Journal de Bord

La description détaillé au jour le jour du voyage de 5 ans du voilier Yallah! Un voilier GibSea 34 au départ du Lac Champlain, les préparatifs, la descente du Hudson et le voyage vers la Floride par l'Intracoastal. La traversée vers les Bahamas et la descente jusqu'au Venezuela et le retour à St Paul de l'Île aux Noix.
Des anecdotes, des guides nautiques, des cartes, des trucs...quoi faire ou ne pas faire, les mouillages...des bons et moins bons endroits!

dimanche 11 mars 2001

Ponce/Salinas, PR

Nous quittons Ponce aux petites heures du matin pour Salinas. L’ancrage était bon, mais la proximité du ¨Malecon¨ et sa musique omniprésente on réussi à faire fuir les plus braves…surtout le dimanche...après tout on est dans un pays Espagnol, Olé!
 Salinas étant un trou à ouragan, ça devrait être plus tranquille. Nous nous y ancrons dans l’après-midi, c’est un véritable lac intérieur avec une petite marina nous permettant d’atteindre facilement le village. D’ailleurs l’endroit est très centralisé et est recommandé pour ceux qui veulent visiter l’intérieur du pays.
Ce que nous ferons en compagnie de nos amis Mexicains (Errante) que nous avions rencontré à Georgetown aux Bahamas.
Puerto Patillas, PR
Porto Rico est une très belle île, les routes sont superbes, parfaites pour un rallye, autoroute ou petites routes serpentent les montagnes. Ceux qui sont fragiles du cœur devraient s’abstenir, les routes sont tellement tortueuses qu’a 35km à l’heure, les pneus crissaient et qu’il a fallu modérer nos élans…
Les superbe paysages de Puerto Rico
Mais quelle vue superbe, dommage qu’il y ait dans ces routes très peu d’endroit ou s’arrêter, étant presque toujours bordés de précipice il est impossible d’arrêter. Même l’autoroute qui monte pratiquement par-dessus la montagne n’avait aucun observatoire ou nous aurions pu admirer le paysage absolument extraordinaire.
Salinas étant une ¨Mangrove¨, l’eau est d’une couleur douteuse et nous ne pouvons nous baigner donc on décide de descendre plus au Sud. Nous décidons avec ¨Errante¨ de lever l’ancre dans l’après-midi et de faire 5 miles derrière la barrière de corail et nous rapprocher de notre prochaine destination. Parce qu’ici, il faut avoir atteint sa destination, au plus tard, avant 11 heures du matin, sinon les vents de 20/25kn d’après-midi provoquent un méchant clapot. Nous nous ancrons à 17h et surprise! Nous sommes à côté de ¨Sol¨  et du voilier Français "Odin" un vieux Amel que nous avions rencontré au Turks & Caïcos, après les retrouvailles on rentre "chez nous" et soupons tôt, au menu; poulets de cornouaille, ici c'est l'abondance!   Nous passons une nuit tranquille dans une baie très bien protégée avec une vue des montagnes de Porto Rico à couper le souffle.
L'île de Vieques, vue à partir de Palmas Del Mar PR
11 au 17 mars 2001

