Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

jeudi 1 janvier 2004

Sainte Anne/Anse Mitan/St Pierre/Portsmouth, Dominique

Le retour, nous y sommes ou presque, un fort vent du nord nous empêche de partir, surtout que la mer dans les passages est déchaînée, donc on attend et on en profite pour revoir nos amis et faire encore le plein…on a 7 caisses de bières et 62 bouteilles de vin! Il nous reste qu’a faire le plein d’eau, et on part!
Alysée et ses deux "mères", les derniers adieux!
Comme toujours, à la veille d’un départ, on dirait que Yallah! fait des caprices…le frigo marche sans arrêt et le presse étoupe fuit comme les chutes Niagara. Un de nos copains (mécanicien nautique, de son métier) nous le change, mais pas pour un autre presse étoupe classique qui de par sa conception doit toujours couler un peu mais plutôt par un nouveau joint ¨oléo-pneumatique¨ de Volvo pour 100 Euros, fini l’eau dans la cale!  De toute façon on a pas le choix, je me suis fait dire au "ship" (magasin nautique en français...) qu'un presse étoupe comme le mien devait dater de l'Arche de Noé!
Mais pour l’installer, il faut enlever l’ancien système, donc retirer en partie l’arbre d’hélice et glisser le nouveau système…tout en étant à l’eau! Mais Thierry à l’habitude et en 2 heures, réussi l’opération, c’est assez stressant, surtout au moment ou il repousse l’arbre d’hélice et que l’eau se met à entrer dans la cale, même la pompe de cale n’arrive pas à suivre, mais comme promis, ce n’est qu’un mauvais moment à passer et la fuite est bientôt colmatée par le nouveau joint et la pompe finit par vider la cale. Ouf!!!

PANIER D'ÉPICERIE
Pour ceux qui auraient l’intention de descendre dans les îles ou par simple curiosité du coup de la vie dans les îles, voici un panier d’épicerie d’items de base que nous comparerons à mesure qu’on remonte vers le nord. Les items sont toujours d’un bon rapport qualité/prix mais pas nécessairement de marque nationale, et ce seront toujours les mêmes items du moins pour le format.
Je n’inclus pas le Venezuela, étant donné que les prix, à cause du taux de change, ne sont pas comparables, suffit de dire qu’il faudrait diviser par 2 à 10 selon les items. Le deal!
PS. Le prix en dollar Canadien est basé sur le taux de change de l'époque.

Le panier typique pour le comparatif sera constitué de:
1 Salade,  1 kg de Tomates,  1 kg de Concombres,  1kg de Choux,  1 litre d'huile végétale,  1 pot de Mayo 500ml, 1 kg de riz, 1 boîte de conserve de légumes,  1 boîte de tomates, 1 pain tranché de 500g,  1kg de pilons de poulet,  1dz d'oeufs, 1kg de fromage "normal" ou industriel,   1 litre de lait,  1 litre de vin de table,  100 litre d'eau,  
24 bières de 33cl.
Pour compléter la comparaison, j'ajoute  le prix à l'unité:  1 litre de diesel, 1 litre d'essence et 1 heure d'internet.
Ceci ne donne qu'une idée du coût de la vie d'une île donnée...et non le vrai coût associé à un voyage.  Parce qu'on prend plus qu'un litre de diesel ou d'essence pour le hors bord et qu'on ne prend pas 24 bières à chaque approvisionnement!
En résumé en Martinique en Janvier 2004 le panier coûtait: 46,90 Euros ou 78,79$Can.
PS: Les légumes peuvent passer du simple au double, par exemple les tomates peuvent aller jusqu'à 6,30E et en plus en Martinique, il vaut mieux acheter les fruits et légumes dans les grandes surfaces moins cher que les marchés…et le contraire en Guadeloupe.
1 janvier au 7 janvier 2004

Le 8 janvier au matin on part un peu, beaucoup, le cœur gros, direction le Nord! Hier soir nous avons eu notre dernier souper d’adieu avec nos amis Yvan, Corinne et la petite Alysé, entrecoupé de nombreux téléphones à des amis que nous laissons derrière nous mais que nous espérons retrouver un jour sur notre route. La matinée est superbe et nous filons rapidement sous voile vers le Diamant, qui pendant des mois au cours des dernières années, à été notre ¨coup d’œil¨ vers l’horizon et ses magnifiques couchés de soleil, souvent ponctués du
¨green flash¨.
Le Diamant!  Combien de fois qu'on est passé devant...et c'est la dernière! Fait on une erreur?
Aujourd’hui c’est la dernière fois que nous le croisons et que nous le voyons d’aussi prêt, toujours aussi impressionnant!
Fort Saint Louis dans la baie de Fort de France
Après 18,6nm nous arrivons en baie de Fort de France, ou comme d’habitude, un vent de 20kn nous attend en pleine face…donc moteur jusqu'à Anse Mitan, ou nous avons la surprise de rencontrer nos amis de
¨Jonathan IV¨!   Une autre soirée d’adieu!
8 janvier 2004
 
