Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

vendredi 3 novembre 2000

Barefoot Landing/Waccawaw River, Prince Creek, SC (380,7)

Nous partons à 7h:00 du matin, le soleil nous promet une superbe journée.  Nous entrons dans le pays des contrastes.  Tantôt de superbe propriétés, tantôt des roulottes ou des ¨shacks¨ mais partout sa construit et ici je dirais qu’ils construisent frénétiquement.  Non seulement des maisons, mais des ponts, des marinas ils préparent les infrastructures dans des anciens marais pour d’autres maisons toujours plus grandes.  Mais graduellement le paysage change et maintenant nous sommes dans une forêt inhabitée ou presque.  Nous croisons sans arrêt des criques toutes plus invitantes les unes que les autres et nous arrivons dans Prince Creek, qui a l'aventage d'être une boucle de 2 miles de long qui nous évitent le détour d'entrée et sortir, la crique est totalement retirée, c’est absolument magnifique.  
Yallah! à l'ancre, très en sécurité dans Prince Creek
Nous sommes 3 voiliers à se cacher les uns des autres, aucune vague, aucune lumière, silence complet.  Tellement tranquille que je passe 1 heure à essayer de photographier une tortue, mais juste le bruit de l’eau contre le dinghy suffit à faire fuir mon sujet, en tout cas j’ai une belle photo d’une grosse bûche minus la tortue!
Une heure a attendre, l'apparition d'une tortue...pour rien!
3 Novembre 2000

mercredi 1 novembre 2000

Carolina Beach/N. Myrtle Beach, Barefoot Landing, SC (354,0)

On se pensait bon, mais nos Américains partent à 6h:30, nous on vient de se réveiller et nous partons à 7h:30, une petite différence mais importante à cause de l’ouverture d’un pont qui prend 45 minutes et du courant très fort qui nous ralentiras plus tard dans la journée.  En plus nous devons arrêter pour remplir de diesel, parce que je viens de réaliser qu’a Barefoot Landing il n’y en à pas, nous arriverons 2 heures après eux.  Nous marchons à moteur et nous manquons de peu l’ouverture d’un vieux pont tiré par des câbles, évidemment qu’avec un système aussi archaïque que ça, il n’ouvre qu’aux heures.
Un bateau un peu trop pressé! Boat US à la rescousse!
La journée allonge et nous passons 2 autres ponts avec toujours un décalage qui fait qu’a chaque fois on attend.  Après un accostage assez spectaculaire (2,5kn de courant au quai) dans une marina pour prendre du fuel, il nous reste qu’un pont ¨surprise¨(pas sur les cartes) et nous arrivons à la noirceur, le quai de 500’ de long est plein de bateaux.  Il reste un trou entre 2 voiliers et il faut manœuvrer toujours avec ce satané courant pour m’installer contre un voilier déjà à quai.  Heureusement que les gens accourent pour vous aidez…peut-être que ma ¨technique¨ d’approche les fait s'activer!.
Le lendemain matin, toujours sur les conseils de ¨Cheshire Cat¨ nous déjeunons au ¨Cracker Barrel¨, si vous en voyez un (il y en a 480 aux USA) essayez le vous en aurez pour votre argent.  Pour 5,99$ j'ai droit à une assiette avec 2 oeufs, bacon, jambon et patates et une deuxième assiette avec 2 crêpes avec pomme cannelle et crème fouettée.  Burp!
Mon déjeuner m’a suffit jusqu’au souper…et ce après une très longue marche sur la plage pour brûler les calories.  On nous suggère pour le lendemain un petit saut de 26 miles pour nous reposer du mercantilisme de Barefoot Landing.  On nous promet le dépaysement total.
N.B. :  Anchor Marina, 1,269 le gal., dépanneur…il n’y avait qu’un pain, plutôt une place à souvenir.
1 et 2 Novembre 2000

mardi 31 octobre 2000

Mile Hammock Bay/Carolina Beach NC (295,1)

Aujourd’hui nous décidons de forcer un peu, et de faire un peu plus de millage.  Nous partons donc à 7h:30 et nous regardons les magnifiques propriétés défilées lentement.  Nous revoyons à 3 occasions des dauphins.  La route est facile et bien indiquée, il suffit de faire un peu plus attention à l’approche des inlets ou des rivières ou il peut y avoir confusion de bouée, mais il suffit de ralentir et de vérifier les numéros…si ce n’est pas dans la suite de votre dernière bouée, oubliez la!  Nous voyons aussi de plus en plus de terrains de ¨VR¨, je suis certain qu’il doit y avoir du Québécois la dedans!  Nous arrivons à Wrightsville Beach, ça a plutôt l’air Rock N’ Roll on est content d’être partis tôt et nous poussons jusqu’à Carolina Beach et nous ancrons dans 15 pieds d’eau derrière une petite île (Bouée verte G5)  
Le mouillage de Wrightsville NC
Si ce n'était de 3 ponts qui nous ont fait attendre, dont un, pendant une heure, on serait arrivés pas mal plus tôt.  Nous allons prendre un verre de vin à bord de Cheshire Cat (en route depuis 3 ans, viennent de quitter après 3 mois une marina de New York…ils n'ont pas le même budget!)  Ils nous convainquent de faire d’une traite le trajet pour ¨Barefoot Landing", SC ou 58 miles, on a que se lever de bonne heure comme eux!
N.B. :  Diesel disponible SANS faire de DÉTOUR à un quai flottant, facile d’accès, Swan Point Marina au millage 246,8  et ce à 1,18 le gallon.
31 Octobre 2000

lundi 30 octobre 2000

Beaufort/Mile Hammock Bay, NC (244,5)