mercredi 7 mars 2001

Guanica/Ponce, Puerto Rico

Nous longeons la côte de Puerto Rico et à l’instar de celle de la République les paysages sont très beaux, nous arrivons à Ponce et nous ancrons devant le Ponce Yacht Club.
Le mouillage de Ponce et le Ponce Yacht Club
 Première chose à faire, téléphoner aux douanes et à l’immigration. Première question aux téléphones en mentionnant ¨Yallah!¨, ¨Where where you…we were expecting you¨.  Ouch!  Ça commence bien! Après explication de mon retard, rendez-vous est donné pour le lendemain matin avec l’immigration, après je pourrai aller en ville dédouaner. L’immigration se déroule bien, on m’explique qu’un officier de l’immigration avait été envoyé à Guanica, mais ne nous avait pas trouvé et nous étions attendus dans les ports de P.R.  L’officier m’offre de me conduire en ville aux douanes. Eh bien! La dernière fois qu’un officier d’immigration m’a fait une telle offre c’était au Lac Champlain, il était minuit et avait son revolver dans les mains parce que j’étais un ¨Illegal Alien¨. Aux douanes, la réception est excellente et très amicale (après explications au sujet de notre arrêt), l’entrée aux USA est de 9$, j’ai des 20$ et 8,75$…la douanière paye de sa poche le 0,25¢ manquant! En plus, elle se charge d’avertir le département d’agriculture et leur faxe gratuitement une copie des documents de Yallah! En retournant au bateau, 2 officiers m’y attendent avec le fax dans les mains. Ça c’est du service à la Porto-ricaine.
La cathédrale de Ponce
Le poète à la "Rose Éternelle"
Nous passerons les journées suivantes à visiter Ponce qui est une ville en voie de devenir très belle grâce au programme de rénovation du quartier historique. Mais celui de San Juan le dépasse largement en beauté et en grandeur. Ponce à malheureusement trop tardé à reconnaître l’importance des ¨vieilles pierres¨, son programme de revalorisation ne date que de 1991.

N.B. : Yacht Club très accueillant, avec douche à 5$, eau à 0,10 le gallon. et le diesel à 1,80$, en face sur le ¨Malecon¨, autobus mini-train gratuit pour le centre ville de Ponce.
7 au 10 Mars 2001