La rade de St Pierre avec un beau Prout 37
 En route vers l’extrémité de la Martinique pour Saint Pierre et la montagne Pelée, après 14,1nm nous mouillons dans un de nos mouillages favoris, et aujourd’hui, nous sommes gâtés, le mouillage est presque vide et pas de loueurs donc calme. Adieux!
9 janvier 2004

Nous partons très tôt, à 05h30 pour la Dominique, un vent d’Est nous attend dans le passage, qui est normalement assez agité et une fois la pointe de l’île dépassée on a des creux de 3 mètres et le vent régulièrement atteint les 25/30kn!  Yallah!, porte bien son nom…et on arrive après 54,5nm à 14h00 à Portsmouth ou on s’ancre dans 10 mètres d’une eau super transparente.
La Dominique, baie de Portsmouth
Le passage entre la Martinique et la Dominique me rappelle un petit fait divers qui s'est produit ici.  Un voilier passait de nuit, quand l'équipière est tombée, flambant nue, par dessus bord, sans pouvoir alerter son mari qui dormait à l'intérieur.  Elle a réussit, malgré le courant entre les deux îles de rejoindre la Dominique pour être immédiatement incarcéré pour immigration clandestine!  Ce n'est que 3 jours après, que les 2 services de police, après avoir lu les "faits divers" dans les journaux firent le lien...
10 janvier 2004


mercredi 19 novembre 2003

Rodney Bay, Ste Lucie/Sainte Anne, Martinique (22,4nm)

La traversée du passage se fait sur une mer calme, nous avons longé la côte de Sainte Lucie vers l’Atlantique pour mieux nous positionné pour la traversée. Pour la première fois depuis que nous faisons cette traversée nous réussissons à rejoindre la pointe de Sainte Anne d’une traite et nous ancrons vers 11 heures.
 De retour à notre mouillage favori, le plus confortable... Un beau Prout 37 nous aguiche...
  Pour une fois qu'on arrive tôt à notre destination on a qui va amplement le temps de courir saluer, embrasser nos amis Yvan, Corinne et Alysée. On se paie une bonne bouffe en racontant notre voyage et en discutant des projets d’avenir. Pendant notre absence, ils ont monté une affaire de laverie/internet et plus. Enfin! Sainte Anne auras, pour les gens de bateau, un service qui faisait cruellement défaut, après tout on ne vit pas que de baguette et de vin!
 19 novembre 2003

Le temps a passé tellement vite, déjà la fin de l’année et bientôt notre départ pour la remontée vers le nord…ou presque!
 De la belle visite... en scooter des mers, comme ils disent!  Yvan et Alyzée
Sans bouger de Sainte Anne nous avons eu le plaisir de revoir nos amis terriens Yvan, Corinne, Murielle, Sylvie et/ou navigateurs, les Jonathan IV, La Mauny, Mordane, Catimini plus tout les copains des bateaux américains ou canadiens qu’on rencontrent à tout nos mercredi-dominos, vendredi-happy hour, et évidemment les festivités de Noël ou de Nouvel An.
On essaie de ne pas trop y penser, mais en quittant la Martinique nous allons laisser derrière nous beaucoup d’amitiés et perdre de vue les bateaux qu’on retrouvaient au fil des différents mouillages disséminés jusqu’au Venezuela
Le dernier repas de l'année et aussi pour nous, pour toujours!
Des cartes d’affaires et des promesses de se revoir en Floride s’échangent, 5 mois de navigation nous attendent, il faut partir.
Si vous voulez en voir et en savoir plus sur les Antilles et particulièrement la Martinique.
Faites un copié/collé sur:
http : //www.antillesdecouvertes.com 
http://www.zananasmartinique.com
http://www.infoantilles.com
Si vous voulez en savoir plus sur le nautisme dans les Antilles françaises, allez sur : http://www.nautisme.com
20 novembre au 31 décembre 2003


