Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

samedi 19 juillet 2003

Scotland Bay/Chaguaramas/Chacachacare, Trinidad

Après avoir passée l’après midi et une nuit super tranquille, nous nous déplaçons vers l’horrible mouillage de Chaguaramas, que tout le monde haït, mais qui est incontournable. De toute façon, ici il est impératif de faire son ‘’entrée’’,  et les très nombreux services nautiques, l’entreposage des bateaux etc, fait que Chaguaramas est toujours très populaire parce qu’indispensable, même si cette année les places a quai sont à moitié vide. Pour nous, ce n’est qu’un arrêt pour pouvoir, si possible, renouveler mon passeport Canadien.
Évidemment qu’avec le choix des services offerts ici, on va en profiter pour faire quelques ¨petites¨ dépenses…achats de nouveaux supports en inox du bimini pour remplacer ceux en nylon qui date de l’achat du bateau, nouveaux matelas pour notre chambre et un nouveau panneau solaire pour suppléer à notre consommation électrique toujours déficitaire. D’ailleurs ceci m’amène à donner un exemple du service à la française (en Martinique) comparé à celui donné ici.
J’avais commandé en Martinique un contrôle pour notre pilote automatique, arrivé en 2 semaines en Martinique, j’en avais aucune nouvelle du transitaire local (DHL) pour finalement apprendre qu’il l’avait retourné aux USA parce que ¨dixit¨ ce n’est pas a eux de courir après les clients!!! A Trinidad, 3 jours après avoir placé la commande, je n’avais qu’a me présenter au bureau des douanes avec mon passeport et mon matériel y serait…ce qui fut le cas, c'est ce qu'on appelle l'efficacité à la British!
Mais comme déjà mentionné, le mouillage est vraiment horrible, nous avons du changer de place 3 fois en 2 jours et à chaque fois, il faut se reprendre 2 ou 3 fois avant de réussir à s’ancrer. En plus, à chaque marée, c’est le déferlement de poubelles qui partent à la dérive, aujourd’hui 4 barils vides de 50 gallons se promènent dans le mouillage!  Hier, nous avons eu droit à une nappe de pétrole, tellement importante que nous pouvions la sentir…fumeur s’abstenir!
Les compétitions de "steel bands" sont très populaire!
En parlant de barils, c’est vraiment fascinant d’entendre et de voir jouer les ‘’Trinidiens’’ sur ces mêmes barils. Il n’y a pas de styles ou genres de musiques qu’ils ne peuvent interpréter.
19 au 25 juillet 2003
Nous avons terminé, heureusement, nos achats et il nous reste qu’a attendre mon nouveau passeport. Dommage que nous n’avions pas découvert l’île de Chacachacare plus tôt, même l’an dernier! On aurait tout fait pour accélérer nos démarches à Chaguaramas pour pouvoir se déplacer ici.  Après la laideur de Chaguaramas, c’est tout simplement merveilleux! Même si l’eau, à cause de la proximité de l’ Orénoque est un peu couleur cuivre, elle est au moins transparente et propre. 
Des dauphins nous "guident" vers le fond de la baie
 En entrant dans l’immense baie on est accueillie par une douzaine de dauphins adultes qui comme à leurs habitudes s’amusent à passer le plus près possible de l’étrave du bateau. On baisse le régime du moteur pour profiter le plus longtemps possible du spectacle. Maintenant on sait que leur jeux de passer très près de l’étrave n’est pas sans danger pour eux…plusieurs ont l’aileron dorsal abîmé et certains ont le dessus du dos tailladé!
Une fois ancré dans une des nombreuses petites baies nous nous baignons pendant des heures, l’eau est chaude et parfois parcourue par un courant plus frais, le bonheur! 
 Yallah! au mouillage au fond dans l'autre baie, avant le "coup de vent"
 Nous allons aussi à terre, l’île à part le gardien du phare est abandonnée depuis 35 ans. Un Val Jalbert Caraîbéens! L’île à l’époque était une léproserie et c’est assez bizarre de se promener parmi les nombreux bâtiments abandonnés.
 Le "mauvais" mouillage de Chacachacare avec son quai assez agressif sur lequel, Yallah! s'est appuyé. Merci!