jeudi 1 mars 2001

Luperon, D.R./Guanica, Puerto Rico

Nous avons quitté l’ancrage de Luperon dans l’après-midi du 28 Février et avons été nous installer à l’entrée de la baie face à la mer. Une opération suggérée par le guide ¨Passage South¨ de Van Sandt, nous ne savions pas vraiment pourquoi se déplacer pour une si petite distance…maintenant on SAIT. L’ancre est très sale et surtout la chaîne en très peu de temps est incrustée de mollusques, j’espère que l’entrée d’eau du moteur n’aura pas subi le même sort. Nous nous ancrons à côté du même superbe 2 mâts français qui nous attendait à notre arrivée des Turks & Caicos. ¨La Louisette¨ est une réplique au ½ d’une goélette du début du siècle. Elle revient après 4 ans de charter à Cuba. Le bateau sert de plateau de tournage pour une émission de TV autrichienne, après ce contrat les proprios (Suzanne et Daniel) avaient l’intention de se ¨rafraîchir¨ en descendant vers le Golfe du Saint Laurent et passer l’été à Montréal.
Au petit matin, nous levons l’ancre du mouillage de ¨Pinzon¨ (le méchant dans le film de Christophe Colomb) et descendons le long de la côte de la République, les paysages sont à coupés le souffle. Nous croiserons 6 voiliers que nous avions rencontrés dans les Bahamas et qui arrivent eux aussi des Turks. Certains d’entre eux étaient restés bloqués une quinzaine de jour à Mayaguana…l’horreur!   Nous faisons route sous voile et moteur, sans arrêt et traversons le ¨Mona Passage¨ dans une mer très calme. L’alarme de surchauffe du moteur sonne dans la nuit et nous sommes obligés de marcher à voile à 3kn et encore. Après quelques temps, à cause des courants contraire, nous remettons en marche et le moteur semble être normal. Mais pour le ménager nous ne roulerons qu’a 4,5kn. Nous évitons Mayaguez (port d’entrée commercial) et dépassons Boqueron (pas un port d’entrée) nous décidons de profiter de la bonne fenêtre météo pour nous rendre à Ponce, deuxième plus grande ville de Puerto Rico et qui est un port d’entrée plus facile, parce que les douanes, immigrations et les officiels de la Santé sont sur place. Nous continuons donc et 50 heures après notre départ de Luperon nous tournons le Cap ¨Rojos¨ en direction de Ponce, mais nous avons oublié une caractéristique de Puerto Rico, un vent de 25kn se lève à 9h00 et immédiatement un méchant clapot se fait sentir. On est fatigué et on à pas vraiment envie de se faire brasser sur les prochains 30 milles, je décide de me rapprocher de la côte, une bouée de mer semble indiquer un chenal pour un port. (Voir note plus bas) Immédiatement après que la décision fut prise et que nous ayons affalé les voiles, le moteur s’arrête! Le vent souffle maintenant 25/30kn et la proximité des hauts fonds crée une mer très désagréable. On remonte les voiles en vitesse et on appelle sur la radio un ¨cruiser¨ de passage pour s’informer si l’entrée du port est facile à faire sous voile et surtout si il n’y a pas trop de récifs parce que d’ou nous sommes on ne voit que le bouillon des vagues qui s’écrasent le long de la côte. La communication est assez difficile, mon ¨cruiser¨ ne parle presque pas l’Anglais. Mais je comprend tout de même, ¨No problemo¨ et ¨Policia¨. Donc on se dirige vers l’entrée du port, heureusement le vent nous y pousse directement et une vedette de la police sort du port pour nous escorter, à l’approche d’une autre bouée qui joue au yoyo dans les vagues de 6/8 pieds, ils nous suggèrent de nous attacher à celle-ci, no way José! On continue sous voile, ils nous offrent de nous remorquer, encore non merci! Ils ont vraiment pas l’air de savoir comment s’y prendre. Finalement on rentre dans une baie très bien abritée, très large et la ¨Policia¨ nous indiquent un endroit ou jeter l’ancre, parce que nous ne connaissons pas les profondeurs de la baie et que ca devient gênant de toujours dire non, on obéit…on s’ancre à proximité de 3 grosses boules blanches fixées ensemble qui sont manifestement un mouillage pour très gros bateau. Mais maintenant, sans moteur, avec 2 ancres et 150 pieds de chaîne il n’est pas question de changer de place. A partir d’ici, nous découvrirons ce que sont les Portoricains, nous avions un préjugé assez négatif parce que les Américains à la télé, dans les journaux