Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

lundi 6 août 2001

Mt Hartman Bay/Anse aux Épines/Grande Anse, Grenade

Nous resterons 20 jours ici parce que l’eau est beaucoup plus propre et l’endroit est beaucoup plus convivial. Une petite marina, offre les services d’autobus, poubelles, magasin nautique et épiceries et au minimum une fois par semaine un ¨steel band¨ vient jouer le samedi soir suivi par un orchestre local dirigé par un jazzman italien expatrié, super! En plus nous aurons droit le soir de la fête à France à un orchestre Vénézuelien qui nous en ferons voir de toute les couleurs! De toute beauté de voir les machos-men du Vénez danser avec les Vénézueliennes sculptés aux couteaux. Une belle soirée que nous avions commencée dans un resto chinois presque aussi bon que ceux de Montréal.
Un petit coup de vent et surtout de pluie!
Pendant notre séjour, nous avons eu droit à notre première alerte ouragan. L’ouragan Chantale qui était en formation se dirigeait directement sur l’île mais à manqué de souffle et à dévié sa route plus au nord pour se reformer et frapper la côte du Mexique. Nous avons été quitte pour un branle-bas général…enlevé tout ce qui était à l’extérieur du bateau pour offrir moins de prises au vent, donner encore plus de chaînes à l’ancre, préparer une deuxième ancre à poste au cas ou… Certains on carrément changé de baie pour allez s’attacher aux arbres d’une mangrove  en arrière de Hog Island ou de Calivigny Island.  Nous attendions des vents de 45kn avec des pointes de 60kn, nous en avons été quitte pour une nuit sans vent, humide suivie le lendemain par une pluie diluvienne.
Ce grand ¨dérangement¨ nous à permis de lier d'amitiés avec plusieurs bateaux Français et Suisses, nous avons organisés un tour de l’île en autobus…16 francophones et 5 anglos, tout un mixe, un des anglos semblait avoir avalé sa chique!  Le Grenadien faisait la description en anglais et j’en faisais la traduction aussitôt suivie par un barrage de questions ou de plaisanteries en français. L’île est très belle, luxuriante même. Elle porte le surnom d’îles des Épices et ce n’est pas sans raison. Elle produit à elle seule le tiers de la production mondiale de muscade, l’île produit 32 espèces de fruits. Nous avons passé à travers une forêt tropicale splendide, mais ceci explique en même temps pourquoi depuis notre départ nous souffrons pour la première fois de la chaleur et de l’humidité, il pleut pratiquement tous les jours et parfois en quantité phénoménale, ce qui n’est pas le cas dans les îles plus au nord…mais eux, ont les ouragans!
6 au 27 Août 2001
Le coup d'oeuil sur St George vaut le coup
Pour changer de paysage et en même temps pour ce rapprocher de la ville de St Georges nous décidons de nous ancrer devant l’entrée du port au large de la superbe plage de Grande Anse, ce qui nous permettras de nous rendre en dinghy à l’épicerie et surtout à l’Internet sans prendre l’unique autobus quotidien. Nous pourrons aussi en profiter pour visiter la ville sans courir, n’ayant plus à nous préoccuper de l’horaire de l’autobus. Le fait d’aller en ville à n’importe quelle heure de la journée nous donnes un grand sentiment de liberté. Nous en profiterons aussi pour visiter le musée local (très pauvre) quoiqu'il couvre assez bien la période coloniale française et surtout anglaise, mentionne l’invasion américaine de 1983 sans aucune explication, d’ailleurs en général, à ce sujet, les Grenadiens semblent toujours un peu sur la défensive lorsqu’on leur pose des questions sur cette période noire de leur histoire. 
Malheureusement l’ancrage est situé à l’entrée de la baie et n’offre qu’une protection minimale, et l’on nous annonce une nouvelle dépression tropicale (Erin) donc nous devons nous déplacer et nous mettre de nouveau à l’abris dans l’Anse aux Épines.
27 Août au 03 Septembre 2001
Nous passerons le mois ancré à attendre la fin de la période des ouragans. Nous en profiterons pour liée connaissance avec de nombreux Européens, c’est rafraîchissant!  Surtout que suite à l’attaque sur New York les Américains sont devenus assez paranos et ¨très américains¨… Même les Texans, pourtant très Texans, ont rangé leur drapeau ‘’Lone Star’’ et sortis le "Star & Stripes".  C'est pas le temps de parler politique!
Le mouillage de Mt Hartman Bay avec la base Moorings au fond
Juste pour montrer comment on peux être loin et couper de tout,  En allant à terre, on avait pris l'habitude de laisser notre dinghy devant un hôtel et de passer à travers le bar pour se rendre dans la rue.  Le bar, était très silencieux, après tout un bar est toujours silencieux à 9h00 du matin, mais ce matin, le silence était vraiment plus lourd.  Il passait un film de fiction ou on voyait un avion entré dans une tour à New York... Personne ne parlait, et moi à la troisième fois que j'ai passé et que je revoyais toujours les mêmes images, j'ai finalement compris que c'était du "vrai".  C’est avec un événement comme celui ci qu’on réalise, qu’on est très loin de la "civilisation" et que les informations semblent venir d'une autre galaxie.
03 au 30 Septembre 2001