L’hôpital, 2 églises, le couvent, les petites maisons dans le ¨village¨, la maison du docteur…on ne peut s’empêcher de rêver…qu’elle vie! La nature à repris ses droits, les chemins ont pratiquement disparus, certaines maisons sont carrément inatteignables à moins d’avoir une machette et encore. De gros banians poussent à travers les maisons, bloquent les passages, c’est incroyable.
Ce qu'il reste de la buanderie...
Subitement, un gros nuage noir, nous ramènent à la réalité, on retourne en catastrophe au voilier. Il pleut, vente et des vagues entrent dans le mouillage. Yallah! N’est plus à sa place! Il a commencé à chasser et se dirige vers la plage et est accoté sur son quai en béton! On a juste le temps de remonter à bord, non sans mal (à cause des vagues, c’est infernal), le voilier est légèrement couché, il touche le fond! En tentant d'embarquer je tombe une fois à l'eau mais finit par réussir à embarquer, partir le moteur et...le bateau bouge pas, du moins pas dans la bonne direction.  Je fais un PanPan sur la VHF, un gros "cruiser" vient le plus près possible, attache un câblot, tire en sauvage, arrache le taquet et prend tout le bataclan dans son hélice, plus de câble et son moteur est bloqué, heureusement pour lui, il en a deux.  Je lui dit de s'éloigner, il en a assez fait, je rappelle sur la VHF et un voilier d'un américain marié avec une Trinidienne, appelle la garde côtière (qui ne répond plus à ce genre d'urgence) et ils viennent, malgré les nouvelles normes, avec un bateau de guerre qui n'ose pas trop s'approcher, envoie un Zodiac avec à son bord un équipage de 4 hommes, s'occuper des deux câbles d'un pouce d'au moins 200/300 pieds, les attaches aux winches et L E N T E M E N T tire sur Yallah!  On entend les câbles s'étirer, "craquer",  faudrait pas qu'il arrache mes winches et finalement au bout d'un éternité , très tranquillement  Yallah! se déplace.  Les marins, me demandent d'aller vérifier si je n'ai pas d'entrée d'eau après avoir talonné le fond.  Non, heureusement qu'il n'y a que des dommages cosmétiques à la jupe de la coque et mon taquet qui a passé à travers le pont.  On se déplace de l’autre côté de la baie, les marins me souhaite un "Have a good one" et disparaisse, sans me facturer!  Après nous apprendrons que nous étions ancré sur le mauvais côté de la baie. ‘’Local Knowledge’’!!!  Des voiliers, venu à la rescousse, nous invitent à souper à leur bord et même, si on le souhaite coucher à bord de leur bateau, au cas ou...  On se couche sur Yallah!, très tôt, complètement vidé et courbaturé, mais la nuit est peuplé d'image assez catastrophique.  On a passé à un cheveu de tout perdre.
25 au 28 juillet 2003
Le 28 juillet on retourne parmi les poubelles flottantes, pour aller chercher mon passeport à l'ambassade du Canada.   Et comme promis, mon passeport est prêt, nous faisons une dernière fois la tournée des marchands de tissus et l’épicerie (les prix sont de 30 @ 50% plus bas qu’en Martinique, (à part du vin et de la bière) beaucoup de marques canadiennes. Nous rencontrons des belges qui viennent d’arriver avec leur catamaran flambant neuf qu’ils ont été chercher…en Afrique du Sud. Ce n’est pas la porte à côté, 7 semaines de navigations, pas mal pour étrenner un bateau neuf, la confiance règne!
Notre électronique semble donner des signes de fatigues, les données du compas électronique sont farfelues, donc avant de partir pour le Venezuela, je démonte l’afficheur et heureusement, il ne requiert qu’un coup de ¨spray¨ spécial, un détail qui prendras à l’électronicien…5 jours!
Mais on en a besoin, car sans compas électronique, on perd l’usage du pilote automatique et on a 17 à 20 heures de navigation à faire avant les Testigos et il n’y a certainement pas de ¨spray¨ dans le coin à part peut-être pour les moustiques! Donc, en attendant, on fait des allés/retours à Chacachacare pour revoir d’autres bâtiments abandonnés.