etc nous en font toujours un portrait assez caricatural. Les Portoricains sont d’une gentillesse extraordinaire! Jugé vous même : la vedette de la ¨Policia¨ après nous avoir accompagné dans la baie, sont venus me prendre avec mes réservoirs de fuel et m’ont amené à leur quai, ensuite ils m’ont amené en 4X4 et fait 4 stations service pour trouver du diesel et ramener au bateau, ceci avec une seule question, nom et adresse. Disons que la conversation avec les 5 policiers était assez limitée, ils ne parlent que l’Espagnol, même le ¨Commandante¨. Après avoir rempli le réservoir et purgé, le moteur refuse toujours de partir. Un pêcheur vient tourner autour du bateau, je lui explique mon problème en espagnol, il part et revient 30 minutes plus tard avec un mécanicien et une interprète. Selon le mécano, la pompe est finie et promet de revenir ¨Magnana¨. Deux jours plus tard, pas de nouvelles et nous décidons d’aller à terre, (nous ne sommes toujours pas dédouanés) On rencontre par hasard notre interprète, qui est très déçue du mécano et nous promet un ¨lift¨ pour le lendemain…et le lendemain tel que promis, l’interprète, son père, sa mère nous amène faire la tournée des dépositaires de bateaux, nous n’avons qu’a payer l’essence!  Un dépositaire de génératrice/diesel m’explique que la pompe n’est pas défectueuse et me donne quelques trucs pour trouver le problème et surtout le solutionner. (Voir 2e note) Nous retournons au bateau et catastrophe, nous voyons à l’entrée de la baie 2 remorqueurs pousser sur une immense barge pour évidemment venir l’amarrer au seul endroit disponible…notre place, il n’y a pas de temps à perdre! Heureusement que l’entrée du mastodonte n’est pas facile et ce fait très lentement. Nous aurons le temps de réinstaller la pompe et de mettre en pratique les petits trucs appris dans la matinée et de nous enlever de son chemin juste à temps, nous quittons la baie en direction de Ponce où nous arrivons dans l’après-midi
L'immense baie de Guanica, courtoisie du livre Passages South de Van Sant.
N.B. : Nous avons fonctionné avec les cartes électroniques ¨SoftChart¨ qui m’avait été chaudement recommandé…je ne vous les recommande pas!   Déjà au Bahamas, j’avais trouvé des choses bizarres (îles en double!) mais les Bahamas étant pratiquement désertes c’était pas évident de découvrir les lacunes de ces cartes. Mais à Puerto Rico, c’est une autre histoire, en arrivant de la République vous avez le port de Mayaguez et Boqueron qui sont bien indiqués sur la carte. Mais ensuite le mouillage très intéressant de Parguera est absent. Le port en eau profonde de Guanica, accessible à des paquebots et aussi un très bon trou à ouragan n’est pas sur la carte faite par Soft Chart et pour finir le plat, Ponce qui est un port d’entrée, la 2e ville de Puerto Rico est absent aussi. Depuis notre aventure de Guarnica, nous nous servons des cartes électroniques britanniques Imray et à partir des Iles Vierges nous nous servirons de cartes allemandes CYC qui sont elles, absolument fantastiques.
N.B. : Ceux et celles qui prennent un cours de mécanique diesel de l’IMQ devraient INSISTER pour avoir des trucs pour diagnostiquer, réparer, tester le moteur. Savoir démonter le moteur et de connaître toute la théorie du système de combustion est parfaitement inutile, vous ne démonterez jamais votre moteur mais vous aurez certainement l’occasion de jouer avec les composantes ¨externes¨ du moteur; pompe, anodes, courroies, filtres et tuyaux d’arrivés etc. Les roulements à billes, bielles, injecteurs etc, vous aurez besoin de toute façon d’un mécanicien.
N.B. : Au cas que vous ne l’auriez pas encore remarqué, Puerto Rico est officiellement un protectorat U.S. bilingue…mais l’Espagnol prédomine largement. Toutes les indications sont en espagnol, les gens ne parlent que l’Espagnol à part dans les hôtels, quelques grands magasins, (Sears, Walmart et encore), certains ¨villages¨ totalement artificiels comme ¨Palmas del Mar¨, copie conforme d’un village méditerranéen avec en prime, garde armée à la ¨frontière¨ ou les Américains se sentent plus comme en Floride.   Mais le véritable Puerto Rico est lui plus ¨olé olé¨ et très dépaysant…la République Dominicaine ou un Cuba en beaucoup plus riche
1 au 6 Mars 2001