jeudi 19 juillet 2001

Tyrell Bay/Mt Hartman Bay, Grenade (42,0nm)

Nous sommes partis en compagnie de ¨Foggy Mountain¨ à 5h30 du matin par une petite brise de 8 à 12kn, mais au moins nous l’avons dans la bonne direction et nous ¨filons¨ vers la Grenade. Nous passons les petites îles au nord de la Grenade, il y règne un méchant clapot, heureusement que le vent est faible et dans la bonne direction, autrement ce serait l’enfer. D’ailleurs une des îles se surnomme ¨Kick’em Jenny¨! Étant donné le peu de vent, nous décidons de passer sur le côté au vent de l’île de Grenade, c’est rare, autant en profité!
L’île est très belle, montagneuse et très verte, une fois contourné la pointe sud de l’île nous croisons des baies après baies, très profonde qui offre des possibilités de mouillage intéressante. Nous décidons de mouiller temporairement dans une de celles qui sont le plus proches du port de St George. Nous allons pouvoir enfin vérifier si la réputation des locaux est justifiée.
Yallah! à côté de La Mauny un catamaran en plywood/époxy et Larimar un autre cata, un Freydis une véritable "fusée"
Le lendemain de notre arrivé nous allons donc en autobus au marché central. En partant nous pouvons déjà vérifier la gentillesse des Grenadiens… ici, dépendant du mode de transport il faut payer d’avance le passage allez et RETOUR. Une touriste (véritable caricature de la British) se met à engueuler le chauffeur et refuse de payer parce qu’ELLE les connaît, ils sont tous pareil…Le chauffeur n’a jamais perdu son sourire ni son sang-froid, nous, on l’aurait ¨sluggé¨ la British. Une fois en ville, les rues sont animées, le marché est très ¨local¨ et coloré et jamais on ne sent d’agressivité comme dans les autres îles de l’ancien empire britannique. Partout on débutera des conversations intéressantes et les gens sont tous très serviables. Nous remarquons en même temps que des gens de bateaux ont même laissé leurs dinghys en pleine ville pour aller faire leurs commissions. Le centre de la ville est très vieux mais bien entretenus, il ne reste qu’une ruine de visible de l’attaque des Américains en 1983.  Aujourd'hui en 2011 remplacé.  
Notre dinghy dock, lorsque nous nous ancrons à l'entrée de St George
 D’ailleurs, le marché est à deux pas de l’épicerie ¨Foodland¨ et du restaurant ¨Nutmeg¨ et son ¨dinghy dock¨ ou un Marines était venu téléphoné par USA Direct au Pentagone pour avertir d’arrêter les bombardements…étant donné qu’il y avait un problème radio avec la 6e flotte! 
D’ailleurs les avis sont encore partagés sur le bien fondé de l’opération de 1983. Un fait demeure, Grenade à aujourd’hui un des rares aéroports de calibre international des Caraïbes… grâce aux Cubains!
19 Juillet au 5 Août 2001

vendredi 13 juillet 2001

Union, St Vincent/Tyrrell Bay, Cariacou, Grenada (8,0nm)