On s'amuse!
Nous aurons en route pour l’île, un nouveau spectacle de dauphins, qui sont exceptionnellement gros, ils font certainement 3 à 4 mètres de long. D’ailleurs, à plusieurs reprises, le bateau vibre des coups donnés sur la quille, je crois qu’ils essayent de se gratter ou de se débarrasser de quelconques ¨passagers¨, plusieurs sautent complètement hors de l’eau et retombent dans un énorme ¨splash¨
28 juillet au 6 août 2003

vendredi 18 juillet 2003

Prickly Bay, Grenade/Scotland Bay/Chaguaramas, Trinidad

Nous partons dans la nuit du 18 avec une belle lune, on y voit presque comme en plein jour! Un vent d’Est de 15kn avec une longue houle nous amène vers Trinidad. Vers deux heures du matin, un ¨splash¨ me tire de ma somnolence et pendant au moins une heure et demie nous sommes accompagnés par une bande de dauphins qui s’amusent à plonger dans le bouillon causé par l’étrave du bateau. Contrairement à la même expérience en plein jour, celle-ci est un peu énervante parce que nous voyons ou plutôt entendons le dauphin que lorsqu’il brise la surface de l’eau et retombe dans l’écume du bateau à a peine 2 ou 3 mètres de nous.
Nous arrivons enfin après 13 heures et 78,4nm de navigation devant le passage de Monos avec ses tourbillons et courants violents.
 Un petit "grain"
Au même moment un violent orage nous tombe dessus, ce qui nous force de faire du sur place pendant une heure avant de pouvoir prendre la passe, ce que nous faisons malheureusement au moment de la marée descendante…nous prendrons donc près d’une heure pour faire à peine deux milles et enfin nous ancrer dans la quiétude de la baie.
18 au 19 juillet 2003

lundi 7 juillet 2003

Clifton, Union/Tyrell Bay/St Georges/Prickly Bay, Grenade

Après 8,6nm, on s’ancre près de la plage, nous n’avons jamais vu ici autant de bateau, mais avec l’avis de tempête…qui ne se matérialiseras pas, c’est un peu normal. La tempête ¨Claudette¨ est en route pour la Jamaïque ou elle se transformeras en ouragan sur les côtes du Texas, pas tout à fait le même coin! Le lendemain, la baie commence à ce vider, nous on en profite pour aller échanger des livres français au resto ¨Sel et Poivre¨, bien pratique!
7 et 8 juillet 2003
La météo c’est mis au beau et nous filons vers la capitale de Grenade. Dans les environs du volcan sous-marin ¨Kick’em Jenny¨ on se fait brasser la carcasse, des vagues de 4 à 5 mètres semblent venir tantôt de l’arrière, tantôt de côté, heureusement qu’elle ne se brise pas sur nous, mais souvent nous avons eu chaud. L’annexe part souvent au ¨surf¨ et malgré le câblot de 20 pieds, nous rattrape, pour ensuite partir d’un coup sec dans une autre direction.
Nous longeons enfin la côte de Grenade, les vagues s’estompent pour être bientôt remplacées par un énorme nuage noir accroché à une montagne… Évidemment, qu’il ne pouvait se contenter que d’arroser la luxuriante végétation de Grenade, il faut que subitement il déborde sur la mer et nous sommes bientôt arrosés par un déluge d’eau accompagné de vents de 30/35kn! Belle journée!  On s’ancre finalement devant St Georges, nous faisons immédiatement nos douanes, (qu’on avait ¨oubliés¨ de faire à Carriacou) toujours aussi sympathique les douaniers! Sa doit être congénital, un sondage fait auprès de centaines de bateaux, indiquait que les gens de Grenade étaient les plus sympathiques de toutes les îles (ce qui est vrai) mais que, étrangement, les pires douaniers étaient ceux de Grenade! (Presque vrai)
St George's le vrai marché des locaux

Toujours au marché de St George's
Nous profitons de notre séjour pour encore une fois, essayer de réparer l’ordinateur (même chose l’an dernier au même endroit et à la même date…la routine s’installe!) Après avoir fait la tournée de tout les ¨jobbers¨ ont fini par acheter un lecteur de disquettes externe (Ce qui nous permettras de recommencer à faire nos courriels) Au cours de nos marches à travers la ville, France est encore accueillie à bras ouvert par un Rasta, que nous avions rencontrés il y a deux ans…France et les rastas…hum!  Va falloir que je m’achète une tuque!
9 au 14 juillet 2003

Le 15 juillet, nous nous déplaçons vers l’Anse aux Épines ou Prickly Bay à 11,2nm plus loin, pour tout simplement changer d’air!  Il n’y a pas grand-chose à faire et on est plutôt en ¨mode navigation¨, donc on va rejoindre un des ancrage le plus populaire…qui est à moitié plein, comparé à l’an dernier. Probablement qu'il a du se vider lors de l'annonce du même coup de vent qui nous a fait partir de Chatham Bay à Union.  
La plage au fond de Prickly Bay, Grenade
Surprise! Sol et Windmaster y sont ancrés. On avait oublié comment le mouillage de l’ Anse aux Épines est rouleur! La météo est très belle, on ne collera pas ici, surtout qu’il n’y a rien à faire avant la soirée rituelle du vendredi avec ¨steel band¨ et l’on est que lundi!!!  Windmaster quitte dans la nuit du 17 et nous, avec JonathanIV décidons de partir dans la soirée du 18, direction Trinidad & Tobago.
Pour ceux que cela peut intéresser, la bonne nouvelle est que la nouvelle marina de Prickly Bay est maintenant ouverte et le magasin Budget Marine (un must!) devrait être ouvert d’ici un mois. Par contre, la mauvaise nouvelle est qu’il faut maintenant payer pour se servir du ¨dinghy dock¨ et le dépôt des poubelles, ce qui explique peut-être en partie le peu de bateau ancré ici.
15 au 17 juillet 2003

