ¨top secret¨, c’est pratiquement à la même distance que Miami River, mais sans les ponts et le très fort courant, donc moins besoin du moteur et même qu’avec un peu de chance, on pourras s’y rendre à voile.
Nous repassons donc devant l’entrée de Miami River, dépassons Dinner Key Marina et entrons à la pénombre, dans un tout petit canal. Une fois à l’intérieur, on découvre un Yacht Club, hyper privé et juste à quelques pieds, bordée par des arbres, on aperçoit dissimulé, un embranchement qui amène à un minuscule lac avec un bras de rivière. Les cartes indiquent peu d’eau, mais on a jamais moins de 10 pieds.
Il fait pratiquement noir, on ¨colle¨ le bateau contre les arbres et on ¨dompe¨ l’ancre, demain matin on s’installera mieux. L’ouragan est annoncé pour demain après midi et même s’ils annoncent 30kn de vent dans la matinée, ici on ne sent pratiquement rien…on verras bien!
Notre mouillage à ouragan, presque idyllique!
Le 25, on s’accroche aux arbres avec trois câbles et on relève l’ancre avec l’annexe pour allez la porter et déposer à 45o du bateau, 120 pieds plus loin. On jette la deuxième ancre, aussi à 45o, mais vers l’arrière. On enlève, le ¨dodger¨, rentre toutes les traîneries à l’intérieur, sécurise les panneaux solaires ainsi que la grande voile avec un câble. En fin d’après midi, on entend le vent souffler de plus en plus fort, mais on ne sent pratiquement rien, on se sent en sécurité ici. On mérite un ¨double happy hour¨!
En sécurité dans notre mouillage "secret"
Heureusement que "Jeanne", décide au courant de la nuit de suivre pratiquement à la trace le parcours de "Frances" et elle passe, encore une fois, à une centaine de mille plus au nord dans le bout de Stuart.  Malgré tout, quelquefois, on sent le bateau vibrer, pencher et tirer sur son ancre et les câbles. Et ce, malgré les 120 pieds de chaînes qui dans 10 pieds d’eau, agit comme ¨shock absorber¨. Je préfère ne pas découvrir, ce que serait un impact direct d’un ouragan. L’endroit où nous sommes caché est agréable et bien protégé, le seul défaut est l’omniprésence des ¨nosseeums¨ ou ¨gnagnans¨.
Si jamais vous avez le malheur d’être dans le coin lors d’une tempête, je vous suggère de venir vous y réfugier. L’endroit n’est pas indiqué dans le guide Skipper Bob, ni dans le guide de la Floride de Maptech et comme mentionné est ¨top secret¨et n’est employé que par les ¨liveaboards¨ du coin…donc il faut arriver assez tôt.
La position est au 25 42 180 par 80 15 119, et ce n’est pas moi qui vous l’ai donnez!  C'est secret!
24 au 27 septembre 2004  (7,2nm)


mardi 17 août 2004

Lake Worth/Peanut Isld/Ft Lauderdale/South Miami, FLA

On se déplace passer quelques jours, en eau plus claire…je pourrai au moins voir avec qui, ou plutôt avec quoi, je nage! Ici, l’eau est très claire au moment de la marée montante, l’eau de l’océan tout près remonte jusqu’ici. Le seul hic, c’est que ça ne dure que 2 ou 3 heures et il s’ensuit un courant très fort à la renverse de la marée. Le deuxième pépin, est qu’il est pratiquement impossible d’aller à terre, à moins d’accepter de payer 10$US à la marina Riviera Beach pour le privilège de laisser l’annexe à un quai avec des trous d’au moins un pied, marcher dans un quartier mal famé pour pouvoir rejoindre une hypothétique ligne d’autobus…
A défaut de photo... voici la carte
Le 26 au matin, je capte sur RFI par radio onde courte,  la météo marine qui annonce l’ouragan Frances qui vient de quitter les côtes d’Afrique, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un mauvais ¨feeling¨, mais il est encore très tôt et la météo américaine ne sans préoccupe pas encore.
17 au 26 août 2004  (4,2m/1018,4)

