Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

dimanche 18 février 2001

Luperon, République Dominicaine

Nous resterons à Luperon pendant 2 semaines par choix et non par nécessité comme c'était le cas dans la plupart des îles des Bahamas. L’endroit est très sécuritaire, la baie est totalement entourée de hautes montagnes, les vents peuvent souffler de n’importe quelle direction, le bateau ne bouge pas. Le fond est de vase et la baie est entourée de ¨mangrove¨…ce qui nous amène au seul défaut de l’endroit, l’eau est absolument dégueulasse!
Le mouillage sécuritaire de Luperon
Avec une soixantaine de bateaux, qui se ¨soulagent¨ dans la baie, en plus du village qui en fait autant ainsi que la couleur naturelle de l’eau inhérente à une ¨mangrove¨ sa donne un cocktail assez spécial. Mais l’arrêt en vaut la peine pour toutes sortes de raison, la principale étant la gentillesse extraordinaire des Dominicains. Évidemment le côté pratique est très important, à Luperon on trouve de tout et aux prix les plus bas que nous ayons vu depuis notre départ. Nous pouvons aussi louer une moto (200 pesos) une voiture (40$) prendre le publicos pour des "peanuts" et de Luperon atteindre n’importe quel point de l’île. Nous en profiterons d’ailleurs pour aller voir Puerto Plata et Soshua que nous avions visité en 1990. À Puerto Plata, nous nous ravitaillerons en bière, vin et viande, parce que les étals de viande en plein soleil de Luperon ne nous inspiraient pas trop confiance…
Un hôtel de Soshua
Après notre visite de Puerto Plata et de Soshua, force nous est de constater que la République se tire assez bien d’affaire (en fait, beaucoup mieux que Cuba). Les villes sont mieux entretenues, les maisons sont plus colorées et décorées et surtout, surtout il n’y a plus d’enfants qui quêtent dans les rues…ils sont à l’école! En 1990, c’était l’enfer, les enfants n’allaient, pour la plupart, pas à l’école et offraient leurs services sur la plage ou quêtaient dans les rues, d’ailleurs à Luperon l’école était en plein agrandissement, les enfants allant à l’école sur deux quarts, de jour et le soir. La République étant le paradis du système D et de la libre entreprise à tous crins, nous avons pu, enfin, faire nos téléphones et l’internet à des prix défiant toute concurrence. France à aussi profiter de l’occasion pour renouveler certaines prescriptions (à bas prix) qui nous avaient été refusées au Canada et aux USA. La marina de Luperon fait un petit marché aux puces ou nous avons vendu nos cartes et guides du Lac Champlain et de l’Intracoastal…
Nous serions restés plus longtemps en République mais une fenêtre météo d’une durée exceptionnelle nous permettaient de longer la côte (aucun arrêt possible) et même de ¨sauter¨ la baie de Samana, (avec ses problèmes d’arnaques et de vols) et directement traverser le passage de Mona (de très mauvaise réputation…) Et aller directement à Boqueron, Puerto Rico.
N.B. : En 2001 l'entrée en République coûte maintenant 10$ par personne, 15$ pour le bateau et 5$ pour on ne sait pas quoi encore, ils cherchent à quel ministère ce 5$ pourrait bien aller!  Dépendant des endroits l’internet coûte 30, 40, 50 pesos l’heure…amenez vous une montre chrono, sinon ils ont les minutes très courtes! Le diesel se vend 1,80US$ le gallon, ayez un filtre BAJA sinon c’est la panne garantie. Les réservoirs du Esso sont vieux et encore en acier…ils sont rouillés, prennent l’eau et le fuel est ensuite transvidé dans des 50 gallons encore plus sale et rouillé pour être ensuite livré à votre bateau. Plusieurs sont tombés en panne en quittant Luperon…dont nous!
Coût de la vie : Si on compare en dollar US et qu’on prenne Montréal comme point de repère, et qu’on prenne les denrées les plus élémentaires comme le poulet, porc, pain, fromage, légumes et fruits, bières, vin de table, et diesel. Voici nos constatations (pas scientifique) : Montréal : 100, USA : 150*, Bahamas : 165, Turks : 155, République : 90, Puerto Rico : 145*   
Note* Le dollar Canadien ne valait que 0,65$ sinon les prix aux USA auraient été plus bas!
18 au 28 Février 2001