mardi 1 juillet 2003

Bequia/Tobago Cays/Mayreau/Chatham Bay/Clifton, St Vincent

Une très belle navigation de 25,7nm nous amènent dans ce qui, je me répète demeure toujours, le plus bel endroit de toutes les Caraïbes, les Tobago Cays, et ce même après 3 ans ou 6 arrêts prolongés. Je ne comprends pas certains ¨voileux¨ qui n’arrêtent même pas ou passent seulement une nuit sans même aller plongée sur la barrière de corail…ce sont les mêmes qui plus tard, après une quinzaine de jours dans l’horrible mouillage de Chaguaramas, Trinidad, vous diront le plus sérieusement du monde qu’ils préfèrent les Bahamas!
Je ne voudrais pas répéter, ad nauseam, les beautés des Cays mais si vous voulez en revoir une description, référez vous au texte du 6 juillet** et 2 novembre 2001, 6 juillet** et 21 octobre 2002. En fait, une des seules choses que nous regretterons des Caraïbes, (si nous faisons abstractions des amis!) ce seront les Cays. Nous sommes mouillés dans à peine 7 pieds d’eau, ça fait drôle de voir distinctement la quille se balancer doucement à a peine 1 pied du fond. J’en profite pour plonger et nettoyer la coque et la quille, le ¨stock¨ que je gratte n’a même pas le temps de se rendre au fond que des poissons viennent gober le tout.
De la visite arrive, et elle va s'installer à l'ombre, sous Yallah!
Les coquillages semblent particulièrement appréciés des poissons-coffres…bientôt rejoint par une petite raie (1 pied de diamètre) qui est aussitôt chassé par une énorme raie manta qui se met à se creuser un trou juste sous la quille. Merci beaucoup! J’en demandais pas tant!
** On ne le fait pas exprès, que le hasard ou déjà la routine!
1 au 5 juillet 2003

Nous allons jeter l’ancre devant la plage de Mayreau, 3,4nm plus loin, France qui à peut-être des intentions d’ouvrir une usine de transformation de calebasses en ramasse encore quelques unes…
La petite bande de terre qui sépare la baie de Mayreau et les Cays
Exceptionnellement l’ancrage est assez rouleur, on ne moisira pas ici!
5 juillet 2003

Nous avons souvent eu l’occasion d’entendre parler de Chatham Bay qui est a seulement 3,5nm dans l’ouest de l’île d'Union, surtout par les navigateurs qui ¨oublient¨ de faire leur douane. La baie fait à peu près 1 milles de sable fin, et il n’y a que 2 ¨shacks¨ sur la plage. La baie est idéalement située pour un départ ou une arrivée en pleine nuit. Pendant que ça roule à Mayro, ici c’est le calme plat…si on fait exception des coups de vent (25/30kn) qui descendent de la montagne. Un autre événement viendras perturbé la quiétude de la baie, devant Jonathan IV, ce qui semble être un ou deux ailerons de requins se transforme plutôt en une gigantesque raie manta qui bat des ¨ailes¨ à la surface de l‘eau.
6 juillet 2003

L’annonce d’une dépression tropicale nous force à quitter les Grenadines de St Vincent pour aller nous mettre à l’abri dans un mouillage plus sécuritaire, sait-on jamais! Nous quittons donc Chatham Bay et nous dirigeons sous de gros nuage noir vers Clifton à 4,8nm d'ici, pour faire en vitesse les douanes et espérer partir pour Carriacou avant le coup de vent. Déjà en arrivant à Clifton il souffle 30/35kn, la panique est dans l’ancrage, (qui est déjà pas des meilleur!) un local veut absolument que je mette 2 ancres (pas question!) de toute façon, on ne reste pas ici. Je cours au douane, pour rien, la douanière (qui se prend pour un mannequin de New York) exige 56EC$ de surtemps, (que je n’ai pas sur moi) donc je retourne au bateau, retourne au douane, paie la surcharge (ou plutôt l’arnaque) et nous quittons en vitesse direction Carriacou. Le tout en un temps records, nous ¨déboulons¨ à entre 6 et 7 nœuds avec seulement le génois. Faut dire que nous avons un petit ¨nordest¨ qui aide pas mal. Notre vieille annexe a moitié dégonglée nous freine toujours, et Jonathan IV, graduellement, nous laisse dans son sillage.
7 juillet 2003