dimanche 18 février 2001

Luperon, République Dominicaine

Nous resterons à Luperon pendant 2 semaines par choix et non par nécessité comme c'était le cas dans la plupart des îles des Bahamas. L’endroit est très sécuritaire, la baie est totalement entourée de hautes montagnes, les vents peuvent souffler de n’importe quelle direction, le bateau ne bouge pas. Le fond est de vase et la baie est entourée de ¨mangrove¨…ce qui nous amène au seul défaut de l’endroit, l’eau est absolument dégueulasse!
Le mouillage sécuritaire de Luperon
Avec une soixantaine de bateaux, qui se ¨soulagent¨ dans la baie, en plus du village qui en fait autant ainsi que la couleur naturelle de l’eau inhérente à une ¨mangrove¨ sa donne un cocktail assez spécial. Mais l’arrêt en vaut la peine pour toutes sortes de raison, la principale étant la gentillesse extraordinaire des Dominicains. Évidemment le côté pratique est très important, à Luperon on trouve de tout et aux prix les plus bas que nous ayons vu depuis notre départ. Nous pouvons aussi louer une moto (200 pesos) une voiture (40$) prendre le publicos pour des "peanuts" et de Luperon atteindre n’importe quel point de l’île. Nous en profiterons d’ailleurs pour aller voir Puerto Plata et Soshua que nous avions visité en 1990. À Puerto Plata, nous nous ravitaillerons en bière, vin et viande, parce que les étals de viande en plein soleil de Luperon ne nous inspiraient pas trop confiance…
Un hôtel de Soshua
Après notre visite de Puerto Plata et de Soshua, force nous est de constater que la République se tire assez bien d’affaire (en fait, beaucoup mieux que Cuba). Les villes sont mieux entretenues, les maisons sont plus colorées et décorées et surtout, surtout il n’y a plus d’enfants qui quêtent dans les rues…ils sont à l’école! En 1990, c’était l’enfer, les enfants n’allaient, pour la plupart, pas à l’école et offraient leurs services sur la plage ou quêtaient dans les rues, d’ailleurs à Luperon l’école était en plein agrandissement, les enfants allant à l’école sur deux quarts, de jour et le soir. La République étant le paradis du système D et de la libre entreprise à tous crins, nous avons pu, enfin, faire nos téléphones et l’internet à des prix défiant toute concurrence. France à aussi profiter de l’occasion pour renouveler certaines prescriptions (à bas prix) qui nous avaient été refusées au Canada et aux USA. La marina de Luperon fait un petit marché aux puces ou nous avons vendu nos cartes et guides du Lac Champlain et de l’Intracoastal…
Nous serions restés plus longtemps en République mais une fenêtre météo d’une durée exceptionnelle nous permettaient de longer la côte (aucun arrêt possible) et même de ¨sauter¨ la baie de Samana, (avec ses problèmes d’arnaques et de vols) et directement traverser le passage de Mona (de très mauvaise réputation…) Et aller directement à Boqueron, Puerto Rico.
N.B. : En 2001 l'entrée en République coûte maintenant 10$ par personne, 15$ pour le bateau et 5$ pour on ne sait pas quoi encore, ils cherchent à quel ministère ce 5$ pourrait bien aller!  Dépendant des endroits l’internet coûte 30, 40, 50 pesos l’heure…amenez vous une montre chrono, sinon ils ont les minutes très courtes! Le diesel se vend 1,80US$ le gallon, ayez un filtre BAJA sinon c’est la panne garantie. Les réservoirs du Esso sont vieux et encore en acier…ils sont rouillés, prennent l’eau et le fuel est ensuite transvidé dans des 50 gallons encore plus sale et rouillé pour être ensuite livré à votre bateau. Plusieurs sont tombés en panne en quittant Luperon…dont nous!
Coût de la vie : Si on compare en dollar US et qu’on prenne Montréal comme point de repère, et qu’on prenne les denrées les plus élémentaires comme le poulet, porc, pain, fromage, légumes et fruits, bières, vin de table, et diesel. Voici nos constatations (pas scientifique) : Montréal : 100, USA : 150*, Bahamas : 165, Turks : 155, République : 90, Puerto Rico : 145*   
Note* Le dollar Canadien ne valait que 0,65$ sinon les prix aux USA auraient été plus bas!
18 au 28 Février 2001

samedi 17 février 2001

Sand Cay/Luperon, République Dominicaine

Nous quittons Sand Cay à 15h., sous voiles.  Nous avons 88 miles à faire pour atteindre notre destination Luperon.  La météo est parfaite, nous avons un vent de 15kn par le travers et nous filons sur une mer avec des vagues paresseuses longues de 6 à 8 pieds.  Le bonheur!  Nous assistons à un extraordinaire couché de soleil suivit d'un non moins extraordinaire levé de soleil... Les Bahamas voulaient t'elles se faire pardonner sa mauvaise météo ponctué de "Cold Fronts"?  Mais avant le levé de soleil, on avait déjà aperçu le "flash" du phare de Puerto Plata et après les montagnes de la République.  Tout un changement comparé à la nature du terrain des Bahamas.
Quelques heures plus tard, nous approchons de la baie de Luperon (anciennement Puerto Blanco)  A mesure que le ciel s'éclaircit, le paysage est tel que Christophe Colomb la probablement vu et ressemble étrangement à une scène du film du même nom...il aurait fallu pour marquer le coup que je mette la musique de Vangelis à tue tête.  Mais on est bien trop excité pour aller fouiller dans les CDs. on entre dans l'immense baie (mal balisée) et un superbe 2 mâts Français, "La Louisette" nous attend pour donner encore plus d'ambiance, comme si c'était encore nécessaire!
La Louisette dans le mouillage de Pinzon, à l'entrée de Luperon
Le mouillage de Luperon, le village est au fond
 Encore plus loin, nous entrons dans une deuxième baie bien cachée et enfin dernière une pointe de terre, une soixantaine de voiliers sont ancrés.  C'est absolument extraordinaire!  Luperon est véritablement un trou à ouragan.  Certains voiliers y sont depuis plus de 2 ans, plusieurs viennent y passer la saison des ouragans...ils sont certainement pas assurés par des courtiers de Montréal!  S'cusez!
Notre arrivée à Luperon signifie la fin d'un style de navigation.  A partir de maintenant, nous aurons de l'eau sous la quille en masse et pour simplifier la vie de l'eau à boire!  Les îles et les mouillages seront aussi beaucoup moins tributaire de la météo et en boni...plus de "Cold Front"!
Nous aurons aussi, à partir de maintenant accès à beaucoup plus de service.  Déjà que Luperon, un pauvre village de pêcheur  dans un des pays qui était il n'y a pas si longtemps l'un des plus pauvres du monde est a des années lumières de la plupart des îles des Bahamas.
17 février 2001