Nous avons quitté Union en direction de la première île appartenant à la Grenade. Première constatation, tout semble plus propre, les maisons mieux entretenues et les gens vraiment très aimables. Seul les douaniers de Hillsborough, la capitale, semblent souffrir d’une maladie affectant la mâchoire, il faut toujours faire répéter 3 fois pour comprendre, mais ce n'est pas vraiment une surprise, tout les guides nautiques le mentionne, je suppose qu'ils veulent se différencier des îles voisines!  Heureusement à la banque locale, la même maladie ne s’est pas développée. Après avoir fait les douanes nous allons nous ancrer dans une baie beaucoup mieux protégée, une fois à Tyrell, on apprend que l’alerte météo est annulée, mais malgré tout, deux des paniqués sont en route pour Trinidad et Tobago! 
La baie de Tyrell et Hillsborough, Cariacou, Grenade
 La baie est jolie et donne une bonne protection, si jamais la météo devait empirer, au fond de la baie il y a une ¨mangrove¨ qui donne une protection totale. Une mini marina, offre des sorties de l’eau à un prix très intéressant (5$ du pied et 5 jours à terre inclus) parfait pour faire un nettoyage de la coque et anti-fouling. Plusieurs petits commerces se sont installés… un futur Bequia? Nous y rencontrerons plusieurs Français et profiterons de l’occasion pour échanger des livres. Nous y rencontrerons aussi un Québécois qui navigue en solitaire sur son 58 pieds…qu’il a fabriqué lui-même! (Grafiti)
13 au 18 Juillet 2001

jeudi 12 juillet 2001

Tobago Cays/Union, St Vincent (5,0nm)

Dans la journée, un vent de panique se met a souffler dans la baie, les bateaux partent les uns après les autres. La météo à annoncé le développement d’une dépression et des vents de 20 à 30kn sont annoncés…mais le bouche à oreille fait qu’en début d’après-midi le vent à passé à 30 à 40kn et un bateau qui essayait de rameuter le plus de volontaires pour aller à Tobagos…150nm plus loin, parle lui de vent de 40 à 50kn! Notre ¨merveilleuse¨ radio à onde courte Radio Shack n’ayant jamais daignée marcher correctement nous sommes obligés de suivre parce que sans voisins nous seront coupés du monde et sait-on jamais!  Dommage, parce que nous allions faire de la plongée tout les jours et il nous restait encore quelques îlots rocheux à faire, ce sera pour la prochaine fois. 
Le "port" de Union, Grenadines de St Vincent
 Nous allons donc à Union pour dédouaner, les douaniers sont gentils et nous passons l’après-midi dans un village qui était une ancienne base militaire Américaine. Une gare maritime, gracieuseté du Japon côtoie l’aérogare, cadeau de la Chine et évidemment le bureau des douanes...gracieuseté du Canada!   Entre eux, une demi-douzaine d’épicerie et une dizaine de restos. Nous y rencontrons un Français qui après avoir fait du charter pendant 15 ans à décider d’ouvrir une petite épicerie de type gourmet dans le village, faut le faire!  Un joli petit hôtel permet aux gens de voiliers de venir à leur quai pour aller au village…en passant à travers le bar et le comptoir de pain frais, bon marketing!
12 Juillet 2001

vendredi 6 juillet 2001

Bequia/Canouan/Tobago Cays, St Vincent (18,0nm + 12nm)

Petite traversée peinarde à part du fait qu’un gros nuage noir nous est apparu au-dessus de Mustique. Pendant plusieurs minutes des grondements sourds se sont fait entendre et le vent est subitement passé de 15kn à 28kn et beaucoup de pluie. On a amenés les voiles au cas où, mais finalement tout c’est calmé et nous sommes arrivés sous un véritable déluge. 
L'île de Canouan vue a partir du mouillage de Tobago Cays
L’ancrage de Canouan est beau, mais il faut vraiment s’assurer deux fois plutôt qu’une, que l’ancre tient bien…croyez moi! En plus, aussitôt que le vent sera de composante nord attendez vous à rouler, et pour couronner le tout il n’y a pas grand-chose à voir sur l’île
5 Juillet 2001
Un petit 12 miles plus loin, nous arrivons a ce qui demeureras l'endroit le plus exceptionnel, fantastique etc etc, de tout le voyage.  Nous gardions un bon souvenir des Tobago Cays de notre voyage d’il y a 5 ans. Cette fois si, la mémoire ne nous a pas jouée de tour, en fait c’est même mieux que nos souvenirs. L’eau est incroyable, l’ancrage est immense et entouré de petites îles avec chacune, sa plage invitante. 
La "passe" qui nous amène au paradis sur terre
 L’endroit à les attraits des Îles Vierges avec l’eau des Bahamas. Une heure après notre arrivée nous étions parmi les poissons multicolores dans 5 pieds d’eau, protégée des vagues de l’Atlantique qui viennent se fracasser sur la barrière de corail. Du pont du bateau nous voyons le fond turquoise du mouillage et juste devant nous, la barrière de corail qui délimite le bleu indigo des profondeurs de l’Atlantique. 
Aucun endroit, sur ce côté-çi de la planète offre un aussi beau mouillage, une vrai piscine!
 À aucun endroit à date, avons nous pu faire plus belle plongée, le corail est multicolore et les poissons se promènent sans peur, certains sont même attirés par nous. A plusieurs reprises nous verrons des petits requins rôder paresseusement…
N.B. #1: Vaut mieux être bien stocké avant de partir de Bequia, car ici il n’y a pas d’épicerie. Des locaux viennent en bateau offrir du pain, eau, bière… mais à des prix qui comme le paysage, coupe le souffle!
N.B. #2: Malheureusement, depuis notre dernier passage en 2004, l'arnaque ce propage, il faut maintenant payer!
6 au 12 Juillet 2001