dimanche 22 juin 2003

Sainte Anne/Marigot, Ste Lucie/Bequia, St Vincent

 Enfin! On part le 22 juin, après 8 mois on est un peu, pas mal, beaucoup rouillé! Nous sommes nerveux, la nuit à été très courte, (ou longue, sa dépend du point de vue!) malgré la courte distance qu'on vise de faire (32,1nm) nous partons à 07h00 et au sortir de la baie de Ste Anne une longue houle (2 à 2,5m) nous attend ainsi qu’un vent de 15/20kn nous amène vers Sainte Lucie. Il fait beau, le bateau marche bien malgré l’annexe que nous tirons et du ¾ de pouce de coquillages, algues, colonie de crabes qui prolifèrent sur la coque!  Après 2 ans, un carénage s’impose…
Le mouillage de Pidgeon Isld à l'entrée de Rodney Bay, Ste Lucie
L’approche de Sainte Lucie est évidemment plus ¨tonique¨, la vague se creuse à cause des hauts fonds et bientôt on navigue avec une vague de 3 à 4 mètres, pas très rassurant après 8 mois d’immobilisme. Nous nous ancrons dans ce qui demeure toujours un des plus beau mouillage des Caraïbes, une vrai carte postale. 
Marigot avec sa bande de terre protectrice
Mais comme d’habitude, les ¨peddlers¨ viennent gâcher un peu notre quiétude. France, dans une de ces frénésies de marchandage fini par acheter une magnifique tortue sculpté dans supposément de la lave (ah ah, de la lave ¨made in china¨) pour 5 euros et un vieux t-shirt au lieu des 25 demandés.
Pour ne pas perdre nos habitudes nous allons prendre notre ¨happy hour¨ à bord de JonathanIV sous une pluie diluvienne. Depuis quelques temps, il pleut vraiment beaucoup (plus que jamais, depuis 3 ans) sa confirme qu’il est vraiment temps que nous descendions plus vers le sud.
22 juin 2003

Quelle nuit! Ouvre, ferme, ouvre, ferme! Je vais développer une bursite à force d’ouvrir ou fermer l’écoutille de la chambre, il pleut par intermittence toute la nuit et nous finissons par nous réveiller à 04h00 du matin pour lever l’ancre à 5 heures. Grosse journée en perspective, 64,2nm à faire dont 2 passages dont un de 35 milles suivi de l’île montagneuse de Saint Vincent (ce qui provoque des vents souvent ¨bizarres¨) et un deuxième passage de seulement 10 milles, mais toujours un peu ¨rock and roll¨.
Le temps est gris mur à mur, et on voit des nuages plus menaçant que d’autres qui ne présagent rien de bon. Une fois quitté la protection de la côte de Sainte Lucie, et nous êtres éloignés des vents toujours très capricieux des Pitons (les vents proviennent des 4 points cardinaux) nous nous retrouvons enfin dans le passage, toujours avec une belle houle de 2 mètres et un vent de 15/20kn. Un très gros nuage noir nous suit depuis la Soufrière et finit par nous rattraper avec une pluie diluvienne (pas désagréable) mais bientôt accompagné de vents de 30kn, aussitôt la mer se forme et pendant au moins une heure la pluie coure à l’horizontale sur les vagues, la mer est blanchâtre, à cause de mes maud…… lunettes je ne voie pratiquement plus rien, heureusement que nous avions eu le temps de diminuer la voile et le bateau marche bien et même notre nouveau pilote automatique fonctionne bien, une première en presque 3 ans!
La protection de Saint Vincent est la bienvenue après presque 7 heures de navigation et nous filons vers notre deuxième rendez-vous, le passage de Bequia qui se passe en beauté. Nous nous ancrons à 17h00 dans Admiralty Bay, JonathanIV et Exbury nous y précèdent de quelques minutes. (Une annexe plus petite, surtout moins lourde et un carénage pour Yallah! s’impose…)
Le mouillage de Bequia ou Admiralty Bay
France retrouve son ¨fan club¨ de ¨rastas¨, les retrouvailles sont assez comiques…les embrassades par 2 ou 3 grands ¨jacks¨ barbus avec leurs tuques sur la tête qui les fait grandir d’un autre 2 pieds à côté de la ¨petite¨ France à de quoi faire sourire. Mais pas les ¨boaters¨ présents qui ont tendance à se tenir éloignés de ces étranges ¨fumeurs de pot¨.
Nous profitons de l'occasion d'être à Bequia pour prendre le traversier (ferry en français!) pour aller faire un tour sur l'île principale de Saint Vincent pour voir la capitale Kingston, que nous n'avons jamais vu parce que les mouillages de Saint Vincent, ne sont pas des plus sécuritaires.    La traversée se fait en quelques minutes et on passe l'après midi à arpenter les rues de Kingston, parfois belle, souvent pas vraiment...
Une rue de Kingston et son égout pluvial et peut être plus...
La cathédrale de Kingston et son cimetière historique
Bel exemple d'art naïf, non voulu!
Quand même bizarre, qu'une île comme Bequia soit très acceuillante et que l'île principale, à quelques minutes de distance est aussi mauvaise réputation, légende urbaine?
Bequia et ses villas ou hôtels
Avant de partir de Bequia, nous faisons une dernière marche le long de la plage et entrons sur le terrain d’un hôtel fermé, (faillite ou abandonnée???) le ¨Plantations¨. Trois bâtiments majeurs, une vingtaine de villas, le bâtiment pour les employés, 3 restaurants avec pianos à queue encore dehors…plus un ¨cruiser¨ d’une quarantaine de pieds, le tout dans une palmeraie avec des manguiers, des calebasses, des arbres floraux, des statues, des fontaines, une piscine et j’en passe!  De quoi rêver!  Mais surtout de réveiller les instincts de braconniers de France…nous sommes revenus au bateau avec 4 calebasses et une vingtaine d’énormes mangues! Je pense qu’il est plus que temps que nous partions.
23 juin au 1 juillet 2003