mercredi 12 novembre 2003

Tyrell Bay/Tobago Cays/Bequia/Chateaubelair/Rodney Bay, Ste Lucie

Enfin la météo se replace, le soleil brille, la baie se vide à vue d’œil.  Nous avons un bon vent et on a seulement 13,8nm à faire, Yallay! marche malgré son "surpoids" à 5,5/6,2kn vers les Cays ou nous nous ancrons en début d’après midi.  Je me répète, l’endroit demeure l’ancrage le plus spectaculaire de tout l’arc antillais et j’inclus les Bahamas…il resterais à vérifier Cuba!  Pour une description détaillée du mouillage, voir les années précédentes, en juillet et en octobre ou novembre.
L'eau toujours aussi claire des Cays, photo prise avec petite caméra 35mm à 15$!
Y'a du trafique!  Tobago Cays!  Toujours dans 10' d'eau, en snorkel
 En fin d’après midi, nous avons la surprise de voir Sol et Ma Blonde s’ancrés près de nous.  Ma Blonde, pendant qu’on s’abritait à Tyrrel Bay, à fait une navigation à tout cassé…Trinidad à Union (approx. 135mn.) en seulement 17 heures, son équipage est en état de choc, ou presque!  Nous restons quelques jours pour profiter de la tranquillité du mouillage pour installer le nouveau panneau solaire que Jonathan IV m'a apporté à Grenade et France pour prendre les dernières mesures du couvre annexe qu’elle est en train de faire et évidemment plonger sur la barrière de corail toujours aussi intéressante.
12 au 16 novembre 2003

Un Bequia bien tranquille, nous reçoit, tout est fermé!  Its Sunday!
Une très belle journée de voile nous amène à Bequia qui est à 25,2nm et ou nous avons l’intention de dépenser nos derniers EC$ avant de continuer sur la Martinique. Mais tout est fermé, on est dimanche! On ne se promène pas trop en ville, c’est désert et on ne veut pas se faire remarquer par les douaniers…on a toujours pas fait notre entrée de douane de qu'on a quitté le Venezuela!
16 novembre 2003

Le lundi 17 novembre, aussitôt les magasins ouverts, nous flambons nos derniers EC et partons avec un léger vent de 10/15kn et allons nous ancrer 20,1nm plus loin sur la "plate forme" devant les falaises couvertes de palmiers de Chateaubelair. 
Chateaubelair, il faut s'approcher sous les palmiers au fond, sinon impossible de mouiller
 Demain, nous partirons tôt pour essayer de rejoindre d’une traite Sainte Anne. On ne tient plus en place!
17 novembre 2003

Nous partons tôt parce qu'on a plus de 70 miles à faire et aussitôt dans le passage de Saint Vincent/Sainte Lucie, un bon vent et une longue houle nous amène tranquillement vers la Martinique…que nous n’atteindrons pas. Une fois en face des Deux Pitons le vent faiblit, tourne (ce qui est la norme dans le coin) mais la situation ne s’améliore pas le long de la côte, au contraire, les vagues viennent de tout côté ce qui fait une navigation assez désagréable et la cerise sur le sundae, on se prend un maudit câble d’une cage de pêcheur qui n’était pas identifié.  Pas moyen de le décrocher, le câble est coincé dans le safran, donc opération couteau. On perd une heure et nous enlève le goût de rejoindre la Martinique d’une traite on s’ancre donc dans Rodney Bay après avoir fait que 46,8nm!
Même les "vrai" bateau pirate, faut qu'ils arrêtent pour du fuel.  Rodney Bay
 
18 novembre 2003
Le temps a passé tellement vite, déjà la fin de l’année et bientôt notre départ pour la remontée vers le nord…ou presque! Sans bouger de Sainte Anne nous avons eu le plaisir de revoir nos amis terriens Yvan, Corinne, Murielle, Sylvie et/ou navigateurs, les Jonathan IV, La Mauny, Mordane, Catimini plus tout les copains des bateaux américains ou canadiens qu’on rencontrent à tout nos mercredi-dominos, vendredi-happy hour, et évidemment les festivités de Noël ou de Nouvel An. On essaie de ne pas trop y penser, mais en quittant la Martinique nous allons laisser derrière nous beaucoup d’amitiés et perdre de vue les bateaux qu’on retrouvaient au fil des différents mouillages disséminés jusqu’au Venezuela. Des cartes d’affaires et des promesses de se revoir en Floride s’échangent, 5 mois de navigation nous attendent, il faut partir.
Si vous voulez en voir et en savoir plus sur les Antilles et particulièrement la Martinique.
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20 novembre au 31 décembre 2003