Me fiant à mon instinct et me méfiant de "Frances" on se déplace en longeant la côte, exactement comme nous l’avions fait une première fois il y a quatre ans. On évite ainsi l’ouverture de 21 ponts et on prend une bonne dose de nostalgie! 
Une petite chaloupe amarré devant le "dépanneur" à l'entrée de Ft Lauderdale
La journée est très belle et nous arrivons, en fin d’après midi au mouillage de Las Olas, deux voiliers seulement, mais plus sa change plus c’est pareil, interdiction de s’ancrer, tant que les boules qui sont payantes ne sont pas pleines! Donc, on va s’ancrer dans le lac Sylva, un peu à l’écart. Le désavantage est qu’il n’y a pas de ponton à annexe et qu’il faut revenir sur nos pas (2,5m) pour avoir le ¨privilège¨ de laisser notre annexe à la marina de Las Olas pour 5$US. A part la plage, à distance de marche, le reste exige le bus (rare) ou le taxi (cher). Étant forcé d’être au lac Sylva, on finit par découvrir quand montant la rivière Lucille ou celle de Mercedes, de traverser l’intracoastal, de rejoindre la rivière Seminole jusqu’au bout, il y a un ponton à annexe devant un resto-bar. Pour 10$US la journée, on est à deux pas d’un ¨Winn Dixy¨, et à 300 mètres d’un centre d’achat avec Publix, deux ¨liquor store¨ et en bonus le magasin de cartes et livres marin ¨Blue Waterworld¨, the biggest in the world, of course! Mais la meilleure nouvelle est que le 10$US est déductible de toute commande au resto-bar et je dois avouer que j’y ai mangé le meilleur hamburger en quatre ans de voyage.
27 au 29 août 2004   (40,7nm/1064,5)

Comme le mouillage est réglementé ici, limite de 24 heures, et pour ce donner un meilleur accès à un trou a ouragan, on décide de continuer vers Miami, ou nous savons que nous aurons un bon mouillage à distance de marche de bien des services. La route n’est pas longue, et par curiosité on décide de le faire par l’intérieur, ce qu'on a jamais fait pour ce secteur.  
Retour en ville...on passe par Hallandale, en route pour Miami River, pour se cacher de l'ouragan Frances
Il n’ y a que 8 ponts ouvrants, mais un seul ouvre à la demande, les autres n’ouvriront qu’a la demi-heure, mais les distances font que nous sommes jamais à temps pour l’ouverture, donc attente de 15 à 25 minutes…longue journée pour si peu loin. Mais, il faut le faire au moins une fois, après tout on est dans le coin!
30 août 2004  (23,9m/1088,4)

Comme la trajectoire de ¨Frances¨ semble se préciser de plus en plus, on décide de déplacer le bateau pour le mettre un peu plus à l’abri du côté sud du ¨Venetian Causeway¨ ou nous sommes entouré d’îlots et de quelques gros buildings. Nous refaisons connaissance avec la rue piétonnière Lincoln et prenons une marche le long de la plage qui est superbe. 
 Le mouillage presque vide de Miami Beach, côté ouest.  Avec au centre un bateau qui couleras.
L’endroit est très pratique, parce que nous avons de tout, beaucoup de café et restos, Publix et une épicerie cubaine, quincailleries et ¨last but not least¨ internet dans une bibliothèque sur la rue Collins.
31 août au 1 septembre 2004 