samedi 17 février 2001

Sand Cay/Luperon, République Dominicaine

Nous quittons Sand Cay à 15h., sous voiles.  Nous avons 88 miles à faire pour atteindre notre destination Luperon.  La météo est parfaite, nous avons un vent de 15kn par le travers et nous filons sur une mer avec des vagues paresseuses longues de 6 à 8 pieds.  Le bonheur!  Nous assistons à un extraordinaire couché de soleil suivit d'un non moins extraordinaire levé de soleil... Les Bahamas voulaient t'elles se faire pardonner sa mauvaise météo ponctué de "Cold Fronts"?  Mais avant le levé de soleil, on avait déjà aperçu le "flash" du phare de Puerto Plata et après les montagnes de la République.  Tout un changement comparé à la nature du terrain des Bahamas.
Quelques heures plus tard, nous approchons de la baie de Luperon (anciennement Puerto Blanco)  A mesure que le ciel s'éclaircit, le paysage est tel que Christophe Colomb la probablement vu et ressemble étrangement à une scène du film du même nom...il aurait fallu pour marquer le coup que je mette la musique de Vangelis à tue tête.  Mais on est bien trop excité pour aller fouiller dans les CDs. on entre dans l'immense baie (mal balisée) et un superbe 2 mâts Français, "La Louisette" nous attend pour donner encore plus d'ambiance, comme si c'était encore nécessaire!
La Louisette dans le mouillage de Pinzon, à l'entrée de Luperon
Le mouillage de Luperon, le village est au fond
 Encore plus loin, nous entrons dans une deuxième baie bien cachée et enfin dernière une pointe de terre, une soixantaine de voiliers sont ancrés.  C'est absolument extraordinaire!  Luperon est véritablement un trou à ouragan.  Certains voiliers y sont depuis plus de 2 ans, plusieurs viennent y passer la saison des ouragans...ils sont certainement pas assurés par des courtiers de Montréal!  S'cusez!
Notre arrivée à Luperon signifie la fin d'un style de navigation.  A partir de maintenant, nous aurons de l'eau sous la quille en masse et pour simplifier la vie de l'eau à boire!  Les îles et les mouillages seront aussi beaucoup moins tributaire de la météo et en boni...plus de "Cold Front"!
Nous aurons aussi, à partir de maintenant accès à beaucoup plus de service.  Déjà que Luperon, un pauvre village de pêcheur  dans un des pays qui était il n'y a pas si longtemps l'un des plus pauvres du monde est a des années lumières de la plupart des îles des Bahamas.
17 février 2001