dimanche 2 novembre 2003

Porlamar/Isla Testigos/St George'sTyrrel Bay, Grenade

Comme d’habitude la veille d’un départ, on dort mal et à 2 heures du matin, tant qu’a ne pas dormir on décide de lever l’ancre pour les Testigos. Quelle bonne idée! Le vent est calme, la nuit très belle, on a qu'a faire attention en sortant du mouillage de Porlamar de pas prendre le haut fond à l'entrée ou pire s'empêtrer dans le mât d'un gros voilier Russe qui à coulé juste avant le haut fond.  Mais tout ce passe bien et notre 51,8nm se fera par une journée splendide, mais malgré tout ça nous prend 14 heures parce que, comme notre passage devant l’île de Coche, il y a une vague courte de face et un courant contraire, donc la journée est longue et plate, heureusement les dauphins viennent nous tenir compagnie. Le mouillage des Testigos est plein comme je ne l’avais jamais vu, 36 bateaux, seulement devant la plage ¨ChonChon¨ et tout le monde attend de meilleurs conditions météo.  Il faut dire qu'on est à la période du retour à la ¨maison¨ pour de nombreuses familles de Martinique.
Couché de soleil Hollywoodien
Nous sommes entourés que de voiliers français, dont plusieurs de nos connaissances, entre autres, Arlequin et Relax et Ismaël qui eux arrivent de Trinidad.
2 au 4 novembre 2003

Nous avons une fenêtre météo exceptionnelle de 24 heures, le vent doit tourner au sud-est et ne souffler qu’entre 10 et 15kn. On ne peu pas s’attendre à mieux, même que 24 heures serait surprenant, nous partons donc plus tôt que prévu pour bénéficier de ce cadeau. Nous partons avec un soleil magnifique et une mer calme comme au lac Champlain! Nous marchons moteur/voile parce qu’il n’y a que 8kn de vent. Graduellement on se retrouve seul, à mesure que les voiliers tirent des bords soit vers Trinidad, soit directement vers la Martinique, certains nous on même dit qu’il tenterait de rallier St Martin d’un coup!
Le temps est tellement claire que, à 35 milles de distance on voit encore à l’horizon les Testigos et à 40 milles de St George on en voit déjà les lueurs. Étrangement en cour de route, on voit à la surface de la mer, comme des "bouillons", probablement la rencontre des courants longeant l'Amérique du Sud et ceux provenant de l'Océan Atlantique, au moins cela nous ralentit pas, mais cela n'aide pas non plus!  Nous arrivons à St George après seulement 21 heures de navigation, et encore, si nous n’avions pas eu un vent de terre de 20kn dans les derniers milles nous aurions pu faire beaucoup mieux. On est très content, surtout que plusieurs nous annonçait l’horreur, des vents contraires et surtout un courant violent (3kn) contre nous, les plus optimistes nous annonçait 30 heures de navigation pénible…
St George dans la nuit nous replace dans le contexte des îles, les lumières de la ville nous rappelle que finalement ce n’est qu’une grosse mais jolie bourgade, si on compare la ville à Porlamar
5 et 6 novembre 2003

Surprise! A notre réveil, on aperçoit, devant nous, Jonathan IV arrivé depuis seulement 2 jours. Coïncidence, en entrant dans le lagon de St George on aperçoit WindMaster arrivé eux aussi depuis quelques jours et pour finir le plat, nous apercevons le lendemain, Sol, qui lui arrive directement de Porlamar…le monde est petit!
La flotte des "vieux gréements" en attente de la fin de la période des ouragans
 On débouche les bouteilles de mousseux, on parle des projets de chacun, la routine quoi! Nous allons en ville, même si on a ¨oublié¨ de faire nos douanes. La ville est en pleine effervescence, le terminus d’autobus avec la folie furieuse qui l’entourait est déménagé, le marché central est fermé temporairement, ils sont en train de le rénover. Le front de mer quant à lui, est l’objet d’une activité frénétique. Le nouveau port pour les bateaux de croisières (encore un!) est dans les derniers préparatifs pour son ouverture en janvier 2004. Déjà, le terminus d’autobus est fonctionnel, il faut avoir vu l’ancien pour comprendre ce que sa peut vouloir dire, une centaine d’autobus qui arrivent et partent sans arrêt, les démarcheurs qui veulent embarquer le plus de client possible, les cris des passagers…aucune photo peu montrer l’ambiance qui règne.   Les boutiques ou kiosques des vendeurs sont déjà ouvert, d’ailleurs on y retrouve notre toujours, très sympathique rasta, qui saute dans les bras de France.   Ah! France et ses rastas…
Notre Rasta favori... mon fournisseur de sandale en cuir. Que lui est il arrivé, suite à l'ouragan Ivan?
 6 au 8 novembre 2003