Nous partons par un froid de canard (55o) mais il fait un beau soleil, nous avons quelques bouées à prendre et nous serons de retour dans le canal, sauf qu’aucune bouée ou leurs numéros ne concordent avec la carte et même l’emplacement pour quelques unes ne concorde pas.  Heureusement qu’il fait beau!  On finit par se retrouver et on entre dans notre dernier ¨sound¨, pas de vent, nous n’avons qu’a suivre l’alignement des bouées.  La route est rectiligne et nous arrivons dans la première courbe et nous voyons nos premiers dauphins.  J’avoue que c’est impressionnant et de toute beauté.  Un peu plus loin on ne voit plus notre bouée, elle est cachée par une multitude de pêcheurs.  Il faut littéralement se frayer un chemin à travers c’est passionnés de la pêche.  Chaque chaloupes reste le plus longtemps possible dans le chenal pour ne pas perdre son ¨spot¨ préféré et ce même si immédiatement derrière nous une énorme barge d’une centaine de pieds de long s’en vient à toute vapeur.  Les gens du coin sont de véritables ¨accrocs¨ de la pêche, des jeunes, des vieux, des femmes et tous de vous envoyer la main à votre passage.  En fait saluer les étrangers ici est absolument normal et pourtant des centaines de bateaux transitent par le canal ou que ce soit à terre les gens prennent le temps de vous sourire et de vous saluer, même les ouvriers sur les chantiers de construction le font, et comme à New York, des chantiers ce n’est pas ce qui manquent.  L’intracoastal est une suite ininterrompue de maisons, d’hôtels, de ponts, de golfs en construction…excepté dans le parcours que nous entamons ici.  Nous approchons d’une guérite et derrière, nous apercevons une forêt d’arbres décimés et de la fumée, nous approchons du Camp Lejeune (pas des scouts) nous y pénétrons à la suite de notre barge qui maintenant nous à dépassée, il semble que les Marines soit en heure de dîner (sans farces!) et nous avons le droit de passer.  A 13h:00 pile, nous sommes 4 miles plus loin et sa recommence à tirer du canon, c’est bizarre mais on pourrait presque croire que l’eau vibre.  Nous arrivons dans une baie artificielle (gracieuseté des Marines) et nous ancrons dans 10 pieds d’eau, ça tient bien mais tout les bateaux ancrés du côté SUD semblent avoir de la difficulté à s’ancrer et se reprennent plusieurs fois avant de réussir.
Tôt le matin, manoeuvre dans le mouillage...les marines sortent!
Pour les anti-Américains chronique, il n'y a aucun pays qui laisserait des "civils" s'installer à l'intérieur d'une base ou transiter à l'intérieur d'une base navale comme Norfolk, ni en France, ni au Canada
30 Octobre 2000

samedi 28 octobre 2000

Cedar Creek/Beaufort, NC (202,3m+2,1m)