lundi 12 février 2001

Sappodilla/French/Long/Sand Cay, Turks & Caïcos

Notre premier arrêt en route pour la République Dominicaine est French Cay, un petit îlot désert, qui est un sanctuaire d’oiseaux. Nous y resterons 2 nuits toujours à cause des vents. 
French Cay...quoi dire!
 Nous quitterons French Cay en direction de Long Cay en coupant à travers le banc, tout en espérant que les vagues se seront calmées. L’eau est d’un vert jade à couper le souffle, heureusement ceci nous permet de voir longtemps d’avance les têtes de corail qui parsèment le chenal. Une fois, nous l’avons échappé belle, un nuage avait momentanément caché le soleil et le chenal devant nous était sombre sur toute sa largeur…15 mètres avant d’atteindre cette tache sombre, le soleil sort et horreur! La tache est fixe, nous sommes sur le point d’entrer de plein fouet sur un immense banc de corail qui coupe le chenal! De toute la route, c’est le seul endroit ou le chenal est totalement coupé par du corail et il fallait qu’un nuage nous en cache la vue. Heureusement, qu’un voilier n’est pas rapide, nous faisions 5,5kn et nous avons eu le temps de virer en catastrophe pour éviter la collision.
Le reste de la traversée se fait sans problème, à part du fait que, le vent se lève et que nous avons la vague de face. Le voilier peine et son avant est souvent sous l’eau. Pour la première fois, nous aurons la chambre avant mouiller, même les coffres ont de l’eau à l’intérieur, belle ¨job¨ de séchage en perspective.
Long Cay est un très grand mouillage ou nous passons une nuit confortable. Le 16 février nous nous dirigeons vers Sand Cay. Petite demi-journée peinarde à moteur, parce que le vent souffle toujours au E SE mais heureusement avec moins de vélocité. Nous arrivons à Sand Cay, et l’île est tout simplement paradisiaque. La plage est dorée, de sable très fin et longe pratiquement toute l’île. Pour une rare fois, nous décidons de rester sur place par choix et non à cause du vent! Au mouillage, nous serons 6 voiliers; 1 Suisse, 1 Français, 2 Québécois et 2 Américains qui représentent en même temps les 2 extrêmes de type de navigateur, un est un monstre de catamaran de 52 pieds et l’autre est un Pearson de 24 pieds équipés d’un moteur hors-bord. Alors ceux qui ne réalisent pas leur rêve à cause de la petitesse de leur bateau, vous n’avez certainement pas pire!
13 au 17 Février 2001