Nous avons vraiment hâte de rejoindre nos amis en Martinique et comme nous voulons avoir le temps de faire notre arrêt ¨obligatoire¨ dans les Cays, nous partons rapidement de Grenade. Nous avons un vent d’ est de 15kn qui en cours de route tourne au nord-est et grimpe dans les 25kn. Le passage de l’île Ronde s’annonce ¨rock and roll¨ donc on décide de passer plus au large…Erreur!!! Les vagues et le courant nous déportent au large et il faut 3 heures de moteur, vent et vague dans le nez pour remonter vers la baie de Tyrrel.
La partie "trou à ouragan" de Tyrrell Bay, Carriacou, Grenade
Dans la nuit et les jours qui suivent, des vents qui montent parfois à 40kn et des pluies diluviennes tombent sans arrêt. Un gros remorqueur, qui devait être transformé en récif pour la plongée, casse son amarre (au moins 3 pouces!) et se met à dériver à travers les bateaux. C’est la panique générale! Heureusement, par une chance inouïe, les courants et le vent le font zigzaguer à travers les bateaux et il se retrouve en mer. Il sera rattrapé par un autre remorqueur qui par hasard passait dans le coin, une chance! Le nouveau récif aurait probablement fini sa carrière, très inutilement, dans des fonds inaccessibles.
Même si Tyrrell Bay est reconnu comme trou à ouragan...ça marche pas toujours!
Nous restons coincés, à attendre que la météo se calme. En trois ans de navigation dans le sud nous n’avions jamais vu autant de pluie, tombée sans arrêt, et pendant aussi longtemps. Sa change du soleil presque perpétuel du Venezuela!
8 au 12 novembre 2003

lundi 6 octobre 2003

Mariguïtar/Laguna Grande/Cubagua/Porlamar, Venezuela

Avant de quitter le mouillage, France part avec les gens d’ Arlequin pour aller au marché local, elle en revient surchargée de légumes et enfin du poisson, le tout à des prix toujours plus bas! Les locaux sont d’une gentillesse sans limite, et plusieurs fois ajoutent dans le sac de France, qui des légumes, qui du poisson.  De toute façon notre programme aujourd'hui est très simple, on s'en va visiter la Laguna Grande qui est l'autre côté du golfe à 8,1nm d'ici
 Nous faisons un petit détour de 2,5nm en longeant la côte sud pour voir les nombreux mouillages avec plages de sable et palmeraies et surtout celui de Ensenada Honda qui abrite un TRÈS jolie développement de maisonnettes construite sur deux monticules enserrant une crique ou un voilier est ancré.
Ensenada Honda, et son développement de maisonnette
On retraverse le golfe, toujours dans le Golfo de Carioco et nous longeons la côte encore une fois parsemée d’îlot de petites criques et on arrivent enfin à l’entrée de Laguna Grande qui est une très grande baie qui est elle même remplie de petites baies, îlots et criques.
L'entrée de Laguna Grande au 10,34,5N - 64,03W
Le paysage est absolument extraordinaire, Laguna Grande vaut à lui seul, le voyage au Venezuela! Considéré par plusieurs gourous de la voile au Caraïbe comme un des meilleurs sinon le meilleur mouillage de toute la Caraïbe.  On y trouve pas moins de 11 baies ou criques avec une quinzaine de mouillages…avec trois bateaux.
Incroyable différence entre la végétation de la côte Sud et le côté désertique de la côte Nord
Nous nous ancrons derrière un petit îlot couvert de cactus avec devant et derrière nous des montagnes de couleurs orangés sur fond de ciel bleu sans aucun nuage, on ne voit même plus l’entrée du lagon et le silence est impressionnant. 
Yallah! Bien au chaud...et dans le calme extraordinaire de Laguna Grande
Dans l’après midi, deux autres voiliers arrivent et vont se ¨perdent¨ dans les dédales du lagon…excepté un qui lui décide de s’ancrer à dix pieds de nous. Normal! Ce sont des français! Il faut toujours qu’ils s’ancrent à des distances ridicules.
L'entrée de Laguna Grande, tout simplement grandiose!
Dans un endroit pareil, on se croirait seul sur terre, à moins qu'un "cousin de France" vienne jeter sa pioche juste à côté de vous... Mais une petite barque avec un garçon de 10 ans et une fille de 12/13 ans viennent nous voir à rame…le village est à l’entrée du lagon, soit presque 2 milles! 
Personne?  Pas tout à fait.  Elle a ramée depuis son village à 2 milles!
Ils offrent des coquilles St Jacques et des huîtres, on est preneur et on leur donne tout le stock de surplus,  des T-shirts, outils, planche à laver, crayons, rouges à lèvres etc etc que nous avions encore et les 2 rames en aluminium de notre ancienne annexe.
Comment résister?  On lui donne tout le stock qui nous restait de cadeau et même mon coffre de pèche....
Nous allons voir le corail, et c’est la première fois qu’on le voit en fleur, des fleurs bleus, roses, blanches, toutes sur la même tête! Malheureusement c’est impossible de photographier, car étant dans un lagon, l’eau n’est pas réellement limpide.  Si l’eau n’est pas limpide, le ciel lui est d’une clarté, d’une netteté rarement vue, et nous assistons à un très beau couché de soleil, et le lendemain, un levée de soleil extraordinaire avec le sol des montagnes qui changent constamment de teinte, passant de gris-bleu, gris-blanc au rouge et finalement à couleur brique.
6 et 7 octobre 2003