lundi 12 février 2001

Sappodilla/French/Long/Sand Cay, Turks & Caïcos

Notre premier arrêt en route pour la République Dominicaine est French Cay, un petit îlot désert, qui est un sanctuaire d’oiseaux. Nous y resterons 2 nuits toujours à cause des vents. 
French Cay...quoi dire!
 Nous quitterons French Cay en direction de Long Cay en coupant à travers le banc, tout en espérant que les vagues se seront calmées. L’eau est d’un vert jade à couper le souffle, heureusement ceci nous permet de voir longtemps d’avance les têtes de corail qui parsèment le chenal. Une fois, nous l’avons échappé belle, un nuage avait momentanément caché le soleil et le chenal devant nous était sombre sur toute sa largeur…15 mètres avant d’atteindre cette tache sombre, le soleil sort et horreur! La tache est fixe, nous sommes sur le point d’entrer de plein fouet sur un immense banc de corail qui coupe le chenal! De toute la route, c’est le seul endroit ou le chenal est totalement coupé par du corail et il fallait qu’un nuage nous en cache la vue. Heureusement, qu’un voilier n’est pas rapide, nous faisions 5,5kn et nous avons eu le temps de virer en catastrophe pour éviter la collision.
Le reste de la traversée se fait sans problème, à part du fait que, le vent se lève et que nous avons la vague de face. Le voilier peine et son avant est souvent sous l’eau. Pour la première fois, nous aurons la chambre avant mouiller, même les coffres ont de l’eau à l’intérieur, belle ¨job¨ de séchage en perspective.
Long Cay est un très grand mouillage ou nous passons une nuit confortable. Le 16 février nous nous dirigeons vers Sand Cay. Petite demi-journée peinarde à moteur, parce que le vent souffle toujours au E SE mais heureusement avec moins de vélocité. Nous arrivons à Sand Cay, et l’île est tout simplement paradisiaque. La plage est dorée, de sable très fin et longe pratiquement toute l’île. Pour une rare fois, nous décidons de rester sur place par choix et non à cause du vent! Au mouillage, nous serons 6 voiliers; 1 Suisse, 1 Français, 2 Québécois et 2 Américains qui représentent en même temps les 2 extrêmes de type de navigateur, un est un monstre de catamaran de 52 pieds et l’autre est un Pearson de 24 pieds équipés d’un moteur hors-bord. Alors ceux qui ne réalisent pas leur rêve à cause de la petitesse de leur bateau, vous n’avez certainement pas pire!
13 au 17 Février 2001