lundi 5 février 2001

Mayaguana/Sappodilla Bay, Turks & Caïcos

Le 5 février, la météo annonce une petite accalmie mais surtout un vent d’Est ce qui devrait nous permettre de rallier les Turks & Caïcos sans trop souffrir.  On se déplace encore une fois vers l’entrée de la baie dans l’après midi et à minuit nous regagnons le large ou nous filons toute voile dehors avec 15/20kn de vent et au levé du soleil nous voyons la barrière de corail et l’entrée du passage vers la baie de Sappodillo. Malgré le vent, maintenant à 25kn, nous sommes obligés de ralentir parce que l’éclairage à cette heure-ci ne se prête pas à une entrée immédiate. Une fois le soleil à son zénith, le chenal est très facile à voir, d’un côté le bleu marin indiquant 2000 mètres d’eau et de l’autre, le vert jade indiquant le fond à 4 mètres…parsemés de têtes de corail. Il nous faut donc ralentir avant de ¨monter¨ sur le banc. Très impressionnant! En approchant du banc, l’eau semble en ébullition et il faut s’aider du moteur pour entrer dans la passe, après nous n’avons qu’a nous diriger vers l’ancrage en surveillant les taches noires. Nous nous ancrons enfin à midi dans une jolie baie avec une belle plage de sable fin. Ouf!
La plage et le dock de Sappodilla Bay Turks & Caicos
 Nous faisons les douanes (très facile et gentil, 5US$ au lieu des 135US$ que les Bahamas nous ont arnaqués) dans l’après-midi et le lendemain nous allons en ¨ville¨ faire des courses dans un… IGA!  Les prix sont moins élevés qu’aux Bahamas, plutôt égal à Miami et ce malgré la plus grande distance. Il faut dire que le gouvernement n’impose pas systématiquement une taxe de 30% sur les importations comme aux Bahamas. En fait, ici il n’y a pratiquement pas de taxes. Pas d’impôt sur le revenu, pas de taxes d’affaires, pas de taxes sur les propriétés en fait c’est à se demander comment ils font pour arriver, mais surtout on voit que ça bouge, les nouvelles maisons luxueuses, les commerces, les petits hôtels…sans casinos. Les Turks ont fait le pari du tourisme écolo, haut de gamme, et c’est une réussite. On peut se demander que seraient ils arrivés si le projet de la 11e province canadienne s’était concrétisé…
Le mouillage de Sappodilla Bay, Turks & Caicos
 Notre ancrage est confortable, mais nous sommes assez loin de la ville et des services. Nous sommes obligés de remplir le diesel et l’eau avec nos bidons et prendre le taxi, la job!  Heureusement que les locaux sont très gentils et ont n'a qu'a lever le pouce et aussitôt quelqu'un nous embarque.
Aussitôt que la météo nous donnera un vent d’Est raisonnable, nous nous dirigerons vers la République. En attendant que le vent se calme ont fait du social et nous avons la surprise de voir arriver "Errante" nos nouveaux amis Tex-Mex que nous avions rencontré à Georgetown.  Le vent souffle sans arrêt du S SE, 20/25kn donc ce n’est que le matin du 12 qu’un véritable ¨stampede¨ se produit, 3 voiliers américains quittent vers les Bahamas et nous, en compagnie de 3 autres voiliers (¨Sol¨ et 2 français) nous nous dirigeons vers évidemment…¨French Cay¨! Ce n’est que le fruit du hasard parce qu’on ne s’était pas concerté. France barre tout le trajet et en prend vraiment un réel plaisir, même quand le vent se met à grimper à 26/28kn. Un des voiliers français est en provenance de Montréal via Toronto via le Mississipi. Il était à Montréal pour faire des conférences sur son précédent exploit…28,000 kilomètres en vélo avec son chien. Nous l’avons rencontré à son retour de Cuba, à voile, moteur en panne, complètement affamé parce qu’il n’avait pas pu se ravitailler, sa carte de crédit n’étant pas valide à Cuba…no money, no candy!  En plus il faut savoir que les autorités Cubaines ne l'autorisait pas à sortir de son voilier ou de quitter le pays, il fallait une autorisation de La Havane.  Spécial!
N.B. : A Provo, toutes les banques sont membres du réseau Cirrus…pas Interac, donc impossible de se servir des guichets automatiques. La seule façon de retirer de l’argent c’est en faisant une avance de fonds sur présentation d’une carte de crédit, donc des frais supplémentaires.  Le prix de l’eau potable varie de 10¢ à 1 US$ le gallon.
5 au 12 février 2001