mercredi 28 juillet 2004

Ft Pierce/Peck Lake/Lake Worth

Comme notre belle eau verte ne semble plus vouloir revenir bercer Yallah! même si on voit distinctement une ligne de séparation des eaux à moins de dix pieds du bateau!  Le 28 juillet on se dirige vers Peck Lake que je veux tester comme mouillage, parce qu'il est suggéré par Skipper Bob et toujours, pour voir au cas ou nous aurions une urgence, et aussi pour couper les trop longues journées de navigation.
Nous passons devant Jensen Beach, qu’il faudrait bien, un jour essayer le mouillage, et nous traversons l’inlet de St Lucie qui est toujours sujet à de fort courant, des bancs de sables en perpétuel mouvement. Nous traversons sans encombre l’inlet et au moment d’apercevoir la R2, le bateau comme il y a 4 ans, se déporte, en quelques secondes, vers le hauts-fonds marquant l’entrée de l’Intracoastal. Le moteur à plein régime, je braque le bateau vers la R2 et je voie passé dans mon dos la G1 pendant que le bateau ¨avance en crabe¨ dans des eaux plus profondes. Nous étions dans 6 pieds d’eau, quelques secondes de plus et ça y était! Nous avons déjà accrochés le fond dans d’autres ¨inlets¨, mais sans réelle conséquence, il n y a pas ou peu de courant. Mais la St Lucie à toujours un courant de 2 à 4kn, alors se faire déporté sur un banc…
D’ailleurs, ici, la radio est sans arrêt envahi par des appels à TowBoatUS, SeaTow ou la garde côtière qui ne s’occupe plus de ce genre d’incident. Il vous référeront à TowBoatUS ou SeaTow… si vous naviguez dans le coin vous êtes évidemment membres?  Sinon vous devriez l’être, un remorquage banal coûte facilement un minimum de 300$US…nous avons rencontré un bateau canadien que sa petite aventure lui à coûté 31000$!
Donc, vous appelez 1 800 395 2628 et pour une quarantaine de dollars vous devenez membre de Boat US, ce qui vous donne automatiquement droit à l’assurance remorquage…mais avec une couverture minimale, pour 99$US de plus, vous avez ¨Illimité¨! Et pendant que vous y êtes, demandez une cotation d’assurance bateau…vous auriez peut-être une grosse surprise.
Vous pouvez aussi aller sur le site : WWW.BoatUS.com ou vous aurez toutes les informations qui couvrent d’autres avantages que simplement l’assurance. Au fait, l’assurance couvre aussi le Lac Champlain et donne droit aux membres à un catalogue très informatif, pratique même si vous n’avez pas l’intention d’acheter et à un escompte sur le prix du diesel et sur les frais de quaiage.
Si vous préférez vous pouvez aussi faire le 1 800 937 8895 ou www.westmarine.com pour quelque chose de similaire.
L'ancrage est seulement sur UN côté de la bouée. Photo prise en décembre...beaucoup de monde, en juillet on était seul!
Mais revenons à notre voyage, ou nous nous ancrons derrière la G19 dans 10 pieds d’eau, et ce malgré toutes les cartes qui indiquent 2 à 4 pieds. Merci! Skipper Bob! L’avantage de ce mouillage est évidemment sa bonne protection mais aussi le fait que nous pouvons aller à pied nous baigner dans la mer qui est cachée par une bande de terre et d’arbres a à peine 200/300 pieds de nous.
La plage est immense, le sable et l’eau sont propres…et nous sommes tout seul…!
28 au 30 juillet 2004  (27,5m/992,2)

Après deux jours, ont décident de se déplacer vers Lake Worth.  Une vingtaine de bateaux sont mouillés, seulement 2 sont habités. Même si l’eau n’est pas la plus claire, elle est assez transparente pour faire l’entretien de la coque et nous baigner. Mais elle est excessivement chaude. Ici, nous sommes bien placés pour aller à l’épicerie à pieds (Winn-Dixie et Publix) plusieurs ¨liquor stores¨, West Marine, l’internet gratuit sans limite, un Barnes & Nobles (ou nous pouvons passer des heures à bouquiner) et si on est courageux, un énorme centre d’achat à quelques milles. Nous avons aussi, nos copains Pam et Jeff de Foggy Mountain, que nous avions rencontré il y a quatre ans.
Il fait chaud, nous allons à terre passer la matinée tout les jours. Les après midi, on reste au bateau, à attendre le passags des nombreux orages, qui sont très ponctuels et quelquefois assez violent. Un autre avantage aussi, est le fait que nous avons un endroit ou laisser l’annexe plus ou moins en sécurité. Ici, il y a régulièrement des vols de moteurs, en plus des requins terriens, nous en voyons un vrai, ¨petit¨ passer tout près de nous!
La météo nous annonce, coup sur coup, deux ouragans, un en direction de la côte Est de la Floride et l’autre en direction Ouest, ce qui invalides nos ¨plans¨ de fuite et nous force à rester sur place étant donné que nous sommes pris entre les deux.
Heureusement, que Bonnie perd rapidement de sa violence et passe au large de la côte, nous en sommes quittes pour des vents de 30 à 40kn et énormément de pluie. Mais la panique s’installe parce qu’entre temps, Charley a subitement décidé de tourner à l’intérieur de la Floride et de quitter la côte Ouest et de traverser vers la côte Est pour théoriquement sortir dans la région de Stuart/rivière St Lucie, qui n’est vraiment pas tellement loin d’ou nous sommes.
France est contente d'aller en visite chez nos amis sur "Foggy Mountain" à Lake Worth
Plusieurs bateaux, quittent les propriétés avoisinantes pour se mettre à l’abri…et plusieurs bateaux arrivent pour se mettre à l’abri??? En fait, il ne reste qu’a nous croisez les doigts et attendre. Heureusement, Charley, tourne encore un peu et entre plus au nord de la Floride. Étrangement, on ne reçoit pas de pluie et que des vents de 25/30kn. Le lac, qui est aussi appelé Barnacle Bay, par moment devient étrangement calme et nous en profitons pour plonger et nettoyer la coque, les coquillages poussent à vue d’œil ici et en les grattant j’attire énormément de petits poissons qui viennent virevolté autour de moi, jusqu’au moment ou croyant voir France nager sous l’eau, ce qui serait une première, je réalise que c’est plutôt un requin d’au moins 5 à 6 pieds qui me tient compagnie. Terminé le nettoyage!
31 juillet au 16 août  (22,0m/1014,2)