dimanche 8 juin 2003

Ste Anne au quotidien...

C’est une vie très agréable et il devient très facile de s’encroûter, comme d’ailleurs plusieurs autres bateaux, que ce soit des Européens, Américains ou Canadiens ancrés ici depuis 7 ou 8 mois, on devient facilement accroc de la petite routine d’aller au village chercher une baguette, acheter un journal et rencontrer les amis navigateurs ou terriens.
La piscine de Joséphine porte bien son nom!
 Dans aucunes autres îles, ce genre de vie s’installe, évidemment que dans les autres îles ce n’est pas désagréable, loin de là! Surtout si des Américains sont présents, ils sont toujours très organisés…un net le matin pour aviser de la météo, les parties de dominos, la pétanque, les infos etc. etc.
Le marché de Sainte Anne
Mais le temps passe et la météo nous poussent à partir vers le sud, pour nous éloigner des ouragans ou des tempêtes tropicales. Donc, depuis quelques jours nous pratiquons notre sport favoris…le ravitaillement! Les coffres sont pleins à ras bord de conserves, vins et bières. La prochaine île ou le choix, la qualité et les prix des marchandises nous permettrons de se ravitailler de façon aussi satisfaisante, c’est à Margarita, dans 2 mois.
L'expédition en route pour aller chercher la baguette!
Ma tante France...
Dîner d'adieu...
Ma tante s'amuse une dernière fois, avant de partir se "cacher" au Venezuela
Nous profitons aussi pour faire nos adieux à nos amis, Sylvie et Yves, Murielle et Jean Claude et enfin Corinne, Yvan et la petite Alysée qui auras à notre retour 1 an!  Le temps passe vite.  Depuis plusieurs jours, nos voisins ont commencés à lever l’ancre ou sont sur le point de le faire.  De nombreuses promesses de rendez-vous dans les îles sont prises…mais tout le monde à des choix différents, Tobago, Trinidad, Margarita, les Tortugas, Puerto la Cruz, certains les ABC!  Une chose est certaine, on se reverras la plupart ici en Martinique, l’hiver prochain.
8 juin au 21 juin 2003

samedi 15 mars 2003

Sainte Anne, Martinique et Histoires de "Charter"