samedi 27 janvier 2001

Rum Cay/Abraham Bay, Mayaguana

La météo annonce dans les prochaines 24 heures l’arrivée non pas d’un autre ¨Cold Front¨, ¨ mais des premiers vents du S E qu’on attendait depuis notre traversée de Miami, sauf que maintenant on s’en passerait bien. L’ancrage sera absolument intenable, et il n’y aura pas d’autres îles ayant un ancrage avant Mayaguana qui elle, est à 130 miles de distance. Donc, les 5 voiliers sans se consulter ont pris la même décision et font voile pratiquement ensemble. Après 2 heures de route, le vent forcit et tourne plus tôt que prévu vers l’Est, les voiliers peinent et le Catalac 37 retourne vers Rum Cay.  Une heure plus tard, les deux autres voiliers abandonnent et changent aussi de cap vers Rum Cay, nous apprendrons plus tard qu’ils y serons prisonnier 12 jours! Nous avons de plus en plus de difficulté à maintenir notre route et surtout de rester à proximité de ¨Sol¨. Mais le vent se remet à changer de direction et maintenant nous filons au nord de Samana que nous passerons en pleine nuit. (Nous n’en verrons que l’écho sur le radar…Christophe Colomb n’avait pas ce luxe, maintenant je comprends mieux quant certains historiens comparent l’ampleur du voyage de Colomb à celui de l'expédition vers la lune!) Toujours en pleine nuit nous croisons les Plana Cays, ou il n'y a qu'un village abandonné et arrivons enfin, 24 heures après notre départ à Mayaguana.
Il était temps parce que nous sommes fatigués et que les conditions sont maintenant réunies pour faire des gaffes. D’ailleurs, à l’approche de l’ancrage, nous décidons qu’il est trop dangereux d’accès et nous préférons mouiller dans un ancrage secondaire avec aucune protection et très rouleur, nous y passerons 2 nuits. Une fois bien reposé, nous retournons essayer notre premier choix de mouillage et maintenant, bien reposé et avec une nouvelle optique, l’entrée à travers la barrière de corail se fait assez facilement. Nous nous ancrons dans 4 mètres d’eau, entourés de têtes de coraux, face à l’océan dont les vagues viennent se fracasser 30 mètres devant nous…et nous sommes ¨presque¨ confortable.
Dans le mouillage d'Abraham Bay, sa tire!
Le vent continue de souffler E SE, 15 à 25kn, après 7 jours, la météo nous annonce une accalmie dans les 10kn, on déplace les voiliers à l’entrée de la barrière de corail, pour pouvoir sortir d’ici en pleine nuit. Mais les vents continuent de souffler toute la nuit à 25kn, nous restons donc sur place à se faire brasser copieusement. L'avantage c'est que pour la première fois l'éolienne fait vraiment sa "job", les batteries sont pleines!
Le lendemain matin, on retourne s’ancrer derrière la barrière de corail, on va enfin pouvoir dormir!
N.B. : Mayaguana, est une très grande île avec 3 villages pratiquement à l’abandon, habités en majeure partie que par des vieux. Le dock est inaccessible, même en annexe. Un deuxième dock abandonné, plus utilisé depuis la fermeture d’une base spatiale américaine, tombe en ruine. L’aéroport lui aussi construit par les Américains est à moitié fermé, les pistes se recouvrant graduellement de végétation. L’île est pourtant très grande, en fait la plus grande des Bahamas,  la culture des ananas en était le revenu principal, à part la base, aujourd’hui, rien n’est cultivé! En fait, Mayaguana résume un peu la situation de la plupart des îles de l’archipel des Bahamas.
27 janvier au 4 février 2001

jeudi 25 janvier 2001

Georgetown/Rum Cay,Bahamas

Hier après midi, pour profiter de l’angle du soleil, nous nous sommes déplacés vers la sortie de la baie de Georgetown à Fowl Cay, face à la mer. Nous partons à 07h00 et tricotons à travers les hauts fonds et les bancs de coraux…il y’en a partout!   Après une heure, assez ¨stressante¨ nous hissons les voiles et en compagnie de 4 autres voiliers dont le Catalac 37, qui ont pris un passage différent, nous filons avec ¨Sol¨ vers Rum Cay. Nous y arrivons en fin d'après-midi après une très belle journée de voile et nous ancrons près du ¨village¨.   Après 3 essais on réussit à bien accrocher, mais le mouillage est excessivement rouleur et le vent souffle sans arrêt.
L'entrée pour la marina de Rum Cay.  Photo: rumcayvacationrentals.com

Le lendemain, nous débarquons sur l’île en espérant envoyer nos ¨Pocketmail¨, ¨ mais les 2 téléphones de la place sont disparus, il ne reste que les cabines…c’est drôle, le village comptait 2 téléphones, il n’en reste rien mais par contre ils ont les moyens d’avoir 3 bars pour 50 habitants!
25 au 26 janvier 2001