vendredi 23 juillet 2004

New Smyrna/Titusville/Cocoa/Rock Point/Ft Pierce, FLA

Il fait chaud, il y a toujours des ¨noseeums¨, on décide de continuer notre chemin vers Titusville ou nous ferons le plein de diesel et d’eau fraîche. En cours de route, on mange les mangues ¨New Smyrna¨ cueillie par France, au déjeuner, au dîner, au souper, excellent avec du porc!
Le passage en direction Sud et le plan d'eau de Titusville, FLA
 23 juillet 2004  (32,8m/878,2)

On profite de notre arrêt à Titusville pour faire nos dernières emplettes chez ¨Save a Lot¨ et une fois la commande chargée à bord, étant donné le manque d’air, on décide de partir immédiatement pour…ailleurs!
Un "survivant" d'un coup de vent, entre Titusville et Cocoa...futur bateau du Lac Champlain, pas cher?
Cocoa est le premier mouillage, depuis notre retour, ou il y a beaucoup de bateau et surtout ceux-ci sont habités. Nous allons explorer le quartier ¨historique¨, très joli, beaucoup de boutiques et de restos. Le centre est axé sur le tourisme mais certainement pas pour des ¨liveaboards¨, la seule épicerie est maintenant fermée, donc il faut encore une fois avoir une voiture. Mais l’arrêt en valait la peine, le mouillage est bon et offre une assez bonne protection.
24 juillet 2004  (19,6m/897,8)

Pour varier et couper la longueur du voyage vers Fort Pierce, nous arrêtons en plein Intracoastal, et nous ancrons derrière deux petites îles près de Rock Point tel que suggéré dans le guide ou bible de l'Intracoastal "Skipper Bob".   Nous passons, à mi-chemin juste devant la R20  entre les deux îles…on racle un peu le fond mais sa passe et on se retrouve dans 7 pieds d’eau. Il y a une plage, ou plusieurs bateaux moteurs sont ancrés, nous sommes bien protégé mais l’eau est beaucoup trop chaude et à toujours la couleur caractéristique de l’Intracoastal… Pas tellement invitante pour se baigner, même si on sait très bien qu'elle est propre, juste chargée de tannin...comme du thé, mais je suppose que c'est une question d'habitudes.
Un mouillage le long de l'Intracoastal
25 juillet 2004  (27,5m/925,3)