Mais il nous faut partir, nous avons 40,6nm à faire pour Cubagua et on en profite pendant cette belle journée de navigation, pour faire un bilan de notre voyage au Venezuela.  Aucun regret, que de très beau souvenirs…on trouve encore une fois qu’on aurait du prendre plus de temps pour visiter encore plus, mais il faut penser à remonter, parce qu'on a fait exactement le contraire de ce qu'on a toujours dit...prendre un rendez vous à Grenade!  En plus nous avons encore des choses à faire à Porlamar et nous devons rejoindre Jonathan IV à Grenade, début novembre.
Les habitants de Laguna Grande nous font leurs adieux!
Donc il faut qu'on se grouille et nous quittons Laguna Grande et longeons la côte et découvrons encore d’autres mouillages et j’ai même la surprise de voir avec mes jumelles une forteresse espagnole avec des murs gigantesques qui sont malheureusement en train de s’écrouler dans la mer mais plus surprenant encore une pyramide Aztèque!!! Il aurait fallu que je m’informe avant de quitter le Venezuela parce qu’a ma connaissance on est pas dans le bon coin pour les Aztèques, surtout qu'elle avait l'air pas mal neuve!
Quoique les développeurs locaux sont assez ¨flyés¨ pour avoir construit une réplique.

Si vous avez l’occasion de venir au Venezuela, n’hésitez pas! Il n’y a aucun risque dans les hôtels et dans les rues le jour, en bateau, évidemment, il faut faire un peu plus attention et s’informez auprès de ceux qui en reviennent ou mieux qui y sont encore! 
PS:  Avant de vous rendre, vérifiez sur le "téléphone arabe" des conditions actuelles.  A la vitesse qu'un voilier voyage vous avez amplement le temps de changer de programme en cours de route.
8 octobre 2003