dimanche 24 juin 2001

Anse Chastenêts/Bequia, St Vincent (53,0nm)

Nous partons à 03h00 pour Bequia, la nuit est très belle et à la première lueur du jour nous voyons les montagnes de St Vincent.  
Yallah! au large de St Vincent, en route pour Bequia
 Nous avons décidé (comme la majorité des voiliers) de faire route directement vers Bequia sans s’arrêter à St Vincent. Dommage car la côte de l’île offre de nombreux mouillages et l’île est superbe… son seul défaut étant sa population côtière un peu trop agressive.  Les histoires d’horreur foisonnent au sujet de St Vincent, ¨boatboy¨ très agressif exigeant sans détour de les payer pour des services réels ou imaginaires, batailles entre eux pour l’obtention de votre clientèle etc etc. En fait, ce n'est pas toutes des légendes urbaines,  il y a 5 ans nous avions eu un petit échantillon de leur agressivité, nous nous étions dirigés vers l’ancrage de Chateaubélaire et nous avions été accosté en pleine nuit à 2 milles au large par une barque de pêche qui voulait absolument nous ¨aider¨ à nous ancrer, la seule façon de se débarrasser d’eux avait été de leur offrir à chacun une bière. Le même scénario s’était répété à terre dans le village lors de notre visite à pied!
L'immense mouillage d'Admiralty Bay, Bequia
Nous arrivons donc dans l’après-midi dans l’immense Admiralty Bay d’où nous avions gardé un très bon souvenir. Et nous ne sommes pas déçus, l’endroit est toujours aussi invitant, un peu plus développé qu'avant, en fait beaucoup plus pratique maintenant avec plusieurs épiceries et pas moins de 4 magasins nautiques… sait on jamais! Évidemment que nous sommes toujours dans une île anglaise et les gens sont ¨presques¨ sympathiques mais on sent de nouveau une ¨retenue¨ qui frise parfois la froideur sinon la rancœur envers les ¨riches¨ blancs….
Les douanes sont maintenant logées dans un magnifique building donnant directement sur le port face au marché construit grâce à nos taxes!  
Le bord de mer "arrangé" pour les touristes et leur "camra"
 Pendant notre séjour, nous allons manger une pizza dans un resto local pour souligner ma fête...il n'y a rien d'autres de potable comme resto, ce qui deviendras une habitude à chaque année et nous visiterons une ferme d’élevage de tortues ou un pêcheur à la retraite nous en expliquerons la raison d’être… Pas tellement flatteur pour ses concitoyens. Comme d’habitude depuis notre départ, l’équilibre de la nature est plus menacé par la population locale que par les ¨méchants¨ touristes, et ce malgré ce que veut bien laisser croire certains mouvements écolos ou les tenants du "politically correct".
24 Juin au 4 Juillet 2001

samedi 23 juin 2001

Marigot/Anse Chastenêts/Les Pitons, Ste Lucie (17,0nm)

Nous arrêtons à Anse Chastenêt juste à l’entrée de la baie des Deux Pitons, nous serons ainsi en ligne droite pour notre prochaine destination St Vincent/Bequia.
Le mouillage d'Anse Chastenêts, place pour 2 bateaux et payants.
Nous en profitons pour faire de la plongée à quelques pieds de Yallah! amarré à une bouée dans 15 pieds d’eau devant une jolie plage et un mur de rocher à moins de 50 pieds. Nous plongeons dans une eau cristalline parmi les rochers qui sont vraiment très, très près du bateau.
La vue grandiose quant on passe devant la baie des Deux Pitons.
23 Juin 2001