Un autre de nos arrêts fétiches!  La rade est pleine de voiliers qui attendent une accalmie soit pour continuer par la mer ou dans certains cas traverser directement vers les îles.  Nous retrouvons les ¨Ma Blonde¨, ¨Va Sano¨, ¨Abitibi¨, ¨Aurora¨, ¨Turbulence¨.  
 Le mouillage de Beaufort NC et son "dinghy dock"
Certains se reposent après avoir eu quelques mésaventures…ce qui m’amène à répéter qu’il ne faut JAMAIS suivre aveuglément un autre voilier.  Vous ne connaissez pas sa route et son tirant d’eau et même si vous le saviez, connaissez vous réellement l’expérience du capitaine que vous suivez.  Vaut mieux faire votre route vous même, et fiez vous à votre expérience, même si celle-ci est toute nouvelle.  Les mésaventures que j’ai vu ou entendu étaient toutes de celles impliquant un voilier suivant un autre.  Les nombreux haut fonds, les ¨passes¨ dans une eau pas claire, les interprétations (la langue!) font que même un ¨vieux¨ de Québec ou du lac Champlain ne sont pas une garantie.  Il m’est toujours resté en tête l’histoire du voilier qui faisait la route des îles du Sud par le fleuve St Laurent depuis 10 ans, et qui passait aux mêmes endroits sans problème, jusqu’au jour qu’il s’est échoué.  A la question, comment il négociait les chenaux, le capitaine avait répondu : ¨Comme d’habitude…en longeant par l’extérieur les bouées! 
Beaufort est jolie, m’est très petite.  En fait il n’y a pas grands choses à voir, le tour de ville se fait en 1 heure à pieds mais il y a un vieux cimetière datant de 1770 en plein centre et il est très intéressant.  
 Le très vieux et intéressant cimetière © 2008 George Alexander
 On réalise l’importance des guerres dans la vie de cette ville.  On y trouve des pierres tombales de la guerre d’indépendance, la guerre de Sécession, la guerre de 1812, un vrai cours d’histoire.  Mais malheureusement, le plus touchant est la quantité énorme de tombes d’enfants.  La lecture des dates nous laissent deviner les drames que certains (la plupart) à l’époque ont vécus.  Une, parmi les autres, c’était 4 tombes avec à peu près 18 mois entre chacune des naissances et surtout la dernière du groupe la mère morte le lendemain du dernier né…c’était ça le bon vieux temps?  Autre endroit à visiter est le musée (gratuit) ou nous trouvons de très belles maquettes, aussi les gens de bateaux peuvent s’y inscrire pour avoir l’usage d’une bagnole pour 2 heures.  Un ¨must¨ si vous voulez aller à l’épicerie ou au West Marine qui sont pas à la porte à côté!
28 et 29 Octobre 2000

vendredi 27 octobre 2000

Oriental/Cedar Creek, NC. (187,7m)

Nous profitons des vents plus ¨calme¨ du matin (20kn) pour traverser la baie avec des vagues de côtés pour aller nous réfugier dans Adams Creek 7 milles plus loin ou nous serons encore mieux protégés à l’intérieur de Cedar Creek…la météo annonce une tempête tropicale dans les 24 heures.  Déjà, ils annoncent des vents de 30/35kn (50/62km) pour cet après midi, et notre petite traversée de ce matin avec un fort vent et des déferlantes de côté nous incitent à la prudence. Les conditions ne sont pas idéales pour traverser le prochain ¨sound¨ avant Beaufort.  L’ancrage est très bon et nous aurons droit à un petit boni…
Un frère jumeau de Cheshire Cat, un Nonsuch 30
 Des américains sur ¨Cheshire Cat¨ un Nonsuch 30 que nous avions rencontrés à Elizabeth City nous ont dénichés des crevettes à 6$ la livre dans le fond de la crique.  Cueillis dans la nuit et même pas encore triés…elles sont hyper grosses!
A notre grand plaisir nous reverrons Cheshire Cat, 5 ans plus tard...en remontant.
27 Octobre 2000

jeudi 26 octobre 2000

Belhaven/Oriental, NC (181,0m)

Une autre belle surprise!  Les guides en parlent comme si ce n’était pas grand chose, mais le port (très petit, 5/6 places à moins de tirer moins que 4’ 6¨) est très bien protéger, nous y passerons la nuit avec 25kn de vent.  Le quai municipal (2/3 places, 4’6¨) est gratuit, et la ville est jolie.  
Le mouillage d'Oriental et son "dinghy dock"
 Le ¨marine store¨ assez gros est aussi bien équipé que ceux d’Annapolis.  Tout y est, équipements, électroniques, dinghies, cartes, livres, un petit dépanneur avec vin.  Il y a aussi une section avec équipement usagé, un exemple; vélo pliant 125$.  Il y avait aussi une exposition de toiles d'artistes locaux et de photographies de gens qui ont décidés de s’installer à Oriental.  Il semble, après avoir parlé avec un ¨local¨** qu’Oriental à cause de son emplacement à mi-chemin entre la côte du Maine et des Bahamas est devenu un endroit de prédilections pour les gens qui aiment transiter entre les deux endroits.  La ville (très petite) est surprenante, plusieurs restaurants, plusieurs galeries d’art, 3 ateliers de réparations de voiles…il y a 1000 voiliers éparpillés dans les 3 marinas avoisinantes, plusieurs "brokers" de bateaux usagés.  Nous avons même ¨spotter¨ une maison superbe sur le bord de l’eau qui attend un "valeureux entrepreneur" pour y venir opérer un B&B.  Ah! Être plus jeune!
Si l’ancrage est plein, continuez votre route vers Cedar Creek (6,7m d’Oriental)
N.B. : Un point négatif, l’épicerie est assez loin, mais il semble qu’il est possible d’avoir une voiture de courtoisie mais nous n’avons pas pu vérifier.
**Local :  Nous avons passez au moins 20 minutes à parler avec ce vieux monsieur, qui est très représentatif du genre de rencontre que nous faisons depuis que nous avons quitté le Canada et la région de New York/New Jersey.  Souvent les gens, une fois qu’ils savent que vous venez du Québec ou de Montréal sont tout heureux de parler d’un de leurs voyages qu’ils ont fait chez nous
26 Octobre 2000