Après une nuit dans le même mouillage qu'a l'aller à Cubagua, il nous reste que 23,8nm à faire pour rejoindre le mouillage de Porlamar.  Une journée très belle, mais qui va s'avèrez assez longue parce qu'on avait pas compté sur un léger courant contre nous.  
La capitale de la consommation
 Nous étions partie pour une petite navigation facile qui en réalité devient un brassage ininterrompu dans le passage entre l’île de Coche et la baie de Cachacare, qu’on reste dans le milieu du passage ou qu’on colle la côte de Margarita, une houle courte assez déplaisante, nous ralentit beaucoup…espérons que ce n’est pas un présage pour notre retour au Testigos et surtout celui de Testigos à Grenade, les deux avec le courant contre nous et les vents dominants.
 Mais, on finit par arriver à la capitale de la consommation ou nous ferons notre dernier approvisionnement…le bateau devrait baisser d’au moins un pouce sur sa ligne de flottaison après y avoir empiler les caisses de bière, café, rhum et autres petites choses.
Les îles ne sont pas toute "née" égale!  L'avenue Quatro Mayo, Porlamar
L’an dernier, nous étions partis en longeant la côte Vénézuelienne, mais la présence des ¨Los Banditos¨ nous en détourne, donc on prend la route la moins confortable, la plus longue mais peut-être la plus sécuritaire.
C’est vraiment dommage, parce que la côte est vraiment très belle, mais tant que le ¨problème¨ qui est surtout localisé à Puerto Santos n’est pas réglé, la navigation ne sera pas sécuritaire et la réputation globale du Venezuela continuera à se dégrader. En parlant de réputation, il est bon parfois d’essayer de découvrir l’autre côté de la médaille…des histoires de ¨Los Banditos¨, revues et corrigées après enquête.
Petits exemples : Un voilier allemand, dont le propriétaire à reçu une balle dans le corps…tiré par son frère, une histoire de drogue!
Un voilier allemand, le propriétaire reçoit un coup de machette d’un Vénézuelien…le voilier en question recevait beaucoup de visite de ¨Chiquitas¨.
Un autre voilier allemand, le propriétaire reçoit la visite de 3 Vénézueliens armés…voir histoire au-dessus mais remplacé les ¨Chiquitas¨ par des ¨Chiquitos¨
Un voilier français (enfin pas un allemand!) se fait ¨tabasser¨ par des Vénézueliens…il avait ¨innocemment¨ tué une chèvre ¨sauvage¨ pour se faire un BBQ!  Incroyable!  Quant on voit la pauvreté crasse de certains villages perdus…
Un voilier est intercepté au Tortugas avec à son bord le capitaine français et son équipage caraïbe…aucun papier pour le voilier, 2 annexes et moteurs à l’intérieur plus une, à la remorque, avec conduite extérieure et moteur de 35cv!
Est-ce que je vous avais déjà parlé du voilier français retournant en métropole, intercepté par les douanes françaises avec 7 ou 8 annexes et moteurs…alors les histoires à répétitions des ¨Los Banditos¨…Il faut en prendre et en laisser, mais il ne faut pas les ignorer totalement, parce qu’au Venezuela il y a certainement un problème de vol généralisé mais la violence est plutôt rare, excepté dans la région de Puerto Santos.
Nous restons donc à Porlamar pour finir quelques travaux sur le bateau, se stocker en masse et profiter de la météo extraordinaire. Nous aurons une pluie la semaine de notre départ, le reste du temps, du soleil, du soleil et un léger vent pour rendre les nuits agréables.
Pour avoir des informations sur le Venezuela allez au : www.Venezuelatourism.org
8 octobre au 1 novembre 2003

samedi 4 octobre 2003

El Muelle/Medregal/Mariguïtar

On remonte le Golfo de Carioco en longeant la côte nord, on croise plusieurs établissements de pêche et de villégiatures. La vue est magnifique avec les montagnes en toile de fond. La végétation est luxuriante mais change rapidement et après 8,2nm devient presque désertique à mesure que nous approchons de Medregal Hotel Village.
Le mouillage devant le Medregal Hotel Village...sans village!
Nous nous ancrons parmi 4 autres bateaux dont un que nous avions rencontré l’an dernier dans les Testigos.  Mais malheureusement ils sont absents, ils sont partis travaillés à leur restaurant en France!
Le mouillage avec Yallah! devant l'hôtel... il y a pire endroit dans le monde!
Medregal n’est pas réellement un village mais plutôt une suite de villas le long de la côte avec un petit hôtel qui offre au bateau de passage, la piscine, les douches gratuitement et le bar/resto à 40% de rabais…il n’ y a pas foule!
Estelle d'Arlequin, en discussion avec France dans la piscine de 32 miles de long...
Pour de superbes photos et un lien pour une marina voisine : www.medregalvillage.com
4 octobre 2003

Nous longeons toujours la côte nord jusqu’à El Cerro, minuscule village caché entre deux mamelons montagneux. L’endroit est maintenant carrément désertique, il y a de la végétation que dans les échancrures des montagnes et la seule autre chose qui marque la présence d’humains est de petites tours montées sur 3 troncs d’arbres installés le long de la côte. Les pêcheurs s’en servent comme tour d’observation pour signaler à l’aide de signaux optiques l’arrivée des bancs de poissons, ceci permet aux barques de se déplacer a temps pour intercepter les poissons…il faut dire que les barques sont à rames!
Le village de El Cerro, côte Nord du Golfo Carioco
Nous retraversons la baie pour rejoindre sur la côte sud, Mariguïtar, un petit village niché dans une petite baie sablonneuse couronnée d’une palmeraie. Nous passons l’après midi à la piscine d’eau douce et dans la soirée nous allons manger au restaurant de l’hôtel un excellent ¨Lomito¨ et France déguste des calmars/crevettes, un délice, le tout pour 10$! Nous rencontrons une française qui vit au Venezuela depuis 12 ans avec son bateau. 
Ensenada Honda, et le voilier d'une Française qui à oubliée de repartir depuis 12 ans
 On passe la soirée à discuter de Chavez, la situation économique et le peu de touristes étranger qui ¨osent¨ venir malgré les prix des vols extraordinaires et le coût de la vie très bas. Évidemment que tant que les agences de voyage diront que le Venezuela est dangereux (dans un hôtel???) il n’y aura pas grand monde…et la commission d’une agence pour un voyage de 500$ est moins intéressante qu’un voyage de 2000$…
5 octobre 2003