jeudi 11 janvier 2001

Staniel Cay/Farmer's Cay/Georgetown, Bahamas

Nous avons enfin une fenêtre météo et quittons l’ancrage très rouleur de Staniel, depuis 3 jours le ¨swell¨ était devenu carrément intolérable, après avoir chassé évidemment en pleine nuit, nous nous sommes déplacés 2 fois mais sans résultat.  Heureusement que c'est la pleine lune, donc les manœuvres sont pas trop "risqués".
Le mouillage de Farmer's Cay, Bahamas
 Donc c’est sans regret que nous quittons l’ancrage vers Farmer’s. Nous y arrivons dans l’après-midi après une très belle traversée sous voile. Nous entrons dans la baie, évitons le banc de sable très évident (si le soleil est au rendez-vous!) et naviguons dans 3 mètres d'eau en gardant une quinzaine de mètres de distance entre nous et un récif…et nous nous échouons sur un haut fond parsemés de ¨patates¨! ¨Sol¨ qui nous suivait passe à, a peine 3 mètres de nous sans problèmes mais finalement fait demi tour parce que le ¨port¨ de Farmer’s est très ouvert au nord. Nous resterons accrochés aux cailloux pendant une dizaine de minutes avant de réussir à pencher le voilier suffisamment pour le dégager, il fallait faire vite parce que la marée était descendante, les vagues et le courant nous poussait encore plus vers le haut fond. Nous retournons vers l’entrée de la baie et nous nous ancrons dans 5 mètres d’eau, complètement épuisés. Mais la force du courant nous incite à encore une fois changer de mouillage et nous nous déplaçons vers une mini-baie, ou nous sommes obligés de nous ancrer juste à l’entrée dans à peine 2 mètres d’eau, face à l’océan avec encore un fort courant, mais le fond à l’air de mieux tenir. C'est vraiment un mauvais endroit pour mouiller, les courants venant des deux "passes" font qu'on arrête pas de tourner, de tirer sur notre mouillage, pourvu que sa tienne!  Pour ne prendre aucun risque, exceptionnellement, je mets les deux ancres.  Nous allons quand même prendre le temps de visiter le ¨village¨, selon un des guides, ça devrait nous donner une idée de certaines îles polynésiennes… je pense que le guide devait avoir abusé de la poudre blanche! Il n’y a RIEN qui vaille le déplacement, c’est presque un village fantôme ou en voie de le devenir. À moins que la Polynésie ne soit qu’un ramassis de carcasses de 4X4, de hors-bord abandonné et de cabanes plus laide les unes des autres.
11 janvier 2001