Eh oui! Toujours ancré devant Ste Anne, incroyable mais vrai!!! Les petits aléas de la vie, les travaux d’entretiens du bateau, les amis et quelques navigations jusqu’au port du Marin (un gros 4km.) font que nous sommes encore ici à profiter de la vie Martiniquaise. France le 10 mai décolle pour un mois à Montréal m’abandonnant à mon sort. Sniff!
Mais avant, nous avons eu droit à une plongée dans la vie Martiniquaise, grâce a notre nouvelle amie Murielle qui nous avaient reçu chez elle à Noël pour "discuter" de notre bateau, mais qui en réalité voulait tout simplement faire connaissance. 
Murielle et Jean Claude et France devant le mouillage de Ste Anne

Ensuite, nous avons assisté au Carnaval de la Martinique, qui se déplace de ville en ville selon les années, par chance c'est justement au tour de Sainte Anne, donc on va suivre de près les activités.  La première chose, c'est qu'il y' a deux jours de Carnaval, celui du village et plus tard un deuxième qui lui est celui qui se promène de ville en ville.
Immédiatement, on s'aperçoit de la différence entre le "clinquant" de la Junkaroo de Nassau ou la vulgarité de Saint Martin, ici c'est beaucoup plus familial.  Je laisse les photos du 1er Carnaval parler...
Le début de la parade...
Très hétéroclite, bon enfant!
Première parade très relax, on est la pour s'amuser! 
Carnaval #2, du plus sérieux...
Les Martiniquais, Martiniquaises sont beaux!
Un petit bout de choux!
Tout le monde participe et de tout les âges!
On est sur l'île des fleurs!
Un peuple, bien dans sa peau...
Une "beauté" Martiniquaise
Une autre....
 Histoires de ¨charterphones**¨…
Nous sommes ancrés pratiquement devant le ponton municipal de Ste Anne qui est a distance de marche de plusieurs restaurants…Ce qui fait que le mouillage est très couru par les ¨charterphones¨ (**espèce de bipèdes hurleurs qui court partout, provient de pays des 4 points cardinaux et qui est très friand de location de voiliers et de restaurants)
Le ¨charterphone¨ une fois atterri dans une île paradisiaque, ne pense qu’a partir au plus sacrant vers une autre île toujours plus paradisiaque ou vers LA plage déserte...mais pas trop!  Il faut être près d’un restaurant!  Mais avant de partir, le responsable et futur capitaine (celui qui à LA carte ¨gold¨) se meurt d’ennui , à écouter le ¨briefing¨ à la base de location et ensuite l’inspection du bateau. Pendant ce temps, qu’il considère perdu, on peu rencontrer l’équipage à l’épicerie en train de faire le plus rapidement possible le plein de 2 ou 3 paniers (caddy en français!) de bière, de vin et ce qui peut éventuellement servir pour le petit déjeuner ou si par malheur, l’île déserte n’aurait pas de restos. Le tout, embarqué, départ en vitesse, avant la noirceur, pour le premier arrêt…à côté de nous, 4km plus loin, devant Sainte Anne.
Il faut savoir que le ¨charterphone¨ à probablement un minimum de 5 à 8 heures de voyage dans le corps, sinon plus!  En plus, si nous sommes en hiver (chez lui…ici, on connaît pas!) il n’a pas touché un bateau depuis pas mal de temps et dépendant du pays d’origine, même les bouées peuvent être contraires à ce qu’il a connu chez lui. D’ailleurs certains ne se rendent pas jusqu'à nous…étant échoué dans le chenal sinueux du Marin ou ils doivent passer le ¨test¨ de 5 bouées rouges et de 3 vertes.
La première vague de ¨charterphones¨ arrive, si nord-américains, ils sont 2 couples un peu, beaucoup, bedonnant. Si allemands, ils sont 4, 6, 8 hommes seul, loin, très loin de ‘’bobonnes’’. Et si ce sont nos petits cousins, ils ont loués un catamaran et ils sont au moins 8 adultes plus les enfants…Mais dans tout les cas, la technique de mouillage est la même, un à la barre (JAMAIS une femme…trop dangereux!) le reste de l’équipage est éparpillé le long du bateau avec au moins 3 personnes sur la proue qui vérifie que la manœuvre du mouillage se passe bien (TOUJOURS une femme…c’est facile! Après tout, l’ancre ne pèse qu’entre 16 à 22 kilos plus la chaîne…)
Probablement, que la majorité de l’équipage est en avant pour que chacun puisse montrer une direction différente au capitaine, ou pour que, chacun puisse lui crier un ordre…avance, recule, tourne, tourne, TOURNE et STOOOOOOP!!! Quelquefois, même le capitaine vient rejoindre les équipiers…et le bateau avance/recule toujours, avec personne à la barre!