lundi 5 février 2001

Mayaguana/Sappodilla Bay, Turks & Caïcos

Le 5 février, la météo annonce une petite accalmie mais surtout un vent d’Est ce qui devrait nous permettre de rallier les Turks & Caïcos sans trop souffrir.  On se déplace encore une fois vers l’entrée de la baie dans l’après midi et à minuit nous regagnons le large ou nous filons toute voile dehors avec 15/20kn de vent et au levé du soleil nous voyons la barrière de corail et l’entrée du passage vers la baie de Sappodillo. Malgré le vent, maintenant à 25kn, nous sommes obligés de ralentir parce que l’éclairage à cette heure-ci ne se prête pas à une entrée immédiate. Une fois le soleil à son zénith, le chenal est très facile à voir, d’un côté le bleu marin indiquant 2000 mètres d’eau et de l’autre, le vert jade indiquant le fond à 4 mètres…parsemés de têtes de corail. Il nous faut donc ralentir avant de ¨monter¨ sur le banc. Très impressionnant! En approchant du banc, l’eau semble en ébullition et il faut s’aider du moteur pour entrer dans la passe, après nous n’avons qu’a nous diriger vers l’ancrage en surveillant les taches noires. Nous nous ancrons enfin à midi dans une jolie baie avec une belle plage de sable fin. Ouf!
La plage et le dock de Sappodilla Bay Turks & Caicos
 Nous faisons les douanes (très facile et gentil, 5US$ au lieu des 135US$ que les Bahamas nous ont arnaqués) dans l’après-midi et le lendemain nous allons en ¨ville¨ faire des courses dans un… IGA!  Les prix sont moins élevés qu’aux Bahamas, plutôt égal à Miami et ce malgré la plus grande distance. Il faut dire que le gouvernement n’impose pas systématiquement une taxe de 30% sur les importations comme aux Bahamas. En fait, ici il n’y a pratiquement pas de taxes. Pas d’impôt sur le revenu, pas de taxes d’affaires, pas de taxes sur les propriétés en fait c’est à se demander comment ils font pour arriver, mais surtout on voit que ça bouge, les nouvelles maisons luxueuses, les commerces, les petits hôtels…sans casinos. Les Turks ont fait le pari du tourisme écolo, haut de gamme, et c’est une réussite. On peut se demander que seraient ils arrivés si le projet de la 11e province canadienne s’était concrétisé…
Le mouillage de Sappodilla Bay, Turks & Caicos
 Notre ancrage est confortable, mais nous sommes assez loin de la ville et des services. Nous sommes obligés de remplir le diesel et l’eau avec nos bidons et prendre le taxi, la job!  Heureusement que les locaux sont très gentils et ont n'a qu'a lever le pouce et aussitôt quelqu'un nous embarque.
Aussitôt que la météo nous donnera un vent d’Est raisonnable, nous nous dirigerons vers la République. En attendant que le vent se calme ont fait du social et nous avons la surprise de voir arriver "Errante" nos nouveaux amis Tex-Mex que nous avions rencontré à Georgetown.  Le vent souffle sans arrêt du S SE, 20/25kn donc ce n’est que le matin du 12 qu’un véritable ¨stampede¨ se produit, 3 voiliers américains quittent vers les Bahamas et nous, en compagnie de 3 autres voiliers (¨Sol¨ et 2 français) nous nous dirigeons vers évidemment…¨French Cay¨! Ce n’est que le fruit du hasard parce qu’on ne s’était pas concerté. France barre tout le trajet et en prend vraiment un réel plaisir, même quand le vent se met à grimper à 26/28kn. Un des voiliers français est en provenance de Montréal via Toronto via le Mississipi. Il était à Montréal pour faire des conférences sur son précédent exploit…28,000 kilomètres en vélo avec son chien. Nous l’avons rencontré à son retour de Cuba, à voile, moteur en panne, complètement affamé parce qu’il n’avait pas pu se ravitailler, sa carte de crédit n’étant pas valide à Cuba…no money, no candy!  En plus il faut savoir que les autorités Cubaines ne l'autorisait pas à sortir de son voilier ou de quitter le pays, il fallait une autorisation de La Havane.  Spécial!
N.B. : A Provo, toutes les banques sont membres du réseau Cirrus…pas Interac, donc impossible de se servir des guichets automatiques. La seule façon de retirer de l’argent c’est en faisant une avance de fonds sur présentation d’une carte de crédit, donc des frais supplémentaires.  Le prix de l’eau potable varie de 10¢ à 1 US$ le gallon.
5 au 12 février 2001