Nous continuons notre descente vers le sud, tout en localisant d’autres ancrages susceptibles de servir un jour. Cette section du canal n’apporte pas grand-chose, du moins pour nous, parce que nous tirons 6 pieds. Il y a bien à la bouée G67 et la G71 côté E… mais il n’y a pas beaucoup de place et les cartes indiquent très peu d’eau. Le type de bateau ancré dans le coin semble confirmer que ce n’est pas réellement pour un quillard comme le nôtre. Ensuite, nous repassons devant un mouillage que nous avions essayé il y a 4 ans. Contrairement aux indications du guide nautique, le mouillage est derrière la R110 et non la R112, une de mes cartes indiquent 6 pieds d’eau, donc éventuellement il devrait convenir si le mouillage, tout près, de Vero Beach est plein.
La marina de Ft Pierce, avec en avant, le bateau parfait pour la Floride, un Gemini
Nous ancrons à Ft Pierce, devant la R184, deux voiliers y sont déjà, ce qui est rare à cette époque de l’année. Une belle surprise, l’eau est verte presque transparente et je devine le fond. Ft Pierce est donc le premier endroit ou l’eau brune de l’Intracoastal cède le pas aux eaux plus claires de l’océan. On se baigne en s’accrochant à l’échelle du bateau ou à l’annexe… parce que la marée crée un courant de 3kn! Ce qui explique la clarté de l’eau, dans la soirée à la renverse de la marée, on voit une ligne de ¨broue¨ s’avancer vers le bateau…et nous sommes de nouveau dans les eaux brunes, chargés de tannin.
L’avantage de cet ancrage est la proximité d’un ¨dinghy dock¨ gratuit dans Harbortown Marina, la possibilité de laisser ses poubelles et à distance de marche un West Marine, un tout nouveau Publix et un bon ¨dollar store¨. J’en profite pour faire un changement d’huile et on visite le Publix (on a besoin de rien…) et on revient les bras chargés de petites gâteries….
26 et 27 juillet 2004  (39,4m/964,7)

jeudi 15 juillet 2004

Brunswick/Jekyll Isld, GA/Fernandina/Salt Run, St Augustine/New Smyrna, FLA

Après notre retour, nous faisons une petite épicerie, mais surtout échanger un de nos réservoirs de propane pour un neuf...en Floride, ils voulaient même le remplir, ici, change pour change... "This is Georgia Man!"
Nous quittons la marina vers Fernandina, mais le bateau se ¨traîne¨ littéralement et une fois en vue de Jekyll une alerte météo nous décide de nous y ancrer. En quelques heures 4 orages passent au-dessus de nos têtes. Celui, pendant notre premier ¨happy hour¨ depuis notre retour au bateau, nous tombe dessus avec des trombes d’eau et des vents de 45/47kn! Dans les Caraïbes ont n’a jamais connus cela. Heureusement que nous sommes ancrés dans de la vase et que nous ne sommes qu’a une centaine de pieds du bord. Parce que le vent est tellement fort, qu’a 30kn, des vagues réussissent à se former à l’intérieur du canal! L’avantage, si on peu dire, des vents de 45kn, c’est que la vague disparaît et est remplacé que par un ¨nuage¨ d’eau qui cherche à pénétrer par la moindre interstice à bord du bateau. Dehors, on ne voit plus la différence entre le ciel, l’horizon et la mer, fascinant et effrayant! Heureusement qu’on est bien ancré, je ne voudrais certainement pas être en mer avec des vents pareils. C’est l’avantage de voyager par l’Intracoastal!
15 juillet 2004 (4,5m/684,5)

Après une nuit calme, nous partons vers Fernandina, la météo nous annonce encore des orages mais le ciel est presque clair et la direction du vent devrait pouvoir nous permettre de rejoindre les eaux un peu plus claire de Fernandina dans des temps raisonnables. Le bateau, à moteur, ne fait que 3kn et sous voile il réussit à atteindre de peine et de misère 5kn!   Malheureusement, à certains endroits, à cause de la direction du canal il nous faut entrer la voile et ralentir, en plus, les courants contraires font qu’on tombe à 1,8kn! Ce n’est pas le temps qu’un orage nous tombe dessus! On passe la journée pour faire ce petit voyage de rien, 32,0m!  
La marina de Fernandina... il faut vraiment, vraiment arrivés à marée haute!
Une fois arrivée, je profite de l’étal de la marée pour plonger sous le bateau et nettoyer l’hélice qui c’est transformé en une grosse pastèque! Je passe une heure et demie pour gratter l’hélice, et dégager la turbine du loch qui elle aussi est devenue un condo à coquillage. Je finis à temps pour un seul orage qui lui n’a que des vents de 35/40kn mais avec une quantité incroyable d’éclairs, mais heureusement tous a à peu près 8 à 10 miles de distance.
16 et 17 juillet 2004 (32,0m/716,5)