J’exagère? Pas du tout! D’ailleurs statistiquement, l’accident le plus commun sur un bateau (après le feu) est les blessures de doigts ou de pieds lors d’un mouillage dans un site enchanteur.  Si il n’y a pas de catastrophe physique, ce qui devrait être assez évident, la suite peu se corser…Le bateau avance (normalement, trop vite) quelqu’un (qui?) crie ¨MOUILLE¨ et pataclan, la chaîne se dévide à une vitesse phénoménale, le bateau passe par dessus son mouillage, encore quelqu’un (qui?) crie ¨STOP¨! Quoi? La chaîne ou le bateau? Habituellement, à ce moment, le reflex commun est d’arrêter la chaîne et d’entendre un bruit d’enfer (clung, clung, clung) causé par la chaîne qui essaie d’arracher soit le guindeau, le davier ou les doigts de madame.
Au deuxième essais, ça se passe plus lentement…le bateau avance tranquillement, arrête au-dessus de l’endroit choisi et d-é-p-o-s-e l’ancre et donne de la chaîne, à ce moment le capitaine inquiet par les signaux contradictoires de l’équipage et parce que le bateau semble partir de côté, donne à fond du moteur en marche arrière! (revoir le clung, clung précédent)
Troisième essais, on arrête, on ¨dumpe¨ la chaîne en tas sur l’ancre en espérant qu’il ne ventera pas trop, on jette à l’eau l’annexe qui a de la place pour 4 personnes et on empile les 8 ¨charterphones¨, direction le resto! Vive les vacances!
Il y a aussi le bateau qui après avoir mouillé avec succès 2 fois, appelle la base de location pour savoir quant est-ce peut-il s’attendre à recevoir des nouveaux mouillages pour remplacer les 2 employés…(véridique!) Alors la on assiste à ce genre de conversation sur la radio. ¨Base, base, base¨, ici ¨Tartempion¨ répondez sur 16 (comme si on ne le savais pas) La base répond (si à l’écoute, ce qui est déjà pas évident) ¨Passez sur 71¨, suivit d’un grand silence…après 2 ou 3 essais et autant de silence, ¨Tartempion¨ toujours sur le 16 dit d’une voix très inquiète, ¨comment on fait pour passer sur 71??? (Encore véridique)
Évidemment, nous avons aussi, l’expert, qui en faisant semblant de ne pas nous voir, arrive lentement, dépose son ancre devant notre bateau et s’éloigne toujours lentement en marche arrière, malheureusement à un angle de 90o. C’est assez intéressant de voir la tête du capitaine, 5 minutes plus tard lorsque le vent ou le courant ramènent les 2 bateaux côte à côte à 1 ou 2 mètres de distance. Il est encore plus surpris quand je suis obligé de lui dire que c’est LUI qui va être obligé de changer de place. Je vous fait grâce des différences de langage entre nous et les ¨cousins¨, oops, je voulais dire ¨charterphones¨! ¨Comment?, Vous dites?, Je comprend pas!, Vous avez un drôle d’accent, vous êtes Suisses?¨ et j’en passe.
Il y’a évidemment nombre de voiliers qui s’ancre dans 3 mètres d’eau et qui mette très généreusement 3 ou 4 mètres de chaîne, dérapage assuré!
Il y a aussi le catamaran, qui s’ancre dans 3 mètres d’eau et qui mouille un bon 15 mètres de chaîne et pratiquement sans vent se met à déraper. Il recommence la manœuvre, avec 20 mètres de chaîne, dérape encore. Il recommence, met 25 mètres de chaîne et dérape toujours…un vrai mystère! Un voisin vient lui mentionner, a tout hasard au capitaine, qu’il devrait mettre l’ancre, ensuite la chaîne et seulement APRÈS installer sa patte d’oie*! L’ancre ne touchait jamais au fond, puisqu’elle pendait au bout de la patte d’oie*!
*Pour ceux qui ne navigue pas, ou qui ne connaisse pas les exigences d’un catamaran, une patte d’oie sert à amortir les coups sur la chaîne et le guindeau mais aussi sur un catamaran à garder centré le bateau, sinon celui-ci serait toujours de travers et endommagerais le davier.
France et moi, on se "bidonne" à voir s'ancrer les "charterphones"
Alors maintenant vous savez pourquoi, tous les gens de bateau aiment s’installer en fin de journée pour le ¨happy hour¨. Vous croyiez vraiment que c’était parce qu’on prend un petit verre? Mais non! C’est l’heure d’arrivée de nos amis les ¨charterphones¨  A la bonne vôtre!
15 mars au 7 juin 2003