mercredi 1 octobre 2003

Puerto La Cruz/Baya Mochima/Punta Cachamaure/El Muelle

Après avoir passé presque un mois ici, je commence à avoir la "bougeotte", et je commence à connaître par cœur tout les canaux de Puerto La Cruz, il serait temps qu'on se remette en marche! 
Un des nombreux canaux dans Puerto la Cruz, on se croirait en Méditerranée!
Comment cette "péniche" est elle arrivée ici?
Enfin! Yallah! retrouve son élément, la mer. On dirait le bateau plus léger! Nous nous dirigeons à travers les îles de Puerto la Cruz, les 3 îles de Caracas des Este sont impressionnantes mais pour des raisons de sécurité nous préférons ne pas arrêter et continuer vers le Parc national de Mochima à 23,4nm, qui paraît-il, est lui, sécuritaire.
Une île de la côte Venezuelienne
La baie de Mochima est immense et recèle pas moins de 12 petites criques isolées. Toujours pour des raisons sécuritaires nous préférons nous ancrer devant le village avec un autre bateau. 
Le village est jolie, plusieurs posadas y sont installées, il y a certainement déjà eu des Québécois dans le coin, il y a des fleurs de lys bleus sur un mur d’un restaurant et une barque de pêcheur baptisée ¨La Gran Gaby¨. Mais il n’y a presque personne à part l’équipe olympique Vénézuelienne de kayak et de canoë qui profitent des eaux très calmes de la baie pour se pratiquer pendant des heures.
Le village de Mochima, avec un équipage Olympiens en pratique
1 octobre 2003

Le 2 octobre et 29,7nm plus loin nous entrons dans l’immense Golfo de Cariaco,  35 miles de longueur, des dizaines de mouillages, au moins une trentaine, et comme nous ne savons pas trop par où commencer notre visite, on appelle à la radio au hasard et Arlequin nous répond!  Donc, premier arrêt, nous les rejoignons à Punta Cachamaure. Grande palmeraie, une douzaine de maisons de pêcheur, 4 voiliers. 
Le petit mouillage devant le resto d'un Italien arrivé en voilier de 28 pieds
Nous soupons dans la maison d’un Italien arrivée de Hollande en voilier de 28 pieds en passant par l’Espagne, (10 ans) le Brésil (10 ans) et maintenant le Venezuela. (8 ans) C’est une version de la mondialisation. Il opère avec sa femme un genre de resto dans sa maison, très belle soirée ponctuée d’anecdotes et de discussions sur la situation du pays.
2 octobre 2003

Nous partons nous ancrer au fond complètement du golfe de Cariaco, 8,7nm plus loin. 
L'immense Golfo de Cariaco et d'un calme extraordinaire
Le golfe est d’un calme extraordinaire avec les montagnes en toile de fond qui se rapprochent de plus en plus à mesure que nous avançons et nous ancrons dans 3 mètres d’eau. L’eau est boueuse, nous sommes à l’entrée d’une rivière qui abrite des hérons, cormorans, pélicans et perroquets avec en boni, la nuit, des chauves-souris mangeuses de poissons!
Mais la raison majeure d’un arrêt ici est la présence dans la ¨Laguna¨ de flamants roses qu’on peut voir au couché de soleil. On se dirige donc avec notre nouveau super bolide vers la lagune et on pénètre profondément dans les terres dans une eau boueuse, qui devient rapidement couleur caramel. En plus la lagune rétrécit de plus en plus, est très sinueuse et on rencontre quelques croisements, on cogne le fond à deux reprises et il fait de plus en plus sombre. J’aime pas tellement le style ¨Grand Explorateur¨ à la Indiana Jones, mais France devient carrément paniquée et commence à être sérieusement oppressée.  On vire de bord! L’endroit est parfait pour les ¨écolos¨ mais venez avec un guide sa vaudrait mieux!
3 octobre 2003