Après avoir passé une nuit merdique à dormir sur une oreille, nous quittons enfin notre ancrage à 07h15 vers la mer, il ne fait pas encore jour, mais la proximité de notre mouillage nous permet de le faire en toute sécurité. Nous avons 40 miles à faire avant d’arriver à l’entrée de Georgetown, et il faut que nous y soyons avant l’après-midi si nous voulons entrer dans la passe ou nous avons 3 miles avec 5 changements de cap à faire sans que le soleil nous éblouisse et nous empêche de voir les hauts fonds et les têtes de corail. L’eau dans la baie est turquoise et d’une transparence inouïe. Je vois de loin, un dauphin sous l’eau se diriger vers nous, nous apprendrons plus tard que c’est le seul dans le coin et qu’il fait pratiquement parti des attractions touristiques de l’endroit, il vient même jouer avec les gens qui se baignent autour de leur bateau ancrer à ¨Hamburger beach¨. Nous n’aurons pas cette chance parce que nous préférons nous ancrer devant ¨Sand Dollar beach¨ qui est mieux protégée et plus proche de la ville.
Le mouillage "Sand Dollar Beach" devant la ville de Georgetown
Pendant la durée de notre arrêt à Georgetown nous aurons 2 ¨cold fronts¨ et nous n’aurons pas à nous déplacer de notre mouillage, au contraire des autres endroits ou nous assistons à un va et vient continuel de bateaux à la recherche de l’endroit le plus confortable pour les conditions météo du moment. Évidemment qu’il existe de meilleurs ancrages, mais ils sont depuis longtemps pris par les habitués…on nous a montré un endroit ou le voilier présent revient chaque année depuis 30 ans!
La "marina" de Georgetown avec un catamaran Catalac de 30'
Facile à comprendre, ici la météo est plus clémente et la plupart des ¨cold fronts¨ meurent en cours de route. (Chaque hiver, il y a en moyenne 45 ¨cold fronts¨, seulement 3 se rendent à Mayaguana au sud des Bahamas.) La ville, (550 habitants) est entourée de belles plages et à courte distance de coraux pour les mordus de la pêche. En plus, la ville à les services essentiels, épiceries, marchés, banque, gaz propane, gasoil, aéroport, téléphones fonctionnel…donc c’est presque le Nirvana. L’endroit est sécuritaire, pratiquement personne ne cadenasse son annexe, en fait certains exagèrent…un jour, au dinghy dock, j’ai aperçu une annexe pleine de sacs d’épiceries avec son ordinateur portable bien à la vue de tout le monde, facile après d’accuser les Bahamiens de se laisser tenter.
L'île de Georgetown, côté Atlantique.
Profitant d’une belle journée, nous sommes allés faire le tour de l’île au vent, (notre ancrage) nous avons marché le long de la plage qui est superbe et traversé sur le côté océan ou les vagues venaient s’écraser sur les rochers dans un bruit assourdissant, nous y avons trouvé le spectacle désolant d’un voilier de 35 pieds échoué sur la plage une semaine auparavant. Paraît que le capitaine s’était endormi au commande (cause assez commune) et c’était retrouvé sur la plage sans dommage, mais écœuré il est retourné aux USA, une semaine plus tard le voilier avait été totalement déshabillé, l’électronique, les winches, tout, même le mât était disparu!
Nous avons continué notre marche et sommes revenu vers les ancrages de ¨Volleyball beach¨ ou la plupart des habitués de longue date, ancrent leurs bateaux dans 2 lagons complètement fermés…que font ils avec les ¨chiottes¨? Nous avons dû traverser un petit bras de mer dans 1,3 mètres d’eau à proximité des voiliers ancrés et au moment où je me retourne vers France, pour voir comment elle se débrouille pour traverser, je vois à 2 ou 3 mètres, un petit requin nager vers elle, je la tire de la en 4e vitesse! Un peu plus loin, en marchant dans 10cm d’eau, le sable se met à bouger sous mon pied et une raie de s’enfuir.   Disons que nous avons décidé d’écourter notre marche…
Pendant notre étape ici, ont a le temps de faire du "social" et de visiter un Trawler, même par mer calme ça roule!  On visite aussi un catamaran, un superbe Catalac 37...un condo flottant.  En plus on lie connaisse ou on revoit les Scape II, Weekend, Abitibi et Vent d'Ange que nous avions rencontré soit aux USA ou à Nassau.  On rencontre aussi un couple "Tex-Mex" avec leur fille de 7 ans sur un beau Beneteau 44CC.  Il y'a des Mexicains qui ont du "bacon"!
L’endroit est agréable, mais il nous faut penser à partir parce que les vents dominants du nord vont bientôt tourner et seront de plus en plus en provenance du Sud, Sud Est, ce qui pour le reste de notre voyage n’est pas l’idéal, surtout pour notre traversée vers les Turks & Caïcos, la République et Puerto Rico. (On est jamais satisfait, maintenant on VEUT des ¨cold fronts…mais pas trop fort!)
N.B. : Chez ¨Exumas Market¨ vous pouvez recevoir et envoyer des ¨fax¨, recevoir du courrier et des paquets, ils se chargent de les retenir jusqu’à votre arrivée. Autres choses intéressantes à Georgetown, chaque matin sur le ¨Net¨ organisé par les plaisanciers américains, ¨Exumas Market¨ annonce les paquets arrivés, la météo marine est retransmise, les offres et demandes de services etc etc. Très pratique quant vous êtes loin de tout et que vous avez un problème, chiro, cartes marines, problèmes mécaniques, conseils météo pour ceux qui veulent continuer et quitter ¨Chicken harbour¨ pour les ¨Fars Out Islands¨ ou là, il n’y a RIEN de RIEN.
12 au 24 janvier 2001