On est resté deux jours ici, pour nous permettre de récupérer de mon nettoyage d’hélice et surtout que la météo annonce encore des orages violents…qui ne se matérialisent pas. Nous partons donc sous des nuages plus ou moins inquiétants, le bateau marche beaucoup mieux sous voile et à moteur. Incroyable ce que la forme ou plutôt la déformation de l’hélice peut faire. Nous décidons d’aller nous ancrer à Salt Run une petite baie devant St Augustine, juste pour varier le menu et profiter du peu de bateau à cette époque de l’année. Eh Bien! Je me demande comment les gens font en hiver pour venir ici, le mouillage est présentement plein de voiliers, on réussit à s’ancrer entre deux bateaux inoccupés. 
Cour intérieure d'une "hacienda" à St Augustine, FLA
La plus vieille école encore debout de tout les USA
Le mouillage principal de St Augustine est plus intéressant, plus près de la ville et surtout qu’ici, entré dans le chenal ou en sortir à marée basse avec le courant de travers de l’inlet et si par malchance il y' avait un coup de vent c’est pas évident!
18 et 19 juillet 2004  (60,1m/776,6)

On part tôt, parce que les mouillages sont quelconques sur ce bout de canal, surtout avec les risques d’orages, plusieurs ne sont pas tellement protégés et il y a aussi quelques hauts fonds problématiques. Une première surprise est l’inlet de Matanzas, il y a 4 ans, on avait touché le fond, en mai, cette année on était passé de justesse à côté du dragueur qui obstruait pratiquement tout le goulot et cette année…on a 6 mètres d’eau! 
 La légende urbaine, que le canal n'est pas entretenu, n'est que ça...une légende urbaine.  Mais c'est un travail qui ne finira jamais, surtout avec les "cruisers" de plus en plus gros qui font une vague qui font un énorme travail d'érosion.  Ils auront beau mettre des "No Wake Zone" partout, la simple énormité des bateaux fait que la vague est aussi, énorme!
La raison #1 de l'ensablement perpétuel de l'Intracoastal.
On descend voile/moteur, on décide de viser l’arrêt le plus loin, donc on ¨passe¨ plusieurs ancrages, parmi eux la cimenterie, qui est maintenant presque impraticable à cause de l'usine de bateau qui marche à fond et la cimenterie qui fournit les nombreux ponts en construction tout le long de l'Intracoastal et on saute aussi Daytona Beach qui nous avait pas pâmés.  On approche maintenant de l’Inlet Ponce de Leon, plusieurs petites bouées supplémentaires ont été installées, je colle la rouge, pas d’eau. Je colle la verte et je me plante! Marche arrière, pivote le bateau sur sa quille et me dirige vers le centre et me replante! Deux voiliers arrivent du sud, et passent tout à côté de moi, je leur demande combien est leur tirant d’eau…ils me répondent 5 pieds et se plantent une vingtaine de pieds derrière moi. Je réussis à dégager le bateau et je passe, le ¨dos d’âne¨ avec mes 6 pieds de tirants d’eau. Mais on racle le fond encore plusieurs fois avant de rejoindre une drague à l’autre bout de la passe pour enfin retrouver 12 pieds d’eau. On arrive enfin mon pont-levis favoris de New Smyrna en même temps qu’un énorme nuage noir chargé de pluie. Mais malheureusement on tombe sur un ¨typique¨ Floridien du sud, il refuse d’ouvrir son pont parce qu’on est en retard de 2 minutes, il nous faudra attendre la prochaine ouverture dans une demi-heure et évidemment se taper les chutes Niagara qui nous tombent dessus. On s’ancre enfin, le nuage est passé et de l’endroit ou nous sommes, je vois notre fameux pont ouvrir régulièrement avec des 2, 3, 5 minutes de retard…le tabar……!
On reste à New Smyrna, et on profite tous les jours de l’Internet gratuit à la bibliothèque qui est à seulement 1 mile,  j’y découvre un très beau livre de photographies de Times-Life pour 2$. France achète aussi quelques bouquins de recettes à…0,10¢! On découvre aussi, un vrai miracle aux USA, une petite pâtisserie ou nous achetons du pain maison et d’excellentes danoises à 0,70¢. Malheureusement, le ¨Food Lion¨ local est disparue, donc pas de voiture, pas d’épicerie. A défaut d’épicerie, France ¨nettoie¨ un manguier à l'abandon.
20 au 22 juillet 2004 (68,8m/845,4)